Giro d’Italia 2026 – Étape 7 Preview

Giro d’Italia 2026 – Étape 7

Note : 4 sur 5.

Cette septième étape donnera lieu au premier véritable affrontement en montagne entre les favoris visant le classement général. Une étape marathon de plus de 240 km, dont le dernier tiers se révèle particulièrement vallonné. Mais c’est bien évidemment l’ascension du terrible Blockhaus qui retiendra toute l’attention. Avec ses 13.6 km à 8.4 % de moyenne, cette première arrivée au sommet devrait mettre chacun à sa place.


Le Parcours

©GirodItalia

Cette septième étape sera la plus longue du Giro, mais ses 135 premiers kilomètres ne seront pas les plus difficiles. La route ne deviendra vraiment vallonnée que dans les 100 derniers kilomètres, notamment avec l’ascension vers Roccaraso dont le sommet sera situé à un peu moins de 80 km de l’arrivée.

La route restera accidentée par la suite jusqu’à ce que les coureurs abordent leur descente en direction de Roccamorice, où sera situé le pied de la dernière ascension du jour. Il s’agit du fameux Blockhaus, utilisé pour la dernière fois lors de la 9e étape du Giro 2022. C’est une terrible ascension où les écarts peuvent se creuser entre les prétendants au classement général. Avec ses 13.6 km à 8.4 % de moyenne, et notamment ses 10 derniers kilomètres à près de 9.5 %, le Blockhaus représentera le premier vrai test pour les leaders.


Météo

Les températures seront agréables demain, juste sous les 20 degrés. Elles auront cependant tendance à diminuer au fur et à mesure que les coureurs approcheront du sommet du Blockhaus.

La pluie devrait être présente en début d’étape seulement. Le vent soufflera quant à lui relativement fort, à un peu moins de 20 km/h en provenance du sud-ouest.

Cela offrira un vent portant sur une bonne majorité de l’étape, ce qui devrait rendre le rythme très élevé, au moins jusqu’au pied du Blockhaus. L’ascension finale se fera quant à elle avec un vent de côté sur sa première moitié, puis légèrement de 3/4 dos dans sa seconde moitié.


Le Scenario

Cette 7e étape est une journée extrêmement importante dans la lutte pour le maillot rose. Avec plus de 240 km et un final au sommet d’une ascension aussi difficile que le Blockhaus, il ne serait pas étonnant de voir des défaillances. Cela est d’autant plus probable avec les étapes rendues éprouvantes ces deux derniers jours par la pluie et le froid.

Alors que depuis le milieu des années 2010 les premières arrivées au sommet revenaient en général à l’échappée, les éditions 2024 et 2025 ont vu la tendance s’inverser. Avec Vingegaard au départ, il y a de fortes chances que cela soit encore le cas cette année.

Le Danois s’est déjà montré offensif sur ce Giro. Il voudra certainement profiter de cette difficile étape pour marquer le coup. Il ne faut pas oublier que son objectif principal reste le Tour de France. Plus tôt il pourra assommer ses adversaires sur le Giro, plus il pourra être en gestion sur la troisième semaine.

Pour ce qui est du contrôle de l’étape, Visma pourrait être aidée par la Bahrain qui a le maillot rose pour le moment. Les échappés pourraient bien se retrouver avec une marge trop faible au pied du Blockhaus, car malgré l’avance confortable que possède Eulalio, il ne peut pas se permettre de laisser trop de marge.


Les Favoris

Vingegaard est évidemment l’immense favori à la victoire demain. L’ascension est difficile et il devrait pouvoir y faire des différences. C’est l’étape parfaite et surtout le moment idéal pour mettre un premier coup de marteau sur la tête de ses adversaires.

La perte de Kelderman est un coup dur, mais l’effectif restant est tout à fait en mesure de gérer une échappée sur cette étape. C’est d’autant plus vrai si l’on prend en compte que Bahrain devrait aider à rouler. Une fois dans le Blockhaus, les grimpeurs se mettront en action avec notamment Kuss. Puis Piganzoli servira de dernier lanceur, à l’image de ce que nous avons vu sur la deuxième étape.

Est-ce que Vingegaard parviendra cette fois-ci à s’isoler ou aura-t-il encore Pellizzari sur le dos ?

Pellizzari a déjà montré qu’il pouvait rivaliser avec Vingegaard lors de leur premier duel. Demain, sur une pente aussi abrupte, nous saurons rapidement si la hiérarchie est déjà figée ou si l’italien peut espérer faire durer le suspens.

C’est la première fois que Pellizzari abordera un moment aussi décisif avec le statut de leader clair. Il sort d’un Tour des Alpes géré de main de maître et remporté sans contestation. Mais Vingegaard est un tout autre coureur que Bernal. Le voir tenir la roue du Danois jusqu’au bout et encore plus s’imposer au sommet du Blockhaus semble pour le moment relever de la fantaisie.

