

Premier des deux chronos que comptera ce Tour de France. 33 kilomètres majoritairement plats, avec quelques portions techniques dans Caen. Malgré tout, une grande partie du parcours se fera sur des routes permettant aux spécialistes d’exprimer toute leur puissance.
Le Parcours

Une partie des 200 mètres de dénivelé positif de ce contre-la-montre se concentrera dans les deux premiers kilomètres, alors que les coureurs contourneront le château dans le centre de Caen. Rien d’exceptionnel toutefois, la pente ne dépassera pas les 2 % de moyenne sur cette portion initiale.

Au sommet de cette courte côte, après 2 km de course, les coureurs tourneront à droite sur le boulevard Jean Moulin, avant de prendre immédiatement à gauche, à peine 50 mètres plus loin. Ils se retrouveront alors sur une double voie classique, qui formera une large courbe sur la gauche, avant un virage serré sur la droite au bout de 2.5 km de course.



Il n’y aura ensuite pas de difficulté particulière à signaler jusqu’au quatrième kilomètre, où les coureurs devront négocier un premier rond-point avec une sortie sur la droite, suivi d’un second rond-point placé 400 mètres plus loin. Ils poursuivront ensuite leur route tout droit jusqu’au kilomètre 5.7, où ils tourneront à gauche pour sortir de la ville.




Les coureurs entreront alors dans une portion de 6.8 km qui ravira les plus gros moteurs du peloton : une ligne quasiment droite et parfaitement plate. Une seule difficulté sera à négocier sur ce tronçon, un rond-point situé après 10.4 km de course. Une fois ce rond-point franchi, les coureurs poursuivront leur progression en direction de Colomby-sur-Thaon, au kilomètre 12.5, où ils devront aborder un nouveau rond-point, cette fois avec une sortie sur la gauche.



Les 10.3 km suivants seront très légèrement vallonnés, mais rien qui ne devrait poser de problème aux coureurs, même les plus lourds.
Après avoir quitté Colomby, les coureurs profiteront d’une ligne droite de 2.2 km, avant de devoir négocier un virage serré sur la gauche. Après une ligne droite d’un peu plus d’un kilomètre, la route recommencera à onduler à l’approche du village de Thaon. Il faudra surtout être vigilant lors de la traversée du village, dès son entrée, située au kilomètre 16.5. La route y sera en effet étroite, et plusieurs courbes devront être abordés à une allure réduite.



Une fois sortis du village, les coureurs aborderont une ligne droite de 1 300 mètres, au terme de laquelle ils devront négocier un virage à 90° sur la gauche, situé au kilomètre 18.6.
Rien à signaler par la suite jusqu’au kilomètre 21.5, avec l’entrée dans le village de Cairon. Les coureurs devront alors négocier une légère courbe sur la droite accompagnée d’un terre-plein central, suivie d’un virage à 90° sur la gauche au kilomètre 22.8.




Entre le kilomètre 22.8 et le kilomètre 28.4, aucune difficulté particulière ne sera à signaler. Les coureurs pourront y déployer toute leur puissance. Il faudra simplement négocier un rond-point au kilomètre 25.6. Puis, au kilomètre 28.4, un nouveau rond-point, avec une sortie sur la droite, ramènera les coureurs dans Caen pour le final de ce contre-la-montre.



Les 4.7 derniers kilomètres de ce contre-la-montre seront probablement les plus techniques des 33 km, en tout cas ceux comportant le plus de virages.
Cela commencera par un enchaînement de trois virages à angle droit, entre le kilomètre 29 et 29.1.



Les coureurs profiteront ensuite d’une ligne droite de 700 mètres avant de tourner à gauche au kilomètre 29.9, puis immédiatement à droite, à peine 100 mètres plus loin.


