Tour de France 2026 – Étape 10 Preview

Tour de France 2026 – Étape 10

Retour au Lioran deux ans après. Cette 10e étape est construite dans la même veine que sa grande sœur de l’édition 2024, mais proposera tout de même une cinquantaine de kilomètres en moins. Les 70 derniers kilomètres promettent malgré tout d’être éreintants avec pas moins de six difficultés répertoriées qui vont s’enchaîner sans temps mort.


Parcours

S’il y aura assez peu de choses notables sur les 60 premiers kilomètres de course, les 100 derniers seront bien plus dignes d’intérêt. C’est en effet ici que seront situées les 7 ascensions répertoriées de cette dixième étape, à commencer par le col de Pailherols.

Une fois le sommet passé, le tracé ne sera pas des plus exigeants jusqu’à l’enchaînement du col de la Griffoul et du col de Prat de Bouc.

La descente du col de Prat de Bouc effectuée, les coureurs se trouveront quasi immédiatement au pied de la côte de Murat.

C’est ici que le final de la course sera vraiment lancé, avec notamment, quelques kilomètres plus loin, l’ascension de Puy Mary.

Sa longue et sinueuse descente de près de 12 km conduira les coureurs jusqu’à Mandailles, là où sera situé le pied du col de Pertus. Ce n’est pas l’ascension la plus longue de cette étape, mais probablement la plus difficile avec des pourcentages moyens élevés.

Une courte descente ondulante mènera ensuite les coureurs jusqu’au pied du col de Font de Cère, qui sera la dernière ascension répertoriée de la journée.

Il restera un peu moins de 3 km à parcourir au sommet. La majorité étant en descente, la route se cabrera de nouveau dans les 600 derniers mètres et affichera 7 % de moyenne jusqu’à la ligne.


Météo

Les températures seront encore élevées demain, mais légèrement moins que ces derniers jours. Elles sont attendues autour de 33°.

Le vent soufflera du sud-est à environ 15 km/h de moyenne. Ce sera un désavantage dans le Puy Mary, qui se grimpera vent de face. Le vent sera en revanche favorable dans l’ascension de Font de Cère.


Le Scenario

Avant le Tour, cette étape semblait idéale pour des baroudeurs grimpeurs. Cependant, les scénarios des derniers jours me font changer d’avis. UAE semble vouloir contrôler la course dès que possible pour placer Pogacar en position de gagner des étapes. Demain, le terrain s’y prêtera parfaitement. De plus, il faut se souvenir que Vingegaard avait battu Pogacar au Lioran. Le Slovène cherchera donc probablement sa revanche demain.


Les Favoris

UAE contrôle et écrase la course comme elle le souhaite, les équipiers de Pogacar semblent au moins aussi forts que n’importe quelle échappée. Demain sera une nouvelle occasion pour le Slovène d’aller chercher une victoire et surtout de prendre sa revanche sur Le Lioran 2024. Nous l’avons vu dans le Tourmalet, il est deux tons au-dessus de la meute, et un bon ton au-dessus de Vingegaard.

Del Toro pourrait être mis un peu plus au repos et n’aura pas forcément à lancer son leader. Cela pourrait lui permettre d’accrocher la roue de Vingegaard derrière et de le suivre aussi longtemps qu’il le pourra. Pourquoi pas jusqu’à l’arrivée cette fois-ci ?

Vingegaard a réussi à faire illusion un bon moment dans le Tourmalet avant de devoir céder et de basculer avec 30″ de retard sur Pogacar. Demain, les ascensions seront moins longues et il devrait de nouveau être en mesure de garder le slovène en ligne de mire après son démarrage. Malheureusement pour lui, il ne semble pas en mesure de rivaliser avec le punch du slovène cette année. De plus, la descente du Puy Mary pourrait bien lui coûter cher, Pogacar semble bien au-dessus de lui dans l’exercice. Comme sur l’étape du Tourmalet, je pense qu’il ne pourra se battre que pour la deuxième place, mais sera-t-il seul cette fois-ci ?

Seixas a passé haut la main le test de cette première semaine du Tour de France. Le jeune Français est exactement là où on pouvait l’attendre, à savoir en lutte pour une place entre la 3e et la 5e place. S’il a semblé mis en difficulté sur le démarrage de Pogacar, il est parvenu à rentrer au train sur le duo Lipowitz – Del Toro. Demain, il trouvera un terrain peut-être un peu plus à sa convenance. Cette année, il a en effet semblé extrêmement à l’aise sur les ascensions de 5 à 25 minutes.

Est-ce que ce sera suffisant pour suivre Pogacar ? Certainement pas. Il pourrait même avoir du mal à s’accrocher aux roues de Vingegaard et Del Toro. Je pense qu’il sera malgré tout de nouveau à la lutte pour un top 5 sur cette étape.

Il y a manifestement de l’eau dans le gaz chez Red Bull. Malgré les efforts de communication, Lipowitz et Evenepoel ont visiblement du mal à cohabiter. Sur le Tourmalet, l’Allemand a prouvé qu’il était le plus fort et pourtant, Evenepoel a roulé derrière son propre coéquipier, ramenant ainsi le duo de la Lidl-Trek sur lui.

Demain, les ascensions courtes et explosives correspondront beaucoup mieux aux qualités du Belge. Mais attention, nous avons aussi pu voir qu’il semblait en difficulté dans le final de la 3e étape, ou même sur l’accélération de Del Toro dans le Tourmalet. Demain, la différence pourrait toutefois se faire dans les descentes, un exercice où Lipowitz est en grande difficulté.

Il semble donc difficile d’imaginer l’Allemand sur le podium demain. En revanche, Evenepoel a toutes les armes pour y parvenir, selon le scénario de course, même si ça ne sera pas mon scenario privilégié.

Après l’étape du Tourmalet, il semble clair que le leader de Lidl pourra aussi compter sur Skjelmose. Le Danois a sorti une excellente prestation sur une étape a priori pas forcément taillée pour lui. Ayuso, de son côté, n’a ni déçu ni surpris. Il était au niveau qu’on pouvait attendre de sa part. Les deux coureurs sont plutôt explosifs et l’étape de demain devrait ainsi correspondre un peu plus à leurs qualités.

Malgré tout, je ne pense pas que cela changera quoi que ce soit à la hiérarchie. Ils seront certainement plus proches de la bataille pour la 5e place que de celle pour le podium.


Mes Choix

Pour demain, l’équipe UAE voudra sûrement contrôler la course afin d’offrir la victoire à Pogacar. Bien que le Puy Mary soit abordé par son versant le plus simple, son final reste très rude. Ses 2 derniers kilomètres afficheront en effet 9 % de moyenne, parfaits pour une attaque du Slovène. Une fois isolé, il devrait creuser l’écart jusqu’à l’arrivée pour s’imposer en solitaire.

Derrière lui, Vingegaard fera tout son possible pour limiter les dégâts. Même s’il s’est montré supérieur au reste de la meute dans les pentes du Tourmalet, le profil des ascensions de demain est bien différent. Un coureur pourrait peut-être l’accompagner, et je pense particulièrement à Del Toro.

Impressionnant lors de la 6e étape, il pourrait cette fois s’économiser si son leader n’a pas besoin de lui. Il n’aura peut-être pas à se mettre dans le rouge pour lancer Pogacar. Cela lui permettrait de s’accrocher à Vingegaard, voire de revenir sur lui dans la descente s’il devait basculer avec un peu de retard. Je les imagine arriver ensemble sur la ligne et régler le Danois au sprint pour s’offrir la deuxième place.


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