
Ce dimanche 19 avril 2026 aura lieu la 60e édition de l’Amstel Gold Race. La campagne des Flandriennes s’achève pour laisser place au triptyque ardennais. Cette semaine de compétition entre les Pays-Bas et la Belgique atteindra son apogée sept jours plus tard avec Liège-Bastogne-Liège.
Le parcours confirme le retour en arrière amorcé l’an dernier. Pour la deuxième fois consécutive, le Cauberg servira de juge de paix final. Mis à part quelques changements mineurs sur les 40 premiers kilomètres de course, le parcours sera identique à l’édition 2025.
Avec un sommet situé à seulement 1.7 km de la ligne, la question demeure. Quelle influence ce placement aura-t-il sur le dénouement de la course cette année ? L’année passée, les 3 leaders ne s’étaient pas attaqués et avaient temporisé pour se jouer la victoire au sprint.
Le Parcours
Un parcours vallonné quasi identique à celui proposé l’année dernière, que l’on peut décomposer en 4 temps.

La seconde partie du parcours est aussi la plus longue. C’est la boucle qui comportera le plus de côtes, avec pas moins de 15 ascensions répertoriées le long de ces 85 kilomètres. Cette boucle verra aussi le premier passage au sommet du Cauberg ainsi que le premier passage sur la ligne, à un peu plus de 80 km de l’arrivée.

Après avoir passé une première fois la ligne d’arrivée, il restera encore près de 83 kilomètres à parcourir. Les coureurs entreront alors sur le troisième circuit qui marque l’entrée dans la partie décisive de l’épreuve. 10 côtes répertoriées sur cette section de 63 kilomètres.


Cette portion est la portion clé de la course, là où les mouvements décisifs devraient se faire. Attention en particulier à l’enchaînement de côtes entre le Gulperberg (à 46.8 km de l’arrivée) et l’avant-dernier passage du Cauberg (à 21.6 km de l’arrivée).
Les routes seront étroites et les côtes raides, le Kruisberg et le Eyserbosweg en particulier.




Même en dehors des côtes elles-mêmes les routes resteront souvent étroites, ce qui n’aidera pas à chasser. Il faut tout de même noter qu’à compter de ce moment là, le peloton sera extrêmement réduit. Placé à une trentaine de km de l’arrivée, le Keutenberg sera aussi un beau terrain de jeu pour ceux désirant faire exploser la course.




Un nouveau passage sur la ligne à 19.9 kilomètres de l’arrivée marquera l’entrée sur le circuit final. Il restera trois côtes à franchir.

Lieu d’arrivée de la course au début des années 2000, le Cauberg a perdu son statut de juge de paix au fur et à mesure, jusqu’à son retrait du final de la course en 2017. Le changement amorcé l’année dernière est reconduit cette année, avec un troisième passage sur le Cauberg avant de plonger vers la ligne d’arrivée, 1.8 km plus loin.

Météo
Il va faire assez frais aujourd’hui, les températures dépassant difficilement les 12° dans la région de Maastricht. On notera aussi de faibles risques de pluie en fin d’après-midi.
Le vent sera présent et soufflera de manière modérée, entre 12 et 15 km/h de moyenne, en provenance du Nord / Nord-Ouest. La nature très sinueuse de la course fera que le vent frappera d’un peu partout.
Il soufflera de côté dans le Gulperberg, mais sera ensuite défavorable du pied du Kruisberg jusqu’aux abords du Keutenberg. L’enchaînement Kruisberg – Eyserbosweg – Fromberg se fera donc avec un vent principalement défavorable. Les coureurs auront ensuite le vent dans le dos pour l’ascension décisive du Keutenberg.
Il sera plutôt de côté dans le Cauberg, avant de souffler de 3/4 face sur la dernière ligne droite vers l’arrivée.
Le Scenario
Pogacar n’est certes pas là, mais la présence d’Evenepoel devrait rendre le scénario assez identique aux courses auxquelles prend part le Slovène. Le Belge semble un ton au-dessus de la concurrence sur cette Amstel en l’absence de presque tous les grands noms. Il dictera son rythme et son équipe contrôlera la course. Tout se décantera au moment où il choisira d’attaquer pour certainement s’isoler.
On peut imaginer que cela surviendra dans le Keutenberg, à un peu plus de 30 km de l’arrivée. Il y trouvera en effet le vent le plus favorable pour placer son attaque décisive et creuser l’écart.
Les Favoris

En l’absence de Pogacar, Remco Evenepoel s’impose comme le favori numéro un de cette Amstel Gold Race 2026. L’année dernière, le Belge était trop mal placé au moment de l’attaque de Pogacar dans le Gulperberg. Il avait malgré tout prouvé sa force en revenant sur le Slovène après une attaque lointaine. Son placement peu rester un souci, même si une course décantée de loin réduirait ce genre de problèmes tactiques.
Sa prestation sur le Tour des Flandres confirme une forme ascendante à l’approche de ce triptyque ardennais. On sait que sur ce type de parcours, il ne faut jamais lui laisser le moindre espace. Une attaque tranchante dans l’Eyserbosweg ou le Keutenberg pourrait lui permettre de s’isoler, notamment grâce à sa capacité à en remettre sur le sommet, là où beaucoup d’autre cherchent à reprendre leur souffle.

