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La Maglia Rosa

Vingegaard est bien évidemment l’immense favori de ce Giro 2026. À l’image de l’édition 2024 avec Pogacar, personne ne devrait être en mesure de lui contester la victoire.
Le fait de voir Pogacar le dominer lors des deux derniers Tour de France a pu faire oublier à certains le monstre qu’est le Danois. Inutile d’en rajouter : sur le papier, le Danois ne semble pas avoir d’adversaires à sa mesure sur ce Giro.
À l’instar de Pogačar en 2024, ces trois semaines en Italie lui serviront de préparation en vue du Tour de France, en juillet prochain. Son but sera de creuser rapidement des écarts afin de pouvoir courir davantage à l’économie sur la fin. Il sera notamment épaulé par Kuss et Piganzoli, qui officieront comme ses deux derniers lieutenants. En l’absence d’une opposition majeure, on peut imaginer que ces derniers ne seront pas totalement sacrifiés dans les étapes de montagne. L’un d’eux pourrait même intégrer le bas du top 10.

L’absence d’Almeida est un coup dur pour UAE, tant l’équipe comptait sur le Portugais pour bousculer Vingegaard. Après une saison 2025 de haut vol, l’année 2026 semble bien plus complexe pour lui. L’équipe a dû revoir ses plans, et c’est désormais Adam Yates qui aura la lourde charge de viser le classement général.
Après une année 2025 en deçà de ses standards, le Britannique a réalisé un début de saison en dents de scie. D’abord équipier en Australie et aux UAE, il a retrouvé un rôle de leader à Oman et sur O Gran Camiño. S’il n’a pas remporté le général du Tour d’Oman ni levé les bras sur une étape, il a tout de même affiché un meilleur niveau le mois dernier.
Il a pu parfaire sa préparation en Sierra Nevada et semble satisfait de sa forme actuelle. S’il poursuit sa progression par rapport à ses performances sur O Gran Camiño, il sera un prétendant au podium, sans toutefois représenter une menace pour Vingegaard. À 33 ans, il faut noter que Yates n’est monté qu’une seule fois sur le podium d’un Grand Tour, ce qui n’en fait pas une valeur sûre non plus. Il sera accompagné de Vine, qui devrait plutôt se concentrer sur les victoires d’étapes, comme lors de la Vuelta 2025. Il vise notamment le chrono de la 10e étape.

En l’absence d’Almeida et Carapaz, Pellizzari semble propulsé au rang de principal rival de Vingegaard, ou plutôt de favori pour la deuxième place. L’Italien a franchi un palier énorme en passant de Bardiani à RedBull en 2025. Rien d’étonnant lorsqu’on passe d’une modeste structure luttant pour le top 30 UCI à l’une des meilleures formations mondiales. En 2025, Pellizzari a réussi l’exploit de terminer 6e du Giro et de la Vuelta à seulement 21 ans, sans jamais avoir été leader désigné.
Il a énormément travaillé le contre-la-montre, qui était un point faible majeur et l’aurait probablement empêché de rêver au podium cette année, avec les 42 km de plat prévus lors de la 10e étape. Il a également progressé en descente, devenant très performant dans l’exercice, tout comme son « punch » qui s’est nettement amélioré. Désormais dépourvu de lacunes flagrantes, viser le podium est devenu une réelle possibilité. Vainqueur récent du Tour des Alpes, sa forme est ascendante et il sera à surveiller de près.
À ses côtés, Hindley sera présent en tant que co-leader. Vainqueur du Giro 2022, l’Australien possède l’expérience de ces grands rendez-vous. Si son début de saison 2026 est resté discret (inexistant sur Tirreno comme en Catalogne), cette trajectoire diffère de celle de Pellizzari et n’inspire pas forcément confiance avant le Grand Départ. C’était toutefois le cas avant la Vuelta 2025, qu’il avait terminée à la 4e place. Concernant le contre-la-montre, il semble plafonner et pourrait perdre pas mal de temps. Si la tendance entre les deux leaders entrevue sur Tirreno se confirme, Pellizzari pourrait prendre l’ascendant lors des chronos. Avec ce duo de qualité, RedBull vise le podium. S’il sera difficile de gêner Vingegaard, décrocher la deuxième place semble tout à fait probable.

