Tour de France 2024 – Étape 10 Preview

Ce début de deuxième semaine devrait ravir les sprinteurs. Cette 10e étape ne devrait pas leur échapper, malgré la petite côte non répertoriée placée à 8 km de l’arrivée.


Le Parcours


Les Derniers Kilomètres

Il y aura une côte non répertoriée à l’amorce des 10 derniers kilomètres. Longue de 3 km à seulement 2 % de moyenne, les coureurs ne la sentiront pas.

La courte descente qui suivra mènera les coureurs à l’entrée de Saint-Amand. La route sera large, mais attention à la présence de mobilier urbain avant d’entrer dans la ville. Il y aura un premier rond-point à négocier à 3.7 km de l’arrivée, avant un second, plus technique, à 2.9 km de la ligne.

Dans le dernier kilomètre, trois virages viendront casser le rythme du peloton avant que les coureurs ne puissent débouler sur la dernière ligne droite longue de 650 m.


Météo

Le temps sera couvert demain après-midi avec des risques de pluie en fin d’étape. Les températures seront élevées et avoisineront les 30°.

Le principal problème pourrait être le vent. Il soufflera en provenance du sud-ouest sur toute l’étape, faiblement au départ, mais il gagnera en puissance au fil des kilomètres. Le vent sera de face à trois-quarts face jusqu’à Issoudun, à un peu moins de 60 km de l’arrivée. Il soufflera alors à 18 km/h et frappera les coureurs de côté et trois-quarts dos jusqu’à l’arrivée, avec des rafales annoncées à près de 35 km/h.

Il y aura de longues zones découvertes sur cette portion finale, notamment une quinzaine de kilomètres entre Issoudun et Mareuil-sur-Arnon (45 km de l’arrivée) ou après la traversée de Chavannes (25 km de l’arrivée) jusqu’à Bruère-Allichamps (10 km de la ligne).

La force moyenne du vent sera à la limite acceptable pour créer des cassures, mais certaines équipes seront tentées d’essayer.


Le Scenario

Une étape dédiée aux sprinters, même s’il devait y avoir des cassures dans le peloton.

Certaines équipes de leaders tenteront certainement de créer des bordures dans le final. Tout le monde a pu voir Pogacar isolé lorsque cela est arrivé. Cette fois-ci, les zones propices sont bien plus proches de l’arrivée et des écarts pourraient être créés si des leaders se retrouvent effectivement piégés dans un second peloton. INEOS, Soudal et Visma seront les principales équipes intéressées.


Les prétendants

Trois deuxièmes places (dont un déclassement) mais toujours pas de victoire pour Philipsen. Le doute doit commencer à s’installer dans la tête du Belge et de ses équipiers. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ? Au-delà du sprinter lui-même, c’est tout le collectif qui semble un ton en dessous de ce qu’ils ont montré l’année dernière. Il possède largement la vitesse nécessaire pour s’imposer, mais son équipe a eu du mal à le déposer en première position. Il a des chances de gagner demain, mais son train devra être plus performant.

Groenewegen s’est imposé sur ce Tour, prouvant qu’il avait encore ce qu’il fallait pour jouer les premiers rôles. Lorsque je regarde les hommes qui composent son train, je me dis qu’il est l’un des sprinters qui a le plus de chances d’aborder les tout derniers virages dans les trois premières positions. Si tel est le cas, il sera très difficile à battre sur ce sprint avec vent favorable. Il a parfois des problèmes de placement, il lui faudra absolument coller aux roues de ses équipiers avant le premier virage à la flamme rouge.

Girmay est indéniablement LE sprinter de ce début de Tour de France. Avec ses deux victoires et une deuxième place, l’Érythréen est en excellente position dans la course au maillot vert. Il dispose des hommes pour parfaitement le placer et l’emmener dans le final demain. Si on a pu le voir régulièrement ne pas suivre ses équipiers, je pense que cette tactique serait une erreur demain. Il faudra virer dans les toutes premières positions dès le premier des trois virages à la flamme rouge sous peine de voir ses chances de victoire fortement réduites. Il possède un train assez long et de bonne qualité, il faut leur faire confiance.

De Lie a laissé passer une chance incroyable de victoire lors de la 8e étape. Sur quatre sprints, le Belge a terminé quatre fois dans le top 5, dont deux podiums. Ce n’est pas vraiment un final qui semble lui convenir. Il dispose de bons équipiers, mais peut-être pas des « derniers » hommes en mesure de lui faire aborder les virages en tête. Il pourrait démarrer son sprint d’un peu trop loin pour s’imposer.

Gaviria est loin de disposer du meilleur train du peloton, mais le Colombien compense parfaitement avec sa capacité à naviguer seul dans les roues. S’il est difficile de le voir s’imposer demain, il pourrait être un peu loin dans la file à la sortie du dernier virage. Ce vent portant sera une aubaine pour celui qui aime lancer ses sprints de loin.

Cavendish dispose d’un très bon train sur le papier, et pourtant, il s’est débrouillé seul pour aller chercher sa victoire. En dehors de ce jour-là, il n’a jamais joué les premières places dans les sprints. Je ne pense pas que cela changera demain.


Mes Choix

Assistera-t-on à des coups de bordure demain dans le final ? Le vent semble vraiment trop juste pour que tout explose, il faudrait faire un énorme forcing. Je pense tout de même que certaines équipes de leaders tenteront le coup, mais il n’est pas certain que cela casse ou que de gros noms soient pris en faute.

Quoi qu’il en soit, cette étape devrait revenir à un sprinter. En regardant le final, je vais me diriger vers un homme qui me semble avoir le train le plus capable de le garder à l’avant et de le déposer à la sortie des trois derniers virages : Groenewegen. S’il est placé idéalement après le dernier virage à 600 m de la ligne, je pense qu’il sera très difficile à battre. Philipsen et Gaviria pour compléter le podium.


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