Paris – Roubaix 2026 Preview

Paris – Roubaix 2026

Ce dimanche 12 avril 2026 marquera la 123e édition de Paris-Roubaix. Incontestablement l’une des courses les plus redoutables de l’année, ce monument occupe une place à part dans le cœur des fans comme dans celui des coureurs.

Bien que quelques ajustements aient été opérés au fil des ans depuis 1896, les pavés demeurent l’élément central de l’épreuve. Avec le bitumage progressif des routes, il a fallu dénicher de nouveaux secteurs pour préserver l’authenticité de la course.

C’est dans cette optique que la Trouée d’Arenberg a été intégrée en 1968. Elle fut suivie de l’ajout de Mons-en-Pévèle en 1978, puis du Carrefour de l’Arbre en 1980. Ces trois tronçons sont désormais les symboles incontournables de l’Enfer du Nord.

Pour cette édition 2026, quelques changements de parcours sont apportés dans les premiers secteurs. Dans l’ensemble, rien qui ne devrait modifier la physionomie de l’épreuve.

Comme l’année dernière, les coureurs emprunteront la voie du chemin minier pour rejoindre la Trouée d’Arenberg. Quatre virages à angle droit seront à négocier sur 600 mètres avant d’aborder ce secteur pavé.

258.3 km pour 54.8 km de pavés sur 30 secteurs pavés répertoriés. Une course déjà redoutable en elle-même, rendue encore plus éprouvante par les ennuis mécaniques et les chutes. Ces imprévus participent aussi à la beauté de cette épreuve légendaire. Le tout s’achevant par cette arrivée unique dans le mythique vélodrome à ciel ouvert de Roubaix.


Le Parcours

Comme de coutume, les premiers secteurs pavés n’apparaîtront qu’après une longue procession d’une centaine de kilomètres. De Compiègne jusqu’à l’entrée dans Troisvilles, ces premiers kilomètres servent traditionnellement à la formation de l’échappée. En 2016, Mathew Hayman s’était imposé après avoir intégré la matinale. En 2018, Silvan Dillier terminait deuxième de Paris-Roubaix après un scénario similaire.

C’est à Troisvilles que débute le premier des 30 secteurs pavés. C’est ici que la course commencera véritablement. Au total, 54.8 kilomètres de pavés jalonneront les 162 derniers kilomètres de course.


Les Secteurs Clés

Secteur 30 – Troisvilles à Inchy (kilomètre 95.8)

Note : 3 sur 5.
Paris - Roubaix 2025 Preview

Après près de 100 km de course, Paris-Roubaix prend un tout autre tournant avec l’entrée sur le premier secteur pavé. Ce n’est peut-être pas le plus difficile, mais c’est un passage clé de cette course. Les choses sérieuses peuvent enfin commencer avec ce secteur long de 2.2 km où la bataille pour le positionnement débutera.

Secteur 20 – Haveluy à Wallers (kilomètre 153.6)

Note : 4 sur 5.

C’est ici que Pogacar a placé sa première accélération en 2025. Le secteur n’est pas forcément le plus difficile, mais son placement stratégique avant la Trouée d’Arenberg en fait un gros point de tension.

Le peloton y accélère fortement et les premières sélections s’y opèrent alors naturellement. Tout le monde veut aborder la suite en tête de groupe.

Secteur 19 – La Trouée d’Arenberg (kilomètre 163)

Note : 5 sur 5.
Paris - Roubaix 2025 Preview

Un des secteurs les plus mythiques de Paris-Roubaix, et le premier des 3 classés 5 étoiles sur l’échelle de difficulté. Il s’agit d’un des secteurs les plus difficiles et dangereux du parcours où la bataille fera rage en amont pour aborder l’entrée du secteur long de 2.3 km en tête.

Une longue ligne droite au pavé disjoint et gras, cernée à gauche par la terre et à droite par les barrières. Depuis l’année dernière, quatre virages à 90° ont été ajouté sur 600 mètres avant l’entrée sur le secteur.

Secteur 11 – Mons-en-Pévèle (kilomètre 209.7)

Note : 5 sur 5.
Paris - Roubaix 2025 Preview

Le secteur de Mons-en-Pévèle est le deuxième secteur classé 5 étoiles. Situé à moins de 50 km de l’arrivée, la course entre dans sa dernière partie fatidique. Ses différentes portions en faux-plat ainsi que ses deux virages à angle droit en font l’un des secteurs les plus difficiles et sélectifs de la course.

Secteur 4 – Carrefour de l’Arbre (kilomètre 241.2)

Note : 5 sur 5.
Paris - Roubaix 2025 Preview

Dernier secteur classé 5 étoiles du parcours, l’un des plus mythiques, difficiles mais aussi décisifs en raison de sa proximité avec l’arrivée. La sélection cruciale peut se produire ici, les 3 sections pavées restantes étant bien moins difficiles.


Météo

Du beau temps est attendu ce dimanche. Les températures devraient être agréables dans l’après-midi. Elles tourneront autour de 15°C.