Gall sera le leader de l’équipe avec pour mission de jouer le podium. L’Autrichien a réalisé un solide début de saison 2026 en allant chercher la 5e place de l’UAE Tour, puis la 6e en Catalogne. Il fait peu de doute qu’il sera l’un des meilleurs grimpeurs de ce Giro en troisième semaine. Mes inquiétudes le concernant ne portent pas sur ce terrain, mais sur deux lacunes majeures qui pourraient le priver du podium final.
Tout d’abord, ses piètres qualités de descendeur. Cela s’est encore vérifié lors de la 6e étape du Tour de Catalogne : alors qu’il figurait dans le groupe des favoris à 21 km de l’arrivée, il a été distancé dans la descente pour terminer à plus de 2 minutes de Vingegaard. Sur le Giro, il pourrait facilement être mis sous pression dans les descentes de cols. Son autre point faible est son niveau en contre-la-montre. Sur les 42 km de plat de la 10e étape, il ne serait pas surprenant de le voir concéder plus de 2 minutes aux meilleurs spécialistes. Ses qualités de grimpeur suffiront-elles à combler ce retard ?

Comme en 2025, INEOS se présente avec son duo Bernal / Arensman. L’an dernier, l’équipe avait été l’une des plus offensives en mettant la pression sur Del Toro et UAE, mais sans succès. Arensman avait chuté et Bernal avait terminé 7e à plus de 12 minutes de Yates.
Cette année, le duo a déjà couru ensemble sur le Tour des Alpes, terminant aux 2e et 3e places sans pouvoir rivaliser avec Pellizzari lors de l’étape reine.
Arensman est parfois difficile à cerner. S’il est un très bon grimpeur, il est aussi un bon rouleur. Le chrono de la 10e étape est une excellente nouvelle pour lui car, Vingegaard mis à part, il pourrait être le leader s’en sortant le mieux dans cet exercice et ainsi reprendre du temps à ses adversaires. Bien qu’il ait tendance à accuser le coup en début de Grand Tour, la première échéance importante (Blockhaus) n’arrivera qu’en fin de première semaine, lui laissant peut-être le temps de monter en puissance.
Gêné par des problèmes de genoux, Bernal a peu couru cette année. C’est peut-être un mal pour un bien, car il s’est montré performant sur chaque épreuve disputée. Sa deuxième place au Tour des Alpes et sa 5e place sur Liège-Bastogne-Liège prouvent sa bonne forme actuelle. Il faudra cependant espérer qu’il ne faiblisse pas au fil des étapes, comme ce fut le cas l’année dernière.

L’année dernière, Storer avait manqué sa préparation pour le Giro en raison d’un pic de forme trop précoce, parvenant malgré tout à accrocher le top 10. Cette saison, la planification semble plus aboutie pour le coureur australien. Il a montré une progression constante lors du Tour des Alpes, terminant à la 4e place du général.
Si l’on se réfère à son année 2025, la plus réussie de sa carrière, ses qualités de grimpeur sont indéniables. Outre sa performance sur le Tour des Alpes et son top 10 au Giro, il s’était classé 3e du Lombardia, devancé seulement par Pogacar et Evenepoel. S’il arrive au départ avec une condition physique identique, il peut espérer mieux qu’un simple top 10. Malheureusement, il partage les mêmes lacunes que Gall, notamment en contre-la-montre. Les 42 km de la 10e étape pourraient lui être préjudiciables dans la course au podium final.
Il faudra également surveiller Rondel, qui aura son mot à dire au sein de l’équipe. Auteur d’un début de saison très solide, le jeune Français semble avoir franchi un palier. S’il est difficile de prédire ses résultats pour son premier Grand Tour, ses places dans le top 10 sur Paris-Nice et le Tour des Alpes sont prometteuses.

D’après ses déclarations, Ciccone ne devrait plus viser le classement général sur les Grands Tours. S’il peut briller sur une semaine, il a admis qu’au-delà de neuf jours, son corps commençait à lâcher. Toutefois, il tenait déjà ce discours l’an passé avant de tenter le général sur le Giro et la Vuelta. Il est difficile de l’imaginer perdre volontairement du temps en première semaine, surtout avec une arrivée au sommet du Blockhaus, chez lui. Le chrono pourrait cependant sceller son sort et le pousser à abandonner ses ambitions au général pour se recentrer sur les étapes de montagne en fin d’épreuve.
La lutte pour le général sera donc menée par Derek Gee. Le Canadien connaît un début de saison compliqué, avec pour seul résultat notable une 7e place à l’UAE Tour. En difficulté sur le Tour des Alpes, il semble loin de la forme nécessaire pour viser un top 10, et encore moins le podium. Heureusement pour lui, les principales difficultés montagneuses arrivent tardivement. Il devra limiter la casse au Blockhaus, car bien qu’il ait terminé 4e du Giro l’an dernier, sa préparation actuelle est moins convaincante. Je suis sceptique quant à ses chances d’améliorer ce résultat. En revanche, le contre-la-montre ne sera pas un problème pour lui. Cela pourrait même lui permettre de compenser une partie de son retard avant d’aborder la haute montagne.

