

Cette année, le contre-la-montre individuel des championnats du monde repasse sous les 40 km. Avec seulement 220 m de dénivelé positif, ce parcours sera bien plus adapté aux gros rouleurs qu’il ne l’était lors du championnat du monde à Kigali.
Le Parcours

Première Partie

Les coureurs s’élanceront depuis l’avenue du Parc et devront prendre immédiatement à gauche après être partis de la rampe. Suivra une ligne droite de 950 m, avant d’aborder une portion où 5 virages vont s’enchaîner entre le km 1 et le km 2.1. Les coureurs emprunteront aussi ces routes sur le chemin du retour, ce qui signifie que la chaussée sera coupée en deux, rendant ces virages plus serrés qu’ils n’auraient pu l’être.






Une fois ce premier enchaînement passé, place à une ligne droite d’un kilomètre, puis à un nouvel enchaînement de 8 virages entre le km 3.1 et le km 6. Après le virage au km 3.2, les coureurs devront franchir une courte côte de 100 m à 8 % de moyenne. Autre point d’attention : la portion de 400 m sur pavés qui débutera au km 4.2.








Deuxième Partie

Les coureurs en auront alors fini avec cette première partie assez technique du chrono. Les spécialistes pourront profiter d’une portion de 4.1 km sans véritable obstacle, jusqu’à la courbe à droite du boulevard René-Lévesque, au km 10.1. Au km 10.4, ils prendront à gauche pour aller chercher l’estacade du pont Champlain, 500 m plus loin. Après avoir traversé le Saint-Laurent, ils bifurqueront à gauche au km 13.1, pour remonter la promenade fluviale sur 3.1 km de ligne droite. Au km 16.2, un premier virage serré à 180° les attendra, suivi d’un second, un peu plus large, 50 m après. Ils remonteront ensuite sur 1.4 km jusqu’au parking du circuit Gilles-Villeneuve, où un nouveau 180° les mènera à l’entrée sur le circuit, au km 18.






Troisième Partie – Le Circuit

Les coureurs y pénétreront par le « S » de la Senna, avant de filer brièvement sur la petite voie du Fleuve, puis de rejoindre de nouveau le circuit. Au km 19.6, ils négocieront la rapide chicane sans trop d’encombre, avant de se diriger vers l’Épingle, au km 20.3. Au km 21.6, la dernière chicane du tracé les mènera au fameux « Mur des Champions », vers la ligne d’arrivée du Grand Prix du Canada. Mais les coureurs n’en auront pas terminé avec le circuit : ils entameront une seconde boucle, avant d’en sortir définitivement au km 24.




Quatrième Partie

Au km 24.1, place aux ponts des Îles et de la Concorde, pour une nouvelle section très rapide. Au km 26.9, une courbe sur la droite les ramènera sur l’autoroute Bonaventure, déjà empruntée à l’aller. S’ensuit un retour sur leurs pas, avec un enchaînement de 5 virages entre le km 28.3 et le km 30, déjà négociés plus tôt dans la course. Après le virage à droite au km 30, une longue ligne droite de 3.3 km leur permettra de faire parler leur puissance, avant un nouveau 180°.








Dernière Partie

Nouvelle ligne droite entre le km 33.3 et le km 35.5, avant un premier virage sur la droite, puis un second, 300 m plus loin. Une ligne droite d’un kilomètre les mènera ensuite au premier d’une succession de 5 virages en l’espace d’un kilomètre. Une dernière ligne droite de 950 m conduira les coureurs jusqu’au dernier virage de la course, situé au km 38.8. Il ne leur restera alors qu’à remonter l’avenue du Parc et ses 600 m à 4.5 % de moyenne pour rallier l’arrivée.









Météo
Il semblerait pour le moment que tous les coureurs s’élanceront avec des conditions météo identiques : des températures autour de 15°, et un vent modéré, aux alentours de 8 km/h, en provenance du sud-est. Attention tout de même, des risques d’averses sont annoncés dans l’après-midi. Des prévisions à affiner, si la pluie venait à faire son apparition cela pourrait changer beaucoup de choses.
Les Favoris

Triple champion du monde en titre de la discipline, Evenepoel s’alignera à Montréal pour marquer un peu plus l’histoire et devenir le premier homme à décrocher 4 titres mondiaux consécutifs. Pour comprendre à qui nous avons affaire, une statistique parlante : depuis le début de l’année 2024, soit 3 saisons pleines, le Belge a pris le départ de 17 c.l.m individuels et s’est imposé 14 fois. Les 3 fois où il n’a pas gagné, les c.l.m étaient soit très vallonnés (deux fois sur le Tour, où Pogacar s’est imposé), soit il a chuté (c.l.m au Pays basque 2024).
Un homme est-il encore en mesure de le battre sur un tracé comme celui de Montréal ? Probablement pas. Son aérodynamisme inégalable, allié à sa puissance brute, fait de lui le meilleur rouleur au monde depuis plusieurs saisons. S’il a semblé encore un peu trop musculeux sur les courses canadiennes la semaine dernière, cela ne sera pas un désavantage ici, sur un parcours plat. Sans conteste, l’homme à battre.

