Les Coureurs Engagés
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Le Maillot Jaune

Pogacar, quadruple vainqueur du Tour, sera au départ de cette édition 2026 avec le statut d’immense favori une nouvelle fois. Il a réalisé un début de saison quasiment parfait. Il s’est imposé sur toutes les courses auxquelles il a pris part, à l’exception de Paris-Roubaix qu’il a terminé à la deuxième place. Intraitable sur les classiques en début de saison, il l’aura été tout autant en montagne sur le Tour de Suisse il y a de cela quelques semaines. Nul doute qu’il sera prêt de nouveau pour l’échéance du mois de juillet.
L’équipe qui va l’entourer sera très forte et il pourra notamment compter sur un lieutenant de luxe en la personne de Del Toro. Le Mexicain a lui aussi été très en vue cette année en remportant plusieurs CPE World Tour. Le deuxième du Giro 2025 sera là pour épauler son leader avant tout, comme il l’a de nouveau affirmé après le Dauphiné. Sur le niveau affiché jusqu’ici, il semble posséder toutes les cartes pour prétendre à une place sur le podium final. Tout dépendra évidemment de son rôle auprès de Pogacar. Si le slovène n’a pas besoin que son équipier se livre à fond pour lui, le mexicain pourrait avoir assez d’énergie pour jouer sa carte derrière.

Comme cela est le cas depuis cinq ans, le principal adversaire de Pogacar sur le Tour de France sera Vingegaard. Le leader de la Visma a lui aussi réalisé un début de saison parfait. Il s’est tout simplement imposé sur toutes les courses auxquelles il a pris part en 2026.
La dernière en date est bien évidemment le Giro, qu’il a géré d’une main de maître en repoussant tous ses adversaires assez loin et surtout en écrasant toutes les étapes de montagne. Nous avons vu en 2024 comment Pogacar avait pu bénéficier de ces trois semaines sur le Giro pour atteindre un niveau jamais vu sur le Tour de France quelques mois plus tard. Vingegaard va tenter de reproduire cet enchaînement et je ne pense pas que cela sera un problème. Il ne semble pas avoir terminé le Giro complètement épuisé.
Le niveau qu’il a affiché en montagne était déjà très élevé en mai. Le meilleur exemple, sa performance lors de l’ascension de Piancavallo. Le niveau qu’il a affiché ce jour-là aurait pu lui permettre d’approcher le niveau de Pogacar lors du Tour 2025. Un signe que le Danois est revenu proche de son meilleur niveau. Autre élément à prendre en compte, ce Tour de France pourrait être particulièrement chaud. Des températures très élevées sont attendues sur plusieurs jours. Par le passé, ces conditions lui avaient donné un avantage sur Pogacar.
S’il parvient de nouveau à hausser le curseur, alors nous pourrions avoir une belle bataille sur quelques étapes de montagne. Cependant, depuis 2024, le Danois semble clairement en dessous de son adversaire slovène.
Cette année, pour la première fois, il va malgré tout aborder le Tour de France en pleine possession de ses moyens. À voir si cela sera suffisant pour faire la différence et combler l’énorme écart qu’il semble y avoir avec son adversaire. Malheureusement pour lui, il ne disposera pas d’une équipe aussi forte et dense que lui. Il pourrait bien vite se retrouver isolé face à Del Toro et Pogacar lorsque la montagne arrivera. Visma n’aura pas été épargnée ces dernières semaines avec les forfaits de Laporte et Van Aert. Vingegaard sera entouré de 50 % de l’effectif qui composait déjà sa garde sur le Giro, dont Kuss et Piganzoli.
En montagne, il faudra voir comment Jorgenson sera en mesure de l’aider, même s’il apparaît désormais clairement que l’Américain n’est pas en mesure de jouer à la pédale avec le top 5 des favoris en montagne. Un top 10 reste tout de même envisageable, comme en 2024 ou sur la Vuelta 2025.

