Giro d’Italia 2026 – Étape 4 Preview

Giro d’Italia 2026 – Étape 4

Note : 2 sur 5.

Le peloton du Giro débarque enfin en Italie, en Calabre plus précisément. Dans l’idée, le profil ressemble assez à celui de la 3e étape. Il faut malgré tout noter que le col sera plus difficile, avec ses 14.5 km à 5.9 % de moyenne, et surtout que son sommet sera situé à 43 km de l’arrivée. C’est une vraie occasion à saisir pour les baroudeurs ou les puncheurs sprinters.


Le Parcours

L’entame de course sera légèrement vallonnée. Les coureurs prendront ensuite la direction de l’ouest pour rejoindre la côte. La route deviendra alors plate et le peloton longera la mer Méditerranée sur près de 45 km.

Au kilomètre 80, les coureurs se présenteront au pied de la seule ascension répertoriée de la journée qui, avec ses 14.5 km à près de 6 % de moyenne, pourrait faire quelques dégâts.

Le sommet sera situé à 43 km de l’arrivée et, après un court plateau, les coureurs plongeront dans une descente longue de 17 km entrecoupée d’une courte relance.


Les Derniers Kilomètres

Les 23 derniers kilomètres seront plus plats, et ce, jusque dans les 500 derniers mètres. La route se cabrera de nouveau légèrement avec une pente à 3.7 % de moyenne jusqu’à la ligne. Les deux derniers kilomètres seront assez sinueux, et il faudra aborder le dernier virage à droite en bonne position.


Météo

Beau temps attendu demain pour cette 4e étape avec des températures qui tourneront autour des 20 degrés tout l’après-midi. Le vent sera présent et soufflera en provenance de l’Ouest, ce qui nous offrira une première heure de course avec un vent de face.

Il frappera ensuite de côté sur toute la portion longeant la côte avant d’entamer l’ascension de Cozzo Tunno. Cette montée se fera avec un vent plutôt favorable sur sa première partie, avant de souffler de côté sur la deuxième moitié.

Concernant la force du vent, elle évoluera au cours de la journée. Il soufflera très fort au départ, avec plus de 35 km/h de moyenne, mais aura tendance à faiblir lorsque les coureurs rejoindront la côte. Cette baisse d’intensité se poursuivra jusqu’au pied de l’ascension, où sa vitesse ne sera plus que de 10 km/h jusqu’à l’arrivée.

Le long de la côte, le vent frappera les coureurs de côté et sa vitesse devrait être aux alentours de 20km/h. Cela pourrait donner des idées à quelques équipes avant même le pied de l’ascension.


Le Scenario

Sans surprise, nous n’avons pas assisté à de grandes manœuvres de la part des équipes dans l’ascension de la 3e étape. Pas excessivement longue et plutôt roulante, elle était surtout placée très loin de l’arrivée, ce qui n’incitait pas les formations de sprinteurs polyvalents à imprimer un gros rythme.

Les choses pourraient cependant être bien différentes demain avec 14.5 km d’ascension à 6 % de moyenne. Ce col que les coureurs auront à franchir sera placé beaucoup plus proche de l’arrivée, avec une moitié du chemin restant à parcourir effectuée en descente. Il ne restera ensuite qu’une vingtaine de kilomètres pour que le peloton reprenne les fuyards.

Certaines équipes pourraient être tentées d’imposer un tempo soutenu dans l’ascension pour distancer les purs sprinteurs. Avec la longueur du col, cela devrait être possible, mais il faudra toutefois parfaitement gérer son effort. En faire trop pourrait coûter de précieux équipiers avant le final.

L’enjeu sera donc de trouver le bon dosage : maintenir un rythme suffisant pour faire sauter les sprinteurs et garder les échappés à distance, tout en conservant la main-d’œuvre nécessaire pour préparer un sprint dans le final.


Les Favoris

De tous les sprinteurs présents, Lund Andresen est très probablement celui qui passe le mieux les ascensions. Decathlon pourrait être tenté d’imposer un tempo soutenu afin de distancer des hommes comme Groenewegen, Milan et Magnier.

Si tel est le cas et que Lund Andresen parvient à basculer avec le gros du peloton, une grande partie du travail sera déjà effectuée. Il deviendrait alors le grand favori pour la victoire d’étape dans un final moins fourni en spécialistes du sprint.

Nous pourrions aussi voir NSN se porter à l’avant dans l’ascension. En effet, la formation pourrait elle aussi avoir un intérêt à durcir la course pour Strong. Le coureur passe excellemment bien les bosses et il serait l’un des hommes rapides avec le plus de chance de basculer avec le peloton.

Pour espérer s’imposer, il lui faudra cependant se débarrasser de tous les sprinteurs. Tout dépendra donc de la capacité de NSN à rendre l’ascension suffisamment sélective pour isoler leur leader, et d’espérer recevoir l’aide d’autres formations.

INEOS pourrait avoir plusieurs cartes à jouer demain. Tout d’abord, celle du sprint réduit avec Ben Turner. Il a démontré depuis quelque temps posséder une excellente pointe de vitesse, comme lors de sa victoire sur la Vuelta l’année dernière. Il passe très bien les ascensions et devrait basculer avec le peloton si le rythme n’est pas imposé par les grimpeurs. Dans un sprint sans les spécialistes, il sera un vrai outsider à la victoire.

