Tour de France 2026 – Étape 16


Le contre-la-montre individuel de ce Tour de France. Assez peu long, avec seulement 26 kilomètres au compteur, il n’en restera pas moins exigeant. Ce chrono sera articulé autour d’une longue ascension plutôt roulante (10 kilomètres à 4.3 %). Elle sera suivie d’une descente avec quelques portions techniques. Les neuf derniers kilomètres seront plats avec quelques virages notables dans Thonon. Rien cependant qui ne devrait empêcher les spécialistes de se jouer la victoire.
Parcours
C’est un contre-la-montre très exigeant qui est proposé aux coureurs pour cette 16e étape. Les premiers kilomètres seront constamment en montée. Le tracé ne sera pas technique et la pente assez peu élevée, affichant à peine plus de 4 % sur ces 10 premiers kilomètres de course.

Après un très court plateau d’à peine 600 mètres, les coureurs aborderont la descente longue de 5.8 kilomètres. Très rapide et sans difficulté dans sa première moitié, la route deviendra un peu plus sinueuse sur les 3 derniers kilomètres.


Les 9 derniers kilomètres de ce c.l.m seront majoritairement plats. Rien à signaler jusqu’à l’entrée dans le centre ville de Thonon. Il y aura un premier virage à 90 degrés à droite à négocier à 6.4 kilomètres de l’arrivée, suivi d’une longue ligne droite de 1400 mètres. Les coureurs devront ensuite négocier une large courbe sur la gauche qui débouchera là encore sur une route sans encombre sur 1400 mètres, jusqu’à un nouveau virage à droite à 3.5 km de l’arrivée.



La route sera assez sinueuse entre 3.3 kilomètres de l’arrivée et 2.4 kilomètres. Sur cette portion, il y aura de larges ronds-points à négocier ainsi que plusieurs courbes. Ensuite, les coureurs devront négocier un demi-tour sur une large courbe à droite. Une fois ce demi-tour effectué, les 2.4 derniers kilomètres ne présenteront plus de difficulté notable.



Météo
Beau temps attendu de nouveau demain, avec des températures agréables, entre 24 et 25° pour tous les coureurs.
Le vent soufflera en provenance d’est / nord-est demain après-midi, et sa force devrait légèrement fluctuer. Annoncé à 11 km/h pour les premiers partants, il tombera sous les 9 km/h pour les derniers.
Le vent étant en bonne partie favorable, notamment dans l’ascension, les premiers bénéficieront d’un léger avantage. Mais la plupart des favoris, à l’exception de Ganna, s’élanceront vers la fin dans la même plage horaire et bénéficieront de conditions identiques.
Les Favoris

Énorme performance d’Evenepoel dimanche pour aller chercher sa première victoire sur une étape en ligne sur le Tour, signant par la même occasion sa meilleure performance en carrière. Son année aura été en dents de scie, ne répondant pas forcément présent, ou pas autant qu’attendu, sur les gros rendez-vous. J’avais quelques doutes sur ses premières prestations, mais il a prouvé dimanche être un vrai prétendant au podium final.
Demain sera le jour du clm individuel, sa spécialité. Le meilleur rouleur au monde aura l’occasion de mettre encore plus de distance entre lui et ses principaux adversaires avant d’aborder les Alpes la semaine prochaine. Demain, le parcours vallonné sera parfait pour lui, et il aura en plus le boost de confiance procuré par sa victoire de dimanche. Il s’élancera évidemment avec le statut de favori. Attention tout de même à celui qui pourrait bien être son principal adversaire, Tadej Pogacar.

Avec l’abandon de Vingegaard, Pogacar se retrouve sans réel adversaire, si tant est que le Danois en était encore vraiment un. Il est apparu assez clair que dimanche, le Slovène a couru pour son jeune équipier Del Toro, afin de lui permettre de grimper sur le podium. Demain, ce sera chacun pour soi. La version de Pogacar sur un vélo de chrono lors d’un Grand Tour est bien différente de celui s’alignant sur les Championnats du monde. S’il avait pris une leçon de la part d’Evenepoel à Kigali, il ne faut pas oublier que Pogacar a déjà battu Evenepoel sur des clm lors du Tour de France (2024 Monaco et 2025 Peyragudes).
La différence notable était que ces clm étaient bien plus vallonnés que celui qui les attendra demain, même s’il sera loin d’être plat. Le Slovène est aussi parvenu à très bien limiter la perte de temps sur des chronos plus plats par le passé. La longue portion ascendante ainsi que la descente demain seront très importantes pour lui, car sur les derniers kilomètres plats, Evenepoel devrait lui être supérieur et lui reprendre de précieuses secondes.
Il ne serait pas étonnant de voir Del Toro un peu en difficulté demain. Le Mexicain a déjà montré des lacunes au lendemain des journées de repos, et sa chute de dimanche ne va certainement pas aider lors de ce chrono.