Le vent soufflera en provenance du sud-ouest toute la journée, et sa force ira en augmentant pour flirter avec les 20km/h lorsque les coureurs aborderont les premiers secteurs.

Les 100 premiers kilomètres se feront avec un vent portant. Cela devrait rendre le rythme de la course très élevé. Une fois sur les pavés, les cinq premiers secteurs se feront avec un vent oscillant entre côté et trois-quarts dos, ce qui pourrait créer quelques cassures très tôt dans la course.

Le premier secteur clé, celui d’Haveluy, se fera d’abord avec un vent de côté. Lorsque les coureurs bifurqueront à droite, ils prendront un vent de trois-quarts dos. Le rythme étant déjà élevé, cela devrait encore plus casser le peloton.

Si les coureurs sont plutôt abrités dans la Trouée d’Arenberg, la sortie du secteur sera différente. La longue ligne droite sur l’asphalte se fera avec un vent de face. Les coureurs éjectés de leur groupe à la sortie de la trouée devraient souffrir encore plus.


Le Scenario

Paris-Roubaix est souvent vu comme la course où certains membres de l’échappée matinale peuvent espérer accrocher une place dans le top 10. Malheureusement pour eux, rééditer l’exploit de Hayman ou Dillier et monter sur le podium semble de moins en moins possible.

Cela s’explique par le type de course proposé par des hommes comme Pogačar et Van der Poel. En effet, ils ont tendance à ouvrir la course de si loin que les échappés n’ont plus le temps de prendre assez d’avance. L’édition 2025 en est l’exemple parfait. Dès le secteur 20, à plus de 100 km de l’arrivée, le peloton avait commencé à exploser sous l’impulsion de Pogačar, relayé par Van der Poel.

Le groupe des leaders s’était finalement extirpé du peloton en rentrant sur l’échappée dans la trouée d’Arenberg, à près de 95 km de l’arrivée. Cela laisse très peu de marge de manœuvre pour des seconds couteaux souhaitant anticiper.

Encore la semaine dernière sur le Tour des Flandres, UAE avait fait exploser la course à plus de 100 km de l’arrivée. Ce dimanche, il est difficile d’imaginer un scénario où ce ne soit pas encore l’un des grands favoris qui s’impose au terme d’une course d’usure décantée de très loin.


Les Favoris

Avec trois victoires d’affilée sur Paris-Roubaix, Van der Poel est bien évidemment le grand favori à sa propre succession. Nous l’avons vu sur le Tour des Flandres, il a été le dernier homme à pouvoir résister à Pogačar. Il a cependant dû céder, comme les deux fois précédentes, dans la dernière ascension du Vieux Quaremont.

La différence entre le Tour des Flandres et Paris-Roubaix réside dans le fait que les secteurs pavés ne sont pas en montée. Il faut être très puissant, certes, mais l’avantage de Pogačar disparaît sur cette course. Van der Poel sera encore une fois très difficile à battre, et surtout très difficile à distancer. S’il n’arrive pas seul sur le vélodrome, il pourra en plus compter sur sa très bonne pointe de vitesse pour tenter d’aller décrocher un quatrième succès d’affilée historique.

Quid de Jasper Philipsen ? Le Belge réalise aussi une bonne campagne de classiques avec notamment deux victoires et un podium au mois de mars. On se rappelle que l’année dernière, il avait été le dernier homme en mesure de suivre le duo infernal Pogačar / Van der Poel. Il avait cependant dû déposer les armes dans Mons-en-Pévèle.

Sera-t-il en mesure de rééditer l’exploit cette année ? Il sera en tout cas un atout de taille pour VdP. Sa présence dans le final pourrait offrir une option tactique supplémentaire à son équipe en cas d’arrivée en petit comité.

Pour sa première participation à Paris-Roubaix l’année dernière, Pogačar avait été impressionnant. Tout se passait pour le mieux pour le Slovène jusqu’à cette chute à un peu moins de 40 km de l’arrivée. Une erreur de pilotage qui lui aura coûté toutes ses chances. Sans cela, on peut aisément imaginer qu’il serait arrivé en compagnie de Van der Poel sur le vélodrome pour se disputer la gagne.

Cette année, il a décidé de très peu courir. En effet, il n’a pris part qu’à trois courses pour le moment, pour tout autant de victoires, et pas des moindres : Strade Bianche, Milan-Sanremo et Tour des Flandres. Il va donc arriver frais et en forme pour Paris-Roubaix, l’un des plus grands objectifs de sa saison et de sa carrière. Malgré quelques absences notables au sein de son effectif, il pourra tout de même compter sur la présence de Florian Vermeersch, comme c’était le cas la semaine dernière sur le Tour des Flandres.

Il n’aura pas cet avantage que peuvent lui procurer les monts pavés du Tour des Flandres. Il lui faudra donc être encore plus puissant que Van der Poel pour le décrocher. S’il n’y parvient pas, alors tout se jouera sur le vélodrome de Roubaix.

