Itzulia 2026 – Étape 2


Dès la deuxième étape, les coureurs entreront dans le vif du sujet. Près de 3300 m de dénivelé positif, 4 ascensions répertoriées et une arrivée en côte. Après le contre-la-montre de la veille, les leaders devront immédiatement répondre présent pour ne pas voir leurs ambitions s’envoler.
Le Parcours

C’est un départ musclé qui attend le peloton de ce Tour du Pays Basque. Il y aura 3 ascensions à franchir sur les 47 premiers kilomètres de course, même si une seule d’entre elles sera répertoriée. Il s’agit de l’ascension d’Etxauri et de ses 6.7 km à 6.5% de moyenne, dont le pied sera situé à peine après 8 km de course.


Une fois franchi le 47e kilomètre, les coureurs aborderont une longue descente de 10 km, suivie d’une portion de plaine de 23 km jusqu’à l’entrée d’Irurtzun. C’est ici que débutera la deuxième ascension répertoriée de la journée, laquelle sera suivie presque immédiatement par la troisième une fois sa descente terminée.


Les 35 km qui suivront seront légèrement vallonnés et ondulant. Les coureurs reprendront la direction du sud pour rejoindre Irurtzun, puis bifurqueront vers l’ouest jusqu’au pied de la quatrième et dernière ascension répertoriée de la journée. Il s’agit de l’ascension de San Miguel de Aralar, la plus longue mais aussi la plus difficile de l’étape avec ses 9.5 km à 7.7% de moyenne.
La bataille pour le positionnement au pied de cette ascension devrait faire rage. En effet, la chaussée y sera fortement réduite en comparaison des routes que les coureurs auront empruntées auparavant. Il pourrait s’avérer difficile de remonter le peloton par endroits une fois l’ascension démarrée.

À la bascule, les coureurs entameront la longue descente sinueuse sur une route, là encore, relativement étroite. Heureusement, la chaussée est en bon état sur ces plus de 15 km de descente.

Une fois la descente terminée, les coureurs ne seront toujours pas au bout de leurs peines.
Il restera 4 km à parcourir et la route s’élèvera immédiatement après cette descente. La pente sera d’abord relativement douce, entre 3% et 4% sur les 2 800 premiers mètres. Puis, à 1200 m de la ligne, les coureurs bifurqueront à droite et la pente se fera alors plus sévère. Le dernier kilomètre affichera une pente moyenne de 8%.

Météo
Beau temps attendu demain pour cette deuxième étape. Les températures seront attendues autour de 20 degrés tout l’après-midi. Le vent soufflera en provenance du sud / sud-est à une vitesse moyenne d’environ 13 km/h. Rien d’exceptionnel donc. Dans San Miguel de Aralar, le vent soufflera tantôt de côté, tantôt de 3/4 dos.
Le Scenario
Cette deuxième étape sera très probablement la première occasion pour les leaders de se mener une bataille. Elle est assez difficile dans son ensemble avec plus de 3200 m de dénivelé positif. C’est surtout la longueur et la difficulté de l’ascension de San Miguel de Aralar qui devrait permettre de tout faire exploser.
Avec un sommet situé à un peu moins de 20 km de l’arrivée, nous devrions y voir des attaques. Je ne laisse pas beaucoup de chance aux échappés demain. Et ce, malgré un départ difficile qui pourrait permettre à un groupe de costauds de sortir.
Les Favoris

Seixas était en démonstration aujourd’hui. Il a collé plus de 20 secondes au second, mais a surtout relégué tous les prétendants au général assez loin. Encore une fois, il confirme les caps qu’il ne cesse de franchir mois après mois.
Demain sera un vrai test pour lui en situation de course avec le maillot de leader sur une CPE World Tour. L’ascension de San Miguel de Aralar devrait parfaitement lui convenir. Il ne serait même pas étonnant de le voir s’isoler à ce moment-là tant il semble fort. Sur le papier, son équipe semble très solide et surtout tournée autour de lui. Il sera difficile de l’isoler et peut-être même encore plus de le battre.

