Le Tour des Flandres 2025 Preview

Le Tour des Flandres 2025 Preview

Présentation de la Course

Ce dimanche 6 avril aura lieu la 109ᵉ édition du Tour des Flandres, deuxième Monument de la saison cycliste. Après un départ à Anvers l’an dernier, la course s’élancera à nouveau de Bruges cette année. Les coureurs devront parcourir 268.9 kilomètres jusqu’à Audenarde, affrontant 16 monts et 7 secteurs pavés qui mettront leurs capacités à rude épreuve !

Créé en 1913, le Tour des Flandres n’a été interrompu qu’une seule fois, durant la Première Guerre mondiale. Depuis 1919, il se déroule chaque année sans interruption.

Avec le changement de ville de départ, le tracé des deux premiers tiers du parcours sera modifié. Cependant, les 95 derniers kilomètres, les plus décisifs, resteront identiques à ceux de l’an passé.


Le Parcours

Le Tour des Flandres 2025 Preview
Circuit Monts et Secteurs pavés

Les 126 premiers kilomètres de la course sont relativement roulants, hormis le premier secteur pavé répertorié sur le tracé. Les véritables difficultés débuteront avec l’entrée sur le circuit, où les coureurs devront affronter les 16 monts et les 6 secteurs pavés restants.

Le premier passage dans le Vieux Quaremont marque le véritable début de la course. Sur des routes souvent étroites, les monts et les secteurs pavés rendent le parcours particulièrement exigeant, rendant le placement crucial. La lutte pour rester aux avant-postes et éviter les cassures décisives va alors s’intensifier.

Avec le Berg Ten Houte et le franchissement des 200 km, la course entrera dans sa dernière phase décisive. Le deuxième passage du Vieux Quaremont sera à nouveau un point central de l’épreuve. En 2022 et 2023, c’est à ce moment que Pogacar a choisi d’accélérer pour la première fois de manière significative.

À 55 kilomètres de l’arrivée, le peloton (ou ce qu’il en restera) commencera à s’étirer considérablement sur les 2 km de montée, avec une pente moyenne d’un peu plus de 4%. L’élastique pourrait se rompre sous l’effet des attaques des leaders ou du rythme infernal imposé par leurs équipiers. La pente atteint 11,6% au point le plus raide de l’ascension. Il ne serait pas surprenant de voir plusieurs groupes de coureurs dispersés au sommet du mont. La bataille pour une bonne position à l’approche de cette seconde montée sera cruciale.

Une succession de 8 monts et de secteurs pavés s’étalant sur 30 kilomètres, débutant par l’enchaînement KoppenbergSteenbeekdries Taaienberg Kruisberg, situé quelques kilomètres après la double ascension du Vieux QuaremontPaterberg. Ces kilomètres seront déterminants pour l’issue de la course, comme cela a été régulièrement observé par le passé.

À 10 kilomètres du sommet du Kruisberg, les coureurs entameront pour la dernière fois l’enchaînement Vieux Quaremont – Paterberg, une séquence qui, au cours des 7 dernières éditions, a été le théâtre du mouvement décisif à 4 reprises.

Le Tour des Flandres 2023 Preview
Le Tour des Flandres 2023 Preview

Le Tour des Flandres 2023 Preview
Paterberg

Au sommet du Paterberg il restera 13.2 kilomètres à parcourir qui, mise à part la courte descente du Paterberg, seront plats jusqu’à l’arrivée à Oudenaarde.


Météo

Des températures fraîches le matin, qui monteront autour de 15° C l’après-midi. Pas de pluie attendue.

Le vent soufflera en provenance de l’Est, légèrement sous les 25 km/h. Un vent de côté dans le Vieux Quaremont et de face dans le Paterberg, ainsi que sur les 8 derniers kilomètres jusqu’à la ligne.


Le Scenario

L’an dernier, Van der Poel avait survolé la course, s’offrant un solo impressionnant de près de 45 kilomètres sans jamais trembler, parfaitement épaulé par son équipe en amont.

Cette année, la grande différence sera la présence de Pogacar, absent l’an passé. En 2022, les deux avaient rallié Oudenaarde ensemble avant de temporiser et de permettre le retour du Groupe 2 dans les derniers hectomètres. En 2023, Pogacar avait triomphé en solitaire, tandis que Van der Poel s’emparait de la deuxième place, également en solo.

L’actuel champion du monde et son prédécesseur sont indiscutablement les deux grands favoris pour la victoire dimanche. Avec leur force individuelle et la solidité de leurs équipes, il semble difficile d’imaginer qu’ils puissent être piégés ou battus à la pédale.

