
Du 20 au 24 avril se tiendra la 49e édition du Tour of the Alps, dernier point de passage pour les hommes visant le Giro deux semaines plus tard. Cette année marque le dixième anniversaire de l’accord entre le Tyrol, le Südtirol et le Trentin. Un accord officialisant le changement de nom de la course, autrefois appelée Giro del Trentino.
Fidèle à sa réputation, l’épreuve propose un tracé exigeant avec plus de 14 500 mètres de D+, répartis sur cinq étapes. Malgré cela, une seule arrivée au sommet prévue, lors de la deuxième étape à Val Martello.
Une nouveauté à noter cette année : l’introduction de sprint pour des secondes de bonifications en fin d’étape. Sur une épreuve qui s’est parfois jouée en quelques poignées de secondes, cela pourrait avoir son importance.
Le Parcours


La première étape sera aussi la plus simple. Il y aura 144 km à parcourir avec un peu moins de 2000 m de dénivelé positif.
Cette étape sera articulée autour de deux circuits distincts, chacun comportant une ascension à gravir deux fois. Le premier se situe autour de Telfs, le second se trouve à l’entrée d’Innsbruck. La longue portion de plaine entre le pied de la dernière descente et l’arrivée pourrait favoriser un regroupement.


Cette deuxième étape sera la seule comportant une arrivée au sommet. En cours de route, deux ascensions répertoriées et assez longues attendent les coureurs. En milieu de parcours, le peloton franchira le Passo Resia qui marquera l’entrée en Italie. Les coureurs se dirigeront ensuite jusqu’au pied du Val Martello, où sera jugée l’arrivée.
La ligne ne sera pas directement placée au sommet de ces 6.5 km à 7.6% de moyenne, mais environ 600 m plus loin.


Seulement deux ascensions répertoriées figurent au programme de cette 3e étape. Pourtant, les coureurs devront engloutir plus de 3600 m de dénivelé total. Le parcours sera perpétuellement vallonné, et le peloton sera mis à l’épreuve très tôt avec le Passo Castrin (22 km à 5.7 % de moyenne).
En cours d’étape, il faudra ensuite grimper jusqu’à Andalo sur 14.4 km à 5 %. Le final ne sera pas simple non plus. Deux autres ascensions notables, bien que moins difficiles, marqueront les 40 derniers kilomètres.


La 4e étape s’annonce comme l’étape reine de ce Tour des Alpes 2026. Dans sa construction, elle rappelle la veille. Pourtant, les ascensions seront bien plus difficiles que lors de la troisième étape et le dénivelé total sera porté à 3 900 m. Les principales difficultés seront le Passo Bordala et ses 14.8 km à 6.9 %, ainsi que le Passo Redebus avec 12.9 km à 6.8 %.
Le reste du parcours ne comportera pas d’autres ascensions répertoriées, mais il sera néanmoins très vallonné. L’enchaînement de courtes côtes et de descentes ne laissera que peu de répit aux coureurs.


La 5e et dernière étape sera l’ultime occasion de renverser la hiérarchie de ce Tour des Alpes. Avec moins de 130 km au programme, une course rapide et nerveuse attend les coureurs. Tout devrait se jouer dans le circuit final articulé autour de la double ascension de Montoppio. Le premier passage proposera 12.7 km à 7 % tandis que le second sera plus court avec 8.6 km à 6.6 %.
Les Favoris
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Pellizzari prendra le départ de ce Tour des Alpes 2026 avec le rôle de leader chez RedBull. Cette année, le grimpeur italien a déjà pris part à deux courses par étapes, terminant par deux fois à la 3e place, notamment sur Tirreno-Adriatico.
Nous l’avons vu l’année dernière, son passage en World Tour lui a permis de passer un énorme cap physique. Il semble continuer sur sa lancée en ce début de saison.
Avec l’adversité présente sur ce Tour des Alpes, un nouveau podium semble tout à fait à sa portée. Au-delà d’une simple place d’honneur, il pourrait bien viser la victoire finale, lui qui fait indéniablement partie des meilleurs grimpeurs du plateau.

Le Tour des Alpes verra le retour dans le peloton de Pidcock. Le Britannique avait très lourdement chuté et avait dû abandonner lors du Tour de Catalogne il y a un mois. Il a choisi de faire l’impasse sur l’Amstel et la Flèche Wallonne cette année, mais s’alignera tout de même sur cette semaine entre Autriche et Italie. À cause de sa blessure, il est très difficile de savoir dans quel état de forme nous allons le retrouver.
Sa préparation a été très fortement impactée, ce qui est très dommage compte tenu de la forme qu’il tenait avant cette chute. Il pourrait tout à fait s’en sortir avec un bon résultat final compte tenu de l’adversité. Malgré tout, cela pourrait être un peu trop juste pour viser la victoire.