À partir de ce point, les 3.1 km restants se dérouleront en léger faux-plat descendant.
Après le virage à droite au kilomètre 29.9, les coureurs aborderont une ligne droite de 1 300 mètres, interrompue uniquement par un large rond-point situé au kilomètre 30.7. Les coureurs enchaîneront ensuite un virage serré sur la gauche au kilomètre 31.2, suivi, 200 mètres plus loin, d’un virage sur la droite à une intersection.



Au kilomètre 31.7, les coureurs prendront à droite pour emprunter une rue plus large, avant de négocier un nouveau virage à gauche au kilomètre 31.8.


Les deux larges ronds-points qui se présenteront un peu plus loin ne devraient pas leur poser de problème. Ils poursuivront leur route jusqu’à 500 mètres de l’arrivée, où ils devront négocier un rond-point sur la gauche, puis un dernier virage sur la droite à un peu moins de 400 mètres, pour déboucher sur la ligne droite finale.


Météo
Beau temps attendu demain, et des températures légèrement au-dessus des 20°.
Pour le chrono de demain, le vent soufflera en provenance du nord / nord-est tout l’après-midi. Ce qui fera une vraie différence, ce sera la force du vent : quasiment inexistant pour les premiers partants, il va se renforcer au fur et à mesure que les coureurs s’élanceront, pour finalement atteindre près de 15 km/h de moyenne pour les derniers. Une différence qui avantagera les premiers selon moi.
Concernant la direction du vent, il sera de face à trois quarts face sur la portion aller, puis plus favorable sur la portion retour. À noter tout de même qu’un léger changement de direction le rendra plutôt latéral sur le retour vers Caen pour ceux qui s’élanceront en deuxième partie de chrono.


Les Prétendants

Tout le monde s’accorde à dire qu’Evenepoel partira avec la pancarte d’archi-favori pour ce contre-la-montre. Le meilleur rouleur du monde devra en effet profiter de cette cinquième étape pour récupérer un maximum du temps perdu lors des bordures de la première étape.
Un doute plane malgré tout sur sa forme, après la chute survenue lors de la troisième étape. Cela ne semblait pas l’avoir trop inquiété sur le moment, mais 48 heures après une chute, les douleurs peuvent facilement ressurgir, surtout sur un vélo de contre-la-montre, lors d’un effort de plus de 30 kilomètres.
S’il n’est pas gêné, difficile d’imaginer qu’il ne s’impose pas à Caen. Très puissant, c’est surtout son aérodynamisme qui devrait lui permettre de faire la différence sur la première moitié du parcours. Avec un vent qui va forcir et rester défavorable jusqu’au demi-tour, sa position très profilée pourrait lui permettre de creuser des écarts significatifs sur ses principaux rivaux.
Schachmann sera-t-il encore en mesure de surprendre ? Sur les trois contre-la-montre qu’il a disputés cette année, il compte deux victoires : le titre de champion d’Allemagne du contre-la-montre et une victoire sur le Tour du Pays basque. Il a également pris la cinquième place sur le chrono de l’Algarve.
Il semble s’être retrouvé dans cet exercice, même s’il n’avait jamais vraiment disparu, sortant rarement du top 10 l’an dernier. Il s’élancera parmi les premiers et devrait donc bénéficier des meilleures conditions météorologiques. Cela suffira-t-il pour accrocher le podium ?

Pogacar était totalement à côté de son sujet sur le contre-la-montre du Dauphiné. Cela en était même inquiétant, tant il a semblé perdre du temps sur Evenepoel, mais aussi sur Vingegaard. D’après les explications de son staff, il s’agirait d’une erreur dans le plan établi avant le chrono, qui aurait conduit à cette contre-performance.
À l’image de Vingegaard, la version « Tour de France » de Pogacar en contre-la-montre n’a rien à voir avec celle qu’il affiche sur d’autres courses. Pogacar a remporté 3 des 8 contre-la-montre auxquels il a pris part sur le Tour et n’est sorti du podium qu’une seule fois sur ces 8 chronos.
Il a donc les qualités requises pour s’imposer, même s’il s’élancera dans des conditions météorologiques moins favorables que les premiers partants. Cela dit, par rapport aux autres favoris du classement général, les conditions seront similaires.
Almeida devrait lui aussi disputer ce chrono à fond. Le Portugais réalise une saison exceptionnelle, ayant enchaîné les victoires au général de l’Itzulia, du Tour de Romandie et du Tour de Suisse. Excellent rouleur, il devrait être en mesure de jouer le top 10, voire le top 5. J’ai un peu de mal à l’imaginer accrocher le podium malgré tout.

