
Une étape très courte et nerveuse en perspective. Si le premier tiers ne présentera pas de difficulté majeure, l’enchaînement d’ascensions en milieu de parcours commencera à user les organismes. Mais ce sont bien les 35 derniers kilomètres qui seront décisifs, avec un enchaînement redoutable : le Bannberg (4.8 km à 9.1 %) suivi du Stronach (3.1 km à 12.6 %).
Le Parcours
La course débutera véritablement après le 35e kilomètre, avec une première ascension du Bannberg, qui marquera le début des difficultés du jour.

Au sommet, les coureurs prendront la direction de l’ouest pour entamer une descente de 5 kilomètres. À son pied, le peloton devra immédiatement faire face à une seconde difficulté, cette fois non répertoriée.

Après le sommet, le terrain restera très vallonné sur une quinzaine de kilomètres, avec une alternance de côtes raides mais courtes et de descentes rapides jusqu’au kilomètre 64.
Un faux-plat descendant de 11 kilomètres ramènera ensuite les coureurs au pied du Bannberg, au kilomètre 75. La course basculera alors dans sa partie finale.
Cette fois, la descente se fera par l’autre versant, menant les coureurs vers Lienz. Ils aborderont alors une nouvelle portion de plaine d’une dizaine de kilomètres, qui les conduira au pied de la dernière difficulté du jour.

Suivra ensuite une descente d’un peu plus de 5 kilomètres, relativement roulante et pas particulièrement technique. Les 4 derniers kilomètres jusqu’à la ligne d’arrivée seront entièrement plats.
Météo
Le froid et la pluie seront de nouveau au rendez-vous demain, au moins jusqu’en fin de matinée. Pour le reste de l’étape, les prévisions annoncent pour le moment 50 % de chance de pluie.
Le vent, modéré autour des 10 km/h, soufflera du Nord. On aura donc un vent de côté sur une bonne partie de l’étape, avant qu’il ne devienne plutôt défavorable dans les deux dernières ascensions de la journée.
Le Scenario
Avec ce qu’on a observé tout au long de la semaine, et en particulier sur la 4e étape, on peut s’attendre à une ultime journée particulièrement animée ! Le tracé est court, mais les difficultés s’enchaînent au milieu puis en fin d’étape, ce qui devrait pousser certains à vouloir renverser la hiérarchie établie. Le contrôle de la course risque, une fois de plus, d’être compliqué à assurer.
Les Prétendants

Quel coup de force d’Arensman sur cette 4e étape ! Une attaque de loin, un solo de 80 kilomètres impressionnant, et à l’arrivée, la victoire d’étape assortie du maillot de leader. Mais ce genre d’effort laisse forcément des traces, surtout avec une dernière étape aussi explosive. Ses 11 secondes d’avance sur Storer pourraient fondre rapidement s’il n’a pas totalement récupéré.

Si Arensman a sorti un énorme numéro, Storer n’a pas été en reste sur cette 4e étape. Il reprend, à lui seul, plus de 2’30 à Arensman dans les 35 derniers kilomètres. Une performance qui confirme ce qu’on pressentait depuis la deuxième étape : il est très certainement le plus fort sur ce Tour des Alpes. Malgré tout, il devra impérativement distancer Arensman pour espérer renverser le général. Une simple victoire d’étape, même avec les bonifications, ne suffira pas.

Du mieux pour Gee aujourd’hui, après des débuts de semaine plutôt poussifs. Solide dans l’étape, il est tout de même apparu à la limite dans les derniers kilomètres, après être revenu à une vingtaine de secondes d’Arensman. Désormais 3e du général avec une minute d’avance sur Ciccone, on peut s’attendre à ce qu’il défende sa place plutôt qu’il ne passe à l’offensive. Reste à voir s’il ne paiera pas l’effort fourni aujourd’hui, mais il semble aller en s’améliorant.

Papy fait de la résistance. Caruso montre lui aussi un regain de forme en cette fin de semaine. C’est typiquement le genre de coureur que je m’attends à voir tenter sa chance demain. Relativement loin des deux premiers au général, il ne sera pas immédiatement pris en chasse s’il décide de bouger. On l’a vu, ces conditions météo difficile lui conviennent parfaitement. S’il pleut de nouveau, il fera partie des plus à l’aise dans les descentes. Son aisance technique pourrait même lui permettre de faire des écarts si la course se tend dans ces portions.

Sans grande surprise, Gall se retrouve leader unique de l’équipe à la veille de la dernière étape. Il a montré un bon niveau hier, mais reste tout de même en retrait par rapport à Storer. Il semble difficile de l’imaginer inverser la tendance demain face au Suisse. Cependant, à l’instar de Caruso, il est plus éloigné au général et pourrait bénéficier d’un peu plus de liberté pour tenter quelque chose. Il semble aller de mieux en mieux au fur et à mesure que la course avance, et joue à domicile.

Ciccone est au niveau de Gall et Caruso en cette fin de semaine, bien loin derrière Storer. À une minute du podium, il devra absolument attaquer demain s’il en a les jambes. Comme pour les deux hommes mentionnés plus tôt, il semble peu probable qu’il puisse combler son retard à la pédale, à moins d’un coup de moins bien de Gee après sa performance d’hier.
Mes Choix
Deux victoires en solitaire de 80 kilomètres lors des deux dernières étapes, cela en dit long. D’abord, il faut évidemment avoir les jambes. Ensuite, on peut conclure qu’aucune équipe n’est en mesure de contrôler lorsque qu’un coureur dangereux s’échappe. C’est pourquoi, comme je l’ai déjà mentionné hier, je pense que la meilleure défense reste l’attaque.
Storer est clairement au-dessus de la concurrence et doit en profiter s’il veut remporter ce Tour des Alpes. Derrière, la chasse sera difficile et peut-être désorganisée, car tout le monde sera isolé et déjà trop loin de lui au général, sauf Arensman. En ce qui concerne le Néerlandais, j’ai des doutes sur sa capacité à être dans le coup lors de cette dernière étape, et je m’attends à un retour de bâton après son numéro.
Victoire en solitaire de Storer, qui décroche également la victoire au classement général. Gall et Gee pour le podium.

