

Un parcours vallonné qui semble parfaitement taillé pour les baroudeurs. Nous pourrions assister à une course dans la course, avec les échappés qui se disputeront la victoire d’étape et les leaders qui tenteront quelque chose dans l’enchaînement de côtes sur les 30 derniers kilomètres.
Le Parcours

Le terrain sera mal plat sur l’ensemble du parcours, mais seulement deux ascensions répertoriées dans les 100 premiers kilomètres de course.
CÔTE DE MOUILLOUX
- 1.9 km à 6.5 %
- Sommet à 131 km de l’arrivée

CÔTE DE LARODDE
- 3.8 km à 5.8 %
- Sommet à 121.3 km de l’arrivée

Malgré tout, les choses sérieuses ne débuteront que dans les 50 derniers kilomètres de course.
Les Derniers Kilomètres

Les coureurs ne connaîtront aucun répit dans les 50 derniers kilomètres de cette étape. La route s’élèvera progressivement jusqu’à atteindre le pied du Col de Néronne, qui marquera réellement l’entrée dans le final de l’étape.
COL DE NERONNE
- 3.8 km à 9 %
- Ascension sans gros changement de rythme mais à fort pourcentage
- Sommet à 42.3 km de l’arrivée

Au sommet, un court plateau de moins de 6 kilomètres va conduire les coureurs jusqu’aux première rampes de l’ascension suivante.
PUY MARY
- 5.4 km à 8 %
- Ascension en deux temps, très roulante dans ses 3.5 premiers km, la pente affiche 12.5 % dans ses 2 derniers km
- Sommet à 31 km de l’arrivée

La descente qui suivra sera longue de 12 kilomètres et assez technique. La fin de la descente va correspondre avec le pied de l’avant-dernière ascension du jour.

COL DE PERTUS
- 4.5 km à 8.5 %
- Ascension en deux temps entrecoupée d’une courte descente.
- Les pourcentages ne passeront que rarement sous les 10 %
- Sommet à 14.6 km de l’arrivée

Une courte et technique descente de 5.7 kilomètres suivra, menant les coureurs jusqu’à la dernière ascension de la journée.

COL DE FONT DE CERE
- 3.1 km à 5.9 %
- Ascension beaucoup plus roulante que les précédentes
- Sommet à 2.8 km de l’arrivée

Une courte descente de 1.3 kilomètres avec 3 épingles à négocier suivra le sommet.

Il restera ensuite 800 mètres à parcourir, affichant 6.5 % de moyenne.

Météo
Des températures légèrement supérieures à 20° tout l’après-midi. Quelques risques de pluie dans la seconde moitié de l’étape.
Un vent d’ouest / nord-ouest soufflera de manière assez modérée (sous les 10 km/h) et ne devrait pas avoir un trop gros impact sur le scenario.
Le Scenario
Est-ce que les leaders voudront se jouer la victoire au sommet du Lioran ? Cela dépend en grande partie de Pogacar, et dans une moindre mesure d’Evenepoel. Vingegaard ne sera pas sur un terrain qui va l’avantager et devrait de nouveau courir de manière défensive. UAE pourrait vouloir contrôler l’échappée afin de préparer une attaque de Pogacar dans Puy Mary.
L’autre scénario pourrait voir la formation d’une grosse échappée de baroudeurs à qui on laissera assez de champ pour se jouer la victoire au Lioran. Les écarts sont déjà très conséquents et de nombreux hommes auront un bon de sortie. Les grimpeurs ne seront pas avantagé par ce départ sans grosses ascensions, ils auront besoin de l’aide de leurs équipiers pour accrocher le bon coup.
Les prétendants

Si les leaders venaient à se jouer la gagne, Pogacar devrait s’imposer. Le final est un terrain parfaitement à sa convenance. Il va certainement en profiter, mais pour la gagne, il sera peut-être déjà trop tard.

