Giro d’Italia 2026 Preview

Les 21 étapes du Giro 2026

Note : 2 sur 5.

Cette année, la Grande Partenza du Giro se fera en Bulgarie. Cette première étape sera l’une des plus simples et devrait permettre à un sprinteur d’endosser le premier maillot rose.


Note : 3 sur 5.

La deuxième étape sera longue de plus de 220 km et se montrera particulièrement vallonnée dans sa seconde moitié. La dernière côte affiche 3.8 km à 6.8 % de moyenne, avec un sommet situé à seulement 10 km de l’arrivée. Et, comme si cela ne suffisait pas, les deux derniers km seront aussi vallonnés. De quoi nous offrir une belle bataille entre les baroudeurs et les équipes de sprinters / puncheurs.


Note : 2 sur 5.

Dernière étape du triptyque bulgare. Les coureurs devront rallier la capitale après 175 km de course. Mais le chemin ne sera pas simple avec une ascension de 9 km à 5.4 % de moyenne située à 75 km de l’arrivée. Cette troisième étape devrait malgré tout se jouer au sprint.


Note : 2 sur 5.

Le peloton du Giro débarque enfin en Italie, en Calabre plus précisément. Dans l’idée, le profil ressemble assez à celui de la 3e étape. Il faut malgré tout noter que le col sera plus difficile, avec ses 14.5 km à 5.9 % de moyenne, et surtout que son sommet sera situé à 43 km de l’arrivée. C’est une vraie occasion à saisir pour les baroudeurs.


Note : 3 sur 5.

Deuxième étape dépassant les 200 km en seulement cinq jours de course, ce cinquième acte peut se décomposer en plusieurs phases. Si son tronçon central ne présentera aucune difficulté, l’entame sera quant à elle vallonnée, tout comme les 60 derniers kilomètres. C’est un parcours clairement pensé et taillé pour les baroudeurs.


Note : 2 sur 5.

Pour la cinquième fois consécutive, Naples fera office de ville arrivée sur le Giro. Le tracé a finalement été modifié par rapport à l’annonce initiale, simplifiant considérablement le final de la course. L’arrivée sera située sur une route pavée de 700m, dont les 500 premiers mètres afficheront 4% de moyenne. Les sprinteurs devraient être à la fête au sein de la cité parthénopéenne.


Note : 4 sur 5.

Cette septième étape donnera lieu au premier véritable affrontement en montagne entre les favoris visant le classement général. Une étape marathon de plus de 240 km, dont le dernier tiers se révèle particulièrement vallonné. Mais c’est bien évidemment l’ascension du terrible Blockhaus qui retiendra toute l’attention. Avec ses 13.6 km à 8.4 % de moyenne, cette première arrivée au sommet devrait mettre chacun à sa place.


Note : 3 sur 5.

La 8e étape est cataloguée comme étant celle des murs. Pourtant, lorsqu’on connaît le potentiel de la région, le tracé proposé semble assez timide. Seules deux côtes pourraient réellement prétendre à ce statut, à savoir le Muro di Fermo et le Muro di Via Reputolo. Cette version finale s’avère toutefois plus intéressante que l’ébauche initiale et devrait permettre aux baroudeurs ainsi qu’aux puncheurs de s’exprimer. Ce parcours ne sera peut-être pas assez sélectif pour espérer des mouvements d’envergure chez les leaders malgré tout.


Note : 3 sur 5.

Cette neuvième étape proposera la seconde arrivée au sommet du Giro. Les coureurs parcourront 150 km sans difficultés majeures avant que la course ne devienne intéressante. Tout se jouera lors de l’ascension finale vers Corno alle Scale, notamment sur les 2 700 derniers mètres qui afficheront plus de 10 % de moyenne.


Note : 3 sur 5.

La deuxième semaine de course s’ouvrira avec l’unique contre-la-montre de cette édition 2026. Long de 42 km et totalement plat, ce tracé permettra aux meilleurs rouleurs d’exprimer toute leur puissance. Nous pourrions y voir de très gros écarts, ce sera l’un des moments clés.


Note : 3 sur 5.

La 11e étape était déjà attrayante dans sa version initiale, mais elle gagne encore en intérêt dans sa mouture finale. Ce parcours frôlera les 200 km et proposera une succession d’ascensions assez exigeantes dans sa seconde moitié. L’enchaînement Colla dei Scioli (5.7 km à 6.4 %) et de Cogorno (4.6 km à 6.7 %) devrait ainsi offrir de l’action dans les 30 derniers kilomètres de course.


Note : 2 sur 5.