L’une des principales attractions de cette édition 2026 sera évidemment Seixas. Le coureur de Decathlon va prendre le départ de son tout premier Grand Tour à seulement 19 ans. Il ne sera pas là uniquement pour découvrir, mais bien pour jouer une place sur le podium. C’est un objectif clair et revendiqué par son équipe.
Lorsque l’on voit son début de saison, l’objectif n’est peut-être pas qu’un rêve. Son évolution entre 2025 et 2026 a été fulgurante, au point de le propulser en haut de la hiérarchie des grimpeurs quand on regarde ses performances et ses chiffres. Certes, son équipe sera moins forte que celle d’UAE, mais ce ne sera pas à eux de gérer la course.
En revanche, le vrai point d’interrogation provient de sa chute survenue lors du Dauphiné. Cette chute avait forcé le Français à abandonner. Elle a certainement retardé sa période d’affûtage, il faut espérer que cela n’impacte pas trop ses performances. À la pédale, il semble clairement en mesure de jouer le top 5, voire le top 3. Je ne suis pas vraiment inquiet sur sa capacité à tenir trois semaines quand on voit ce dont il est capable, mais le Tour est une toute autre histoire que le Tour du Pays-Basque. S’il s’est montré comme l’un des 3 – 4 meilleurs au Monde sur les efforts jusqu’à 20′, il sera intéressant de découvrir ce qu’il est capable de faire en course face au top mondial sur des ascensions plus proches des 40′.
Doit on voir un signe dans le fait que l’équipe sera divisée en deux pôles bien distincts, entre lui et Kooij ? À titre personnel, je pense que Decathlon a tout à fait raison de le faire pour optimiser ses chances de résultat. Mais peut-être que la confiance en Seixas est un peu plus limitée après sa chute. Autrement, on aurait pu imaginer l’équipe se tourner à 100% autour de lui pour aller chercher son objectif.

RedBull se présente avec une très belle équipe. Hindley, récent troisième du Giro, sera bien présent dans le rôle d’équipier pour le duo de leaders Lipowitz et Evenepoel.
L’Allemand est d’une régularité difficilement égalable depuis le début de la saison. En effet, sur les trois CPE World Tour auxquelles il a pris part, il n’est jamais sorti du top 5 final. Il vient en plus de remporter de manière assez aisée le Tour de Slovénie en s’imposant sur les deux dernières étapes. Le problème pour l’Allemand est que, malgré cette belle régularité, il ne fait clairement pas le poids face à Pogacar et Vingegaard. Il y a même quelques doutes sur sa capacité à pouvoir tenir en montagne face à un homme comme Del Toro ou encore Seixas.
Si on compare ses performances par rapport à l’année passée à la même époque, il semble être au moins aussi fort, voire peut être un petit ton au dessus. De bonne augure à l’amorce du Tour, ou on peut espérer le voir passer un nouveau cap. Il lui faudra cependant minimiser au plus possible la perte de temps sur les étapes punchy, et notamment dès les premiers jours à Barcelone.
Evenepoel sera aussi là pour jouer le podium. Troisième du Tour de France 2024, il avait affiché un niveau incroyablement élevé en montagne. Malheureusement, depuis, il a été incapable de reproduire sur la durée de telles performances. Surtout, il n’est clairement pas le coureur le plus fiable sur les courses par étapes. Il regrettera très certainement le manque de kilomètres contre-la-montre. Cela aurait pu lui permettre de prendre un avantage conséquent sur des hommes comme Del Toro mais aussi Seixas.
En revanche, à l’image de Vingegaard, le belge devrait cette année aborder le Tour en pleine possession de ses moyens. Sa préparation hivernale n’a pas été tronquée, et il n’a pas été surchargé en jour de course avant la Grande Boucle. S’il y a une édition où il peut espérer retrouver le niveau affiché en 2024, c’est certainement cet été. Lui-même a dit se sentir vraiment bien. Si tel est le cas, alors la bataille pour le podium sera très intéressante.
Pour le duo, difficile de vaincre à la pédale les hommes cités plus haut. Il faudra ruser tactiquement. Il faudra surtout espérer qu’un homme comme Del Toro ne soit pas en mesure d’accompagner Pogacar très loin sur les étapes de montagne. Autrement, il leur sera difficile de tenter des coups tactiques car ils seront pris en chasse par le lieutenant du slovène. Les stratégies et autres coups tactiques ne semblent plus servir à grand chose face à Pogacar et Vingegaard, presque intouchables.

