Giro d’Italia 2021 – Etape 11 : Perugia – Montalcino (162 km)

Au lendemain de la première journée de repos, cette 11ème étape promet déjà d’être primordiale pour la conquête de la Maglia Rosa. 162 kilomètres au départ de Perugia pour une arrivée en Toscan, à Montalcino. Et dans le monde cycliste, quand on parle de Toscane, on pense Strade Bianche.

LE PARCOURS

Peu de choses notables sur les 45 premiers kilomètres, les choses commenceront à s’épicer dès que l’on passera la frontière toscane, comme un symbole.

Entre les kilomètres 45 et 65, la route commencera à présenter certaines « irrégularités ». Après une première côte non répertoriée dans le village de Chiusi et une portion de 10km de faux-plat, le peloton devra enchaîner 3 petites côtes non répertoriées :

  • Au kilomètre 55, 2.3km à 4.5%
  • Au kilomètre 58.5, 2km à 5.8%
  • Au kilomètre 62.5, 1.8km à 5.1%

Après une descente de 5.5km et une portion plane d’une dizaine de kilomètres, le peloton sera de nouveau confronté à une côté non répertoriée à San Quirico d’Orcia (2.6km à 4%).

Tout cela n’aura été que l’entrée avant l’arrivée du plat de résistance sous forme de Strade Bianche. Sur les 70 derniers kilomètres de la course, 35 seront courus sur ces fameuses « routes blanches ».

LES STRADE BIANCHE

La premier secteur non asphalté des 4 prévus au programme sera long d’un peu plus de 9 kilomètres. 9 kilomètres de tobogan, enchaînant sans cesse montées et descentes, bien que dans sa plus grande partie, le secteur est en descente. Des routes étroites et gravillonneuses, presque terreuses. Il faudra déjà être placé ici, et la tension ne fera qu’augmenter jusqu’à l’arrivée. Il restera 60km à la sortie du secteur.

Profil du premier secteur

Une courte portion de plat suivra, ponctuée par une côte d’un kilomètre à 8.6%. A la suite directe de la descente, le peloton entamera le second secteur.

Le second secteur sera aussi le plus long des 4, avec près de 13.5km de route non asphaltée. Cette section fait aussi partie du Passo del Lume Spento, dont les derniers hectomètres seront de nouveau asphaltés.

Ce deuxième secteur contient une portion extrêmement violente après seulement 2 kilomètres. Une côté de 3.5km à 8.5% de moyenne, avec des portions supérieures à 10%, voire 16% en son milieu. Aucun doute, ce début de secteur sera idéal pour mettre en difficulté certains leaders ! Cette portion correspond au final de la septième étape du Giro 2010. Le sommet du Passo del Lume Spento sera à 37km de l’arrivée.

Profil du deuxième secteur

Le peloton empruntera ensuite une portion de 10 kilomètres en descente, suivie d’une courte côte de 700m à 5% en haut de laquelle seront distribuées les secondes de bonification. Le troisième secteur débutera juste après la bascule.

Le troisième secteur sera long de près de 7 kilomètres. Il présentera tout de même une côte d’un kilomètre à près de 7% au milieu.

Troisième secteur de l’étape

De retour sur l’asphalte, la route sera en descente sur 4km, descente qui mènera directement au 4ème et dernier secteur gravel de la journée.

Quatrième et dernier secteur de la journée. Il débute par une côte d’1.2km à plus de 8% de moyenne, avant de s’aplanir quasiment jusqu’à la fin. Au bout du secteur, les coureurs entameront une seconde ascension du Passo del Lume Spento, sur l’asphalte cette fois.

Quatrième secteur de l’étape

9.3km à 4.5%, mais la première moitié inclus la fin du quatrième secteur gravel. Les coureurs trouveront tout de même des portions au-dessus de 8% dans sa seconde moitié, après Tavernelle. A la bascule, il restera un peu moins de 4km.

Le final ne sera pas simple. A 800m de la ligne, lors de l’entrée dans Montalcino, les coureurs emprunteront une rue pavée étroite, rappelant le final dans Sienne. Aux 200m, un dernier virage à gauche ramènera les coureurs sur de l’asphalte pour un sprint de côte à près de 10% de moyenne.

Rue pavée 800m
Ligne droite finale, 200m à 10%

METEO

Il pourrait y avoir des averses dans la région de Montalcino, mais il semblerait que cela soit avant le passage de la course. S’il pleut, est-ce que les secteurs de gravel auront eu le temps de sécher ? Si tel est le cas, le final devrait être moins épique qu’il ne l’a été en 2010 sous la pluie.

Concernant le vent, il ne soufflera pas trop fort demain, aux alentours de 10/12 km/h. En provenance de l’Ouest l’après-midi, il sera en grande partie défavorable notamment sur le début d’étape.

LES PRETENDANTS

Cette étape promet sur le papier un spectacle incroyable, comme ce fut le cas sur l’édition 2010, remportée par Cadel Evans. Cette année là, il y avait deux fois moins de kilomètres pavés qu’il n’y en aura demain !