À 31 ans, Mas s’élancera sur son tout premier Giro. L’Espagnol est un coureur de Grand Tour très régulier, comptant huit top 6 à son actif, dont quatre podiums (tous obtenus sur la Vuelta). Il est difficile de savoir à quoi s’attendre pour lui durant ces trois semaines. Sa première partie de saison n’est pas bonne, et son absence de compétition en dehors du Tour de Catalogne ne permet pas de garantir son niveau de forme. Si l’on se base sur son Tour 2025, ses perspectives semblent limitées. De plus, il devrait souffrir lors du chrono, ce qui rend son placement parmi les outsiders très incertain.

La Maglia Ciclamino
À la faveur d’un changement de barème opéré en 2014, les sprinteurs se jouent désormais le Ciclamino sur le Giro. Les 21 étapes sont réparties en 3 catégories différentes. Pour ce qui est des sprints intermédiaires, un changement notable est à noter comparé à l’édition 2025. Il n’y en aura qu’un seul qui attribuera des points au classement du maillot Ciclamino, contre deux en 2025. Ce changement ne va pas dans le sens des baroudeurs.




Cette année, 8 étapes offriront 50 points aux vainqueurs. Si je ne suis pas certain que les sprinteurs joueront la victoire sur ces 8 étapes, j’en compte tout de même au moins 6 vraiment taillées pour eux. Un sprinteur capable de s’imposer au moins deux fois, avec deux podiums supplémentaires au minimum, aura fait une bonne partie du chemin vers le maillot.
Le cas de Pedersen l’année dernière est un peu à part. Sans grande surprise, il n’a fait aucun podium sur les sprints massifs. Il n’est pas à proprement parler un « sprinteur ». En revanche, il a pu bénéficier de ses qualités de coureur polyvalent. Le barème avait alors avantagé les coureurs possédant une vraie capacité à aller chercher des victoires sur des sprints en bosse. Cette année, le tracé et l’attribution des points me semblent un peu plus logiques (sauf peut être pour la 4e étape) et devraient récompenser le meilleur des sprinteurs.
Les Favoris

Après avoir remporté le Ciclamino en 2023 et 2024, Milan est allé chercher le maillot vert sur le Tour 2025. C’est un 100 % pour le sprinteur italien sur les Grands Tours. Il a de nouveau été très dominant cette année, remportant 6 des 8 sprints auxquels il a pris part. En plus d’être l’un des meilleurs sprinteurs au monde, Milan est aussi très régulier. Quand il ne gagne pas, il est rare de le voir terminer hors du podium.
C’est un avantage considérable lorsque l’on parle de la lutte pour le classement par points. Sur le Tour 2025, il compte 2 victoires et 2 deuxièmes places sur les 4 sprints massifs. Sur le Giro 2024, il a obtenu 3 victoires et 4 deuxièmes places sur les 7 sprints massifs. En 2023, il comptait 1 victoire et 4 deuxièmes places sur 5 sprints massifs. Il partira avec l’étiquette de favori pour ce classement annexe.

Lund Andresen a réalisé une incroyable première partie de saison. Ses 3 victoires peuvent même sembler assez peu chères payées tant il a fait preuve de régularité lors de ses premiers mois chez Decathlon. Le Danois a sans conteste passé un cap avec ce transfert et va tenter d’aller chercher une première victoire sur un GT. Il en a les moyens. Sur ce Giro, il sera sans conteste le sprinteur passant le mieux les bosses.
Cela pourrait lui donner un avantage non négligeable sur les étapes un peu plus escarpées. Est-ce que cela suffira malgré tout ? Malgré toutes ses qualités, il n’a pas semblé si dominant qu’a pu l’être Milan par exemple, tombant régulièrement sur plus rapide que lui. Mais de ce que nous avons vu sur ce début de saison, entre ses qualités intrinsèques et la capacité de son équipe à le placer, il pourrait bien être l’outsider numéro 1 et le principal adversaire de Milan.

