Tour de France 2026 – Étape 18


Une belle ascension après seulement 20 kilomètres de course pour permettre aux baroudeurs de prendre le large, puis un terrain en dents de scie jusqu’au pied de l’ascension finale. Sur le papier, cette étape ne semble pas être la plus impressionnante, mais c’est encore une journée où les coureurs seront constamment en prise. Malgré tout, il y a de fortes chances que cette 18e étape ne se résume à une course de côte pour la victoire au sommet de l’ascension vers Orcières (7.1 kilomètres à 6.7 %). Une nouvelle occasion à saisir pour les baroudeurs.
Parcours
Les 24 premiers kilomètres de cette 15e étape seront exclusivement plats. Le rythme devrait y être très élevé jusqu’au pied de la première difficulté répertoriée.

Une fois le sommet passé, la route ne redescendra pas immédiatement. Sur une quinzaine de kilomètres, elle continuera de s’élever progressivement entre repechos et faux plats montants. Les coureurs n’aborderont la descente qu’au kilomètre 52. Celle-ci sera longue de 17 km et coupée par une courte côte d’un kilomètre seulement.
Le terrain sera ensuite plat sur une dizaine de kilomètres. Ce sera le dernier répit des coureurs, car les 100 derniers kilomètres seront plus ou moins vallonnés. Au kilomètre 83, ils devront s’attaquer à la deuxième ascension répertoriée.

La route restera vallonnée par la suite. Il n’y aura cependant que deux autres ascensions répertoriées, aux kilomètres 109 et 163.5.


Une fois la courte descente de la côte de Saint-Léger-les-Mélèzes terminée, la route s’élèvera progressivement jusqu’à l’entrée d’Orcières et le pied de la dernière difficulté. Rien d’extraordinaire ici, l’ascension ne sera ni très longue, ni très pentue, et surtout plutôt linéaire.

Météo
Les températures devraient encore être agréables demain. 25° attendus sur la majorité de l’étape, puis baisse des températures à 20° au fur et à mesure que les coureurs approcheront de la ligne d’arrivée.
Le vent soufflera du nord-ouest à environ 15 km/h de moyenne. Il sera majoritairement favorable jusqu’à 6 km de l’arrivée et le début des lacets dans l’ascension vers Orcières-Merlette. Dans cette section, en fonction des lacets, les coureurs auront le vent tantôt de côté, tantôt de 3/4 face.
Le Scenario
Vingegaard ayant quitté la course et UAE semblant grandement affaiblie, pas certain qu’une équipe ait envie de contrôler la course à la veille du week-end décisif dans les Alpes.
Le départ avec la longue ascension dans les premiers kilomètres devrait de plus permettre à une belle échappée de baroudeurs grimpeurs de sortir. Une fois le bon coup validé, je pense que celui-ci ira jusqu’au bout.
Les Favoris

Cette étape sera importante dans la lutte pour le maillot à pois avec 29 points à prendre au maximum, et en théorie Pogacar pourrait bien ne pas en prendre un seul.
Nous devrions voir Carapaz aux avant-postes pour tenter d’aller en chercher le plus possible. Son expérience des Grands Tours et sa forme font qu’en troisième semaine, il pourrait être l’un des plus forts de l’échappée, même en jouant les points au sommet.

Paret-Peintre devrait évidemment en être aussi. Le Français a déjà montré par le passé être capable d’être encore présent en 3e semaine d’un Grand Tour. Il possède un avantage non négligeable sur Carapaz dans la chasse aux points : son punch. Nous l’avons vu régulièrement surpasser l’Équateurien lors des sprints au sommet.
Malgré tout, sur la montée vers Orcières-Merlette, il pourrait tomber face à un os. Surtout si le final est tactique en amont de l’ascension au sein d’un gros groupe d’échappée.

Johannessen trouvera demain une nouvelle chance de briller sur les routes du Tour. Il semblait très fort lors de l’étape du Markstein, pas tant en dessous de Carapaz, mais les leaders en avaient décidé autrement.
Avec ce qu’il a montré sur ce Tour, et en ciblant exclusivement les victoires d’étape, on peut s’attendre non seulement à le voir aux avant-postes demain, mais surtout à être l’un des plus forts encore une fois. Il a vraiment un excellent flair pour ce qui est de sentir le bon coup en échappée.

Simmons semble absolument infatigable sur ce Tour de France. Auteur de prestations toujours plus incroyables les unes que les autres, je ne serais pas étonné de le voir de nouveau à l’avant demain, malgré la débauche d’énergie d’hier.
Pour ceux qui douteraient de sa capacité à encaisser ce qui l’attend dans le final, il suffit de revoir sa prestation lors de l’étape du Plateau de Solaison, et surtout son ascension.
Si les jambes tournent toujours, attention à l’Américain qui pourrait vouloir anticiper les débats en sortant pourquoi pas dans l’ascension de Saint-Léger-les-Mélèzes, ou la portion de transition qui suivra, afin d’éviter un face-à-face avec de plus purs grimpeurs.

Avec l’abandon de Vingegaard, Visma semble se tourner totalement vers la chasse à une victoire d’étape supplémentaire.
Piganzoli l’a dit, il est à la recherche d’une étape désormais, comme Kuss. L’Américain semble avoir des vues sur les étapes 19 et 20, demain pourrait donc être l’occasion pour le jeune Italien de tenter sa chance. Il n’est pas vraiment coutumier du fait de prendre les échappées, mais s’il veut jouer une victoire, il n’aura pas le choix. La vraie question est de savoir dans quel état de forme il se trouve.
Après avoir enchaîné un top 10 sur le Giro et la victoire en Occitanie, il a appris sa sélection pour le Tour 10 jours avant seulement. Sans préparation adéquate, la 3e semaine pourrait peser trop lourd dans les jambes.

INEOS aura encore été aux avant-postes, mais sans succès. Demain, Bernal pourrait de nouveau tenter sa chance, mais c’est plutôt vers Arensman que mon regard va se tourner. Le Néerlandais semblait en forme sur l’étape du Markstein, mais une crevaison au pire moment l’a mis hors jeu. Il a prouvé lors de son chrono que les jambes tournent toujours très bien.
Je m’attends à le voir devant demain, et il aura une vraie chance de bien figurer. Il faut se rappeler que l’année dernière, ses deux victoires sur le Tour interviennent entre la fin de la 2e et la fin de la 3e semaine. Comparé aux hommes cités plus haut, il n’a pas autant dépensé d’énergie, et cela pourrait faire la différence au final même s’il aurait préféré une ascension plus longue.
Mes Choix
Demain, j’imagine une nouvelle échappée fleuve sortir. Et qui dit échappée fleuve, dit « Fuga de la fuga ». Un coup pourrait sortir dans l’avant-dernière ascension avec des baroudeurs désireux d’aborder les premières rampes d’Orcières-Merlette avec quelques dizaines de secondes d’avance.
Simmons semble être un candidat tout indiqué pour cela, mais Johannessen aussi. Le Norvégien est très bon pour sentir ce type de coup et s’il parvient à aborder la dernière ascension avec de l’avance, il sera difficile à revoir.
Si l’ascension avait été plus longue, Arensman aurait été mon favori demain. Je pense qu’il sera malgré tout en mesure d’aller chercher une place sur le podium.
