Tour Down Under 2026 – Étape 3

3 400 m de dénivelé positif sur moins de 150 kilomètres. C’est le programme qui attend les coureurs pour cette 3e étape. Cette année, ils devront franchir à deux reprises l’ascension de Corkscrew Road (2.4 km à 9.1 %). La route ne redescendra pas immédiatement au sommet de la dernière ascension. Il restera près de 13 km à parcourir jusqu’à la ligne d’arrivée. Des différences seront faites dans cette dernière ascension, mais pas certain qu’un homme parvienne à s’isoler.
Le Parcours
Il faudra être prêt dès le départ pour cette deuxième étape du Tour Down Under. Après seulement cinq kilomètres de course, les coureurs aborderont déjà la première difficulté répertoriée du jour avec l’ascension de Norton. Loin d’être la plus exigeante, elle s’étendra néanmoins sur six kilomètres, avec une pente moyenne de 4.9 %.

Le parcours restera ensuite vallonné jusqu’au kilomètre 77 et le pied de la véritable difficulté du jour, Corkscrew Road. Une ascension longue de 2.4 km, mais particulièrement pentue, avec une moyenne de 9.2 % et des passages à plus de 14 % dans sa partie centrale.

Lors de la deuxième et dernière ascension, il restera à peine 13 kilomètres à parcourir une fois le sommet franchi.
Les Derniers Kilomètres

La route ne s’aplanira pas immédiatement au sommet de la dernière ascension de Corkscrew Road. En effet, comparé aux années précédentes, les coureurs ne prendront pas la direction de la descente vers Campbelltown cette fois-ci. En continuant tout droit, ils devront affronter en tout 4.8 km à 7.5 % de moyenne. Un morceau bien plus difficile que par le passé.
Même après ces 5 km d’ascension, la route restera vallonnée sur un peu plus de 3 km après. Les 7.5 derniers kilomètres proposeront en revanche un terrain plus favorable, majoritairement en faux plat descendant, voire en descente sur les deux derniers kilomètres avant un léger kick aux 100 m.
La Météo
Les températures devraient rester agréables demain, sans dépasser les 23 degrés tout au long de l’étape. Le vent soufflera de sud-est, mais devrait progressivement faiblir pour se stabiliser autour des 16 km/h dans le final.
Ce vent de sud-est frappera majoritairement de face ou de trois quarts face dans les quinze derniers kilomètres, notamment dans l’ascension de Corkscrew Road.
Le Scenario
En 2023, le coup de force du team UAE dans Corkscrew Road avait permis à Simon Yates et Jay Vine de s’isoler à 900 mètres du sommet. Ils avaient ensuite été rejoints peu avant la bascule par Pello Bilbao, et les trois hommes s’étaient disputé la victoire six kilomètres plus loin.
La principale différence avec 2023 réside dans le positionnement du sommet. Cette année, il sera situé plus loin de l’arrivée et ne sera pas immédiatement suivi par une descente. La route continuera en effet de s’élever sur plusieurs kilomètres après le passage du KoM.
Ce sont donc près de cinq kilomètres à 7.5 % de moyenne qui attendent les coureurs à cet endroit. Une ascension nettement plus exigeante que par le passé, où il faudra parfaitement choisir le moment de son attaque.
Par le passé, on a déjà vu ici des sprinteurs-puncheurs parvenir à s’accrocher à un second groupe pour jouer les places d’honneur. Difficile toutefois d’imaginer un scénario similaire demain. L’option la plus probable reste celle d’une sélection franche dans l’ascension, avec un groupe composé des hommes les plus forts qui irait se disputer la victoire à Uraidla.
Les Favoris

Demain, UAE aura l’occasion de lancer sa moisson sur ce Tour Down Under. Le duo Vine–Narvaez fait naturellement figure de favori, aussi bien pour l’étape que pour le classement général. On a déjà vu l’Équatorien aller chercher quelques secondes de bonification lors de la première étape, un détail qui pourrait compter par la suite.
Demain, les deux disposeront de réelles cartes à jouer. On peut imaginer un scénario avec Vine dans un rôle offensif, tandis que Narvaez se contenterait de contrôler ses adversaires et de miser sur un sprint en petit comité si la situation venait à se produire. Pour Vine, l’équation est assez claire : il devra parvenir à s’isoler pour espérer s’imposer. Dans le cas contraire, on pourrait le voir prendre les commandes du groupe des leaders dans le final. Il verrouillera la course et permettra à Narvaez de défendre ses chances au sprint.