La 12e étape empruntera une partie des routes de Milan – Sanremo, mais en direction du nord. Peu de choses à signaler sur les 100 premiers kilomètres avant la succession des deux ascensions répertoriées de la journée. Il restera 50 km à parcourir au sommet de la dernière difficulté, mais le final accidenté pourrait compliquer la tâche du peloton. Une nouvelle bataille intéressante se profile ainsi entre les sprinteurs et les baroudeurs.


Note : 3 sur 5.

Le peloton continuera sa progression vers le nord lors de cette 13e étape, atteignant les rives du Lac Majeur. Après 160 km de plaine, les 20 derniers kilomètres deviendront bien plus exigeants. L’enchaînement Bieno / Ungiasca (4.7 km à 7.1 %), dont le sommet se situe à 13 km de l’arrivée, viendra pimenter le final de ce parcours.


Note : 5 sur 5.

La 14e étape marquera le premier acte avec un véritable enchaînement de cols. Ce parcours de seulement 133 km compte cinq cols répertoriées, lui valant une classification « cinq étoiles ». Après un départ sur les chapeaux de roues par le Saint-Barthélemy (15.8 km à 6.5 %), la journée se conclura par la montée de Pila (16.5 km à 7.1 %). Cette ultime difficulté s’avère longue mais très linéaire, sans gros changement de rythme.


Note : 1 sur 5.

Cette deuxième semaine s’achèvera par une étape dépourvue de toute difficulté. Un sprint massif est attendu dans les rues de Milan.


Note : 4 sur 5.

La troisième semaine débutera par une étape intégralement tracée en Suisse. Après un circuit articulé autour de l’enchaînement Torre / Leontica, les coureurs se dirigeront vers le nord pour aborder l’ascension vers Cari, où tout se jouera. Cette montée s’annonce difficile avec ses 11.7 km à 7.9 % de moyenne. L’étape sera particulièrement brève puisqu’elle dépassera à peine les 110 km.


Note : 3 sur 5.

Une nouvelle étape qui devrait sourire aux baroudeurs. Un peu plus de 200 km attendent les coureurs, sans longs cols ni ascensions permettant aux leaders de creuser des écarts. La nature fortement accidentée des 40 derniers kilomètres promet toutefois une belle bataille au sein de l’échappée.


Note : 2 sur 5.

Prise dans sa globalité, cette 18e étape sera loin d’être la plus difficile de l’épreuve. Elle sera légèrement escarpée en début et en fin de parcours. Toutefois, les sprinteurs encore présents auront-ils assez de main-d’œuvre pour maintenir l’échappée à portée ? La présence du Muro di Ca’ del Poggio (1.1 km à 12.3 %) à moins de 10 km du terme représentera un obstacle majeur pour eux. Une vraie étape de transition avant d’aller chercher la montagne.


Note : 5 sur 5.

Il Tappone dolomitico, l’étape reine de ce Giro 2026. Son tracé frôle la perfection avec six ascensions répertoriées s’enchaînant durant les 100 derniers kilomètres. Deux passages au-delà des 2 000 m d’altitude, incluant le Passo Giau (9.9 km à 9.3 %), Cima Coppi de ce Giro 2026. Si la météo se montre clémente, cette journée promet d’être épique. Pour les coureurs, comme pour les spectateurs.


Note : 4 sur 5.

La 20e étape représentera l’ultime opportunité pour les grimpeurs de briller. Le parcours sera relativement simple durant les 130 premiers kilomètres. La suite s’articulera autour d’une double montée de Piancavallo (14.5 km à 7.8 %) lors de la phase finale. Cette longue ascension présente ses plus forts pourcentages au cours des 8 premiers kilomètres. La pente tend ensuite à s’adoucir à mesure que les coureurs atteignent le sommet.


Note : 1 sur 5.

21e et ultime étape, où les sprinteurs pourront de nouveau s’illustrer dans les rues de Rome. Ce dernier acte offrira un cadre prestigieux pour le dénouement de cette édition 2026.


Les Chiffres Clés du Giro 2026

Il faut remonter à 2015 pour trouver trace d’un Giro avec un unique contre-la-montre individuel. Cette année-là, l’épreuve proposait toutefois un c.l.m par équipe supplémentaire. Dans l’histoire récente, cette configuration constitue donc une grande première.

On comptera autant de kilomètres contre-la-montre cette année (42 km) que l’an dernier, avec deux étapes. Cette distance s’avère tout à fait respectable pour un chrono sur un Grand Tour. De manière un peu paradoxale, le point positif réside en bonne partie dans son profil plat et peu technique.

Pour la victoire d’étape, les spécialistes se frottent déjà les mains. Cependant, c’est l’impact sur le classement général qui suscite l’intérêt. Ce n’est plus une surprise désormais, une grande partie des leaders sont aussi d’honnêtes rouleurs. Mais pas tous, certains excellents grimpeurs peine à s’exprimer sur ce terrain.