Après un début de saison miné par les blessures et les maladies, Ayuso a affiché un très bon niveau sur le Dauphiné. Il a semblé monter en puissance au fur et à mesure que la course avançait. Malheureusement pour lui, il est tombé sur un Del Toro injouable.
On peut imaginer que sa forme ira encore crescendo d’ici au départ du Tour de France. Le voir à la peine face au lieutenant de Pogacar n’était cependant pas un bon signe concernant ses ambitions de podium au général. Il partira avec un statut d’outsider et surtout une équipe bien moins forte.
À la pédale, il est difficile de l’imaginer terminer sur le podium d’un Tour de France avec une startlist aussi relevée. De plus, il n’est pas le coureur le plus régulier sur les Grands Tours et a régulièrement montré des limites. S’il parvient à enchaîner les étapes sans soucis de santé, il fait indéniablement partie des coureurs capables de terminer dans le top 5.
Qu’en sera-t-il du rôle de Mattias Skjelmose aux côtés d’Ayuso ? Nous l’avons vu depuis le début de saison sur les courses par étapes, le Danois a été plutôt décevant, loin du niveau attendu de lui. Les choses se sont un peu améliorées sur le Dauphiné qu’il a terminé à la sixième place au général.
Nous l’avons vu travailler pour son leader espagnol qui était clairement au-dessus de lui. Si les choses restent identiques sur le Tour de France, nous devrions de nouveau le voir se mettre au service d’Ayuso. De toute manière, Skjelmose ne semble pas être, à la pédale en tout cas, en mesure de jouer un top 5 sur le Tour de France. En revanche, il est un candidat sérieux au top 10 s’il parvient à retrouver la régularité qui lui avait permis d’accrocher un top 5 sur la Vuelta il y a deux ans.

Sur le Tour, Uijtdebroeks endossera le rôle de leader pour la Movistar. Après des saisons très compliquées, le Belge semble revenir peu à peu vers le niveau qu’il avait affiché en 2023 lors de sa première saison chez les pros. Il y avait d’ailleurs signé un top 10 sur la Vuelta pour son premier Grand Tour.
La Vuelta n’est certes pas le Tour de France, mais ce qu’il a montré sur le Dauphiné était très encourageant. Ce niveau est loin d’être suffisant pour viser un top 5, mais un top 10 pourrait être tout à fait dans ses cordes. Cela est d’autant plus vrai avec le peu de kilomètres contre-la-montre qu’il y aura lors de cette édition. En montagne, il reste difficile de l’imaginer rivaliser avec les meilleurs. Il doit cependant être en mesure de se battre avec les autres outsiders pour aller jouer une place entre la 6e et la 10e position.

Après avoir assez mal débuté son Dauphiné, Johannessen s’est repris. Il s’est montré le troisième plus fort de la course en montagne lors des deux derniers jours.
Depuis le début de la saison, il est entré dans le top 10 de toutes les courses par étapes auxquelles il a pris part. Les scénarios n’ont cependant pas été identiques à chaque fois. Sur le Dauphiné ou au Pays Basque, il a en effet bénéficié d’échappées pour pouvoir se replacer. Sur le Tour, le contre-la-montre par équipes et le chrono individuel seront un gros problème pour lui. Il devrait de nouveau y perdre du temps.
J’imagine le voir courir un Tour de France à l’image de son Dauphiné. Il pourrait prendre quelques échappées pour grappiller du temps et monter en puissance au fur et à mesure. Malgré tout, il semble tout de même un bon ton en dessous des principaux favoris au top 5. Le voir améliorer, ou même simplement rééditer, sa sixième place de l’année dernière face à une concurrence bien plus relevée me semble compliqué à imaginer.