Niveau scenario, seuls deux possibilités me viennent en tête.

  • Un sprint à deux où Van der Poel aurait l’avantage, du moins sur le papier. Le Ronde est une course bien plus éprouvante que Milan-Sanremo, et Pogacar pourrait être bien plus compétitif dans le final qu’il ne l’a été en Italie il y a quelques semaines.
  • Un scénario similaire à 2023, avec une arrivée en solitaire de Pogacar, n’est pas à exclure.

Les Prétendants

Impressionnant en 2024, Van der Poel l’est tout autant en ce début de saison 2025. Déjà vainqueur de Milan-Sanremo après avoir résisté à toutes les offensives de Pogacar, il a récidivé sur l’E3 en s’offrant un solo dévastateur de près de 40 kilomètres. Le plus fort dans les Monts, mais aussi sur le plat, il a relégué Pedersen à plus d’une minute et Ganna à plus de deux.

Les monts pavés sont son terrain de jeu par excellence et, à l’exception de Pogacar, personne ne lui arrive à la cheville depuis trois ans. On peut s’attendre à ce qu’il adopte une stratégie similaire à celle de Milan-Sanremo : ne pas attaquer, mais suivre et survivre aux assauts de Pogacar. Le moment clé sera une fois de plus le Vieux Quaremont, où le Slovène l’avait fait plier il y a deux ans. Sur des efforts courts, Van der Poel devrait pouvoir répondre, mais la longueur de cette ascension joue davantage en faveur de Pogacar.

Un seul homme semble capable d’empêcher Van der Poel de décrocher une quatrième couronne sur le Ronde : Pogacar. Vainqueur en 2023, il avait déjà démontré en 2022, lors de sa première participation, qu’il avait les armes pour briller sur ce Monument.

À Milan-Sanremo, il a tout tenté, mais le parcours n’est pas assez sélectif pour réellement décrocher Van der Poel. Il s’en est tout de même approché dans le Poggio, où il a brièvement semblé capable de faire la différence.

Déterminé à prendre sa revanche, il a clairement annoncé que lui et son équipe feront tout pour rendre la course la plus dure possible, afin d’user les jambes de ses rivaux. Plus l’épreuve sera exigeante, plus ses chances grandiront — un scénario qui lui convient parfaitement. Après 270 km, même un sprint devient imprévisible.

Conscient de la puissance de Van der Poel, Pogacar part avec un léger désavantage psychologique après leur duel à Sanremo. Mais s’ils se retrouvent tous les deux à l’avant, c’est lui qui prendra l’initiative, multipliant les attaques. Son objectif sera clair : faire craquer Van der Poel dans le Vieux Quaremont, le mont où il aura, plus que nulle part ailleurs, la possibilité de le faire céder.

Si toute l’équipe sera tournée vers l’objectif commun de faire gagner leur leader, je garderai tout de même un œil sur Wellens pour une belle place à l’arrivée. Un peu à l’image des Strade Bianche, où le Belge avait pu « se reposer » dans les roues du second groupe avant d’attaquer pour aller chercher la 3e place. Quelque chose que pourrait aussi faire Narvaez, en fonction du rôle qui lui sera donné.

Pedersen affiche une excellente forme, mais cela risque de ne pas suffire. Rarement il a semblé aussi fort qu’en ce début de saison 2025, et pourtant, il paraît toujours un cran en dessous des deux grands favoris.

Sur Milan-Sanremo, il n’a pas pu suivre le trio Pogacar – Van der Poel – Panna, et sur l’E3, il a été nettement distancé par Van der Poel. Son récital sur Gand-Wevelgem était impressionnant, mais l’opposition y était moins relevée et le parcours plus favorable à ses qualités.

Au vu de ses performances, il semble être un sérieux candidat au podium, mais difficile d’imaginer mieux qu’une troisième place, sauf incident impliquant l’un des deux favoris.

Il ne s’élancera pas pour la troisième place, cependant, mais visera la victoire. Pour cela, il devra compter sur ses équipiers et tenter de reproduire ce qu’il a fait plus tôt cette semaine, à savoir attaquer de loin. Il avait déjà tenté cela en 2023, ce qui lui avait permis d’aller chercher un podium.

Van Aert semble loin de son meilleur niveau en ce début de saison. Ce n’est pas une critique, juste un constat. Les raisons peuvent être multiples, et même légitimes, mais à la pédale, il paraît aujourd’hui incapable de rivaliser avec les deux favoris. S’il veut exister dans ce Ronde, il devra anticiper, comme bien d’autres.