Ce tracé spécifique permettra aux meilleurs d’entre eux de mettre à distance les plus purs grimpeurs. Ce type de contre-la-montre, et son placement avant les principales échéances, forcera les grimpeurs à être offensif lorsque leur terrain de prédilection se présentera en 3e semaine.


Après un dénivelé record en 2025, l’organisation repasse sous la barre des 50.000 m de dénivelé positif. On note toutefois un déséquilibre similaire à celui de l’an passé avec une troisième semaine très montagneuse, qui pourrait figer les positions jusqu’à la redoutable 19e étape.

Ce scénario que j’avais envisagé l’année dernière ne s’était pas produit, nous offrant au final l’un des meilleurs Giro et le meilleur Grand Tour de la saison. Pourtant, cette année, la présence d’un ultra favori comme Vingegaard peut faire craindre une course verrouillée, comme en 2024 avec Pogacar au départ.

Le choix d’un unique contre-la-montre plat à mi-parcours reste un compromis intéressant. Cela pourrait obliger les grimpeurs à attaquer lors des dernières échéances alpines, en espérant que les acteurs jouent de nouveau le jeu.


En 2025, le pari de limiter les arrivées au sommet à trois seulement avait porté ses fruits. Cette décision nous avait au final offert une course nerveuse et imprévisible. Pourtant, cette année, l’organisation prend le contre-pied total. Avec pas moins de six arrivées au sommet, on change radicalement de philosophie.

Le souci majeur, c’est que la moitié d’entre elles ressembleront probablement à de simples courses de côtes. Cela signifie aussi que toutes les étapes de montagne se feront avec une arrivée au sommet. C’est un parti pris que je n’aurais pas retenu, cela risque malheureusement de voir se multiplier les scénarios identiques sur les principales étapes.


Mon Avis sur le Parcours du Giro 2026

Semaine 1

La première semaine s’annonce plutôt intéressante et devrait offrir un terrain de jeu pour tous les profils. Les sprinteurs auront une chance de porter le premier maillot rose avant de probablement devoir le lâcher dès la deuxième étape. Du triptyque bulgare, cette étape vers Veliko est certainement la plus intéressante et la mieux tracée pour nous offrir du spectacle.

De retour en Italie, les baroudeurs trouveront à nouveau un terrain pour briller sur les étapes 4, 5 et 8. Les leaders, eux, devront certainement attendre la 7e étape et l’arrivée au sommet du Blockhaus. Cette ascension se suffit à elle-même et les pentes terribles de ce col feront leur travail. Elles remettront chacun à sa place, surtout après plus de 240 km.

Les sprinteurs ne devront pas louper le coche lors de la 6e étape et l’arrivée à Naples. Leur prochaine occasion n’arrivera pas avant, au mieux, la 12e étape. Ils pourraient même devoir attendre l’arrivée à Milan lors de la 15e étape.

Sur cette première semaine, j’ai tout de même une vraie déception : l’étape des « Murs ». L’organisation a été beaucoup trop frileuse ici. Si l’étape pourrait s’avérer sympathique pour l’échappée, pas sûr que les leaders profitent de ce terrain. La région avait tellement mieux à offrir pour ne pas réduire la bataille des favoris aux seules étapes de haute montagne.

Semaine 2

Placer le chrono en ouverture de la deuxième semaine, au lendemain de la journée de repos et avant la haute montagne, est une excellente idée. Sa longueur et son tracé devraient repousser certains grimpeurs loin au général. Cela les forcera à se montrer offensifs en montagne pour combler leur retard et espérer réintégrer le top 10.

Ce placement stratégique pourrait bien être le moteur du spectacle que les coureurs nous offriront en troisième semaine. C’est exactement le genre de configuration qui doit, en théorie, éviter l’attentisme et pousser les leaders à prendre des risques.

La 11e étape est aussi à ranger du côté des bonnes surprises. Son tracé est intéressant et plutôt bien construit dans le final, mais sans doute trop simple pour donner envie aux leaders de s’expliquer. En revanche, c’est le terrain parfait pour offrir une fin de course mouvementée à l’échappée pour la victoire d’étape.

Concernant les étapes de montagne, les 14e et 16e sont, selon moi, à ranger dans la catégorie des déceptions.

La répartition des ascensions sur la 14e étape n’incite pas aux offensives lointaines. En plaçant le col le plus long et difficile à la fin, on bride l’audace de certains coureurs. Sauf coup de folie, il ne faudra pas s’attendre à grand-chose du côté des leaders. Cette étape de 4 300 m de dénivelé positif pourrait bien accoucher d’une simple course de côte.

