Giro d’Italia 2021 – Etape 9 : Castel di Sangro – Campo Felice (158 km)

L’étape reine de cette première semaine de Giro ! 158 kilomètres pour 3 400m de dénivelé positif. Une nouvelle journée à travers les Apennins, avec une arrivée au sommet de Campo Felice.

LE PARCOURS

Seulement 4 ascensions répertoriées, mais il y en aura tout de 7 notables sur le parcours.

La première difficulté de la journée interviendra après seulement 3.5km de course. La montée du village d’Alfedena (7.6km à 3.4%) ne sera pas violente mais pourrait permettre à l’échappée de prendre le large.

Première ascension de la journée, après 3.5km de course

Cette ascension sera suivie d’une courte descente de 4 kilomètres, mais assez technique dans son final, avec plusieurs virages en épingle à l’entrée du village de Barrea. Une courte portion plane mènera à la seconde ascension de la journée.

Le Passo Godi sera long mais peu pentu, 14km à 4.1% de moyenne. Avec un sommet à près de 120 kilomètres de l’arrivée, peu probable de voir une équipe durcir ici, les pourcentages ne seront pas suffisant pour faire sauter les leaders.

Après la bascule, il y aura une longue descente de 13 kilomètres avec certaines portions techniques dans lesquelles il faudra faire attention. La descente en elle-même prend fin après le village de Scanno au kilomètre 51. Il y aura ensuite une portion descendante (en majorité du faux-plat) jusqu’au pied de la troisième ascension de l’étape.

Non répertoriée, l’ascension autour du village de Cocullo sera longue de 11.5 kilomètres à 4.5% de moyenne.

Ascension du village de Cocullo

La première partie de la descente sera pentue et assez technique avec notamment 4 virages en épingle. Au kilomètre 90 débutera la 4ème ascension de la journée, mais seulement la seconde répertoriée.

L’ascension de Forca Caruso sera une nouvelle ascension longue mais roulante. Un peu moins de 13 kilomètres à 4.5%. Le sommet se trouvera à 56km de l’arrivée. Trop loin et pas assez sélectif pour voir les leaders attaquer, mais parfait pour commencer à mettre leurs trains en place.

Au kilomètre 118 débutera l’ascension d’Ovindoli. Une nouvelle fois une longue ascension de plus de 12 kilomètres à 5% de moyenne. Très régulière, elle se grimpera au train aussi, probablement pas de pourcentages suffisant pour tenter des attaques entre leaders.

Après une courte descente, le peloton empruntera une portion assez plane de 10km qui l’emmènera au pied de l’avant dernière ascension du jour. Une côte de 2.5km à 4.7% de moyenne. L’ascension amènera les coureurs dans le village de Rocca di Cambio, à l’entrée duquel seront distribuées les secondes de bonification. Un repecho à la sortie du village, une courte descente, et l’ascension finale débutera.

L’ascension vers Campo Felice sera la plus courte répertoriée de la journée, mais aussi la plus pentue. Les 3 premiers kilomètres d’ascension affichent 5.6% de moyenne. Ensuite, un virage pentu sur la gauche emmènera les coureurs sur un replat, ils passeront dans un tunnel de 3 à 2km de l’arrivée.

Passé le second rond-point, la route va de nouveau s’élever sur les 1 500 derniers mètres, avec une moyenne de 8.2%. Mais la vraie difficulté viendra du fait que les coureurs emprunteront une route non goudronnée sur cette portion finale. Il y aura même des portions à 14% aux 500m. De quoi faire des écarts entre les favoris.

METEO

Le ciel sera gris toute la journée, des risques de pluie. Comme lors de la première semaine, les coureurs pourraient passer au travers de goutes ou prendre le déluge. Concernant le vent, il soufflera entre aux alentours de 15km/h en début d’étape, et faiblira légèrement par la suite, mais toujours au-dessus de 10km/h. Il soufflera depuis l’Ouest / Sud-Ouest, ce qui signifie :

  • Vent de face au début d’étape jusque dans la première ascension non répertoriée
  • Vent favorable dans l’ascension du Passo Godi
  • Défavorable dans l’ascension de Forca Caruso et sa descente
  • Vent de côté dans l’ascension d’Ovindoli
  • La partie à risque sera entre le sommet d’Ovindoli et le pied de la dernière ascension. Le vent frappera de côté à 3/4 selon les sections, un endroit parfait pour tenter de faire casser l’élastique, cette portions sera incroyablement exposée aux vents. Il faudra être bien placé en tête de peloton pour éviter tout soucis. Cette portion ne représente cependant que 12 kilomètres.
Section de 12km exposée aux vents en fin d’étape
  • Enfin, les 2 premiers tiers de l’ascension finale se feront avec un vent défavorable, et les 1 500 derniers mètres de gravel avec un vent de côté.

