

La 4e étape sera tracée dans la Principauté d’Andorre. Une étape extrêmement courte mais où les 4 ascensions répertoriées vont s’enchaîner, pour un dénivelé positif total de près de 2 900 m. Une étape placée très tôt dans la Vuelta, mais qui pourrait inciter aux offensives lointaines.
Le Parcours

C’est une étape courte mais intense qui attend les coureurs en Andorre. Les choses sérieuses commenceront dès le départ donné au pied du Port d’Envalira. Le pourcentage moyen n’a rien d’affolant et il n’y aura pas beaucoup de portions très pentues. C’est plutôt sa longueur qui pourrait faire peur à certains coureurs avec ses 25 km.

Les coureurs plongeront ensuite dans une longue descente de 27 kilomètres qui les mènera directement au pied de la seconde ascension répertoriée. Bien moins longue que la précédente, la Collada de Beixalís n’en sera pas moins exigeante. Ses 3 premiers kilomètres afficheront 10% de moyenne sur une chaussée peu large. La seconde moitié de l’ascension sera moins difficile mais proposera tout de même 7% de pente moyenne.

La descente du col sera sinueuse avec de nombreuses épingles à négocier.

Une fois arrivés à Ordino, les coureurs aborderont la 3e ascension répertoriée du jour. Une ascension difficile mais aux rampes assez linéaires, où il restera 26 km à parcourir au sommet.

La descente qui suivra sera longue de 17 km et technique sur ses 8 premiers kilomètres jusqu’à Canillo.

Une fois la descente terminée, il restera alors une dernière ascension à négocier. Une ascension décomposée en deux temps avec une portion de replat au milieu.

Au sommet de la dernière portion, il restera moins de 5 km à parcourir, presque exclusivement en descente.

La Météo
Les températures resteront agréables demain, autour de 20°, sans pluie. Le vent soufflera de manière modérée, sous les 10 km/h, en provenance du sud-ouest. Son influence sur la course ne devrait pas être grande.
Le Scenario
L’étape sera très courte et certainement nerveuse du début à la fin. Avec ce départ en col, les grimpeurs sentiront l’occasion de placer leurs premières attaques. Les hommes loin au général, ceux visant les étapes ou le maillot du grimpeur, vont espérer que les leaders se tiennent tranquilles. L’échappée sera difficile à contrôler, il n’y aura pas un mètre de plat. Certains pourraient privilégier l’attaque afin d’être certains de ne pas se faire piéger. Un scénario difficile à lire, même si la possibilité que Pogačar ne décide de plier définitivement la course lors de cette 4e étape est grande.
Les Favoris

Les choses ne sont pas très compliquées : si Pogacar décide de jouer la victoire et de plier la course, personne ne sera en mesure de l’en empêcher. En tout cas, pas à la pédale.

Kuss va évoluer à domicile demain, sur un tracé qui devrait évidemment l’inspirer. L’Américain trouvera un terrain adapté à ses qualités de grimpeur. Son principal problème étant qu’il ne pointe pas très loin au général. Non pas que cela soit un problème pour Pogacar et UAE, mais les autres prétendants au podium pourraient voir d’un mauvais œil sa présence dans l’échappée. Tout le monde se souvient de la manière dont il a remporté La Vuelta en 2023. Il n’est peut-être plus aussi tranchant, mais j’imagine que beaucoup d’équipes ne voudront pas lui laisser du champ.

Cette 4e étape est celle sur laquelle Fortunato a jeté son dévolu. L’Italien a été très clair sur ses ambitions avant le départ de La Vuelta : une victoire d’étape et le maillot à pois. Ce tracé en Andorre va lui coller à la perfection avec ce départ très difficile et quasiment pas un mètre de plat. À l’inverse de Kuss, lui ne sera pas vu comme un danger immédiat s’il décide de prendre l’échappée et que celle-ci a l’occasion de se jouer la victoire.

Carapaz trouvera un terrain de jeu adapté à ses qualités demain. L’Équatorien est ici pour viser une place sur le podium, à la différence de ses objectifs sur le Tour. Il l’a dit, cela lui demandera de courir différemment. Malgré tout, demain, l’attaque pourrait bien être la meilleure des défenses sur un terrain si montagneux et une étape très courte. S’il ne pourra pas répondre à Pogacar, il voudra très certainement tester et mettre sous pression ses principaux adversaires dans la lutte au top 3.

C’est une étape qui devrait aussi ravir Felix Gall, ou tout du moins la succession d’ascensions devrait lui convenir à merveille. L’Autrichien a encore progressé cette année, tout en travaillant son punch. Il ne pourra évidemment pas suivre Pogacar, mais l’imaginer dans la roue de Carapaz si celui-ci veut contrer est possible. Attention tout de même à ne pas se retrouver isolé. Sur le Giro, aucun de ses adversaires n’a tenté de le mettre en difficulté dans les descentes de cols, son gros point faible. C’est une erreur que les leaders sur La Vuelta ne vont peut-être pas commettre. Son début de Vuelta n’est vraiment pas bon : il a perdu beaucoup de temps sur le chrono d’ouverture, mais a aussi pris la cassure de 18 secondes sur l’étape de Manosque. Et si cela laissait entrevoir des jambes moins flamboyantes que sur le Giro finalement ?

Premier vrai test de la saison pour Onley. Le Britannique avait pris une très belle 4e place au général du Tour 2025, mais a vécu une saison 2026 minée par les chutes et les blessures. Son retour à Burgos était vraiment bon et prometteur. Il est plutôt connu pour son punch, mais l’année dernière il avait réalisé de très belles prestations en montagne sur des étapes à enchaînement de cols. Si derrière Pogačar un petit groupe se présentait ensemble dans la dernière ascension, son punch pourrait être une arme fatale afin de lui permettre de s’échapper sur les 5 derniers km.
Mes Choix
Il semble assez clair que Pogacar a faim de victoire. Avec l’annulation de la troisième étape, c’est une occasion qui s’en est allée. Demain, je pense qu’il mettra son équipe à la planche pour contrôler et le lancer. Il n’attendra certainement pas la dernière ascension, mais pourrait bien profiter des forts pourcentages de la Collada de Beixalís pour s’échapper et réaliser un effort solitaire d’un peu moins de 50 km. Si ses adversaires ne sont pas fous, personne ne tentera de le suivre, sous peine de potentiellement jeter sa propre course par la fenêtre. Dans le groupe derrière, nous pourrions assister à une course plus défensive, à moins que Carapaz ne décide de secouer tout ça, comme il en a l’habitude.
Onley pourrait encore surprendre demain. C’est un nom qui me plaît pour une place sur le podium. J’imagine que derrière Pogacar et potentiellement Carapaz, un petit groupe restera ensemble sur la défensive jusqu’au pied de la dernière ascension. La majorité des 5 derniers km étant en descente, cela ne devrait pas bloquer les attaques. Un puncheur comme Onley trouvera un terrain de jeu idéal sur cette courte ascension à fort pourcentage.
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