Semaine 3

La 16e déçoit dans un autre registre. L’ascension finale sera difficile, mais les autorités suisses refusent d’ouvrir les cols à cette période. L’organisation a donc choisi un circuit avec deux montées sans grand intérêt en milieu d’étape. Là encore, une course de côte est à prévoir, et c’est bien dommage.

L’enchaînement des étapes 17 et 18 est aussi décevant. Le problème n’est pas d’avoir des étapes de transition, car il en faut et c’est bien normal. Le souci est plutôt de les coller l’une à l’autre en plein milieu de la troisième semaine. Surtout qu’elles ne présenteront pas un tracé particulièrement incroyable. Ce type de programmation risque de casser le rythme de la course au moment où elle devrait monter en pression. C’est dommage de perdre ainsi deux journées sans véritable relief stratégique.

Viendra enfin le moment tant attendu, celui de la 19e étape et du Tappone dolomitico. Et quelle étape ! Ce tracé frôle la perfection, tant dans sa construction que dans son placement au sein de la course.

Cette étape s’annonce extrêmement difficile. Contrairement à d’autres, je n’ai absolument rien à redire sur l’agencement des ascensions. Si je suis sceptique sur beaucoup d’étapes de montagne de cette édition, cette 19e étape a tout pour entrer dans la légende. Les coureurs devront être au rendez-vous de l’événement. Il faudra cependant prier pour que le temps soit clément. Avec deux passages au-delà des 2 000 m, les chances de voir cette étape rabotée sont grandes.

Après l’incroyable 19e étape, la double ascension de Piancavallo le lendemain me laisse sur ma faim. Ce tracé fleure bon la paresse intellectuelle et la recherche de la facilité. C’est d’autant plus vrai que les deux premiers tiers de l’étape sont totalement dépourvus de difficultés.

L’ascension en elle-même sera tout sauf simple et devrait offrir du spectacle. Mais on pouvait espérer mieux pour une 20e étape. Une énième arrivée au sommet n’était sans doute pas nécessaire. Ce choix manque cruellement d’originalité pour clore la bataille entre les favoris.


Un Grand Tour pour baroudeurs ?

Le Giro sourit bien souvent aux baroudeurs. C’est une course globalement moins cadenassée que le Tour de France, avec un plateau souvent moins relevé. Malgré tout, la tendance semble s’être inversée lors des deux dernières éditions. Pour la première fois, le taux de victoires des échappés est passé sous la barre des 50 % des étapes en ligne.

Cette année, au moins 5 à 6 étapes devraient revenir aux sprinteurs sur les 20 étapes en ligne au programme. Il y aura 6 arrivées au sommet, mais il y a fort à parier que toutes ne reviendront pas aux leaders non plus. Cela laisse de nombreuses étapes vallonnées, trop difficiles pour les sprinteurs, mais peut-être pas assez pour les favoris. Je ne serais pas étonné de voir la tendance repartir à la hausse cette année pour ce qui est du nombre de victoires des fuyards. À moins que Vingegaard n’ait un appétit d’ogre, comme Pogacar en 2024.

Il faut tout de même noter un point négatif : beaucoup d’étapes ne présentent pas de relief dans les premiers kilomètres. Cela rendra les choses plus difficiles pour les grimpeurs voulant prendre le large, mais nous devrions assister à de longues batailles pour la formation des échappées.


Conclusion

Il y aura beaucoup d’occasions pour les échappés de briller sur ce Giro 2026, ce qui est une bonne chose. La répartition globale entre sprints, étapes vallonnées et montagne me semble plutôt bien faite. Malheureusement, il y a quelques points noirs.

La construction même du parcours ne me paraît pas idéale. Les étapes les plus difficiles se trouvent toutes en troisième semaine. Cela pourrait bien bloquer la course en amont, surtout avec Vingegaard au départ. Ensuite, le fait d’empiler les arrivées au sommet sur chaque étape de montagne me fait craindre des scénarios identiques pour la lutte au général.

Certaines étapes auraient mérité d’être modifiées pour offrir des tracés vraiment intéressants, notamment la 8e et la 20e. Ici, l’organisation me donne l’impression de s’être vraiment contenté du minimum syndical alors qu’il y avait tellement mieux à faire.

Pour terminer sur une note positive, il faut mentionner le contre-la-montre, la 11e étape et surtout la 19e. Est-ce que cette dernière peut rattraper à elle seule un tracé globalement moyen ? Pas sûr. Mais, à l’image du Finestre l’année dernière, elle a tout pour devenir un moment mémorable.

Au final, je ne suis pas plus enthousiasmé que ça par ce tracé. C’était aussi le cas l’année dernière et nous avons pourtant eu du spectacle. Laissons donc sa chance au produit et ayons confiance dans les acteurs de ce Giro d’Italia 2026.


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