Wout van Aert réalise une bonne campagne de classiques, mais malheureusement pour lui, toujours pas de victoire cette année. Nous l’avons encore vu sur le Tour des Flandres : il n’est malheureusement pas au niveau de Van der Poel et Pogačar.

La donne pourrait être un peu différente sur Roubaix. Face à ces deux hommes, le déficit qu’il affiche dans les monts pavés va s’estomper un peu sur les pavés et la route plate de l’Enfer du Nord. Le vrai problème pour lui pourrait être plus matériel qu’autre chose. On se souvient de sa terrible crevaison en 2023 au Carrefour de l’Arbre, alors qu’il était avec van der Poel dans le final.

La forme du Belge semble être très bonne. S’il n’a pas de problème de positionnement ou mécanique, il pourrait être en mesure de rester au contact des deux favoris très longtemps, et pourquoi pas jusqu’au vélodrome. Malheureusement, il ne possède plus sa pointe de vitesse d’auparavant. Je pense qu’il aurait plus de chances de s’imposer en solitaire qu’au sprint.

Compte tenu de sa blessure de début de saison et de sa reprise tardive, Pedersen réalise une plutôt bonne campagne de classiques. Malheureusement, il n’a réellement pesé sur aucune des courses, que ce soit sur Milan-Sanremo ou sur le Tour des Flandres. Malgré ses 4e et 5e places au final, ce qu’on retient de ces deux courses, c’est qu’il était un vrai ton en dessous de Van der Poel et Pogačar, mais aussi de Van Aert. Peut-il combler ce déficit d’ici à dimanche ?

Sa forme semble monter crescendo, mais cela pourrait être un peu court pour cette échéance. L’année dernière, il était dans la forme de sa vie mais avait perdu toutes ses chances de victoire à cause d’une crevaison à 70 km de l’arrivée. Si son pic de forme arrive au bon moment pour cette course, alors il aura espoir de rester au contact des meilleurs jusqu’au bout. Sur le vélodrome, il aura toutes ses chances.

L’année dernière, Ganna avait atteint son pic de forme bien trop tôt pour espérer briller à Roubaix. Surtout, en ayant enchaîné l’E3 puis le Tour des Flandres, il avait grandement hypothéqué ses chances. Il était arrivé sur Paris-Roubaix beaucoup trop émoussé pour espérer peser sur la course.

Les choses pourraient être différentes cette année et notamment car nous l’avons vu il y a 10 jours en excellente forme. Sa prestation sur À travers la Flandre était exceptionnelle. Il a la forme et surtout la puissance requise pour briller sur une course comme Paris-Roubaix.

En revanche, il n’est pas un vrai pilote de pavés comme peuvent l’être Van der Poel ou Pogačar, malgré sa victoire sur Paris – Roubaix u23 il y a déjà 10 ans. Il parvient à compenser par sa puissance, mais il semble à chaque fois devoir faire des efforts supplémentaires. C’est notamment assez flagrant en sortie de secteur sur les relances, là où les autres ont un pilotage plus fluide et probablement plus économe.

Sur la forme affichée, il doit espérer faire partie du groupe qui se jouera la victoire. Reste à savoir s’il sera en mesure de rester avec les meilleurs jusqu’au bout ou non. Si tel est le cas sur le vélodrome de Roubaix, il aurait toutes ses chances de bien figurer au sprint.


Mes Choix

Je ne pense pas qu’un autre coureur que l’un des grands favoris puisse s’imposer demain. Par là, j’entends bien sûr Van der Poel et Pogacar, et au second échelon, on retrouve Van Aert, Pedersen ou encore Ganna.

La course va de nouveau se décanter de très loin. Le scénario devrait ressembler à celui de l’an dernier. Tout pourrait bouger dès le secteur d’Haveluy avant d’exploser dans la Trouée d’Arenberg. La bataille pour le placement sera féroce. Il ne faudra surtout pas louper le coche. Autrement, il sera impossible de revenir sur la tête de course.

Il est toujours délicat d’imaginer un dénouement précis sur Paris-Roubaix. Les ennuis mécaniques peuvent survenir à tout instant. Malgré tout, certains coureurs semblent plus sujets aux crevaisons. C’est souvent le cas pour Van Aert, quand cela arrive très peu à Van der Poel. Au-delà de la chance, c’est une question de matériel et de pilotage.

La logique voudrait qu’un petit groupe, ou simplement le duo Pogacar-Van der Poel, se présente au vélodrome. Je n’imagine pas les deux monstres se départager avant l’arrivée. Au sprint, l’avantage va indéniablement à Van der Poel. Pourtant, je garde cette idée irrationnelle : Pogacar ira chercher les cinq Monuments cette année. J’ai le sentiment qu’il parviendra à surprendre le Néerlandais demain, mais je ne peux pas expliquer ni où, ni comment. En restant rationnel, mon favori sera toutefois Van der Poel avec de nouveau Pogacar à la deuxième place. Un podium complété par Van Aert qui se montrera être le meilleur des autres.


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