La seconde option serait d’envoyer quelqu’un à l’avant. Au regard du profil de cette étape, Filippo Ganna est un nom très intéressant. Le rouleur italien est tout à fait capable d’encaisser des montées lorsque les pourcentages ne sont pas trop élevés. Avec 6% de moyenne, cela reste parfaitement dans ses cordes et il ne devrait pas trop souffrir.

Nous l’avions déjà vu par le passé s’imposer sur une étape au profil relativement similaire. C’était sur le Giro 2020, lors de la 5e étape. Bien que ce parcours était plus vallonné, il l’avait emporté après s’être isolé dans un col de première catégorie dans le final de la course.

Astana devrait tout faire pour tenter de garder le maillot rose une journée de plus, en sachant que Silva grimpe très bien. Il ne devrait pas avoir trop de soucis à basculer avec le peloton tant que les purs grimpeurs ne se font pas la guerre.

La formation kazakhe pourrait être l’une des équipes à imprimer un gros tempo dans cette ascension. Cela permettrait de distancer les principaux sprinteurs tout en maintenant les échappés à vue. En prêtant main-forte à des équipes comme Decathlon ou NSN, Astana s’assurerait aussi d’avoir de l’aide dans le final pour rentrer sur les fuyards si un homme dangereux au général était encore à l’avant.

Une autre option serait d’envoyer un de leurs coureurs en échappée pour ne pas avoir à contrôler la course. On pense notamment à Scaroni, qui ne devrait pas rencontrer de problèmes dans la montée. Il dispose d’une bonne pointe de vitesse pour régler un petit comité si l’échappée devait aller au bout. Si l’Italien est à l’avant, Astana n’aura plus à assumer le poids de la course. Pour eux, tout résidera donc dans le contrôle initial de la formation du groupe de tête.

L’équipe a été décimée par la chute survenue lors de la deuxième étape. Désormais sans ambition sérieuse au classement général, la formation devra encore plus se tourner vers la chasse aux victoires d’étape.

Cette longue et difficile ascension placée dans la deuxième moitié du parcours demain pourrait d’ailleurs offrir une belle occasion. On peut s’attendre à voir des hommes tenter de prendre l’échappée, ou même de ressortir du peloton dans la montée pour faire le jump.

Jan Christen est un nom intéressant à cet égard. Même si le Suisse possède de belles qualités, il est bien trop proche au classement général pour bénéficier d’un laisser-passer de la part d’Astana. Les deux solutions les plus logiques semblent donc être Morgado et Narvaez.

Le Portugais a chuté et pourrait ne pas être totalement remis physiquement pour peser sur la course. L’Équatorien, en revanche, dispose non seulement de la marge de manœuvre nécessaire au général, mais aussi des qualités de grimpeur et de la pointe de vitesse suffisantes pour briller sur cette étape. Sa capacité à franchir les cols et à sprinter en ferait un candidat idéal si la course se durcit.

Florian Stork grimpe excellemment bien et possède une très bonne pointe de vitesse. Il se pourrait même que, si le rythme est si soutenu que tous les sprinteurs sautent, il se retrouve comme lors de la deuxième étape à être l’un des plus rapides dans le final.

À seulement 4 secondes de Silva au classement général, une victoire pourrait le propulser à la première place et lui permettre de revêtir le maillot rose. Tudor devra garder de la main d’œuvre pour protéger Storer et Rondel, pas sûr donc qu’ils ne participent à la fête dans l’ascension. Mais si les autres équipes intéressées impriment un tempo suffisant pour faire sauter le sprinters, alors Stork pourra se frotter les mains.

Du côté de Movistar, Aular devrait être une excellente carte à jouer. L’année dernière, le coureur vénézuélien était allé chercher deux podiums sur les trois premières étapes du Giro, là où Lidl-Trek avait fait exploser le peloton afin de sortir tous les sprinteurs. Il était alors parmi les hommes encore présents à l’avant pour jouer sa chance au sprint.

Il possède la capacité de passer les ascensions, mais aussi de jouer les premiers rôles au sein d’un peloton réduit. L’effort demandé lors de la deuxième étape était peut-être un peu trop violent pour lui et il n’a pas réussi à accrocher le premier groupe. Si cela n’était qu’un mauvais jour, demain sera une belle chance pour lui.


Mes Choix

Avec le fort vent de face au départ de l’étape, puis le vent de côté le long de la côte jusqu’au pied de l’ascension, je ne pense pas que les échappés pourront prendre assez d’avance pour espérer aller au bout. Nous pourrions voir quelques coureurs tenter de sortir dans le col, comme avaient pu le faire Fortunato et Bilbao lors de la troisième étape sur le Giro 2025.

Je pense malgré tout que beaucoup d’équipes possèdent des coureurs qui grimpent bien tout en gardant une très bonne pointe de vitesse. Cela devrait nous conduire tout droit à un sprint au sein d’un peloton réduit.

Je ne pense pas qu’un seul des sprinteurs présents soit en mesure de jouer la victoire demain, pas même Lund Andresen. Je me dirigerai donc vers des profils beaucoup plus polyvalents.

Victoire de Strong demain, avec Stork et Silva pour compléter le podium.


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