En l’absence de Pogacar, le leadership chez UAE est moins clair. Pourtant, si l’on observe la forme actuelle, Benoît Cosnefroy devrait pouvoir jouer sa carte personnelle. Même si toute l’équipe ne sera peut-être pas dévouée à sa cause, sa prestation sur la Flèche Brabançonne il y a deux jours en fait un homme protégé.
Il y a quatre ans, il avait terminé deuxième de l’Amstel, battu de justesse au sprint par Kwiatkowski. Ce tracé lui convient parfaitement. S’il sera difficile de rivaliser avec la puissance d’Evenepoel, viser une place sur le podium semble tout à fait à sa portée. Sa pointe de vitesse et son explosivité dans les bosses courtes sont des atouts majeurs pour le final.

Tenant du titre, Mattias Skjelmose sera bien présent pour tenter de défendre sa couronne. L’an dernier, il avait profité du retour d’Evenepoel pour recoller à Pogacar avant de régler tout le monde au sprint. Les choses pourraient toutefois être bien différentes cette année, son état de forme en ce début de saison semble assez peu convaincant.
Le Danois possède toujours un punch solide et une excellente pointe de vitesse en petit comité. Pas sûr cependant que ces atouts suffisent aujourd’hui pour réaliser le doublé.

Matteo Jorgenson réalise une excellente première partie de saison. L’Américain a enchaîné les bonnes prestations, mais il n’affiche malheureusement toujours aucune victoire au compteur. Son manque de pointe de vitesse lui fait cruellement défaut et aujourd’hui encore, il devra impérativement arriver seul s’il veut espérer s’imposer.
Il a montré être bien plus à l’aise sur les ascensions courtes cette année, ce qui n’est pourtant pas son point fort initial. Sera-t-il capable de suivre Evenepoel ? Pas sûr. Et quand bien même, le Belge pourrait facilement disposer de lui au sprint. Jorgenson reste malgré tout un sérieux outsider pour le podium.

Sur la Flèche Brabançonne, Grégoire a confirmé son excellent début de saison. Au-delà des résultats bruts, son comportement en course prouve que le Français a franchi un vrai palier. Il était encore indéniablement l’un des coureurs les plus costauds vendredi dernier. La forme est bien présente, il ne manque désormais que la conclusion pour concrétiser ces efforts.
7e de l’Amstel l’an dernier au sein du groupe derrière les 3 leaders, il connaît parfaitement les spécificités de ce parcours, ce tracé lui convient parfaitement. Son sens de la course sera un atout majeur pour anticiper les coups. Améliorer son résultat précédent semble logique, et un podium est totalement à sa portée aujourd’hui.

Sur le Tour du Pays Basque, Vauquelin est allé chercher un troisième top 10 en trois CPE disputées depuis le début de la saison. Sa forme est excellente. Malgré une chute en début de course sur l’Itzulia, nous l’avons vu très bien terminer cette semaine basque.
Ses qualités de puncheur et de rouleur en font un très bon outsider pour les trois Ardennaises à venir, à commencer aujourd’hui par l’Amstel Gold Race, même s’il est difficile de l’imaginer suivre une accélération d’Evenepoel. En revanche, le voir dans un groupe restreint juste derrière est tout à fait possible. Le français s’affirme comme un sérieux candidat au podium.

Lapeira devrait être la carte maîtresse aujourd’hui. L’ancien champion de France trouvera un terrain à sa mesure sur les routes sinueuses du Limbourg. On se rappelle que pour sa première participation en 2024, il avait pris la 5e place de cette classique ardennaise.
Nous ne l’avons plus revu depuis un mois et sa 17e place sur Milan-Sanremo, mais ses prestations de début de saison étaient plus que convaincantes. S’il affiche un niveau de forme équivalent, il sera l’un des acteurs majeurs de l’Amstel aujourd’hui. Il possède le punch nécessaire pour accompagner les meilleurs, et sa pointe de vitesse sera également un atout précieux en cas d’arrivée en petit groupe pour le podium.

Dans la catégorie des coureurs réalisant une très bonne première partie de saison, Schmid a totalement sa place. Il a été un acteur majeur sur toutes les courses auxquelles il a pris part. Que ce soit sur les courses par étapes ou sur les classiques, le Suisse s’est montré très offensif. Vendredi, sur la Flèche Brabançonne, il a tout donné dans le final. Son effort pour rentrer sur l’échappée a permis à son équipier de remporter la course. Sur l’Amstel, il sera le leader de sa formation.
Quinzième l’année dernière, il avait fini par céder dans le final. Il faisait pourtant partie du groupe de chasse derrière les favoris. La forme affichée cette saison laisse penser qu’il a franchi un nouveau cap, et il semble capable d’améliorer nettement son résultat aujourd’hui.
Mes Choix
Il est difficile d’imaginer un coureur capable de contester la victoire à Evenepoel aujourd’hui. En plus de posséder un punch dévastateur, le Belge s’impose aussi comme le meilleur rouleur du monde. Là où ses adversaires chercheront à reprendre leur souffle au sommet des bosses, il sera capable d’en remettre pour creuser l’écart. Une fois qu’il aura pris vingt mètres d’avance, il sera quasiment impossible de le revoir avant la ligne.
Derrière lui, un petit groupe devrait se disputer les deux autres places sur le podium. Il faudra surveiller les attaques dans le final de la part de ceux qui veulent éviter un sprint.
Je pense notamment à Jorgenson, pour qui une anticipation solitaire représente la meilleure chance de podium. Vauquelin semble aussi être une excellente option, le Français affichant une forme étincelante depuis le début de saison.