Le troisième prétendant sera sans doute Filippo Ganna. L’Italien n’est pas passé loin d’endosser le premier maillot jaune à Barcelone, auteur d’une ascension incroyable dans le final où seul Pogacar aura été plus rapide que lui. L’Italien semble plus à l’aise que jamais dans les ascensions sur ce Tour de France, et les pourcentages de la côte demain ne devraient lui poser aucun problème.
De plus, il a été l’auteur de deux performances hallucinantes cette année sur des c.l.m individuels. Sur Tirreno tout d’abord, où il a frôlé les 57 de moyenne sur 11 km, mais surtout sur le Giro. À Massa, le champion d’Italie a bouclé les 42 km à près de 55 de moyenne, l’une des meilleures performances de l’histoire en GT sur un chrono de cette distance. Il aurait certainement préféré un contre-la-montre plat pour mieux s’exprimer demain, mais sa forme et ses prestations récentes laissent penser qu’il sera dans la course au podium.
Qu’attendre de Tarling ? Le Britannique est assez discret jusqu’ici, et surtout moins impressionnant contre-la-montre depuis deux ans que ce à quoi on pouvait s’attendre. Je ne pense pas que ce parcours soit vraiment taillé pour lui non plus. S’il a ce qu’il faut pour être dans les 10, je serais surpris de le voir sur le podium.
INEOS pourra aussi compter sur Arensman qui s’affirme de plus en plus comme une référence contre-la-montre. Ne jouant rien au général, difficile de savoir s’il fera ce chrono à fond ou non, tant la victoire et même le podium semblent difficiles à aller chercher.

La 3e semaine va débuter, et Seixas est toujours présent en haut du classement, en embuscade pour jouer le podium final après l’abandon de Vingegaard. Le Français l’a déjà montré, il est un très bon rouleur. Demain, il devrait être en mesure de reprendre du temps à Del Toro dans un exercice qu’il gère mieux que lui.
Sera-t-il aussi capable de jouer le podium de l’étape ? Sur le papier, rien ne l’interdit, le profil vallonné devrait lui convenir. Malgré tout, les pourcentages de la côte ne mettront pas les gros rouleurs comme Ganna hors-jeu, au contraire même. Il sera dans le top 10, probablement top 5 même, mais je ne pense pas podium.

Comme je le pensais, en fin de deuxième semaine, le duo Lidl-Trek a commencé à accuser le coup, même Ayuso qui a perdu 2’ sur Del Toro et 1’ sur Seixas lors de la 15e étape. Je crains pour eux que cette tendance ne s’accentue dans les Alpes.
Avant cela, il y aura le contre-la-montre, un exercice dans lequel Ayuso et Skjelmose se défendent plus que bien. L’Espagnol surtout aura un gros coup à jouer. Si les jambes répondent correctement, il doit être en mesure de reprendre du temps à tout le monde, sauf évidemment sur Evenepoel et Pogacar. Malgré tout, ses performances ces derniers jours ne plaident pas forcément en sa faveur.
Mes Choix
Demain devrait de nouveau voir Evenepoel et Pogacar s’affronter, mais cette fois-ci à distance. Sur une autre course que le Tour, le Belge serait favori sans contestation possible et repousserait le Slovène assez loin. Mais sur le Tour, Pogacar est un tout autre animal.
Le profil vallonné dans la première partie lui permettra de rester dans le jeu, et pourquoi pas même de devancer le Belge au pied de la descente. La partie plate finale conviendra bien mieux à Evenepoel, qui devrait être en mesure de s’imposer pour une poignée de secondes. 3e place pour Ganna, plus loin des deux premiers, mais qui confirmera son bon état de forme.