L’un de leurs principaux adversaires devrait être le Néo-Zélandais Finn Fisher-Black. Auteur d’un excellent prologue, il se retrouve en très bonne position pour viser le podium de ce Tour Down Under. Excellent puncheur, l’ascension de Corkscrew Road devrait parfaitement lui convenir. Même rallongée de quelques kilomètres, elle restera largement dans ses cordes.
On peut imaginer Fisher-Black se caller sur le duo UAE et miser sur sa pointe de vitesse. Dans ce scénario, il constituerait un sérieux candidat au podium de l’étape.

Demain, Santiago Buitrago aura lui aussi une belle occasion de se mettre en évidence. Le Colombien a l’habitude de très bien lancer ses saisons et se montre souvent performant dès les mois de janvier et février. Si cela se confirme encore cette année, il devrait être capable de suivre les accélérations de l’équipe UAE dans Corkscrew Road et d’intégrer le groupe réduit susceptible de se jouer la victoire à Uraidla.
Sans être le plus rapide, il dispose d’un punch intéressant. Le fait que les 100 derniers mètres soient légèrement montants constituera un atout pour lui, un terrain qu’il appréciera davantage qu’un sprint totalement plat.

2025 aura été l’année de la révélation et de la consécration pour Nicolas Prodhomme. Passé du rôle de fidèle équipier à celui de leader au sein de l’équipe Décathlon, le grimpeur français a enchaîné les victoires et les prestations de haut niveau.
La question reste de savoir dans quel état de forme il se présente sur ce Tour Down Under. S’il dispose des mêmes jambes que sur le Tour des Alpes ou sur le Giro, il pourrait très bien être en mesure d’intégrer le groupe très sélect des favoris au sommet de Corkscrew Road. Decathlon a parfaitement entamé sa saison avec la victoire d’Andresen, de quoi donner des idées au reste de l’équipe.

Après un prologue un peu en demi-teinte, cette étape constituera un premier vrai test en côte pour Van Eetvelt. Le Belge avait vu sa saison 2025 perturbée par de nombreuses chutes, mais a pu préparer sereinement son début de saison cet hiver.
Il reste à voir si ce travail portera ses fruits, mais le profil des vingt derniers kilomètres correspond parfaitement à son type de coureur. De plus, il dispose d’une bonne pointe de vitesse, un atout non négligeable en cas d’arrivée en petit comité.

Avec l’objectif clair de viser un nouveau podium sur ce Tour Down Under, Romo doit arriver en bonne forme pour aborder cette épreuve. Très bon grimpeur, il reste néanmoins légèrement en retrait par rapport à certains des noms cités plus haut.
Il ne possède pas non plus une pointe de vitesse exceptionnelle et devra s’appuyer sur une stratégie similaire à celle utilisée l’an dernier s’il veut espérer s’imposer. Il ne représente pas une menace immédiate au général après le prologue, mais il est peu probable qu’UAE lui laisse le champ libre comme cela avait été le cas l’année passée.
Mes Choix
Demain, l’étape pourrait se transformer en un duel entre UAE et le reste du peloton. L’équipe devrait se présenter en ordre de bataille autour de ses deux leaders et chercher à faire exploser la course dans Corkscrew Road, comme lors de l’édition 2023. Vine pourrait être le premier à passer à l’offensive, obligeant ses adversaires à réagir immédiatement. Dans le cas contraire, il bénéficierait d’un champ libre pour s’imposer et frapper un grand coup en vue du classement général.
Un tel scénario pourrait finalement servir les intérêts de Narvaez. L’Équatorien resterait dans les roues de ses rivaux, qui se chargeraient eux-mêmes de le ramener sur son équipier. Une fois la descente entamée, si aucun coureur n’est parvenu à s’isoler, on peut imaginer Vine prendre la tête du groupe. Il imposera un rythme soutenu et empêcher toute tentative de contre. L’objectif est clair : éviter à tout prix qu’un homme ne puisse s’isoler.
J’imagine ainsi une explication entre un groupe très réduit, cinq à six coureurs au maximum, pour la victoire. Dans ce contexte, Narvaez viendrait lever les bras sur la ligne et s’emparer du maillot de leader. Pour compléter le podium, Fisher-Black et Buitrago seront mes deux choix principaux.


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