Roglič a signé un bon temps, mais loin d’être extraordinaire aujourd’hui. Malgré tout, il se retrouve tout de même parmi les meilleurs leaders au soir de cette première étape.
C’était aussi le cas sur Tirreno-Adriatico, mais on l’avait vu être en retrait par rapport aux tout meilleurs dans les ascensions. Il faudra voir si sa condition s’est améliorée depuis. Si tel est le cas, il sera dans le match pour le podium demain, et il devrait tout particulièrement apprécier le profil du dernier kilomètre.
Lipowitz a lui aussi réalisé un bon chrono. À 33 secondes de Paul Seixas, il se retrouve parmi les leaders les mieux classés. Il a dit lui-même après le contre-la-montre qu’il se sentait encore un peu les jambes lourdes du Tour de Catalogne. On peut imaginer que cela pèsera de plus en plus au fur et à mesure de la semaine et qu’il se mue plutôt en équipier de Roglič.

Del Toro n’a jamais été le meilleur rouleur en contre-la-montre, mais il se défend en général plutôt bien dans l’exercice. Aujourd’hui, il a pris une belle claque par Seixas et se retrouve relégué à plus de 50 secondes.
Il est vrai qu’il s’est élancé avec les moins bonnes conditions météo, mais le débours reste quand même énorme. Nous ne l’avons plus vu depuis sa victoire sur Tirreno-Adriatico et le Mexicain reste sur deux courses par étapes World Tour remportées en deux disputées cette année.
Demain, il sera indéniablement dans le match. S’il est dans le groupe se jouant la victoire au moment d’aborder le dernier kilomètre, son punch sera une arme redoutable.

Énorme contre-performance pour Ayuso sur ce c.l.m d’ouverture. Lui qui est d’habitude un excellent rouleur termine à plus d’une minute de Seixas. Il voit probablement toutes ses chances au classement général s’envoler dès le premier jour.
Il y avait des doutes quant à sa condition après sa chute sur Paris-Nice. Il semble que sa préparation ait été bien trop tronquée pour lui permettre de jouer les premiers rôles. L’équipe devra désormais se rabattre sur Skjelmose, mais le danois pointe lui aussi déjà assez loin au général. De plus, avec ce qu’il a montré en Catalogne il y a à peine une semaine, je suis assez sceptique quant à ses chances de victoire, voire même de podium.

Johannessen réalise un très bon début de saison. Neuvième du classement général de l’UAE Tour, il s’est montré parmi les cinq meilleurs grimpeurs sur les deux étapes décisives. Il a confirmé cette forme sur Tirreno-Adriatico, où il a pris la 4e place finale au classement général en se montrant toujours parmi les meilleurs lorsqu’ la route s’élevait.
Son vrai problème, et cela a encore été le cas hier, vient des contre-la-montre. Cela l’handicape très fortement pour jouer le classement général des courses par étapes auxquelles il participe. Malgré tout, s’il continue sur sa lancée, il pourrait très bien de nouveau être l’un des tout meilleurs demain en montagne.
Lui aussi possède un très bon punch et appréciera le profil de la montée vers l’arrivée. S’il venait à être dans le groupe qui se joue la gagne, il serait sans aucun doute l’un des favoris à la victoire.
Mes Choix
Si le contre-la-montre nous a déjà donné quelques clés de lecture, l’étape de demain sera le révélateur de l’état de forme des favoris pour ce Tour du Pays Basque. Paul Seixas a pris un ascendant non négligeable sur tous ses concurrents. Mais nul doute qu’il ne se mettra pas à courir sur la défensive pour autant.
Avec ce qu’il montre depuis le début de la saison, on peut aisément imaginer qu’il a encore passé un nouveau cap en montagne. La question est de savoir s’il sera en mesure de s’isoler pour arriver en solitaire.
Je pense qu’au moins Del Toro sera dans sa roue dans l’ascension de San Miguel. Les deux se joueraient alors la victoire au sprint, en côte. Même si le Français a de manière indéniable travaillé son punch, je placerai tout de même le Mexicain devant dans cet exercice. Enfin, Tobias Halland Johannessen viendrait régler un second groupe pour la troisième place.