Les 21 étapes du Tour 2026


Pour la première fois depuis 1971, le Tour va s’ouvrir par un contre-la-montre par équipes. Au programme, 19.6 kilomètres dans Barcelone et un final punchy avec deux côtes situées dans les trois derniers kilomètres. ASO a choisi de conserver le format récent de ses chronos par équipes, à savoir que les temps seront pris individuellement sur la ligne d’arrivée.


Le peloton reste à Barcelone après le chrono d’ouverture de la veille. Cette étape va se décomposer en deux parties distinctes. Assez plate dans ses 85 premiers kilomètres, la deuxième moitié du parcours sera bien plus sélective, avec un circuit final articulé autour de la côte de Montjuïc (1.6 km à 9.3 %) à gravir trois fois. Le sommet, lors du dernier passage, sera situé à moins de 3 kilomètres de l’arrivée.


Le Tour va prendre de l’altitude sur cette 3e étape. Les coureurs traverseront les Pyrénées pour rejoindre la France. Là encore, la première moitié du parcours ne présentera pas de réelles difficultés. Tout l’inverse des 80 derniers kilomètres où s’enchaîneront les trois difficultés répertoriées, avant ce final très punchy vers Les Angles (1.7 kilomètres à 6.5 %).


Une 4e étape qui semble parfaitement tracée pour les baroudeurs du peloton. Les difficultés sont concentrées sur les 100 kilomètres centraux de l’étape, et la dernière ascension (6.9 kilomètres à 6.6 % de moyenne) verra son sommet situé à 35 kilomètres de l’arrivée. Ce sera probablement trop simple pour les leaders, mais trop sélectif pour les sprinteurs.


Le Tour étant marié avec la ville de Pau, il était impensable de ne pas y faire une escale cette année. Avec très peu de difficultés sur ce parcours, les sprinteurs devraient avoir leur mot à dire, comme lors des éditions 2017, 2018 et 2024.


Après un court répit, les coureurs devront de nouveau affronter la montagne sur cette 6e étape. L’enchaînement Aspin – Tourmalet les mènera au-delà des 2000 mètres d’altitude et nous promet une vraie bataille entre les leaders. L’arrivée sera en revanche située au sommet de l’ascension vers Gavarnie, longue mais loin d’être insurmontable (18.7 kilomètres à 3.7 %). Cette étape rappelle fortement la 6e étape du Tour 2023 dans sa construction. On peut imaginer un scénario assez identique avec des attaques dès le Tourmalet.


Après être monté à plus de 2000 mètres, le peloton va désormais redescendre au niveau de la mer sur cette 7e étape. Bordeaux est une ville qui sourit aux sprinteurs du Tour et, à la vue du profil de l’étape, il y a de grandes chances que cela soit de nouveau le cas.


Quelques petites côtes jalonneront le tracé de cette 8e étape entre Périgueux et Bergerac. Rien qui ne devrait faire peur aux sprinteurs cependant, les grosses cuisses du peloton devraient de nouveau se jouer la gagne ici.


C’est une étape bien plus vallonnée que les deux précédentes qui attendra les coureurs. Seulement quatre côtes répertoriées sont au programme, mais la route ne sera jamais réellement plate non plus. Cela promet une étape usante où les baroudeurs du peloton pourront s’illustrer.


Retour au Lioran deux ans après. Cette 10e étape est construite dans la même veine que sa grande sœur de l’édition 2024, mais proposera tout de même une cinquantaine de kilomètres en moins. Les 70 derniers kilomètres promettent malgré tout d’être éreintants avec pas moins de six difficultés répertoriées qui vont s’enchaîner sans temps mort.


Une étape très peu sélective qui devrait de nouveau voir les sprinteurs se jouer la victoire.


Une 12e étape dans la veine de celle proposée la veille. Là encore, les sprinteurs et leurs équipes devraient avoir le dernier mot.


Un tracé assez atypique que celui de cette 13e étape. Plus de 200 kilomètres au programme, mais rien ou presque sur les 157 premiers kilomètres de course. Les coureurs devront alors affronter l’enchaînement des deux seules difficultés de la journée, dont le Ballon d’Alsace (8.9 kilomètres à 6.9 %). Il restera un peu moins de 30 kilomètres à parcourir une fois le sommet franchi, en grande partie en descente ou en faux plat descendant. Une étape qui pourrait tout aussi bien revenir à un baroudeur qu’à l’un des leaders au général si une équipe décide de contrôler.


