Tour Down Under 2026 – Étape 6

170 km et près de 3 500 m de dénivelé positif pour conclure ce Tour Down Under. La route ne cessera d’onduler lors des 8 tours de circuit, articulés autour de la côte de Stirling (2.5 km à 3.5 %). Loin d’être insurmontable, la répétition des efforts pourrait malgré tout peser dans les jambes dans le final. Il n’est pas impossible d’imaginer des hommes se faire piéger ici.
Le Parcours


Pour cette dernière étape, l’organisation a prévu un circuit avec un départ et une arrivée à Stirling. Un circuit long de 21.3 km à parcourir à huit reprises.
Lors de cette étape, les coureurs ne connaîtront que peu de moments de répit et de véritables portions plates. La route va onduler en permanence tout au long de ces 21 kilomètres. L’étape sera notamment marquée par la côte de Stirling, avec près de 7.6 km cumulés à 2.5 % de moyenne.
Une ascension qui se fera en plusieurs temps, entrecoupée de deux courtes descentes.

La dernière de ces deux descentes prendra fin à un peu moins de deux kilomètres de l’arrivée. Les 1 900 derniers mètres afficheront une pente moyenne de 4 %, et 6 % sur les 300 derniers mètres jusqu’à la ligne.
En dehors de cette côte, le terrain sera très vallonné. La succession de repecho et la nature ondulante de la route viendront régulièrement casser le rythme, rendant cette étape bien plus difficile que ne le laissent suggérer les pourcentages des côtes.
La Météo
Demain, les températures attendues devraient être un peu plus clémentes que les 40 degrés d’aujourd’hui. Il fera tout de même chaud, avec environ 30 degrés, mais cela devrait être un peu plus supportable. Concernant le vent, il soufflera en provenance du sud / sud-ouest à une vitesse d’environ 10 km/h. Cela donnera un vent de côté dans l’ascension vers la ligne d’arrivée.
Le Scenario
Les deux dernières fois que ce circuit a été emprunté, Caleb Ewan s’était imposé en 2018 et en 2020. La grosse différence, c’est que lors de ces deux éditions, il n’y avait que trois tours et demi à parcourir et que le début d’étape était plus simple. Avec huit tours de circuit cette année, la fatigue pourrait davantage s’accumuler. Néanmoins, il faut tout de même noter que la victoire s’est jouée à deux reprises au sprint, même si les sprinteurs les lourds devraient éprouver des difficultés ici.
Avec des écarts aussi resserrés entre les membres du top 10, hormis pour la première place bien évidemment, nous pourrions avoir des surprises. On peut imaginer que certaines équipes tentent des coups dans le final afin d’aller grappiller de précieuses secondes de bonification. Il pourrait dès lors être compliqué pour les équipes de sprinteurs de contrôler les attaques dans les derniers kilomètres.
S’il devait de nouveau y avoir un sprint, il faut s’attendre à une sélection encore plus importante que celle opérée dans les derniers hectomètres de l’étape d’hier.
Les Favoris
Les Sprinters

Encore un énorme travail de Décathlon pour placer magnifiquement Lund Andresen dans le final. Malheureusement pour lui, il est de nouveau tombé sur plus fort, mais est tout de même parvenu à conserver sa deuxième place. Le final de demain et l’étape en général seront bien plus difficiles, mais le Danois encaisse très bien le dénivelé. Si son équipe parvient à tenir le peloton, il pourrait de nouveau avoir son mot à dire dans un sprint en côte. Tout dépendra bien sûr du rythme imposé par les équipes ne disposant pas de sprinteurs dans les sept derniers kilomètres.

Brennan a de nouveau été décevant sur l’étape d’hier. Jamais en position pour espérer jouer quelque chose, il perd très vite la roue de ses équipiers, qui étaient pourtant en tête du peloton dans les derniers kilomètres. L’étape de demain sera plus difficile et probablement plus sélective. Si le peloton est moins conséquent à l’approche de la ligne, les soucis de placement qu’il a connus cette semaine pourraient être moins pénalisants. L’autre problème est que, même en étant bien placé lors de l’avant-dernier sprint, nous ne l’avons pas vu se jeter pleinement dans la bataille. Des signes tout sauf positifs pour le jeune Britannique.

L’équipe NSN n’aura pas été épargnée par les chutes cette semaine. Malgré tout, les hommes encore en forme de l’équipe ont parfaitement réussi à manœuvrer dans le final de l’étape hier, et Vernon a été impérial à la finition. L’étape de demain, globalement plus dure, pourrait moins lui convenir, et le final en côte sera lui aussi plus sélectif. Pas certain de le voir de nouveau se battre pour la victoire, même si, au vu de ce qu’il a montré hier, il mérite tout de même d’être cité.
Les Puncheurs

Laurence Pithie est allé chercher une belle troisième place lors du sprint en côte de la quatrième étape. Demain, avec un dénivelé bien plus conséquent, il pourrait toutefois se retrouver un peu juste pour espérer rééditer une telle performance. Qu’à cela ne tienne, Red Bull Bora dispose dans ses rangs d’un coureur capable de jouer les premiers rôles dans le final. Finn Fisher-Black est bien trop loin au classement général pour nourrir la moindre ambition de ce côté-là, la faute à un rendez-vous manqué dans les pentes de Corkscrew Road. Malgré tout, il devrait être en mesure de survivre à cette journée exigeante et, s’il se retrouve à l’avant au sein d’un petit comité, sa pointe de vitesse sera un atout indéniable.

