Tour Down Under 2026
Le Tour Down Under ouvre traditionnellement la saison UCI WorldTour chez les hommes. Disputée en Australie, l’épreuve constitue un premier test grandeur nature pour le peloton.
Le parcours de cette année s’inscrit dans la continuité de ce que les organisateurs ont proposé précédemment. Une succession d’étapes rarement extrêmes, mais presque toujours usantes, qui mettra les coureurs à l’épreuve. Les routes vallonnées, les ascensions courtes et les enchaînements sans véritable temps mort favorisent les profils explosifs.
La triple ascension de Menglers Hill lors de la 2e étape, la double ascension de Corkscrew Road sur la 3e et la triple ascension de Willunga Hill lors de l’avant-dernière journée constitueront des points clés. La dernière étape en circuit autour de Stirling promet de maintenir le suspense jusqu’au bout.
Le Tour Down Under offrira une première lecture de l’état de forme et des objectifs des coureurs en ce début de saison.
Le Parcours

Un prologue de 3.6 kilomètres ouvrira la saison 2026, une première depuis l’édition 2023. Le départ sera donné dans les rues d’Adélaïde, sur un parcours qui conduira les coureurs jusqu’à Victoria Park. À noter qu’ils s’élanceront avec des vélos traditionnels.

L’étape de Tanunda sera de nouveau au programme cette année. 3 tours à effectuer comme en 2024, mais sur un circuit légèrement plus court. le circuit se fera en sens inverse cette année, avec la triple ascension de Menglers Hill par son versant le moins difficile. Malgré l’ascension, les sprinters devraient encore se jouer la victoire.

3 400 m de dénivelé positif sur moins de 150 kilomètres. C’est le programme qui attend les coureurs pour cette 3e étape. Cette année, ils devront franchir à deux reprises l’ascension de Corkscrew Road (2.4 km à 9.1 %). La route ne redescendra pas immédiatement au sommet de la dernière ascension. Il restera près de 13 km à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée. Des différences seront faites dans cette dernière ascension, mais pas certain qu’un homme parvienne à s’isoler.

Une nouvelle étape très vallonnée, surtout dans sa partie finale. Aucune ascension ne semble insurmontable. Pourtant, le repecho de 900 m à 7 % placé à 3 km de l’arrivée pourrait donner des idées à certains. Les sprinters devront s’employer dans le final pour rester positionnés.

Modification du parcours à cause du risque d’incendie. L’ascension de Willunga ne sera donc pas empruntée.

170 km et près de 3 800 m de dénivelé positif pour conclure ce Tour Down Under. La route ne cessera d’onduler lors des 8 tours de circuit, articulés autour de la côte de Stirling (2.5 km à 3.5 %). Loin d’être insurmontable, la répétition des efforts pourrait malgré tout peser dans les jambes dans le final. Il n’est pas impossible d’imaginer des hommes se faire piéger ici.
Les Favoris
Data powered by FirstCycling.com

Deuxième en 2024 avant de s’imposer l’an dernier, Narvaez sera de retour en 2026 pour défendre son titre. L’Équatorien a été désigné leader au sein de l’équipe UAE. Il bénéficiera d’un soutien solide avec Yates, ainsi que Vine, local de la course. Le Tour Down Under se joue généralement à quelques secondes au classement général. Dans ce contexte, être bien entouré constituera un avantage considérable pour Narvaez dans sa quête d’un deuxième sacre en Australie.
Le tracé semble parfaitement lui convenir. Il ne devrait pas concéder trop de temps sur un prologue nerveux, surtout disputé sur vélo traditionnel. L’an dernier, il avait en plus dompté Willunga Hill. Autant d’éléments qui laissent penser qu’il abordera cette édition avec confiance, et l’ambition de doubler la mise.

2025 aura été l’année de la révélation pour Javier Romo. L’Espagnol avait parfaitement lancé sa saison en s’imposant sur la troisième étape du Tour Down Under. Il avait par la suite décroché la deuxième place du classement général. Il confirmera plus tard avec un top 10 en Romandie, puis plusieurs podiums d’étape sur la Vuelta.
Sa saison aura malheureusement été marquée par plusieurs chutes, qui l’auront empêché de trouver une véritable régularité jusqu’au bout. Malgré tout, il s’appuiera sur ses bases solides de 2025 pour tenter d’aller chercher un nouveau podium.

