Giro d’Italia 2026 – Étape 8

La 8e étape est cataloguée comme étant celle des murs. Pourtant, lorsqu’on connaît le potentiel de la région, le tracé proposé semble assez timide. Seules deux côtes pourraient réellement prétendre à ce statut, à savoir le Muro di Fermo et le Muro di Via Reputolo. Cette version finale s’avère toutefois plus intéressante que l’ébauche initiale et devrait permettre aux baroudeurs ainsi qu’aux puncheurs de s’exprimer. Ce parcours ne sera peut-être pas assez sélectif pour espérer du mouvement chez les leaders malgré tout.
Le Parcours
L’entame de course sera légèrement vallonnée durant les 30 premiers kilomètres avant de rejoindre la côte adriatique. Les coureurs la longeront en direction du nord sur près de 65 km jusqu’à Cupra Marittima, puis rentreront dans les terres pour aller chercher les seules difficultés répertoriées de la journée.
Les 60 derniers kilomètres n’auront rien à voir avec le chemin parcouru jusqu’ici, puisqu’ils compteront pas moins de 4 ascensions répertoriées et deux autres bosses qui ne le seront pas.
Les deux premières difficultés répertoriées s’enchaîneront entre le kilomètre 96 et le kilomètre 114. Elles seront les plus longues des ascensions de la journée mais aussi les moins pointues.
Il s’agira d’abord de Montefiore dell’Aso avec ses 10 km à 3.4 % de moyenne. Elle sera rapidement suivie par la montée vers Monterubbiano. Moins pentues donc que les « murs » attendus dans le final vers Fermo, ces pentes permettront d’user les organismes après la longue transition sur la côte.


La descente de Monterubbiano mènera immédiatement les coureurs dans l’enchaînement des deux côtes non répertoriées de la course. La première affichera 3.3 km à 4.7 % tandis que la seconde sera beaucoup plus courte avec 800 m à 8.4 % de moyenne. Il y aura ensuite une portion d’un peu plus de 10 km de transition avant que les coureurs n’abordent les 11 derniers kilomètres de la course. C’est ici que sont situées les deux dernières ascensions répertoriées de la journée.
Les coureurs se dirigeront vers Capodarco, une ascension de 3.6 km à 5.9 % de moyenne dont les pourcentages deviendront bien plus sévères à l’approche du sommet. Une fois en haut, il restera 7 km à parcourir et une courte descente mènera le peloton à l’entrée de Fermo où sera située l’arrivée.

Il restera alors une ultime difficulté à franchir. Cette côte se grimpera en deux temps, le plus difficile étant son pied où les 1200 premiers mètres afficheront un peu plus de 10 % de moyenne. Ce mur sera suivi d’un léger replat avant d’attaquer les 1700 derniers mètres jusqu’à la ligne.

Cette portion finale affichera une moyenne d’un peu plus de 5 %, mais proposera toutefois quelques passages plus rudes. On surveillera notamment les 900 derniers mètres dans une rue pavée ainsi que l’amorce du virage final dans les 150 derniers mètres où des passages à plus de 10% sont annoncés.

Météo
La pluie devrait de nouveau accompagner les coureurs lors de cette 8e étape. Les températures varieront entre 19 degrés au départ de Chieti et environ 12 degrés à Fermo sur la ligne d’arrivée.
Le vent sera fluctuant. Relativement faible au départ, il aura tendance à forcir au fur et à mesure que les coureurs remonteront la côte Adriatique. Aux alentours de Fermo, il soufflera à près de 25 km/h en provenance du nord / nord-ouest. Cela donnera un vent plutôt défavorable sur une bonne partie du parcours.
Le Scenario
Le Blockhaus s’est chargé de faire les premiers écarts et de mettre chacun à sa place. L’étape de demain est trop difficile pour les sprinteurs, mais peut-être pas assez sélective pour les leaders.
Il est difficile d’imaginer Visma mettre en route comme ils l’ont fait aujourd’hui pour Vingegaard. Tout cela laisse penser que l’échappée a une bonne chance d’aller au bout, tant qu’un homme dangereux au général pour Vingegaard, mais aussi pour Eulalio, n’est pas présent à l’avant.
Les Favoris

Il ne fait plus aucun doute que UAE ne sera sur ce Giro que pour viser les victoires d’étape désormais. Demain sera une nouvelle occasion d’aller chercher un troisième succès. Au regard du profil de l’étape, on peut imaginer que Christen et Narvaez soient les deux cartes privilégiées de l’équipe. Arrieta pourrait encore avoir du mal à se remettre de ses efforts de la 5e étape. Parmi les deux coureurs nommés, le suisse me semble le coureur le plus adapté pour viser l’étape.