Dans la catégorie des coureurs à qui un changement a fait du bien, Groenewegen tient une excellente place. La mayonnaise a immédiatement pris avec les Rockets. Le Néerlandais en est déjà à 4 victoires et deux podiums sur les sprints auxquels il a pris part. Sur le Giro, il va tenter d’aller chercher une nouvelle victoire d’étape sur un GT, la dernière remontant au Tour de France 2024.
Son principal problème pourrait être son manque de polyvalence, mais aussi son manque de régularité. Ce n’est pas un hasard si le dernier classement par points qu’il a remporté remonte au Saudi Tour 2023. Malgré tout, avec la confiance retrouvée cette année, il pourrait être intéressant de le suivre.

L’apprentissage s’était révélé dur pour Magnier sur le Giro l’année dernière. Le Français participait alors à son premier Grand Tour et n’avait pas réussi à exister face à un plateau plus abordable. Sa fin de saison 2025 l’a pourtant fait entrer dans une autre dimension lorsqu’il est allé chercher pas moins de 14 victoires entre septembre et octobre.
L’adversité n’était certes pas la plus élevée, mais la performance n’en reste pas moins remarquable. Il avait bien débuté sa saison en Algarve avec deux victoires avant de s’éteindre un peu et d’être touché par des ennuis mécaniques sur les classiques. Il va aborder ce Giro avec un autre statut et certainement un autre état d’esprit comparé à l’année passée. Lui aussi est un sprinteur très puissant et polyvalent, mais un élément m’embête un peu : son placement. Cela pourrait lui jouer des tours sur certains sprints et l’empêcher de scorer de gros points.

La Maglia Azzurra
Le Giro est un GT où les baroudeurs sont souvent mis à l’honneur. C’est le cas pour les étapes comme pour le maillot de meilleur grimpeur. Après des éditions 2023 et 2024 où des coureurs du top 5 ont ramené le maillot, celle de 2025 a récompensé un baroudeur grimpeur plus classique.
Concernant la répartition des points, il n’y a pas de surprise tant le parcours apparaissait déjà déséquilibré. Près de 60 % du total des points seront distribués entre les étapes 14, 16, 19 et 20.
Depuis 2023, l’organisation du Giro a modifié son barème pour le classement de la montagne. Désormais, lorsqu’une étape se termine au sommet d’un col de 1ère catégorie, les trois premiers bénéficient de points bonifiés. L’année dernière, seulement deux étapes étaient concernées contre 6 en 2024. Cela avait grandement aidé Pogacar à ramener le maillot. Problème cette année, 5 étapes verront leurs points bonifiés au sommet. Si Vingegaard a le même appétit que Pogacar, il sera difficile de lui contester le maillot.
Voici le barème appliqué pour les différents types d’ascensions.