Pidcock réalisait un excellent début de saison avant sa malheureuse chute lors du Tour de Catalogne. Le Britannique a mis un mois à revenir mais semblait loin de son meilleur niveau sur le Tour des Alpes.
L’année dernière, Pidcock est allé chercher son premier podium en carrière sur un Grand Tour en décrochant la troisième place sur la Vuelta. Le Tour d’Espagne est peut-être le Grand Tour lui convenant le mieux, mais la performance n’en reste pas moins excellente.
Le Tour de France est une toute autre histoire, notamment en ce qui concerne les étapes de montagne. À son meilleur niveau, sur les étapes typées « classique » ou de moyenne montagne, il devrait répondre présent. Il sera cependant plus limité sur les vraies étapes de haute montagne face aux meilleurs grimpeurs. Pour cette raison, un podium à la pédale me paraît hautement improbable. S’il parvient à rester régulier, il peut tout de même espérer terminer dans le top 10 du Tour.

Bahrain se présente sur le Tour avec la doublette Martinez / Tiberi en leaders. L’Italien avait fortement impressionné en début de saison sur le Tour des UAE avant de devenir totalement transparent, et ce jusqu’à très récemment encore sur le Tour de Suisse. Difficile de situer clairement où il en est de sa préparation pour son premier Tour, mais rien de bien encourageant. Top 5 du Giro 2024, la confirmation se fait encore attendre.
Une saison bien plus aboutie pour Martinez en revanche. Entre Paris-Nice, la Catalogne et la Romandie, le Français semble enfin avoir trouvé la régularité qui lui faisait tant défaut. Il était un ton en dessous sur le Tour de Suisse, mais pas nécessairement inquiétant à ce stade. Il lui faudra désormais prouver qu’il peut tenir le choc trois semaines durant sur le Tour, même s’il semble plutôt se diriger vers la chasse aux étapes et au maillot à pois.

Le Maillot Vert

Les Favoris
ASO a décidé de modifier son barème pour le classement par points cette année. Le changement le plus important étant que les étapes de plaine sont désormais divisées en deux catégories de difficultés. Sur les cinq étapes de coefficient 1 (les sprints massifs les plus « purs », sans aucun obstacle sur le parcours), le vainqueur empoche désormais 70 points au lieu de 50. Les places d’honneur sont aussi revalorisées, le 2e prenant 50 points et le 3e 40 points, tandis que les étapes de plaine légèrement vallonnées ne voient pas de modification et rapporteront toujours 50pts au vainqueur. Second changement notable, les sprints intermédiaires offrent maintenant un maximum de 25 points (contre 20 l’an dernier).
Des mesures qualifiées « d’anti-Pogacar », pour empêcher le slovène de repartir avec tous les maillots et pour s’assurer qu’un vrai sprinter remporte ce classement annexe. Cela devrait effectivement être le cas encore sur cette édition.

Tim Merlier a repris la compétition très tard cette année, la faute à des soucis de genoux qui l’ont handicapé. S’il a très vite retrouvé le chemin de la victoire en surclassant ses adversaires, la donne était un peu différente en juin sur le Tour de Belgique. Face à une adversité plus relevée, il n’a pas semblé en mesure de dominer comme auparavant mais il a affiché une très belle régularité en signant une victoire et deux deuxième place.
Il reste malgré tout, sur le papier, le meilleur sprinter au départ, et devrait grandement bénéficier du nouveau barème. Il pourrait souffrir sur les étapes vallonnées, surtout si certaines équipes décident de le mettre sous pression. L’année dernière, il aurait même pu être mis hors course si les délais du contre-la-montre de Peyragudes n’avaient pas été augmentés. Malgré son niveau et son statut de meilleur sprinter au monde, Merlier n’a jamais remporté ce classement annexe sur un GT.

