Tour de France 2024 – Étape 9 Preview

Cette première semaine de course va se conclure par la très attendue étapes des chemins blancs. Des airs de Strade Bianche sur le Tour 2024, avec pas moins de 14 secteurs pour un peu plus de 32 kilomètres de chemins blancs, le tout saupoudré de quelques côtes dans la partie centrale de l’étape.


Le Parcours

©Letour.fr

Il faudra que les coureurs profitent des 30 premiers kilomètres de course et la traversée de la forêt, cela pourrait bien être le moment le moins désagréable de la journée ! Les côtes et les chemins blancs vont s’enchaîner à partir du kilomètre 45 et jusqu’à 6.5 kilomètres de l’arrivée.

Chemins BlancsDifficultéLongueurDistance de l’arrivéeElévation
14. Bligny à Bergères*2 km151.7 km0.7 %
Côte de Bergères/1.6 km147 km5.1 %
Côte de Baroville/2.7 km129.4 km4.7 %
13. Baroville***1.3 km130.7 km6 %
12. Hautes Forêts**1.4 km100.1 km1.4 %
Côte de Val Frion/2.2 km91.5 km5 %
11. Polisy à Celles sur Ource***3.4 km90.3 km2.9 %
Côte de Chacenay/2.9 km77.8 km3.9 %
10. Loches sur Ource à Chacenay***4.2 km76 km2.7 %
9. Plateau de la Côte des Bar*2.2 km64.9 km– 0.8 %
8. Thieffrain à Magnant***4 km54.2 km1.7 %
7. Briel-sur-Barse*2.1 km45 km– 0.2 %
6. Ru de Paradis*1.1 km32 km0.9 %
5. Fresnoy-le-Château à Clérey*1.9 km28.1 km– 0.1 %
4. Verrières*1.6 km22.3 km0.6 %
3. Daudes*2 km19.1 km– 0.1 %
2. Montaulin à Rouilly-Saint-Loup**2.1 km14.5 km0.1 %
1. Saint Parres aux Tertres**3 km6.5 km0 %

Il restera 6.5 kilomètres à parcourir à la sortie du derniers de ces 14 secteurs. Selon la taille du peloton à ce moment-là, ces 6 derniers kilomètres seront plus ou moins piégeux. Il y aura en effet quelques virages mais aussi du mobilier urbain sur la chaussée jusque dans le centre de Troyes.

6.5 derniers kilomètres

Météo

Le temps sera couvert demain après-midi autour de Troyes, mais les coureurs devraient échapper à la pluie.

Le vent soufflera en provenance d’ouest / sud-ouest à une vitesse comprise entre 10 et 15 km/h, pas de quoi créer des cassures.


Le Scenario

Cette première semaine se terminera par l’étape des chemins blancs à Troyes. Là où le Giro avait fait le pari timide de 11 km de Strade Bianche, le Tour assume son choix en proposant plus de 32 kilomètres de ces chemins de vignes. Une étape cruciale dans la lutte pour le maillot jaune. On se souvient en 2022 comment tout aurait pu basculer pour la Visma lors de l’étape des pavés, une autre étape atypique. Une étape à ne pas sous-estimer mais à ne pas non plus comparer totalement avec les Strade Bianche : les chemins blancs seront assez peu pentus ici, voire plats la majeure partie du temps. En comparaison, l’étape de Montalcino sur le Giro 2021 avait fait des dégâts chez les leaders, mais les secteurs étaient bien plus sélectifs.

Il y aura de la tension dans le peloton, mais je serais très surpris de voir des leaders perdre énormément de temps à la pédale. Je crains plus les ennuis mécaniques que les coups tactiques sur cette étape.

En revanche, ce type d’étape atypique sourit régulièrement aux échappés : Montalcino 2021, Arenberg 2022, Rapolano Terme 2024. Lors de la 8e étape, de nombreux coureurs ont essayé, mais Alpecin et Lotto ont parfaitement réussi à maîtriser ces attaques pour leurs sprinteurs. Demain, j’ai le sentiment que les choses pourraient être plus explosives avec un peloton encore plus tendu par ces chemins de vignes. Il sera difficile de contrôler une échappée, et de nombreuses équipes voudront mettre un ou plusieurs hommes à l’avant.

Derrière, personne n’aura vraiment d’intérêt à contrôler, sauf si un homme dangereux au général est à l’avant. Le gros danger pour les fuyards viendra très certainement d’UAE. Les Émiratis voudront certainement tester Vingegaard et Visma sur ce terrain. Quand on connaît les problèmes récurrents de matériel, cela pourrait être le terrain propice.