L’entente avec son co-leader Hindley semble être très bonne. Les deux coureurs ont déjà déclaré être amis. Dès lors, on peut imaginer qu’ils ne se tireront pas dans les pattes, l’un devrait aider l’autre en cas de besoin. Malgré tout, de ce qu’on a vu récemment, l’Italien semble pour le moment un ton au-dessus. Attention toutefois, car l’Australien est un vrai coureur de Grand Tour à ne pas sous-estimer. Il est d’ailleurs le dernier à s’être imposé au sommet du Blockhaus, en 2022.

Le contre-la-montre de 42 km va très vite arriver. Felix Gall doit profiter de toutes les occasions pour prendre du temps sur ses principaux adversaires avant cette fameuse 10e étape.

Demain, avec cette arrivée au sommet, il trouvera dans le Blockhaus une ascension parfaitement taillée à sa mesure. On le sait, il éprouve de grandes difficultés en descente et en contre-la-montre. Mais lorsqu’il s’agit de grimper, il est l’un des tout meilleurs. C’est d’autant plus vrai quand on regarde la startlist de cette édition. En comparaison de tous les hommes présents, il est le troisième, et peut-être même le deuxième meilleur grimpeur.

Énorme coup de chaud pour Bernal lors de la 4e étape, il aurait pu perdre beaucoup de temps après sa défaillance. Ses commentaires d’après-course ne sont absolument pas rassurants. Il a dit que son cœur est resté très élevé pendant plus de 20 minutes mais que ses jambes ne le faisaient pourtant pas souffrir. Quelle que soit la raison, il faut espérer que cela ne soit pas le cas demain. Autrement, il perdrait toutes ses chances de figurer au général.

Arensman a quant à lui passé la première semaine sans encombre. C’est en général son point faible. On sait que c’est un excellent grimpeur et demain, il devrait de nouveau être en mesure de le montrer. Il pourrait bien s’affirmer comme le leader unique chez Ineos. Sera-t-il en mesure de jouer le podium ? C’est une possibilité. Il y a quelques semaines seulement, il avait cependant été dominé par Pellizzari sur le Tour des Alpes. Il faut espérer pour lui que la forme soit ascendante.

Ciccone aurait aimé rouler sur ses routes avec le maillot rose sur les épaules, mais cela ne sera malheureusement pas le cas.

On le sait, l’Italien n’est pas ici pour viser le général à terme. Ce n’est pas pour autant qu’il perdra du temps sciemment, d’autant plus avec une arrivée au sommet du Blockhaus, chez lui. Je m’attends à le voir dans le coup demain, à moins qu’on ne lui demande d’aider Derek Gee si celui-ci en éprouve le besoin.

Le Canadien est en effet le leader de la Lidl-Trek pour le général. Jusqu’ici, il n’a pas montré grand-chose. Ce n’est pas son récent Tour des Alpes qui donnera confiance en ses capacités à retourner la situation sur le Blockhaus. Malgré tout, il a déjà montré par le passé toutes ses qualités et sa capacité à jouer le Top 10 sur des Grands Tours lors de ces deux dernières années.

Que devons-nous attendre de Michael Storer demain ? En 2025, l’Australien affichait un niveau incroyablement élevé. On pense évidemment à son Tour des Alpes où il a écrasé la concurrence mais on peut aussi citer sa troisième place sur le Tour de Lombardie.

Cette année, il n’a jamais vraiment montré un tel niveau. C’est peut-être dû à une volonté de décaler son pic de forme pour la troisième semaine du Giro. Quoi qu’il en soit, s’il parvient à élever son niveau et à s’approcher de ses performances de 2025, alors le top 5 ou même le podium seront demain à sa portée.


Mes Choix

Entre Bahrain qui devrait vouloir contrôler et Visma qui pourrait viser l’étape pour Vingegaard, je ne suis pas sûr que les échappés pourront aller au bout.

L’étape est très longue, et le Blockhaus pourrait faire beaucoup plus mal aux fuyards en fin de course que sur une étape plus courte. De plus, il y a peu de chances qu’un homme placé dans le Top 35 obtienne un bon de sortie demain. Tout du moins, Bahrain ne voudra pas lui laisser trop d’avance. Et au-delà, les grimpeurs en mesure de s’imposer au sommet du Blockhaus ne sont pas légion. On peut citer Zana, Rubio et peut-être Pinarello.

Malgré sa marge, Afonso Eulalio ne peut pas se permettre de laisser 5 ou 6 minutes à des hommes placés à 7 minutes de lui au général. Cela pourrait signifier que les fuyards n’aborderaient pas le pied du Blockhaus avec une avance suffisante pour résister. On ne sait pas encore comment il se comportera dans le Blockhaus, surtout après une cinquième étape dantesque marquée par une lourde chute dans le final.

Je me dirige donc vers une bataille entre les leaders du général pour la victoire d’étape demain. Vingegaard fait office de favori et je pense qu’il tiendra son rang en allant s’imposer en solitaire. Derrière, pour le podium, j’imagine une lutte entre Pellizzari et Felix Gall.


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