Vainqueur sortant de l’épreuve, Storer réalise un début de saison plutôt timide, surtout lorsqu’on le compare à son entame d’année 2025. L’année dernière, il avait dominé cette course de la tête et des épaules, personne ne semblait alors en mesure de lui contester le leadership. Il est difficile de savoir s’il sera capable de rééditer un tel exploit cette année.
Malgré tout, avec le Giro en ligne de mire, on peut aisément imaginer que sa condition s’améliorera au fil des jours. Il devrait donc encore figurer parmi les meilleurs, même s’il ne domine probablement pas autant qu’en 2025.
Chez Tudor, il faudra aussi garder un œil sur le jeune Français Mathys Rondel. Il semble avoir passé un cap important cette année avec de très bons résultats à son actif.
Il a notamment signé un superbe top 10 sur Paris-Nice, terminant à la 8e place du classement général. Avec l’adversité présente sur ce Tour des Alpes, il n’est pas certain qu’on lui demande de se sacrifier totalement pour Michael Storer et il pourrait avoir son mot à dire. Le voir accrocher un nouveau top 10, voire un top 5, n’est pas du tout à exclure au vu de sa forme de début de saison.

INEOS se présente au départ de ce Tour des Alpes avec un leadership partagé entre Arensman et Bernal.
Le Néerlandais a été l’auteur d’une très bonne saison 2025. Il s’était notamment illustré sur ce Tour des Alpes avec une deuxième place au classement général derrière Storer, agrémentée d’une victoire d’étape. Son début de saison 2026 est beaucoup plus timide. Assez peu en vue en Algarve ou sur Tirreno-Adriatico, il est difficile de savoir où il en est actuellement. Il visera le Giro 2026 et devrait donc, en toute logique, commencer à montrer des signes de mieux.
Pour Bernal, les choses semblent encore un peu plus compliquées. Le Colombien n’a pris part qu’à trois courses cette année, toutes en février. Nous ne l’avons plus revu en compétition depuis maintenant un mois et demi, son retour étant sans cesse repoussé. Pour cette course de reprise, il est difficile de savoir ce que l’on doit attendre de lui, même si l’adversité au départ ne sera pas la plus relevée.

Le début de saison de Gee est en dents de scie. Le Canadien n’avait plus couru depuis les championnats nationaux de juin 2025 lorsqu’il a pris le départ de l’UAE Tour en remplacement de Ciccone. Il y a réalisé de bons résultats, accrochant la 7e place du classement général final. Son Tour de Catalogne a été bien moins probant, se concluant par un abandon en cours de route.
Son grand objectif annoncé est de viser le podium sur le Giro d’Italia cette année. Il n’en était pas passé loin l’an dernier en terminant à la 4e place, et il aura à cœur d’améliorer ce résultat.
En 2025, il avait pris la 3e place du Tour des Alpes après un début difficile où il avait perdu beaucoup de temps lors des deux premières étapes. Il avait ensuite réussi à remonter grâce à une forme ascendante. On peut imaginer une situation identique cette année, il devrait de nouveau viser le podium la semaine prochaine.
Mes Choix
Aucun coureur ne semble vraiment sortir du lot dans la startlist de ce Tour des Alpes. Cette situation devrait nous offrir une course très intéressante. Mais c’était aussi le cas l’année dernière avant la performance exceptionnelle de Storer.
Parmi les engagés, Pidcock est celui qui a montré le plus de choses en début de saison. Son état de forme reste cependant inconnu et il semble impossible d’en faire le favori clair pour la victoire. C’est l’inverse pour Pellizzari. L’Italien trouvera un terrain à sa convenance et avec le Giro en ligne de mire, il sera très certainement au rendez-vous. Il est mon favori pour le classement général. Pour compléter le podium, Storer et Arensman sont des noms intéressants. Ils n’ont pas réalisé un grand début de saison, mais visent tous les deux le Giro.
Storer avait atteint son pic de forme trop tôt l’an dernier, il est possible que sa préparation soit mieux gérée cette année et qu’il soit donc un peu moins fort sur ce Tour des Alpes. Concernant Arensman, il doit minimiser les pertes de temps sur les premières étapes, pas parce qu’elles sont trop difficiles, mais parce qu’il a toujours besoin de se mettre en jambes. S’il y parvient, le podium est largement à sa portée.