Semaine 1
Sans grande surprise, cette première semaine distribuera le moins de gros points au classement de la montagne. Elle permettra toutefois à d’honnêtes baroudeurs de se disputer le maillot et les primes durant quelques jours. Ce rêve pourrait être de courte durée puisque les 7e et 9e étapes s’achèvent au sommet d’un col de première catégorie. Si le Blockhaus semble promis aux leaders, la 9e étape pourrait sourire à l’échappée matinale. Il faudra cependant compter sur la clémence de la Visma pour éviter que Vingegaard ne survole déjà ce classement.
Semaine 2
Aucun point ne sera distribué sur le chrono de la 10e étape, et seuls quelques-uns seront à jouer lors de la 11e. Pour le classement de la montagne, l’enchaînement des étapes 12 et 13 n’aura pas d’impact significatif, tandis que celui de la 15e sera nul. Les baroudeurs auront donc les yeux rivés sur la 14e étape, la première à proposer un véritable enchaînement de cols. C’est à partir de ce moment que les hommes visant ce classement annexe n’auront plus le droit à l’erreur. S’il est difficile de prévoir le scénario, on peut imaginer que les échappés iront marquer de gros points s’ils conservent un avantage suffisant au pied de l’ultime ascension.
Semaine 3
Comme bien souvent, la 3e semaine sera le moment charnière du Giro à tout point de vue. Sur les trois étapes de montagne, deux verront leurs points bonifiés au sommet, et la troisième comportera la Cima Coppi. Les échappés devraient évidemment pouvoir marquer des points en route, mais si les leaders le décident, ils pourraient se jouer la victoire sur chacune de ces étapes. La 16e étape n’aura rien de compliqué à gérer et sa montée finale sera assez longue pour permettre aux favoris de revenir s’ils le souhaitent. Malgré tout, j’ai tendance à penser que celle-ci reviendra aux baroudeurs.
La 19e étape sera l’étape reine du Giro, celle où tout peut basculer. Encore une fois, difficile d’imaginer le scénario sans connaître l’état du général à ce moment-là. Si certains coureurs décident de mettre la pression sur le leader, cette étape ne laisserait que peu de points aux baroudeurs.
Enfin, concernant la double ascension de Piancavallo, la première partie pourrait revenir aux fuyards tandis que la victoire finale reviendrait à un leader, qui marquerait plus de points grâce aux bonifications.
Conclusion
Est-ce que la stratégie adoptée par Astana peut de nouveau fonctionner cette année ? Fortunato et Scaroni étaient présents dans presque tous les coups dès les premières étapes, permettant à Fortunato de prendre rapidement le large. Cela fut possible car Lidl n’avait pas voulu laisser respirer les échappés en visant les victoires pour Pedersen, mais aussi parce que de gros points étaient distribués en début d’étape. Il faudrait donc viser les 2e catégories sur les étapes 3, 4, 5 et 7, même si cela signifie laisser beaucoup de forces dans la bataille. Après une deuxième semaine plus calme, les baroudeurs ne devront louper sous aucun prétexte la 14e étape. Enfin, viendra la 3e semaine, où le sort des baroudeurs sera entre les mains des leaders.
Trois types de coureurs à identifier pour la lutte au classement du maillot de meilleur grimpeur :
- Le meilleur grimpeur et favori de la course : Vingegaard
- Un baroudeur ne jouant pas le général et ciblant les étapes : profil le plus victorieux sur les dernières années
- Un coureur visant initialement une place au général, mais se tournant vers les échappés et le maillot après avoir perdu du temps. Avec énormément de points à distribuer en 3e semaine, cela est tout à fait possible.
Les Favoris

Il n’y aura pas de Fortunato cette année, mais Scaroni sera bien de retour. Bien que l’Italien ne soit pas en mesure de jouer le général, il s’est déjà révélé être un très bon baroudeur grimpeur. Alors que Fortunato avait écrasé le classement de la montagne en 2025, Scaroni avait terminé second avec une très large avance sur le 3e. On peut tout à fait l’imaginer se battre de nouveau pour ce classement annexe tout en visant une nouvelle victoire d’étape sur le Giro.

Si Ciccone joint les actes à la parole, il ne devrait pas jouer le général jusqu’au bout. J’ai du mal à le voir perdre du temps volontairement d’entrée, mais après le contre-la-montre, la donne pourrait changer. Nous entrerons alors dans la phase décisive pour le maillot bleu avec de nombreux points à glaner. S’il parvient à s’insérer dans des échappées, il sera un candidat redoutable pour les victoires d’étapes et le classement de la montagne.

L’équipe UAE ne sera pas exclusivement tournée vers le classement général, ce qui n’est pas surprenant en l’absence de Pogačar. Si Yates est le leader désigné pour le général, Vine pourrait jouer un rôle d’électron libre et nous pourrions régulièrement le voir à l’avant. Je m’attends à ce que l’Australien retrouve le rôle qu’il occupait sur la Vuelta 2025, où il avait décroché trois victoires d’étapes et le maillot de meilleur grimpeur. Un rôle que pourrait tout aussi bien remplir Marc Soler.

Évidemment, si Visma et Vingegaard décident de rafler un maximum de victoire, le Danois pourrait facilement s’emparer du maillot de grimpeur. Avec le nombre d’arrivées au sommet et les points bonifiés, il pourrait accumuler les victoires et les points pour le classement de la montagne.

Zana est également un profil intéressant pour ce maillot. Nous l’avons vu jouer les premiers rôles sur des courses d’une semaine cette année, mais l’Italien n’est pas vraiment taillé pour le classement général des Grands Tours. Il pourrait néanmoins s’avérer être un excellent chasseur d’étapes. En très bonne forme cette saison, il a remporté le Tour de Sardaigne et s’est illustré sur Liège-Bastogne-Liège (10e). En se focalisant sur les victoires d’étapes, il pourrait naturellement se retrouver bien placé au classement du grimpeur.