Dans la catégorie des équipes chasseuses d’étapes, Astana sera une des formations à surveiller demain. Nul doute que leurs coureurs tenteront de nouveau de se projeter à l’avant. On peut penser aux deux hommes les plus en vue jusqu’ici, à savoir Silva et Scaroni.
Parmi les deux, c’est probablement l’Italien qui détiendra les clés pour l’équipe, ce final étant taillé pour ses qualités de puncheur. Désormais à plus de 5 minutes d’Eulalio, il ne représentera pas de menace immédiate pour le Portugais, et encore moins pour les autres leaders au classement général.

Demain, le Giro va s’élancer de Chieti, ville natale de Giulio Ciccone. L’Italien l’a encore répété à la fin de l’étape : il ne joue pas le général cette année. Pourtant, tout semble indiquer l’inverse jusqu’ici.
Le problème pour lui est qu’il sera très difficile de gagner à la pédale dans le groupe des favoris. De plus, il pourrait ne pas disposer de la marge nécessaire pour prendre l’échappée. Ce n’est pas qu’il soit vu comme une menace par Jonas Vingegaard. Cependant, dans l’optique où Eulalio voudrait conserver son maillot le plus longtemps possible, est-ce que les 5 minutes d’avance qu’il possède sur Ciccone lui sont suffisantes ? J’ai tendance à penser que oui, Bahrain devrait être en mesure de maintenir un écart raisonnable.
Ciccone est ici pour gagner une étape, et le parcours de demain semble parfaitement tracé pour ses qualités de puncheur-grimpeur. S’il est aidé par son équipe et que Bahrain lui laisse un peu de champ libre, il sera l’un des grands favoris à la victoire au sein de l’échappée.

Dure journée sur le Blockhaus pour Van Eetvelt, qui a perdu énormément de temps hier. C’est probablement assez pour se voir accorder une carte blanche par ses adversaires et par Afonso Eulalio pour pouvoir prendre l’échappée sur cette 8e étape.
S’il a souffert dans la longue ascension du Blockhaus, il devrait trouver un terrain bien plus adapté à ses qualités de puncheur-grimpeur lors de la 8e étape. S’il est à l’avant, attention à lui.

À l’image d’UAE, la Movistar a certainement perdu toute chance de bien figurer au général après cette étape du Blockhaus. L’équipe devrait se tourner désormais vers la chasse aux victoires d’étape.
Nous avons déjà vu Rubio aux avant-postes, même si celui-ci semblait un peu à la limite. Demain serait peut-être l’occasion de voir enfin Javier Romo. À noter aussi l’excellent début de Giro de Lorenzo Milesi, qui semble grimper mieux que jamais. Malheureusement pour lui, il manque d’explosivité. Le final de demain ne sera peut-être pas complètement adapté à ses qualités s’il ne réussit pas à s’isoler avant.

Soudal fait aussi partie de ces équipes qui n’espèrent rien au général et qui ne sont là que pour les victoires d’étape. Magnier a déjà plus que rempli sa part du contrat avec deux victoires sur trois sprints disputés. Demain, le parcours sera évidemment trop difficile pour lui, mais cela ne sera pas le cas pour ses coéquipiers italiens et notamment le duo Garofoli – Raccagni.
Il est possible que Zana tente sa chance, même si je pense qu’il sera plus intéressé par le profil de la 9e étape. Garofoli s’est déjà montré à son avantage et il trouvera demain un terrain peut-être encore plus adapté à ses qualités que lors de la 5e étape. Le final sera peut-être un peu trop difficile pour Raccagni, à moins qu’il ne parvienne à anticiper.
Mes Choix
Avec les écarts importants créés hier, je pense que l’échappée ira au bout demain. Pour la victoire d’étape, de nombreux noms ressortent. Il faudra disposer d’un bon punch pour s’en sortir dans la succession d’ascensions dans le final, mais aussi pour s’imposer si jamais la victoire se jouait au sprint en petit comité. Il faut aussi se tourner vers des équipes et des hommes que nous avons vus très offensifs jusque-là.
C’est pourquoi mon favori demain sera Scaroni. Il trouvera un terrain parfaitement adapté à ses qualités. Surtout, nous l’avons déjà vu dans ses œuvres sur ce Giro. Il semble certes un peu moins en vue que l’année dernière, mais cela ne devrait pas l’empêcher de pouvoir jouer la victoire demain. Parmi les noms intéressants que je retiens pour demain, il y aura aussi Christen et Garofoli.