Jasper Philipsen a un peu perdu de sa superbe sur les sprints massifs depuis quelques saisons, afin de travailler un peu plus en vue des classiques et lui permettre d’être toujours plus polyvalent. Un pari gagnant quand on voit sa victoire finale sur le Tour de Belgique.
À la pédale, sur un sprint après une étape sans réelles difficultés, il ne fait pas le poids face à Merlier. Il semble malgré tout être en mesure d’accrocher des podiums pour minimiser la perte de points sur ce type de sprints. Ce sera sur les étapes plus accidentées qu’il devra faire la différence sur son compatriote pour espérer repartir avec le maillot vert. Sa polyvalence sera un véritable atout.

Pedersen est-il un prétendant crédible au maillot vert cette année ? Malheureusement pour lui, je crains que cette modification du barème ne lui soit trop préjudiciable. Il peine déjà en temps normal à scorer de gros points sur les sprints massifs, et ce nouveau barème ne fera qu’accentuer l’écart de points entre lui et des hommes comme Merlier et Philipsen. Il pourrait tenter de jouer les coups sur les étapes vallonnées et les sprints intermédiaires, mais cela ne me semble pas suffisant pour espérer repartir avec le maillot vert. S’il vise ce maillot, il faut s’attendre à ce que Lidl cadenasse et durcisse les étapes 4, 13 et 17 pour tenter de sortir au moins Merlier du jeu sur des étapes rapportant 50 pts.

Kooij a quitté Visma pour rejoindre Decathlon avec un désir très clair : participer au Tour de France et se mêler à la bataille pour le maillot vert. Longtemps sur la touche à cause de problèmes physiques, le Néerlandais a finalement pu reprendre la compétition récemment et s’est très vite montré à son avantage. S’il a longtemps été question de savoir si Décathlon l’emmènerait ou non sur le Tour, l’équipe a tranché. Il sera bien présent.
À son meilleur niveau, il est l’un des sprinteurs qui encaissent le mieux le dénivelé et reste totalement capable de passer les bosses. Comme nous l’avons vu récemment face à Merlier et Philipsen, il n’a pas grand-chose à leur envier pour ce qui est de la puissance au sprint. Il a cependant annoncé ne pas jouer le maillot à fond, en ne prenant pas part notamment aux sprints intermédiaires.