Si Evenepoel est incontestablement le meilleur rouleur au monde, Filippo Ganna est de loin le second. Cette année, l’Italien a été impérial dans l’exercice, si l’on met de côté le chrono du Tour, qu’il estimait de toute façon bien trop difficile pour lui. Ses deux prestations les plus impressionnantes ont été livrées en Italie. Tout d’abord sur Tirreno, où il a bouclé les 11.5 km à 56.9 km/h de moyenne, mais aussi et surtout sur le Giro, où, lors de la 10e étape, il a bouclé le c.l.m de 42 km à 54.9 km/h de moyenne. L’un des chronos longs les plus rapides de l’histoire sur un GT.
Plutôt discret sur le Giro et le Tour, l’Italien s’est montré davantage sur les courses d’un jour, et plus récemment sur le Tour de Grande-Bretagne. La forme semble bonne, et ses prestations chronométrées cette année lui laissent l’espoir de pouvoir rivaliser. En 2023 à Stirling, il avait fini à 12″ d’Evenepoel après 48 km, et à seulement 6 petites secondes en 2024 à Zurich, au terme des 46 km. Le parcours de Montréal devrait parfaitement coller à ses qualités et s’il y a un tracé où il peut espérer rivaliser, c’est bien celui-ci.

Après avoir remporté le c.l.m du Tour de Pologne début août, Küng a récidivé en Espagne lors de la 18e étape. Jusqu’au mois d’août, ce n’était pas forcément l’un des noms qu’on aurait cités parmi les favoris au podium à Montreal, mais le Suisse semble avoir parfaitement redressé la barre. Malheureusement pour lui, il a toujours été un ton en dessous des deux premiers cités, et le voir s’imposer serait une immense surprise. Il s’avancera tout de même avec le statut de sérieux outsider au podium, même si les championnats du monde n’ont jamais été une épreuve qui lui réussissait. Ce parcours plat avec ses longues portions roulantes devrait lui convenir.

Champion du monde U23 en titre de la discipline, Söderqvist prendra cette année le départ parmi les élites. Il a livré de belles prestations pour sa première année chez les pros, allant notamment chercher des podiums sur les c.l.m en Algarve, en Romandie et plus récemment sur le ZLM Tour. Tout aussi capable de performer sur terrain vallonné que sur le plat, ni le tracé ni la distance ne devraient lui poser problème à Montreal. L’adversité sera cependant plus relevée lors des championnats du monde et le voir accrocher le podium serait une petite surprise.

Thornley aura été l’une des confirmations de cette saison 2026 dans l’exercice chronométré. L’année dernière, alors encore U23, il était allé chercher sa première victoire pro sur le prologue du Sibiu Tour. Cette année, pour sa première saison chez les professionnels, il signe la 3e place du c.l.m en Pologne, la 4e du chrono d’ouverture de la Vuelta, et surtout la 2e place, à 2 petites secondes de Küng, sur le c.l.m de la 18e étape de la Vuelta.
Ce dernier chrono tend à confirmer deux choses. D’abord, le Britannique a terminé la Vuelta en excellente forme, pour signer une telle prestation en fin de 3e semaine. Un élément important à prendre en compte à deux semaines des championnats du monde. Ensuite, il est tout aussi capable de performer sur de courtes distances que sur plus de 30 km, sur terrain plat comme vallonné. Le tracé de Montréal ne lui posera pas de problème, et il pourrait surfer sur cette forme de sortie de GT.

Vacek sera l’un des coureurs à surveiller lors de ces championnats du monde. Le Tchèque sort tout juste d’une victoire au général du ZLM Tour, en s’étant largement imposé sur le c.l.m d’ouverture. La distance et l’adversité n’étaient évidemment pas les mêmes que dimanche, mais cela reste tout de même de bon augure. Il a jusqu’ici obtenu ses meilleurs résultats sur des tracés n’excédant pas 25 km, on peut imaginer que l’effort demandé à Montréal soit un peu trop long pour lui.
Mes Choix
Avec ce qu’Evenepoel montre depuis plusieurs saisons, difficile de l’imaginer battu. Le déficit aéro que présente Ganna par rapport au Belge est un élément bien trop handicapant, malgré la puissance déployée par l’Italien. Sur les récents championnats du monde, la bataille entre les deux a été serrée, mais elle a tourné en faveur du Belge, et ce sera probablement encore le cas dimanche.
Pour compléter le podium, je vais de nouveau faire confiance à Thornley. Le Britannique n’est pas passé loin de l’exploit sur la 18e étape de la Vuelta et a très bien terminé son premier GT. Je le pense toujours en forme, et surtout tout à fait en mesure de se battre pour une place dans ce top 3 sur ce tracé.