Chez Visma, l’effectif est solide, mais faire de Van Aert un leader unique serait probablement une erreur. Depuis l’an dernier, Jorgenson a clairement pris de l’ampleur dans l’équipe. En 2024, il avait tenté de suivre l’accélération de Van der Poel dans le Koppenberg, ce qui lui avait coûté cher — il avait terminé hors du top 30, à plus de trois minutes.

Force est de constater que Visma ne dispose pas d’un coureur capable de suivre Pogacar et Van der Poel à la pédale. Il leur faudra donc être forts, opportunistes, et surtout créatifs. L’anticipation, les mouvements collectifs et une pointe de prise de risque seront les seules cartes à jouer. Reste à voir si ces scénarii seront permis par les deux monstres de devant.

Initialement absent du programme, Ganna sera finalement aligné sur le Ronde, décision prise après sa prestation convaincante sur l’E3. Une course qui a permis de tirer plusieurs enseignements : tout d’abord, Ganna est en grande forme, probablement la meilleure de sa carrière sur route. Ensuite, s’il a prouvé qu’il pouvait tenir son rang sur les monts pavés, il reste un ton en dessous des cadors que sont Pogacar, Van der Poel, et même Pedersen.

Comme pour les coureurs de Visma ou Pedersen, sa seule option sera d’anticiper les mouvements des favoris et espérer prendre le bon coup. Un top 10 est clairement dans ses cordes au vu de sa forme actuelle, mais le podium me semble hors de portée, à moins d’un scénario assez improbable.

J’espère simplement que l’effort intense du Ronde ne pèsera pas sur ses jambes une semaine plus tard à Paris-Roubaix, son véritable objectif.

En progression constante ces dernières années, je ne pense pas que Sheffield sera sacrifié pour Ganna. L’Américain réalise un très bon début de saison et pourra s’appuyer sur sa très belle performance ici même l’an passé. Je le crois en mesure de faire au moins aussi bien ce dimanche.

Une petite mention pour Powless. L’Américain semble un peu sur courant alternatif depuis le début de la saison. Sa victoire sur À Travers la Flandre témoigne toutefois de sa bonne forme actuelle, qu’il devrait être en mesure de maintenir jusqu’au Ronde. Il faisait partie de ce fameux groupe qui avait anticipé en 2023, ce qui lui avait permis de décrocher une belle 5e place cette année-là. En misant sur une stratégie similaire, il pourra espérer rééditer cette performance, d’autant plus qu’il arrive avec un plein de confiance après sa victoire au sprint plus tôt cette semaine.


Mes Choix

Est-ce que Van der Poel et Pogacar peuvent-ils être battus ? Ne jamais dire jamais, mais à moins d’un fait de course, c’est un scénario que j’ai du mal à envisager.

Sur le Ronde, c’est presque toujours le plus fort qui l’emporte, contrairement à Paris-Roubaix où l’anticipation peut parfois offrir des résultats inattendus. En 2023, un groupe d’élite s’était extirpé très loin de l’arrivée, avec plus de deux minutes d’avance sur le peloton des favoris à 55 km du but. Puis, à 29 km de l’arrivée, Pedersen s’isole à l’avant avec 50 secondes d’avance sur le trio Pogacar – Van der Poel – Van Aert. Il verra son écart s’évaporer en à peine 12 kilomètres.

Comment imaginer que le sort des attaquants soit différent cette année ? C’est pourtant leur meilleure chance : mieux vaut anticiper que tenter de suivre Pogacar lorsqu’il placera son attaque. Et si, par miracle, un rescapé de l’échappé parvient à basculer avec Pogacar et/ou Van der Poel au sommet de la dernière ascension du Paterberg, il pourra toujours croire en sa chance au sprint.

Avec l’ambition annoncée de durcir la course, j’imagine le collectif UAE capable de verrouiller les mouvements en imposant un rythme effréné, avant de lancer Pogacar. Lui et Van der Poel devraient rapidement réussir à s’isoler, et collaborer sans hésiter pour revenir sur les derniers échappés. Ensuite, comme en 2023, le Slovène s’envolera dans la dernière ascension du Vieux Quaremont… et ne sera plus revu.

Pour la troisième place, cela me semble assez ouvert. Il pourrait y avoir des mouvements de course assez inattendus derrière les deux favoris, notamment parce que les deux premières places sembleront rapidement verrouillées. Je placerais tout de même Wellens sur la dernière marche du podium, qui anticipera dans le groupe derrière les 2 leaders.


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