L’an dernier, Finn Fisher-Black avait signé un excellent début de saison. Troisième du Tour Down Under, il avait ensuite enchaîné avec une sixième place au classement général de l’UAE Tour. La suite de son année avait en revanche été plus discrète, le Néo-Zélandais ne parvenant jamais vraiment à retrouver le niveau affiché entre janvier et février.
Il revient cette saison avec le statut de leader au sein de son équipe, mais pourrait se retrouver relativement isolé dans les moments les plus décisifs. On notera toutefois la présence des deux néo-pros Thornley et Tuckwell, récemment promus depuis l’équipe de développement. Tous deux seront directement plongés dans le grand bain à l’occasion de cette course WorldTour.

Buitrago mènera l’équipe Bahrain sur ce Tour Down Under. Le Colombien, désigné leader, a pour habitude de démarrer ses saisons très fort. Ses résultats enregistrés entre janvier et février lors des quatre dernières années en témoignent. Il arrive généralement prêt dès les premières courses, et rien ne laisse penser que cela changera cette saison.
Le parcours devrait lui convenir, même s’il pourrait concéder quelques précieuses secondes sur le prologue. L’équipe semble également compter sur Zambanini comme option de repli, même si ce dernier devrait avant tout se mettre au service de Buitrago

Van Eetvelt va tenter de laisser définitivement derrière lui une saison 2025 particulièrement compliquée. Entre maladies et chutes à répétition, le Belge n’avait jamais réussi à trouver de la régularité sur la durée.
Il semble aujourd’hui motivé, confiant et en forme. S’il n’a plus couru depuis sa chute sur le Tour de France, il a en revanche pu s’entraîner sans encombre depuis le mois de septembre. Dans ces conditions, il devrait arriver en Australie avec un niveau de forme élevé. Il trouvera un parcours parfaitement adapté à ses qualités, et si la forme suit, il sera un sérieux prétendant au podium.

En tant qu’équipe australienne, Jayco AlUla aura naturellement à cœur de briller sur ses routes nationales. La formation sera emmenée par le duo australien Plapp – O’Connor, avec un rôle de leader assumé par Plapp. L’an dernier, il avait pris la sixième place du classement général, à une douzaine de secondes seulement du podium.
Si près mais pourtant si loin, sur une course où tout se joue à coups de secondes et de bonifications. Son manque d’explosivité et sa pointe de vitesse limitée n’en font pas un favori en cas d’arrivée en petit comité, comme cela a déjà été le cas par le passé, notamment sur Willunga Hill. Il pourrait une nouvelle fois lui en manquer un peu, et voir le podium lui échapper à cause de bonifications laissées en cours de route.
Mes Choix
Un homme ou une équipe seront-ils en mesure de contrecarrer les plans du team UAE ? Difficile de l’imaginer. Le trio Narvaez–Vine–Yates semble au-dessus du lot. Sauf catastrophe, les chances sont élevées de voir Narvaez confirmer son succès de l’an dernier, ou Vine rééditer sa performance de 2023, lorsqu’il s’était imposé sur le Tour Down Under.
De mon côté, j’estime toutefois que Narvaez dispose d’un éventail d’options plus large pour aller chercher la victoire finale. Son explosivité et sa pointe de vitesse lui avaient notamment permis de faire la différence sur Willunga Hill l’an dernier. Cela ne signifie pas pour autant que Vine se sacrifiera totalement pour lui. Au contraire, il ne serait pas surprenant de retrouver les deux hommes sur le podium.
Pour compléter ce top 3, le troisième nom qui m’attire le plus reste celui de Buitrago. Le Colombien fera son retour sur l’épreuve pour la première fois depuis 2020. C’est toutefois un coureur qui a l’habitude de démarrer très fort ses saisons, que ce soit sur L’AlUla Tour, le Tour d’Andalousie ou, plus récemment, le Tour de la Communauté de Valence. Son profil me semble parfaitement adapté au parcours et au style de course attendu en Australie.