Buitrago a été très décevant lors de l’étape reine de ce Tour Down Under. Au final, du côté de Bahrain, le mieux placé au classement général est Edoardo Zambanini.
Le puncher italien n’a pas grand-chose à espérer au général, si ce n’est éventuellement une incursion dans le top 10. En observant le sprint d’hier, son très mauvais placement ne lui a pas permis de faire mieux qu’une sixième place, mais il a malgré tout semblé très puissant et en excellente condition. Le parcours vallonné de demain devrait parfaitement lui convenir et, s’il affiche les mêmes jambes dans le final, il pourrait bien venir créer la surprise. Il n’a cessé de progresser au cours des deux dernières saisons et a régulièrement mis en évidence ses qualités sur les parcours vallonnés, notamment en Croatie l’année dernière.

Je m’attends à ce que la Soudal soit l’une des équipes les plus offensives demain. Avec Zana et Raccagni Noviero, elle dispose de deux options crédibles pour viser le podium de ce Tour Down Under. La meilleure carte pourrait bien être le plus jeune des deux. Raccagni Noviero a déjà montré de très belles choses l’an dernier pour sa première saison chez les professionnels. En plus d’être un solide puncher, il possède une pointe de vitesse très intéressante. S’il parvient à rester dans le groupe qui se jouera la victoire, il pourrait bien créer la surprise.

Après deux saisons compliquées, 2026 sera-t-elle l’année du renouveau pour Andreas Kron ? En tout cas, les signes sont encourageants. Il a montré de belles choses lors de la deuxième étape, qu’il a terminée à la quatrième place. A noter qu’il parvient à boucher seul le trou entre le G3 et le G2, et qu’il ne rentre à l’avant que dans le dernier kilomètre !
Le Danois dispose d’une très bonne pointe de vitesse et reste avant tout un très bon puncheur. Des qualités que nous n’avions plus vraiment eu l’occasion de voir s’exprimer depuis sa belle saison 2023.
Demain pourrait justement être sa chance de signer son retour. Actuellement cinquième au classement général, il ne pointe qu’à seulement quatre secondes de la troisième occupée par Harry Sweeney. Des bonifications à l’arrivée, même sans victoire, pourraient lui permettre d’intégrer le top 3.
Uno-X devrait d’ailleurs être l’une des équipes les plus actives de la journée. Elle pourra également compter sur Anthon Charmig, huitième à onze secondes de la troisième marche du podium.

Auteur d’un très bon prologue et très en vue lors de la deuxième étape, Mauro Schmid est probablement celui qui bénéficie le plus de l’abandon de Narvaez. Il semble toutefois trop loin de Vine pour espérer aller chercher la première place. Reste à savoir si Jayco tentera de faire vaciller un team UAE désormais affaibli par les chutes. Vine pourrait en effet se retrouver assez vite isolé, un scénario qui pourrait servir les intérêts de Schmid.
Malgré tout, le pari serait risqué. Les écarts derrière sont très resserrés et il aurait sans doute plus à perdre en jouant trop offensif qu’à gagner en visant la tête du classement. La forme est bien là et il devrait en tout cas faire partie du groupe qui se jouera la victoire. Avec la pointe de vitesse qu’il a montrée lors de la deuxième étape, il sera l’un des prétendants sérieux au succès.
Mes Choix
La chute et l’abandon de Narvaez pourraient avoir un impact plus important que prévu sur le scénario de demain. Le retrait de l’Équatorien libère en effet une place sur le podium. Lorsque l’on regarde les écarts au sein du top 20, le deuxième et le dix-septième ne sont séparés que de trente secondes.
Ils sont donc une quinzaine de coureurs, issus d’une dizaine d’équipes, encore en lice pour le podium de ce Tour Down Under. Autant de formations qui auront intérêt à animer la course pour piéger leurs adversaires directs et aller chercher de précieuses secondes de bonification, capables de faire la différence entre une troisième et une dixième place finale.
Le parcours reste sélectif, mais les pentes sont trop peu raides pour imaginer une véritable attaque solitaire. En revanche, des jeux de groupe pourraient piéger certains coureurs dans un second peloton peu collaboratif. Dans ce contexte, disposer d’une bonne pointe de vitesse restera un atout majeur au sein d’un petit comité.
Pour cette raison, j’aurais tendance à écarter les sprinteurs de l’équation pour la victoire d’étape. Si le classement général avait été figé, leurs chances auraient été bien plus importantes. Demain, leurs équipes n’auront sans doute pas les moyens de tout contrôler et risquent de laisser trop de forces à suivre les multiples accélérations.
Difficile de dégager un favori clair dans ce scénario, même si les coureurs à l’avant demain devraient être un mélange de ceux vus sur la deuxième et la quatrième étape. Si je ne devais en retenir que deux, il y aurait d’abord Andreas Kron, très impressionnant sur la deuxième étape. Probablement mon favori. En second, en outsider pour une place dans le top 3, voire sur le podium, je citerais Andrea Raccagni Noviero.
