Liège – Bastogne – Liège 2025 Preview

Liège - Bastogne - Liège 2025 Preview

Présentation de la Course

111e édition de La Doyenne, quatrième Monument de la saison 2025. Une classique longue de 252 km, rendue encore plus éprouvante par l’enchaînement de côtes dans le final, dont les emblématiques Côte de La Redoute et Côte de La Roche-aux-Faucons.

Comme ces dernières années, le départ sera donné à Liège, cap plein sud vers Bastogne, avant de faire demi-tour pour remonter vers Liège, où l’arrivée sera jugée. Un parcours désormais bien connu, même s’il n’a pas toujours été ainsi : de 1992 à 2018, l’arrivée se faisait à Ans, en haut d’une côte. Depuis 2019, les organisateurs ont choisi de recentrer l’arrivée au cœur de Liège : d’abord sur le Boulevard d’Avroy, puis sur le Quai des Ardennes depuis 2020.

Quelques ajustements sont à noter cette année par rapport à l’édition 2024. Les principales modifications concerneront la portion entre le kilomètre 55 et 148, sur la route vers Bastogne et au début de la remontée vers Liège. À noter notamment que la Côte de Saint-Roch sera placée sur la phase aller, et non au retour comme c’était le cas précédemment. Des ajustements qui ne devraient toutefois pas bouleverser la physionomie globale de la course. Le final, lui, reste inchangé, avec les 105 derniers kilomètres calqués sur ceux de l’an passé.


Le Parcours

Comme souvent, une échappée devrait se former dans les premiers kilomètres. Ils seront maintenus à distance respectable, avant que le peloton n’accélère et ne les reprenne en approche du dernier tiers de course. À noter un léger changement d’itinéraire en direction de Bastogne cette année, avec notamment une modification concernant la première difficulté du jour.

La première partie de course jusqu’à Bastogne ne comporte qu’une seule côte répertoriée. Il faudra attendre la remontée vers le nord pour apercevoir la seconde. Ensuite, tout s’accélère : les neuf dernières difficultés sont concentrées dans les 90 derniers kilomètres. Rien d’étonnant donc à ce que la course reste calme jusque-là. Mais l’accumulation des côtes et la longueur finiront par user les organismes, jusqu’aux 47 derniers kilomètres, moment où tout devrait réellement s’embraser, avec comme déclencheur la Côte de Desnié, introduite pour la première fois en 2021.

Le sommet est placé à moins de 47 kilomètres de la ligne. Quelques encablures plus loin, une fois la descente avalée, les coureurs feront face à l’incontournable Côte de La Redoute.

Un sommet situé à 34 kilomètres de l’arrivée. Comme lors des deux dernières éditions, les coureurs ne grimperont pas l’intégralité de la côte : ils bifurqueront sur la droite après les forts pourcentages, au bout de 1.6 km d’ascension, pour plonger vers Hotchamps. Une descente qui mènera directement à une côte non répertoriée de 2.6 km à 3.4 % de moyenne, jusqu’à Cornemont.

Retirée du tracé en 2022 puis réintroduite en 2023, la Côte des Forges est une nouvelle fois au programme cette année. Elle se dressera quelques kilomètres après la descente reliant Cornemont aux Forges.

Les coureurs aborderont ensuite une section majoritairement descendante sur un peu moins de 10 kilomètres, qui les mènera au pied de ce qui, pendant longtemps, a servi de juge de paix sur cette épreuve : la Roche-aux-Faucons.

Tout d’abord, les premiers 1 300 mètres présentent une pente moyenne de 10.4 %. C’est souvent là que la première vraie sélection s’opère parmi les favoris, à moins que le grand favori ne soit déjà seul en tête. Au sommet, une courte descente d’environ 500 mètres précède un kilomètre de plat, avant que ne débute la seconde partie de la côte : près de 2 kilomètres à 5.5 % de moyenne. Moins exigeante, certes, mais si un coureur a déjà puisé dans ses réserves pour rester dans le bon groupe ou recoller dans la portion roulante, une nouvelle accélération ici peut s’avérer rédhibitoire, comme on a pu le constater sur certaines éditions récentes.


Les Derniers Kilomètres

Dix kilomètres en faux-plat descendant attendent ensuite les coureurs, avant qu’ils n’entament la courte mais rapide descente vers Liège. Il restera alors deux derniers kilomètres plats à parcourir, avec un ultime virage placé à 800 mètres de la ligne d’arrivée, là où sera sacré le nouveau vainqueur de La Doyenne.


Météo

Des conditions météo idéales sont attendues pour cette édition, avec des températures agréables et un temps ensoleillé.

Concernant le vent, il soufflera du nord à nord-est sur les 40 derniers kilomètres. Cela impliquera un vent principalement défavorable dans l’ensemble du final. Néanmoins, son intensité restera modérée, ne dépassant pas les 10 km/h.


Le Scenario

Depuis 2022, la domination de Pogacar et Evenepoel a véritablement déplacé le point clef de Liège-Bastogne-Liège. Là où la Roche-aux-Faucons jouait autrefois le rôle de juge de paix, c’est désormais La Redoute qui cristallise toutes les attentions. Lors des trois dernières éditions, leurs accélérations à cet endroit ont systématiquement fait exploser le peloton, sans qu’aucun adversaire ne puisse s’accrocher.

Cette année encore, tout laisse à penser que c’est là que les choses sérieuses commenceront. Pogacar semble le plus à même d’allumer la mèche. Reste à voir si Evenepoel choisira de réagir immédiatement ou s’il optera pour un scénario comme sur l’Amstel. Avec un sommet situé à moins de 35 km de l’arrivée, il faudra peser le pour et le contre : laisser partir le Slovène, c’est potentiellement lui offrir la victoire. Encore faut-il avoir les moyens de suivre.