Une étape courte mais extrêmement vallonnée, les coureurs ne connaîtront quasiment pas une minute de répit sur cette 14e étape. Quatre ascensions seront répertoriées, pour autant d’autres qui ne le seront pas sur ces 155 kilomètres. L’ascension du Col du Haag (11.2 kilomètres à 7.3 %), assez sélective en elle-même, pourrait bloquer les tentatives d’offensive en amont chez les leaders. Les baroudeurs trouveront un très beau terrain de jeu.


Une étape où les coureurs seront constamment en prise, avec encore très peu de répit. Il y aura des ascensions très exigeantes dans le dernier tiers de l’étape, mais nous devrions assister à une course de côte dans le Plateau de Solaison (11.3 kilomètres à 9 % de moyenne). Nous avons eu un aperçu de ce à quoi nous attendre lors du Dauphiné il y a quelques semaines.


Le contre-la-montre individuel de ce Tour de France. Assez peu long, avec seulement 26 kilomètres au compteur, il n’en restera pas moins exigeant. Ce chrono sera articulé autour d’une longue ascension plutôt roulante (10 kilomètres à 4.3 %). Elle sera suivie d’une descente avec quelques portions techniques. Les neuf derniers kilomètres seront plats avec quelques virages notables dans Thonon. Rien cependant qui ne devrait empêcher les spécialistes de se jouer la victoire.


C’est une nouvelle étape vallonnée qui attend les coureurs sur cette 17e étape. Les principales difficultés de la journée seront toutes placées dans le premier tiers de course, mais les 100 kilomètres restants seront loin d’être simples. La route ne sera que rarement plate, les baroudeurs tenteront de résister au retour des équipes de sprinters.


Une belle ascension après seulement 20 kilomètres de course pour permettre aux baroudeurs de prendre le large, puis un terrain en dents de scie jusqu’au pied de l’ascension finale. Sur le papier, cette étape ne semble pas être la plus impressionnante, mais c’est encore une journée où les coureurs seront constamment en prise. Malgré tout, il y a de fortes chances que cette 18e étape ne se résume à une course de côte pour la victoire au sommet de l’ascension vers Orcières (7.1 kilomètres à 6.7 %). Probablement trop simple pour les leaders, une nouvelle occasion à saisir pour les baroudeurs.


Une étape très courte, moins de 130 kilomètres, et quatre ascensions répertoriées. Le départ donnera le ton de la journée avec l’enchaînement des deux premiers cols, avant une longue portion plus calme. S’il restera le col d’Ornon à franchir à moins de 30 kilomètres de l’arrivée, tous les regards seront évidemment tournés vers la mythique ascension de l’Alpe d’Huez (13.7 kilomètres à 8.1 %).


Cette avant-dernière étape sera l’étape reine de cette édition 2026. Elle comptera 170 kilomètres et près de 5 500 mètres de dénivelé positif à avaler. Les coureurs devront franchir le col de la Croix de Fer dès le départ, avant d’affronter l’enchaînement Télégraphe / Galibier en milieu d’étape. Dans le final, les coureurs se dirigeront de nouveau vers l’Alpe d’Huez mais en franchissant cette fois-ci le col de Sarenne (12.8 kilomètres à 7.3 %). Une étape dantesque en perspective.


Cette année encore, la côte de Montmartre sera au programme de la dernière étape. Les coureurs devront la franchir trois fois, mais on notera tout de même une différence qui pourrait avoir son importance. En effet, cette année, la ligne d’arrivée sera située à un peu plus de 10 kilomètres du sommet lors du dernier passage, contre 6 kilomètres l’année dernière.
Les Chiffres Clés du Tour 2026

Sur les 8 étapes de montagne répertoriées cette année, le Tour comptera 5 arrivées au sommet (6 si on veut y inclure le final vers Les Angles lors de la 3e étape). L’année dernière, il y avait 6 arrivées au sommet sur 6 étapes de montagne. ASO a donc choisi de garder la même logique en empilant les arrivées au sommet, mais en proposant malgré tout 2 étapes de montagne sans arrivées au sommet (vers Le Lioran et Markstein).
On note tout de même que le tracé de certaines de ces étapes pourrait offrir des scénarios intéressants, la montée finale n’étant pas la plus difficile sur les étapes 3, 6 et 20. Si empiler les arrivées au sommet n’est en général pas une grande idée, il me semble ici y avoir assez de profils d’étapes différents pour nous offrir plusieurs types de scénarios, loin de l’enchaînement de courses de côte. Surtout, une grande partie de ces étapes ont des difficultés placées assez tôt sur le parcours, ce qui facilitera la formation de belles échappées. Un bon point pour l’organisation.


