Volta a Catalunya 2026
Dès lundi prochain, le peloton WorldTour sera en Espagne pour la 105e Volta a Catalunya. Cette édition 2026 s’annonce encore très disputée avec un duel attendu entre Jonas Vingegaard, récent vainqueur de Paris-Nice, et Remco Evenepoel.
Comme de coutume, le parcours sera encore très exigeant cette année, proposant notamment trois arrivées au sommet consécutives. Vallter servira de premier test à plus de 2 100 mètres d’altitude, avant l’étape reine du Coll de Pal. Enfin, l’étape de moyenne montagne de Queralt sera de nouveau au programme. Cette sixième étape offrira une dernière possibilité aux grimpeurs de renverser le général avant le traditionnel circuit de Montjuïc à Barcelone.
Le Parcours


Une première étape accidentée avec deux ascensions répertoriées placées en première moitié de parcours. Le final sera vallonné et sinueux, pour une arrivée bien connue, puisqu’elle sera identique à celle des éditions précédentes. Un final où les 700 derniers mètres seront une ligne droite à 5 % de moyenne.


Une seule ascension répertoriée en début de parcours, mais les 50 derniers kilomètres de l’étape seront loin d’être simples. Un final en dent de scie, mais pas de forts pourcentages (le profil est un peu trompeur). Les sprinteurs seront mis à l’épreuve jusqu’à la dernière ligne droite, et ses 450 m à 3.7 % de moyenne.


Cette troisième étape pourrait bien sourire aux baroudeurs du peloton. Les principales difficultés seront placées dans les 50 premiers kilomètres de course, mais la route ne sera jamais vraiment plate jusque dans les 30 derniers. Bataille à prévoir entre les sprinteurs résistants et les baroudeurs ?


Absente de l’édition 2025, l’ascension de Vallter 2000 fait son retour lors de cette 4e étape. Tout devrait se résumer à une course de côte au sommet de ces 11 km à 7.6 % de moyenne.


Cinq ascensions au programme lors de cette cinquième étape, mais le vrai défi se trouvera en toute fin de parcours. Les leaders pourront s’expliquer sur les rampes du Coll de Pal (18 km à 6.6 % de moyenne), à plus de 2.000m d’altitude.


La sixième étape sera relativement courte, mais elle affichera près de 4 000 mètres de dénivelé positif. Très proche de la sixième étape de l’édition 2024, son tracé reprendra les 75 derniers kilomètres à l’identique. Déjà au programme l’année dernière, cette étape avait été grandement raccourcie à cause de vents violents.


Dernière étape, la fameuse étape de Barcelone, avec la montée répétée vers le château de Montjuïc. Un changement notable cette année tout de même. les coureurs devront gravir 7 fois la côte de Montjuïc, contre 6 fois auparavant. Un circuit qui offre toujours un beau spectacle mais peu de retournement de situation.
Les Favoris

Evenepoel a réussi à descendre de son volcan pour prendre le départ de la Volta a Catalunya lundi. Il retrouve une course qui lui avait souri en 2023. Il y avait pris la deuxième place, à seulement 6 secondes de Roglič.
Malgré l’absence de chrono, ce parcours colle parfaitement à ses qualités. Les ascensions des 4e et 5e étapes restent dans ses cordes. Bien que longues, elles ne présentent pas de très gros pourcentages, son point faible sur de longues ascensions, comme nous l’avons encore vu sur le Tour des UAE.
Il appréciera également les 6e et 7e étapes, nerveuses et explosives. Après un UAE Tour décevant, le Belge doit se racheter. Il affirme être toujours plus performant en montagne après un stage en altitude, et cela s’est déjà vérifié par le passé. Un vrai bond en avant est attendu cette semaine en Catalogne.
Red Bull comptera aussi sur Lipowitz. Malade en début de saison, son calendrier a été modifié. Nous ne l’avons plus vu depuis la Volta ao Algarve il y a un mois. Son niveau de forme actuel reste donc une véritable énigme.

Vingegaard a littéralement écrasé Paris-Nice. Il a relégué son premier concurrent à plus de 4 minutes. Le seul point noir restera la dernière étape, où Martinez lui a soufflé la victoire. Le Danois a dominé la course en patron, notamment sous les conditions dantesques de la 4e étape.
Il faut toutefois relativiser cette victoire. La concurrence n’était pas à sa mesure, surtout après l’abandon d’Ayuso. Les choses seront bien différentes en Catalogne. Avec une startlist beaucoup plus relevée, nous pourrons évaluer son réel niveau de forme actuel, lui qui vise un premier pic pour le Giro.
Le parcours devrait convenir au deuxième meilleur grimpeur du monde, notamment la cinquième étape. C’est ici qu’il devra faire la différence, au terme d’une étape à près de 4 500m de dénivelé positif. Il sera évidemment l’un des grands favoris à la victoire finale cette semaine.