Les Prétendants

Les doutes autour de la condition de Pogacar n’auront pas duré bien longtemps. Pris à son propre jeu sur l’Amstel, il a surtout été piégé par l’attaque boomerang d’Alaphilippe qui l’a finalement contraint à un long solo. La réalité, c’est qu’il n’avait tout simplement pas les jambes pour un solo de 45 kilomètres vent de face, pas ce jour-là en tout cas. Sur La Flèche, il a vite remis les pendules à l’heure.

À Liège, le scénario sera tout autre. Le sommet de La Redoute se trouve à 34 kilomètres de l’arrivée, une distance plus “gérable”. Il attaquera ici, c’est presque une certitude : il sait qu’il est plus explosif que n’importe lequel de ses rivaux. Et s’il devait être accompagné, il y a fort à parier que ses attaques jusqu’à la Roche aux Faucons suffisent à faire craquer tout le monde.

Evenepoel arrive à Liège en tant que principal challenger de Pogacar, et probablement le seul à pouvoir espérer l’accompagner dans La Redoute. Encore faut-il qu’il en ait réellement les moyens. L’écart d’explosivité entre les deux est notable, et il est loin d’être certain que le Belge puisse s’accrocher au moment où le Slovène placera son démarrage.

Sur l’Amstel, il avait réussi à recoller en partie grâce à Skjelmose et à l’immense travail de Van Wilder un peu plus tôt. Un scénario rendu possible par un final encore assez loin au moment de l’attaque de Pogacar et le slovène un peu moins tranchant. Mais partir seul derrière sans point d’appui comme a pu l’être le danois sur l’Amstel, c’est une autre histoire. Et à Liège, la chance de retomber sur quelqu’un comme ce fut le cas la semaine dernière me semble bien moins probable de par la relative proximité de l’arrivée au sommet de La Redoute. S’il veut jouer la gagne, Evenepoel n’aura probablement pas le luxe de temporiser : il devra tenter de suivre Pogacar dès la Redoute.

Nouvelle alerte pour Skjelmose avec cette chute sur la Flèche, heureusement sans conséquence grave. Pas de fracture, mais il faudra voir s’il traîne quelques douleurs dimanche, ce qui pourrait clairement peser dans une course aussi exigeante. L’année dernière, il avait tenté le pari fou de suivre Pogacar dans La Redoute, et en avait payé le prix fort : 28e à près de 4 minutes. Il ne refera sans doute pas la même erreur.

Sur l’Amstel, il a montré de belles jambes, mais surtout une très bonne gestion de course. Il n’était pas le plus fort, mais a su parfaitement se placer et jouer sa chance au sprint. Cela dit, ce scenario spécifique me semble bien moins probable ici.

S’il se mêle à la lutte pour le podium, ce sera très probablement pour la troisième marche. Dans un final qui se jouerait un cran derrière les deux intouchables, il a clairement un rôle à jouer. Il peut sortir en contre, comme Bardet l’avait fait en 2024, ou bien miser sur son finish dans un sprint pour une place d’honneur.

Assez décevant sur la Flèche Brabançonne et l’Amstel, Pidcock a parfaitement répondu présent sur la Flèche Wallonne, dans une course rendue exigeante par les conditions et le rythme. En 2023, il avait pris une belle deuxième place à Liège, parvenant un temps à accrocher la roue d’Evenepoel, avant de céder.

Aujourd’hui encore, il semble un cran, voire deux, en dessous de Pogacar et Evenepoel. L’imaginer jouer à la pédale avec ces deux-là paraît utopique. Cela dit, la bataille pour la troisième place est bien plus ouverte, et Pidcock y figure naturellement parmi les favoris.

Healy a réalisé une très belle ascension du Mur de Huy pour venir décrocher la 5e place. Il aurait peut-être même pu espérer mieux en ne se plaçant pas si tôt à l’avant du peloton. Sur Liège, il représente exactement le profil de coureur capable de ramener un résultat dans un scénario à la Bardet : un bon coup d’anticipation, une bonne gestion de son effort et un petit groupe mal organisé derrière.

C’est probablement sa seule véritable carte à jouer. Son sprint ne lui permet pas de rivaliser avec les autres prétendants dans une arrivée groupée, il devra donc miser sur une attaque au bon timing.

Ses qualités ne font aucun doute : grimpeur solide, rouleur plus qu’honnête, capable de s’exprimer sur des courses longues et usantes. Mais encore faut-il qu’il parvienne à lire la course avec justesse. Trop souvent, il se découvre trop tôt ou manque la bonne ouverture. Ce dimanche, s’il parvient à rester patient et à choisir le bon moment, il peut aller chercher ce podium.


Mes Choix

Un peu à l’image de ce qu’on a vu sur l’Amstel, on a le sentiment qu’il ne tient qu’à Pogacar de perdre cette course. Hors incident de course, la logique veut qu’il partage le podium avec Evenepoel.

Je doute que le Belge puisse résister très longtemps si Pogacar décide de multiplier les accélérations. Même s’il parvient à s’accrocher dans un premier temps après La Redoute, l’enchaînement jusqu’à la Roche-aux-Faucons risque d’avoir raison de lui.

Derrière, comme souvent lorsque le ou les deux plus forts s’extraient seuls, la course pourrait devenir très déstructurée. Des petits groupes qui se forment et se regardent, des attaques opportunistes… C’est souvent dans ce genre de configuration qu’on voit des podiums surprises, ou en tout cas des troisièmes places inattendues. A ce jeu, je penche pour une attaque réussie de Healy qui viendrait compléter le podium.


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