La difficulté de cette étape ainsi que la tension qu’elle engendre me fait penser que les échappés auront peu de chances de victoire. C’est une occasion en or chez les leaders de creuser des écarts avec leurs adversaires les moins performants sur ce type de terrain. Il est de plus intéressant de noter la vitesse incroyable à laquelle l’avance des échappés en 2010 avait fond dans le dernier quart de l’étape, alors qu’elle était de plus de 7 minutes.

Après son récital dans le final dimanche, Bernal part comme le grand favori ici. Entouré par une équipe capable de contrôler puis de faire exploser la course dès le premier secteur de gravel, le colombien sera forcément observé. Egan a semblé presque intouchable en première semaine, prenant finalement le maillot rose. Son passé de VTTiste et sa 3ème place sur les Strade 2021 sont bien évidemment deux signes supplémentaires pointant vers lui. De ce qu’on a vu dimanche, Moscon pourrait être son dernier lieutenant dans les secteurs gravel, une très mauvaise nouvelle pour leurs adversaires.

Ciccone affiche une forme incroyable aussi. Souvent à l’attaque, et toujours placé lorsque les favoris ont mis en route, il a été le seul à pouvoir répondre au démarrage de Bernal dimanche… avant de s’avouer vaincu et de prendre la seconde place. Bon grimpeur, descendeur et visiblement à l’aise sur les routes non asphaltés, le final punchy lui convient parfaitement, lui qui possède une bonne pointe au sprint en côte. Il pourra compter sur Nibali, qui, bien que diminué, n’en reste pas moins un coureur d’expérience à l’aise sur ce type de terrain. En 2010, une chute dans une descente (avec Basso) lui fait perdre le tour d’Italie. Mais paradoxalement, Vincenzo permettra à Basso de le remporter en emmenant son leader sur les chemins de terre, limitant la casse en faisant jeu égal sur les parties non asphaltés avec le groupe de tête.

Vlasov est un des coureurs en forme de ce début de Giro. Après un excellent contre-la-montre, il a confirmé lorsque la route s’est élevée et en prenant notamment la troisième place dimanche, sur le final en gravel. A l’aise sur ce type de terrain et dans les pentes raides, le russe a de belles chances de bien figurer une nouvelle fois demain.

Il convient de citer Evenepoel. Mal positionné au début de la zone de gravel dimanche, il réalisera une très belle remontée pour prendre finalement la quatrième place. Rouleur puissant et à l’aise sur les côtes courtes à fort pourcentage, la question réside surtout sur sa capacité à résister sur les 35km de gravel. Je ne saurai pas répondre à cette question, mais de ce qu’il a montré jusqu’ici, je ne le vois pas finir trop loin des meilleurs, si tant est qu’il soit décroché bien entendu. Le soutien d’Almeida sera malgré tout primordial pour éviter que le belge ne soit isolé trop tôt.

Deux outsiders ayant déjà performés sur les Strade Bianche et encore en course au classement général peuvent tirer leur épingle du jeu demain. Bardet (second des Strade en 2018) a semblé un peu mieux dimanche, terminant 7ème en haut de Campo Felice. Formolo (second des Strade 2020) à lui aussi fini dans le même temps que Bardet à Campo Felice. Des deux, Formolo me plaît le plus tant l’étape semble lui convenir comme un gant et que j’imagine plus en capacité de s’accrocher que Bardet.

Concernant les chances des échappés, je ne vois pas ce scenario se réaliser. Beaucoup d’équipiers devront rester avec leur leaders, autrement Bettiol aurait pu être tout indiqué ici, courant en plus dans sa région natale. Hermans, Vermeersch et Brambilla seraient aussi des noms potentiels à cocher.

MES CHOIX

Pour demain, je vais miser sur la forme des coureurs au classement général. A ce jeu, Bernal, Ciccone et Vlasov ont le plus impressionné. Si INEOS visse dès le premier secteur, il ne faudra en aucun cas perdre la roue de Bernal, ce que Ciccone et Vlasov ont excellement bien réussi jusqu’ici, mis à part dimanche dans le dernier punch. L’arrivée de demain sera sur une route asphalté et l’avantage que Bernal avait sur ses concurrents dimanche ne sera pas aussi important sur ce type de finish.

Chez les outsiders, Formolo me plaît. Comme beaucoup incapable de suivre le rythme infernal de Bernal dimanche, je pense qu’il sera plus à même de s’exprimer sur cette onzième étape. S’il est encore à l’avant dans le final, le fait qu’il soit à 1′ et pas vu comme une menace directe au général pourrait lui offrir la marge de manœuvre nécessaire pour aller s’imposer.

  • Bernal @ 5 (0.6%)
  • Ciccone @ 15 (0.2%)
  • Formolo @ 20 (0.2%)
  • Vlasov @ 36 (0.1%)

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