Dans sa version Tour de France, Jonas Vingegaard contre la montre est un sacré animal. En effet, sur les quatre éditions auxquelles il a pris part, il n’est sorti qu’une seule fois du top 5, récoltant au passage cinq podiums pour une victoire. Il semble en excellente forme, et son chrono du Dauphiné était rassurant. Il s’élancera parmi les derniers et ne bénéficiera donc pas des meilleures conditions climatiques, mais son niveau contre la montre devrait lui permettre, quoi qu’il arrive, d’entrer dans le top 5, voire dans le top 3.
Visma pourra aussi compter sur Van Aert. Reste malgré tout à savoir quelle version de Van Aert se présentera au départ. En effet, depuis quelque temps, il n’est plus aussi incisif contre la montre. Il semblerait qu’il ait quelque peu délaissé cet exercice. Malgré sa belle deuxième place en début de saison sur le Tour de l’Algarve, derrière son coéquipier Vingegaard, j’ai du mal à l’imaginer jouer le top 3. Et surtout, je ne sais pas s’il disputera ce contre-la-montre à fond.
Troisième carte côté Visma, et non des moindres : Affini. L’Italien sort d’un Giro plutôt réussi en tant qu’équipier, même s’il aurait certainement aimé viser un peu plus haut que ses deux top 5 sur les contre-la-montre. Actuel champion d’Europe et médaillé de bronze aux championnats du monde 2024 dans la discipline, il aura à cœur de faire au moins aussi bien sur le chrono de Caen. Un contre-la-montre sans réelle difficulté, taillé pour les gros moteurs, qui devrait parfaitement convenir au type de coureur qu’il est. Affini aura la chance de s’élancer parmi les premiers, étant classé assez loin au général. Il bénéficiera donc d’un vent très faible, ce qui pourrait lui offrir un avantage non négligeable sur les derniers partants, qui sont aussi les principaux favoris à la victoire et aux places d’honneur.

Très discret depuis le début du Tour de France, Roglic va avoir l’occasion de nous montrer ses talents dès demain. Il semble plus calme, très peu peu préoccupé par le temps perdu lors de la première étape, signe qu’il ne vise peut-être déjà plus la victoire finale au général, ou qu’il aborde les choses avec beaucoup plus de sérénité qu’auparavant.
Sur le Giro, il est passé tout près de remporter le premier chrono face à Tarling. C’est un exercice dans lequel il excelle lorsqu’il est en forme, même si j’ai du mal à l’imaginer s’imposer demain, il devrait quoi qu’il en soit être l’un des leaders à signer l’un des meilleurs temps à Caen.
Il ne faudra pas l’enterrer trop vite. Il faut bien sûr se souvenir de la troisième place qu’il a prise l’année dernière sur le contre-la-montre de Nuits-Saint-Georges.
Mes Choix
Difficile, voire impossible, de ne pas placer Evenepoel comme vainqueur de ce chrono. La vraie question est plutôt de savoir s’il parviendra à reprendre les 58 secondes de retard qu’il a sur Pogacar.
Cela dépendra surtout du Slovène, à vrai dire. J’ai du mal à croire qu’il passera autant à côté que sur le Dauphiné. J’imagine le Belge capable de lui reprendre environ une seconde au kilomètre, mais pas beaucoup plus, ce qui ne suffira pas.
Vingegaard pour compléter le podium, proche du temps de Pogacar. Roglič et Affini pour compléter le top 5. Pas de surprises, de mon côté, dans les toutes premières places.