LES PRETENDANTS

A première vue, cette étape semble être le lieu de la première grosse bataille entre les leaders. Malgré tout, certains éléments me font penser qu’une nouvelle fois, l’échappée a ses chances d’aller au bout.

L’étape est courte et montagneuse, et ce dès le départ. Parfait pour un groupe d’excellents grimpeurs un peu plus loin au classement qui voudrait sortir du peloton. Les ascensions, certes longues et nombreuses, ne seront pas assez violentes pour faire sauter les leaders au classement général, il n’y a donc pas vraiment d’intérêt à faire rouler ses hommes dès le début de l’étape, le gros du travail sera très certainement fait dans la dernière ascension.

Mis à part INEOS, qui voudra/pourra contrôler ? Est-ce que les autres équipes vont rouler avec eux pour se faire croquer par Bernal au sommet de Campo Felice, et perdre en plus les bonifications ? FDJ voudra uniquement s’assurer que personne de dangereux ne prenne l’échappée, ils ont bon espoir que Valter garde le Rose jusqu’à la première journée de repos. Empêcher les leaders d’aller chercher les bonifications sera un de leur objectif, ils n’ont à priori pas d’intérêt à collaborer à la chasse. DQS s’est régulièrement mis à l’avant du peloton mais à chaque fois à l’abord de la dernière ascension de la journée, pas avant. Probable qu’ils refassent la même chose à l’approche du final. Si l’objectif est le rose, reprendre 11 secondes à Valter dans la dernière ascension est largement possible.

Deux conditions sine qua none pour que l’échappée aille au bout donc : quelle soit composée d’excellents grimpeurs (rendu possible par le début d’étape), et le team INEOS qui aura les clés de l’étape en main pour décider de ce qui va se passer. Si l’échappée leur convient, pas sûr qu’ils enclenchent assez tôt pour revoir les échappés. L’ascension d’Ovindoli et la plaine qui suit seront les portions décisives, si Ganna embraye pour ramener les échappés à portée de tir, s’en sera fini d’eux.

De mon point de vue, il y a quasiment autant de chance que l’échappée aille au bout, ou que les leaders se jouent la gagne.

Beaucoup de points pour le maillot de la montagne à récupérer demain, et il est fort probable de voir Mäder tenter sa chance, bien que la FDJ ne semble pas lui accorder de bon de sortie.

Chez EF, Guerreiro est extrêmement remuant depuis le début mais n’a jusque là pas réussi à accrocher le bon coup. Bettiol s’est lui aussi beaucoup montré, et semble grimper mieux que jamais. Sa 4ème place sur les Strade Bianche en 2020 est une preuve qu’il sait encaisser le gravel, primordial pour le final demain.

Brambilla aura beaucoup tenté sur la 8ème étape, confirmant ce que je pensais. Excellent grimpeur et descendeur, il a terminé 3ème des Strade Bianche en 2016, lui aussi est capable d’encaisser le gravel. Est-ce que Mollema retentera sa chance dès demain ? Je le vois plutôt attendre la 2ème semaine.

Désormais à près de 9 minutes, Bennett n’est plus dans la course au classement final. Il devrait se recentrer sur les victoires d’étapes. Pas assez fort pour tenir le rythme des meilleurs des favoris, il pourrait tout de même défendre ses chances dans une échappée.

Du côté d’Androni, Cepeda pourrait tenir un bon rôle d’outsider sur cette étape. En échappée, il serait certainement leur meilleure chance de bien figurer. Cependant, je n’ai pas trouvé de références sur gravel pour l’équatorien.

En cas d’arrivée entre les membres du haut du classement général, Bernal fait clairement figure d’épouvantail. Derrière, Ciccone semble en excellente forme et à finalement admis jouer le classement général. Le gravel, il a déjà connu à la Planche des Belles Filles sur le Tour 2019, il y prendra la 2ème place et le Jaune. Formolo trouvera un final qui lui conviendra aussi, bon punch et surtout à l’aise sur le gravel, en témoigne sa deuxième place sur les Strade Bianche 2020. Même constat pour Bardet qui avait lui pris la deuxième place sur les Strade 2018.

MES CHOIX

Pour mes choix échappée, je vais partir de nouveau sur Brambilla et Bettiol, qui ont tout deux loupé la bonne sur la 8ème étape, mais qui ont montré une volonté de sortir. J’y ajoute aussi Bennett, qui pourrait désormais tenter de prendre les bons coups. Cepeda en outsider sur l’étape. De retour chez les favoris, je reste sur Bernal et Ciccone, les deux qui m’ont semblé les plus en forme et dont on sait qu’ils tiennent bien les chemins non asphaltés.

  • Bettiol @ 40 (0.1%)
  • Cepeda @ 45 (0.1%)
  • Brambilla @ 35 (0.1%)
  • Bennett @ 35 (0.1%)
  • Bernal @ 9 (0.35%)
  • Ciccone @ 20 (0.2%)

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