Deuxième du Tour de Valence et troisième en Algarve, Almeida débute 2026 comme sa saison 2025. Le Portugais était alors monté en puissance au fil des mois, enchaînant les victoires sur les CPE WorldTour entre avril et juin.
Malade, il n’a pas pu prendre part à Paris-Nice. Il est donc difficile de situer précisément son niveau de forme actuel. Malgré tout, le terrain catalan devrait lui convenir, notamment les longues ascensions des 4e et 5e étapes. Je suis un peu plus sceptique concernant sa capacité à suivre Evenepoel et Vingegaard sur le circuit de Montjuic si les deux décident de s’y faire la guerre. La tâche sera rude face à ces deux adversaires très coriaces. Sur le papier, Almeida s’annonce toutefois comme un sérieux prétendant au podium final.

Pidcock continue sur sa lancée de début de saison, et le saut de qualité aperçu en 2025 se confirme donc. Il vient de décrocher une solide deuxième place sur Milan-Sanremo. Il a été le seul capable d’accompagner Pogačar jusqu’à la Via Roma.
Cette semaine en Catalogne sera son premier vrai test de 2026 sur de longues ascensions. Sur la Vuelta 2025, il s’en était très bien sorti en terminant à la 3e place du général. L’absence de contre-la-montre est un vrai point positif pour lui.
S’il risque d’être en retrait sur les 4e et 5e étapes par rapport aux meilleurs grimpeurs, les deux dernières journées lui conviendront bien plus. Les parcours nerveux de la 6e étape et surtout de la 7e à Barcelone sont dans ses cordes. Vu ses performances depuis un an, il est un sérieux prétendant au podium final.

Martinez réalise un excellent début de saison. Que ce soit sur les classiques de fin février ou sur Paris-Nice, il a été un acteur majeur. Il s’est même payé le luxe d’accrocher la roue de Vingegaard en montagne lors de la dernière étape pour le battre au sprint.
Le cap franchi semble évident. Il est donc naturel de le placer parmi les prétendants au podium final de cette Volta a Catalunya. Cependant, il reste capable du meilleur comme du pire au cours d’une même semaine, et parfois d’une même étape. Difficile d’en faire un favori certain, même s’il possède les capacités physiques pour jouer le top 3.

Ce Tour de Catalogne offrira à Onley le leadership unique au sein de son équipe. Le Britannique a franchi un cap majeur l’an dernier en prenant la 4e place au général du Tour de France.
On le savait redoutable sur les ascensions courtes grâce à son punch, il s’est aussi révélé être un très bon grimpeur. Il a figuré parmi les meilleurs en fin de troisième semaine sur la Grande Boucle.
Cela lui donne l’espoir de rester en lice pour le podium après les 4e et 5e étapes cette semaine. Il pourra ensuite faire parler ses qualités de puncheur, notamment lors de l’ultime étape à Barcelone. Suffisant pour accrocher le top 3 au général ?
Mes Choix
Si son stage en altitude porte ses fruits, nous assisterons à un beau duel entre Evenepoel et Vingegaard. Leurs objectifs divergent pourtant. Le Danois vise un premier pic de forme pour le mois de mai et le Giro, tandis que pour le belge, les Ardennaises débutent dans 3 semaines.
L’absence de contre-la-montre ne sera pas à l’avantage d’Evenepoel. Il perd une occasion de prendre du temps précieux sur Vingegaard. Malgré tout, si les deux venaient à être à un niveau égal en montagne, le punch de Remco pourrait l’aider à faire la différence.
La clé réside toutefois dans la cinquième étape. Avec l’enchaînement de difficultés, 4 500 m de dénivelé et un col final de 18 km, Vingegaard pourrait créer un écart définitif dans le Coll de Pal. Pour cette raison, je placerais le Danois sur la plus haute marche du podium. Evenepoel suivrait. Pour la troisième place, Pidcock semble être le nom à cocher. Le Britannique affiche une forme étincelante en ce début de saison, et peut-être les meilleures jambes qu’il ait jamais eues.