Les prétendants

Après avoir dû travailler pour Philipsen pendant huit jours, Van der Poel pourrait enfin avoir sa carte à jouer. Il fera figure d’épouvantail s’il parvient à accrocher le bon coup, mais pourrait se retrouver piégé. Le Van der Poel du Ronde et de Paris-Roubaix n’aurait eu aucun mal à se défaire de ces pièges ; celui du Tour 2024 m’impressionne beaucoup moins. En théorie, cette étape pourrait tout à fait convenir à Philipsen, mais est-il bien judicieux de miser tout sur un sprinteur qui n’a pas pu s’imposer lors des quatre premiers sprints ?

EF aura tenté de dynamiter la 8e étape jusqu’au bout, mais sans succès. Healy a l’air en forme, mais pas suffisamment pour faire sauter tous ses adversaires de sa roue. On le sait, son manque de pointe de vitesse le force à arriver seul. EF pourrait adopter la même tactique qu’hier en envoyant plusieurs hommes à l’avant, ce qui permettrait à l’Irlandais de jouer tactique dans le final en tentant de fausser compagnie à ses camarades d’échappée. Bettiol pourrait être une bonne carte : rapide au sprint et bon rouleur, il pourrait être un véritable atout aux côtés d’Healy.

Si cette étape convient à Philipsen, elle sera tout autant dans les cordes de De Lie. Il sera intéressant de voir la stratégie adoptée par Lotto. Sur la 8e étape, il était clair que l’équipe misait sur un sprint. Est-ce que demain sera identique ? Ils pourraient tenter de placer De Lie à l’avant avec un équipier comme Van Gils. Van Gils pourrait être une solution plus « offensive », permettant à De Lie de rester dans les roues et de se préserver en cas de sprint en petit comité à Troyes.

Assez discret jusqu’ici, cette 9e étape sera l’occasion idéale pour Mohoric, champion du monde de gravel, de se montrer. S’il parvient à accrocher le bon coup, il pourrait bien être l’homme à battre. Son sens aigu de la course lui permet souvent de sentir le moment où il doit anticiper. Cela, allié à sa bonne pointe de vitesse, en fait un très sérieux prétendant à la victoire demain.

Lazkano pourrait avoir des vues sur l’étape de demain. L’Espagnol est l’auteur d’une très belle saison et est apparu en forme sur le Dauphiné (9e au général), juste avant d’échouer à la deuxième place de son championnat national. Vainqueur de la Jaén Paraíso plus tôt cette année, les chemins blancs autour de Troyes lui rappelleront de bons souvenirs. C’est le type de coureur à surveiller en échappée lorsqu’il décidera d’attaquer dans le final.

Ancien vainqueur des Strade Bianche et très à l’aise sur les routes non asphaltées, Pidcock a certainement coché cette étape. Reste à savoir si tous les Grenadiers devront rester et protéger Rodriguez. Je pense que Pidcock aura un bon de sortie de la part de son équipe, à lui de convertir l’occasion.

Quelques points au classement de la montagne demain, Abrahamsen pourrait de nouveau être de corvée. Malheureusement pour lui, il aura certainement laissé beaucoup trop de forces dans la bataille sur la 8e étape pour espérer s’imposer demain. Cort pourrait être la meilleure carte côté Uno-X.

La perte de Pedersen est un énorme coup dur pour Lidl. D’un autre côté, cela libère l’équipe, et les autres seront désormais libres d’attaquer. Demain sera une très bonne occasion d’envoyer Stuyven et Skujins devant. Tous deux sont très à l’aise sur ces chemins blancs.

J’ai du mal à imaginer ce scénario, mais si la course devait littéralement exploser et devenir une explication entre les leaders et quelques classicmen, Pogacar deviendrait un vrai outsider pour une place sur le podium de l’étape.


Mes Choix

Une météo plutôt clémente et des secteurs qui ne me semblent pas assez sélectifs : je n’attends pas énormément de choses de cette étape. Les équipes des leaders voudront être à l’avant à l’entrée des secteurs, pas forcément pour tenter un coup de force, mais surtout pour éviter les ennuis. Cela tendra le peloton et réduira l’écart avec les échappés. Sauf incidents mécaniques, je ne pense pas que nous verrons des écarts entre les prétendants au maillot jaune.

Ces accélérations successives vont en revanche automatiquement mettre des équipiers en difficulté, ce qui pourrait signifier qu’on manquera de main-d’œuvre dans le peloton pour reprendre les fuyards et se jouer la victoire. Mon favori sera Matej Mohoric au sein de l’échappée. Le slovène coche toutes les cases pour lever les bras sur la ligne à Troyes. J’aurai aussi un œil sur Bettiol : EF tentera à coup sûr de mettre des hommes à l’avant, et l’Italien devrait être l’un d’entre eux. Enfin, Stuyven sera le troisième homme que je vais retenir. L’abandon de Pedersen va libérer ses équipiers. Certains devront rester aux côtés de Ciccone, toujours en lice pour un top 10, mais je pense que le champion d’Europe de gravel et ancien troisième de Paris – Tour aura carte blanche de la part de son équipe.


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