

Après les sprinteurs, les puncheurs auront l’occasion de s’exprimer sur cette deuxième étape. La route ne montera jamais très haut ni très longtemps, mais les coureurs ne connaîtront quasiment aucun moment de répit sur ces près de 210 kilomètres. Les plus de 2 500 mètres de dénivelé positif épuiseront les organismes, et les 10 derniers kilomètres offriront du spectacle avec deux ascensions répertoriées, en amont d’une arrivée au sommet d’une côte.
Le Parcours
Cette deuxième étape sera vallonnée sur l’ensemble de ses 210 km. Toutefois, une seule côte sera répertoriée au classement du meilleur grimpeur dans la première moitié de l’étape.

S’il n’y aura quasiment pas un mètre de plat par la suite, ce sont les 30 derniers kilomètres qui seront les plus décisifs.
Ce sera en effet sur cette portion que seront situées les trois dernières côtes répertoriées, qui seront également les plus difficiles. Il y aura tout d’abord la côte du Haut-Pichot, longue de 1.1 km à 9.4 % de moyenne, située à une trentaine de kilomètres de l’arrivée. Peut-être un peu trop éloignée pour espérer y voir des attaques, surtout au vu de ce qui se profile par la suite.

Les Derniers Kilomètres
L’approche de la côte de Saint-Étienne devrait être assez tendue, car deux virages en épingle devront être négociés. Il est presque certain que tout le monde voudra être bien placé à ce moment-là, la côte étant certes courte, mais particulièrement difficile.
Les dix derniers kilomètres promettent d’être explosifs, avec tout d’abord la côte de Saint-Étienne-aux-Monts, immédiatement suivie, après sa descente, par la côte d’Outreau.


Il restera alors un peu plus de 5 kilomètres à parcourir à ce moment-là, dont une bonne partie sera plate, à l’exception des 1 200 derniers mètres jusqu’à la ligne, qui remonteront légèrement. En effet, le dernier kilomètre affichera une pente moyenne de près de 5 %.

Météo
Les températures vont baisser pour cette deuxième étape, passant sous la barre des 20 °C. De plus, la pluie est attendue dans l’après-midi sur le parcours, même si son intensité devrait diminuer à mesure que les coureurs se rapprochent de Boulogne-sur-Mer.
Si les températures baissent, la force du vent, elle, devrait augmenter par rapport à la première étape. Un vent moyen de plus de 25 km/h est attendu, en provenance de l’ouest. Cela donnera un vent majoritairement de face sur les 100 premiers kilomètres. Lorsqu’ils entameront leur remontée le long de la mer vers Boulogne, le vent soufflera de côté.
Le Scenario
En ce qui concerne le scénario de course, cette étape devrait être assez un peu différente de la première. Il y aura quelques possibilités de créer des cassures à cause du vent, et la pluie viendra accentuer la tension au sein du peloton.
La majorité des sprinters présents sont aujourd’hui capables d’encaisser les plus de 2 000 mètres de dénivelé positif. Le véritable enjeu réside plutôt dans le tracé des cinquante derniers kilomètres. Les côtes vont s’enchaîner, et les plus raides d’entre elles seront situées dans les dix derniers kilomètres.
Ce final en dents de scie ne permettra probablement pas de rentrer sur des coureurs qui auront réussi à creuser un écart au sommet des côtes de Saint-Étienne et d’Outreau. Les quelques kilomètres de plat précédant le passage sous la flamme rouge ne devraient pas suffire à provoquer un regroupement, sauf en cas de mésentente à l’avant.
Il faudra également garder des forces pour le final dans les rues de Boulogne. Les 900 derniers mètres afficheront en effet une pente moyenne d’environ 5 %. Rien d’insurmontable, mais attention à ne pas lancer son sprint trop tôt.
Les Prétendants

Il l’a encore montré sur la première étape : Pogacar n’a pas besoin de grand monde pour se placer au moment critique d’une étape, que ce soit pour éviter d’être pris dans une cassure ou pour aborder les côtes dans les meilleures positions possibles.
Lorsqu’on regarde le final de demain, il est presque certain que des attaques auront lieu. Pogacar, probablement le meilleur puncheur du peloton, devrait être aux avant-postes, voire même l’instigateur de ces mouvements. Il faudra voir qui parviendra à le suivre ou qui composera le groupe de tête dans lequel il figurera. Dans ce final en bosse, il sera l’un des favoris… mais peut-être pas le grand favori.

Dans la veine de ce qu’il a montré sur le Dauphiné, Vingegaard s’est montré bien plus entreprenant dans le peloton aujourd’hui. Il y a de fortes chances que ce soit de nouveau le cas demain, surtout avec du vent et de la pluie annoncés. Visma fera tout pour le garder placé dans les premières positions.
Il n’aura aucun mal à suivre Pogacar si celui-ci attaque, ni aucun autre puncheur d’ailleurs : il s’est beaucoup amélioré sur ce type d’effort. Le problème pourrait venir du sprint en côte dans le final. Même si, sur le Dauphiné, on a vu de belles choses de sa part lorsqu’il a pris la deuxième place derrière Pogacar, cela restait un sprint sur le plat. Il faudra voir qui composera le groupe de tête, mais j’ai du mal à l’imaginer s’imposer si la victoire se joue au sprint dans un petit groupe.
Est-ce que Van Aert parviendra à suivre tout ce joli monde lorsque la course explosera ? Aucune chance avec sa version du début du Giro, mais peut-être nous montrera-t-il un autre visage demain. C’est une étape et surtout un final qui vont parfaitement lui convenir.

Malgré l’équipe qui l’entoure, c’est un échec collectif pour Red Bull et Roglic hier. Il concède 40 secondes aux principaux favoris au podium, alors que ses équipiers auraient dû être largement en mesure de le maintenir bien placé dans le peloton.
Demain, la journée pourrait être encore plus difficile, avec la pluie qui s’ajoutera au vent, et les côtes dans le final. Malgré tout, s’il parvient à accrocher le premier groupe, ce sprint en côte sera du pain bénit pour le Slovène, qui, il y a encore peu, aurait été l’immense favori sur ce type d’arrivée.

À l’image de Roglic et Red Bull, échec collectif pour Soudal et Evenepoel hier, qui perd lui aussi 40 secondes. Rien de catastrophique dans la lutte pour la 3ᵉ place du podium, car aucun de ses concurrents directs n’a terminé dans le premier groupe. Demain, il devra de nouveau faire très attention à son positionnement, un problème récurrent pour le jeune Belge cette année, souvent pris à revers dans les moments clés. Attention, car personne ne voudra rouler avec lui s’il se retrouve coincé derrière, et il pourrait une nouvelle fois perdre du temps.

Et si Alpecin allait chercher le 2 sur 2 sur ce Tour de France ? Après Philipsen et le premier maillot jaune, le final de demain semble convenir à la perfection à Van der Poel. Le Néerlandais devrait pouvoir jouer sa carte librement. Son positionnement n’est pas un problème : il sait se débrouiller seul et reste l’un des meilleurs puncheurs du circuit. Sur ce genre d’arrivée, il y aura match avec Pogacar, mais l’ayant déjà battu au sprint, il aura confiance en ses chances de réitérer l’exploit et d’aller chercher le maillot jaune.
Mes Choix
Mon scénario privilégié est celui d’un sprint en petit comité, mêlant puncheurs et hommes visant le général. Un groupe réduit de quelques cadors qui s’entendront pour aller se jouer la victoire. Sur ce final, je pense que Van der Poel justifiera son statut de favori en s’imposant devant Pogacar.