Gee aura une très belle carte à jouer demain, un véritable épouvantail s’il parvient à accrocher le bon coup. La forme est toujours bonne, comme en témoignent ses prestations à Valloire et à Troyes. Le vrai problème est qu’il est bien trop proche au général. Pogacar et Vingegaard ne le verront évidemment pas comme une menace directe, mais d’autres hommes jouant le top 5/10 ne verraient pas d’un bon œil le fait de lui offrir gratuitement du temps. Ceci étant dit, en 2023 Hindley (vainqueur du Giro 2022) a bien eu l’autorisation de s’échapper et de prendre le maillot jaune

Lidl est ici pour jouer les étapes, mais la perte de Pedersen est un énorme coup dur. Le profil de l’étape de demain semble parfaitement tracé pour Ciccone. L’Italien devrait recevoir l’aide de ses équipiers (Stuyven ?) pour accrocher le bon coup. Il faudra ensuite parfaitement lire la course pour ne pas se retrouver piégé lorsque l’échappée se scindera en deuxième moitié de parcours. Si Ciccone parvient à accrocher le groupe de fuyards, ce final lui ira à la perfection : grimpeur complet, il est aussi très à l’aise dans les côtes plus « punchy ». Seulement 5’35 » derrière Pogacar, mais il ne sera pas vu comme une menace immédiate. Il se retrouve un peu par défaut à jouer le général, mais l’objectif premier reste une victoire d’étape.

Bahrain dispose de plusieurs options très intéressantes pour demain ; il ne serait pas étonnant d’en retrouver plusieurs à l’avant. Buitrago, Poels et Bilbao me semblent les plus adaptés. J’ai quelques doutes sur la condition de Poels, déjà très loin au général, même s’il est évident que ce n’est pas un objectif. Bilbao et Buitrago sont assez hauts au classement mais, à l’image de Gee et Ciccone, ne seront pas vus comme des menaces immédiates. J’ai une petite préférence pour Buitrago et son punch.

La paire Healy / Carapaz devrait être les meilleures cartes pour EF. L’Irlandais est en forme en ce début de Tour. Au risque de me répéter, il lui faudra arriver seul au Lioran s’il veut espérer s’imposer. Gros problème pour celui qui, bien qu’étant en forme, semble aussi tout le temps à contretemps. S’il joue correctement ses cartes demain et parvient à créer lui-même un coup au sein de l’échappée, ses qualités de rouleur et sa faculté à encaisser les forts pourcentages en feront un sacré client. Concernant Carapaz, il a dit lui-même qu’il ne s’attendait pas à être compétitif sur la première moitié du Tour (il a pourtant réussi à porter le maillot jaune !). Avec 10 jours de course dans les jambes, nous devrions le voir commencer à montrer le bout de son nez.

Malheureux sur l’étape de Troyes à cause d’une crevaison qui l’a éliminé de l’échappée, Lazkano sera revanchard. L’étape de demain semble parfaite pour lui. Le départ ne lui causera pas de problèmes pour prendre l’échappée, et les ascensions ne seront pas trop longues. Un sérieux outsider.

Après un début de Tour extrêmement compliqué, Gaudu a montré des signes de mieux lors de l’étapes de Troyes où il semblait très fort dans le final. Nous devrions commencer à le voir de plus en plus à l’avant désormais, lui qui va chercher une victoire d’étape.

Une victoire au compteur sur ce Tour et une impressionnante 6e place lors du chrono, Vauquelin est en très grande forme. Pour l’instant limité dans les longues ascensions, que ce soit le départ roulant ou le final vallonné, il trouvera demain un terrain tout à fait à sa convenance.
Mes Choix
Je me dirige plutôt vers un scénario où nous assisterons à une course dans la course. La première, pour la victoire d’étape, sera remportée par un homme au sein de l’échappée. Une échappée que j’imagine conséquente avec différents profils allant du grimpeur au rouleur-sprinteur. Les moins bons grimpeurs tenteront d’anticiper les 50 derniers kilomètres, et avoir plusieurs coureurs à l’avant sera un atout non négligeable.
Dans le groupe des leaders, j’imagine Pogacar tenter d’attaquer dans Puy Mary afin de profiter des plus forts pourcentages, mais aussi de la descente qui suivra. Nous avions vu Evenepoel plutôt en difficulté dans cet exercice dans le Galibier ; le Slovène pourrait essayer de le mettre en difficulté ici et de mettre la pression sur Vingegaard. Je suis moins inquiet pour Jonas, qui est un excellent descendeur et qui devrait être en mesure de suivre le Slovène. À voir ensuite si Pogacar continue de rouler, car le Danois ne lui passera pas un relais.
Pour en revenir à la victoire d’étape, les trois noms qui me plaisent le plus sont : Gee, Lazkano et Ciccone. Cette 11e étape affiche tout de même près de 4 400 m de dénivelé positif avec un final difficile. Il faudra de bonnes qualités de grimpeur pour tenir et espérer s’imposer.
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