Comme cela a été le cas ces dernières années, le Tour 2026 sera de nouveau très montagneux. Affichant un total de 54 500 m de dénivelé positif, cette édition sera même plus montagneuse que les deux précédentes. En partant de Barcelone, le Tour doit passer par les Pyrénées pour rejoindre les routes françaises, et cela va nous offrir deux étapes de montagne dans les 6 premiers jours de course. Il y en aura ensuite 3 en deuxième semaine, puis 3 autres en dernière semaine.
Une répartition bien plus équilibrée que l’année passée, même si le point d’orgue du Tour se situera bien évidemment dans l’enchaînement des étapes 19 et 20. En espérant tout de même que la 20e étape et ses 5 500 m de dénivelé positif ne bloquent pas trop les coureurs en amont.


Les contre-la-montre sont une nouvelle fois le vrai point noir du Tour selon moi. À peine 45 km cumulés, dont un c.l.m par équipe de même pas 20 km. Ce chrono par équipe, avec en plus le nouveau règlement d’ASO prenant le temps individuellement, est vraiment décevant. Pas assez long mais surtout un tracé qui ne permet pas d’exploiter au mieux ce nouveau règlement. En plaçant les deux difficultés en fin de parcours, aucune stratégie intéressante ne peut être mise en place.
Le but sera de faire rouler ses gros moteurs sur les parties planes avant de bêtement catapulter son/ses leaders dans le final. Dommage, une vraie difficulté en milieu de parcours aurait été bien plus intéressante. Le contre-la-montre individuel ne fera que 26 km, bien loin des standards qui devraient prévaloir sur un GT.
Mon avis sur le parcours du Tour 2026
Semaine 1
Le Tour 2026 va s’ouvrir par un c.l.m par équipe, une première depuis 1971 et retour de l’exercice pour la première fois depuis l’édition 2019. Assez court, les écarts entre les tous meilleurs ne devraient pas être énormes. Rien à dire sur son placement en ouverture de GT, parfait car toutes les équipes seront au complet et à 100 %.
Le reste de la première semaine semble plutôt bien équilibrée avec 3 étapes dédiées aux sprinters, 2 étapes de montagne et 3 étapes vallonnées qui devraient plaire aux baroudeurs. Les puncheurs n’auront qu’une seule vraie étape à se mettre sous la dent, celle de Barcelone. Malheureusement pour eux, Pogacar et les leaders devraient aussi se mêler à la bataille.
La traversée des Pyrénées va nous offrir deux étapes dans les 6 premiers jours. La seconde, lors de la 6e étape, sera la plus difficile avec l’enchaînement Aspin / Tourmalet avant la longue ascension vers Gavarnie. Une étape parfaitement tracée pour nous offrir du mouvement de loin, comme cela avait été le cas en 2023.
Semaine 2
La 10e étape, qui suivra la journée de repos, sera très exigeante. Un peu moins de 4 000 m de dénivelé positif et des ascensions qui vont se succéder sans discontinuer dans les 70 derniers kilomètres de course. Elle rappellera en partie l’étape du Lioran d’il y a deux ans, qui nous avait offert un beau final entre Vingegaard et Pogacar en fringale. Les deux journées suivantes pour les sprinters permettront aux coureurs de reprendre un peu leur souffle avant la 13e étape. Dommage d’enchaîner deux étapes de sprints coup sur coup cependant.
Difficile d’anticiper le scénario, l’étape sera très simple sur plus de 150 kilomètres avant l’enchaînement des deux seules ascensions du jour. La présence du Ballon d’Alsace à moins de 30 km de l’arrivée pourrait donner envie à une équipe de contrôler sur le plat pour tourner cette journée en bataille entre leaders. Une bataille entre leaders que nous devrions avoir sur les 14e et 15e étapes.
L’étape du Markstein semble parfaitement tracée pour offrir une bataille entre baroudeurs et leaders au CG, avec le difficile col du Haag en fin d’étape. L’arrivée au Plateau de Solaison devrait nous offrir la première vraie course de côte de ce Tour de France, un scénario qui, distillé à petite dose, est assez intéressant à suivre. À l’image de la première semaine, cette deuxième semaine semble être plutôt bien tracée et homogène, offrant des opportunités pour presque tous types de coureurs.