Le Maillot à Pois

Semaine 1
La première semaine ne sera pas celle qui rapportera le plus de points, mais ceux-ci seront assez répartis entre les étapes 2, 3, 4 et 9. Difficile pour les baroudeurs de se jeter à fond dès le départ, mais les étapes 3 et 4 devraient être dans leur viseur au départ.
L’étape 6 sera quant à elle l’une des étapes offrant le plus de points sur l’ensemble du Tour. Les hommes jouant le classement de la montagne devront absolument tenter leur chance ici en visant l’enchaînement Aspin – Tourmalet qui offrira 30 points. Tout dépendra de si Pogacar et Vingegaard décident de se faire la guerre ici cependant.
Semaine 2
Les choses semblent un peu plus claires en ce qui concerne la deuxième semaine de course. Ici, il y aura 3 étapes à ne surtout pas manquer sous peine de louper de précieux points : les étapes 10, 14 et 15. Sur la 14e, les baroudeurs devraient être en mesure de scorer la majorité des points, même si les leaders venaient à se jouer la victoire une fois au pied du col du Haag.
La situation est plus difficile à anticiper pour la 10e étape cependant. Si la course venait à s’animer avant le Pas de Peyrol, les favoris pourraient bien repartir avec la majorité des points en jeu. Enfin, les 20 points du Plateau de Solaison semblent promis à l’un des leaders. Les baroudeurs devront donc tout faire pour scorer sur les 3 ascensions en cours de route sur cette 15e étape.
Semaine 3
Comme bien souvent, c’est en troisième semaine que tout va se jouer car c’est ici que se trouvent les gros points pour le classement de la montagne. Ceux-ci seront principalement concentrés entre les étapes 18, 19 et 20. La 18e semble plutôt taillée pour les baroudeurs, je serais étonné de voir les leaders y jouer la gagne. L’intégralité des points devrait ainsi revenir à l’échappée.
La situation est un peu moins claire pour la 19e étape cependant. J’aurais tendance à penser qu’un homme jouant le classement de la montagne puisse être en mesure d’aller chercher les points au minimum sur les trois premières ascensions du jour, même si les favoris venaient finalement à se disputer la victoire au sommet de l’Alpe d’Huez.
Le scénario de la 20e étape dépendra grandement de l’état du classement général. Il y aura de très gros points à marquer tout au long du parcours, mais pas de points doublés au sommet du Galibier. Si la course est menée tambour battant par une des équipes de leaders, il sera difficile pour les baroudeurs d’aller scorer ici. À l’inverse, si on les laisse tranquilles au moins jusqu’au Galibier, alors la donne sera toute autre.
Les Favoris
La donne est simple : lors de ses 4 victoires sur le Tour, Pogacar est reparti avec le maillot de meilleur grimpeur 3 fois. En 2025 encore, même en « offrant » des victoires qu’il aurait pu aller chercher, il a aussi fini premier de ce classement, devant Vingegaard. Le Danois de son côté a remporté une fois ce classement annexe.
Sur les 6 dernières éditions, les deux ont remporté 4 fois ce classement, et au moins l’un des deux a toujours fini sur le podium. Le barème ne semble pas vraiment permettre à un baroudeur de prendre une avance considérable, les points offerts au premier ne faisant pas une énorme différence par rapport au deuxième ou au troisième au sommet d’un col. En cela, le système diffère grandement de celui du Giro.
Malgré tout, lorsque l’on regarde la disposition des cols sur les étapes rapportant le plus gros des points, il y a selon moi une raison d’espérer pour les baroudeurs. À condition, bien évidemment, que Pogacar soit plus dans une logique de gestion comme en 2025 que dans la destruction comme en 2024.

Depuis plusieurs années, Pogacar est devenu sans aucun doute possible le meilleur grimpeur au monde. En 6 participations au Tour, il a remporté 4 fois le maillot blanc à pois rouges. S’il le désire cette année, difficile d’imaginer qui sera en mesure de lui contester. Surtout si les coureurs ayant annoncé jouer ce classement annexe venaient à se partager les points et à se marcher dessus.

Carapaz est l’un des coureurs ayant clairement affiché ses ambitions et ses vues sur le maillot blanc à pois rouges. C’est un classement annexe qu’il a déjà remporté en 2024. On le sait, lorsque l’Équatorien est en mode chasseur d’étapes, il est redoutable et sera un vrai épouvantail à l’avant sur chaque journée de montagne.
Il a déclaré se désintéresser du classement général car il estime ne pas avoir une équipe assez forte pour lui permettre de jouer le haut du tableau. Un argument qui n’avait pourtant pas empêché Healy de terminer dans le top 10 l’année dernière.

Du côté de l’équipe Bahrain, les choses semblent assez claires avant le départ : Tiberi vient jouer le top 10, pendant que Martinez va se concentrer sur les victoires d’étapes et le maillot à pois. On le sait, ce maillot tient particulièrement à cœur au Français. L’année dernière, il avait déjà tenté sa chance, mais il avait payé son manque de régularité au final.
Une régularité qu’il semble enfin avoir trouvée cette année. Je suis même assez étonné de ne pas le voir tenter le général dès le départ, mais au fil des échappées, nous pourrions le voir intégrer le top 10 en plus d’aller chercher des points pour ce classement annexe.

Vainqueur de l’étape du Mont Ventoux en 2025, Valentin Paret-Peintre s’est fixé comme objectif de remettre ça sur le Tour 2026. Mais pas que. En effet, le grimpeur français veut aussi clairement viser le maillot à pois cette année. Un objectif qu’il s’est fixé depuis cet hiver, d’après ses dires. Au vu de ce qu’il a montré cette saison par moments, il y a fort à parier qu’il sera un outsider crédible mais probablement pas LE favori.