Semaine 3
La 3e semaine va s’ouvrir par le contre-la-montre individuel. Pour moi, l’un des points négatifs de ce tracé. Sa longueur tout d’abord, loin d’être suffisante pour permettre aux rouleurs de vraiment peser et surtout indigne d’un Grand Tour. Le profil ensuite : avec un parcours aussi montagneux sur ce Tour, il aurait été plus intéressant de proposer un parcours exclusivement plat et plus long, à l’image de ce que le Giro a proposé cette année. Cela aurait vraiment permis de rebattre les cartes entre les profils plus rouleurs et les grimpeurs. Certes, cela n’aurait pas fait une grande différence pour Pogacar, mais on a notamment pu voir Vingegaard passer à côté du chrono du Giro. Cela aurait pu rendre les choses plus intéressantes dans la bataille pour le podium.
Les sprinters et leurs équipes ne devront pas se louper le lendemain, l’arrivée à Voiron sera vraisemblablement leur dernière occasion de briller. S’ils se loupent, alors le dernier sprint de ce Tour de France aura certainement été celui de la 12e étape ! La 18e étape offre un tracé assez peu intéressant, où tout se jouera dans la montée finale, loin d’être la plus difficile de cette édition.
Le bouquet final commencera avec la 19e étape et la première des deux arrivées au sommet de l’Alpe d’Huez. ASO avait jusqu’ici réussi à éviter de tracer des étapes incitant à la course de côte, malgré les nombreuses arrivées au sommet, mais nous devrions en avoir deux d’affilée entre la 17e et la 18e étape. On peut pardonner ici, malgré la distance ridicule de l’étape, car il s’agira de l’Alpe d’Huez. Ce jour-là, la même question va revenir en boucle : le record d’ascension va-t-il tomber ?
La 20e étape sera l’étape reine de ce Tour de France. Plus de 5 500 m de dénivelé positif, une distance honnête et des cols mythiques. Le parti pris de remettre l’Alpe d’Huez ici est un choix intéressant. Surtout que les coureurs ne l’aborderont pas par son versant habituel, mais en passant par le col de Sarenne. Si les positions peuvent encore bouger au général, on pourrait presque se prendre à rêver d’une course de mouvement dès le Galibier.
Verdict ?
Tout n’est pas parfait, mais c’est un tracé qui me plaît globalement. Bien loin de celui de l’année dernière qui avait peu de saveur. Pour commencer par les points négatifs, les deux contre-la-montre me laissent sur ma faim, pour toutes les raisons que j’ai déjà évoquées. Ne pas offrir de chance pour les sprinters après la 17e étape me semble aussi un peu rude (c’était déjà le cas l’année dernière), surtout que la 18e étape ne me semble pas être d’un énorme intérêt.
Les points positifs sont tout de même dominants, en commençant par l’agencement des étapes. Les difficultés me semblent globalement bien réparties sur les 3 semaines, même si la 3e devrait une nouvelle fois sortir du lot, mais rien de bien choquant. Proposer de nouveau des tracés d’anciennes éditions (Tourmalet et Lioran) est à double tranchant. Nous avions eu du spectacle à l’époque, mais rien ne garantit que cela sera de nouveau le cas. Malgré tout, l’idée me plaît et il ne tient qu’aux coureurs de faire la course. J’aime beaucoup le tracé de la 20e étape et ce parti pris d’aborder l’Alpe d’Huez par le Col de Sarenne, cela permettra d’éviter l’overdose après la probable course de côte de la veille.
Le parcours devrait offrir quelques occasions aux baroudeurs de briller, ils peuvent espérer aller chercher au moins 6 étapes, ce qui ferait malgré tout le second total le moins élevé de ces 6 dernières années. Si les leaders se sentent l’âme charitable, ce chiffre pourrait monter un peu plus haut malgré tout. D’autant plus que de nombreuses étapes vont proposer des difficultés dès les premiers kilomètres, permettant aux baroudeurs grimpeurs de prendre le large.
