Giro d’Italia 2026 – Étape 18

Prise dans sa globalité, cette 18e étape sera loin d’être la plus difficile de l’épreuve. Elle sera légèrement escarpée en début et en fin de parcours. Toutefois, les sprinteurs encore présents auront-ils assez de main-d’œuvre pour maintenir l’échappée à portée ? La présence du Muro di Ca’ del Poggio (1.1 km à 12.3 %) à moins de 10 km du terme représentera un obstacle majeur pour eux. Une vraie étape de transition avant d’aller chercher la montagne.
Le Parcours
Cette 18e étape sera loin d’être une partie de plaisir pour les sprinteurs.
Après 20 km relativement plats, les coureurs arriveront au nord de Trento et les problèmes vont commencer pour les grosses cuisses du peloton. Ils devront en effet affronter une ascension non répertoriée de 5 km à un peu plus de 6% de moyenne.
Derrière, la route ne sera pas immédiatement plate, elle restera en effet vallonnée sur une quinzaine de kilomètres avec deux autres ascensions non répertoriées qui vont se succéder.

Entre le 40e et le 70e kilomètre, le parcours sera majoritairement en faux plat descendant, avec quelques petites côtes, dont la première répertoriée de la journée. Les 50 derniers kilomètres en revanche seront beaucoup plus vallonnés.
Les Derniers Kilomètres
Il n’y aura qu’une seule ascension répertoriée à la toute fin, mais nous pouvons compter au moins six côtes supplémentaires en amont.

Les portions plates ne seront pas très longues et cela n’est pas une bonne nouvelle pour un peloton qui voudrait chasser des échappés.
À un peu moins de 11 km de l’arrivée, les coureurs devront affronter la dernière difficulté répertoriée du jour. Il s’agit du fameux Muro di Ca’ del Poggio, une ascension que l’on retrouve régulièrement sur les routes du Giro.
Cette fois-ci, elle sera placée assez tard dans l’étape, à l’inverse des éditions 2022, 2024 et 2025. Avec ses 1.1 km à 12.3% de moyenne, c’est un véritable mur qui va se dresser sur la route des coureurs.

Une rampe de lancement parfaite pour les puncheurs qui voudront tenter de s’isoler avant le final de la course. Au sommet de la côte, il restera un peu moins de 9 km.
La majorité du parcours restant sera en faux plat descendant, jusque dans les deux derniers kilomètres qui seront plats.
Météo
Les températures devraient de nouveau être élevées demain, juste sous les 30 degrés. Elles auront tendance à baisser à l’approche du final, en même temps que les risques d’averses augmenteront légèrement.
Le vent soufflera en provenance de l’Est et sera donc défavorable sur la majorité du parcours. Avec une vitesse sous les 7 km/h, il ne devrait pas avoir un impact énorme.
Le Scenario
Malheureusement pour les grosses cuisses du peloton, cette étape semble avoir été dessinée pour les faire souffrir. Que ce soit sur les 40 premiers kilomètres avec l’enchaînement des côtes, notamment celle à l’entrée de Trento, ou les 50 derniers kilomètres où la route ne fera que monter et descendre, il leur sera très difficile de jouer la victoire.
Bon nombre d’entre eux devraient même sauter dans la côte de Trento et il leur sera difficile de rentrer immédiatement après. Un gros groupe devrait prendre le large, comme hier. Une fois parti, pas sûr que les équipes de sprinteurs soient en mesure de les reprendre, surtout avec un final si escarpé et l’ascension du Muro di Ca’ del Poggio dans les 10 derniers kilomètres.
Les Favoris

Avec 50 points promis au vainqueur, cette étape revêt une importance capitale pour Narváez dans sa quête du maillot Ciclamino. Il était encore à l’avant hier, mais un final bien trop tactique l’aura empêché de jouer la victoire.
J’imagine UAE jouer le coup de la même manière, en envoyant plusieurs hommes à l’avant avec l’Équatorien. Une fois de plus, il aura la pancarte de favori et pourrait, s’il n’est pas une jambe au-dessus des autres, de nouveau se faire piéger.
Cela pourrait ouvrir la porte à un autre de ses équipiers. Hier, il s’agissait d’Arrieta. Demain pourrait être le tour de Christen. Le Suisse trouvera dans l’ascension du Muro di Ca’ del Poggio une côte parfaitement adaptée à ses qualités de puncheur.

Demain, Soudal sera confrontée à un dilemme. Toute l’équipe devra-t-elle faire corps autour de Magnier afin de tenter de rentrer sur une échappée où Narváez sera certainement présent ? Ou bien devront-ils envoyer au moins un homme à l’avant pour tenter de contrer l’Équatorien ?
Mon avis est que, comme aujourd’hui, ils placeront au moins un homme dans l’échappée. J’avais Stuyven en tête hier. C’est le nom que je vais ressortir de nouveau aujourd’hui.
Avec ce qu’il a montré, cette étape devrait être dans ses cordes. Même si le Muro di Ca’ del Poggio pourrait être compliqué pour lui face à des puncheurs.

De manière assez incroyable, Astana a totalement loupé la grosse échappée sur la 17e étape. C’est un loupé qu’ils ne manqueront pas de corriger très certainement dès demain. L’équipe ne semble pas disposer d’un homme en mesure de s’imposer au sein du peloton, leur meilleure chance réside donc dans le fait de prendre l’échappée.
On l’a vu hier, Bettiol semble s’être grandement économisé. Il a montré des jambes incroyables dans les très forts pourcentages de la 13e étape et pourrait de nouveau faire parler la poudre dans le Muro di Ca’ del Poggio. C’est aussi le cas d‘Ulissi, que nous avions vu très en forme sur la 11e étape.

Après sa victoire sur le contre-la-montre, Ganna a dit qu’il voulait tenter sa chance sur une étape en ligne pour prouver qu’il n’était pas seulement un rouleur. Cette 18e étape sera donc sa dernière chance. Il faudra voir si INEOS lui laisse enfin un bon de sortie, lui qui semble plutôt utilisé en tant qu’équipier. S’il parvient à sortir, les différentes ascensions au cours de la route ne devraient pas lui poser de problème.
La question se pose pour le Muro di Ca’ del Poggio. En forme, il est capable d’exceller en bosse et pourrait être en mesure de limiter les dégâts sur cette ascension assez courte. Il ne restera pas beaucoup de chemin à parcourir une fois le sommet passé. C’est dans ce moment-là qu’il pourrait faire parler ses qualités de rouleur pour rentrer sur l’homme ou les hommes qui se seraient isolés dans le mur.

Quelle sera la stratégie adoptée par Movistar demain ? Nous les avons vus très entreprenants depuis le début de ce Giro, toujours à l’avant ou à rouler dans le peloton pour faire sauter les sprinteurs. Demain, ils pourraient de nouveau avoir envie de faire confiance à Aular et donc de contrôler la course.
Malheureusement, ils auront besoin d’aide pour cela dès le départ de l’étape, et ils pourraient bien, justement, en manquer.
Mes Choix
Il est difficile d’appréhender parfaitement le scénario de la course demain. Le départ sera très difficile, tout comme les derniers kilomètres. Est-ce que les équipes de sprinteurs vont décider de faire corps derrière leur leader et mener la chasse dans la partie centrale pour rentrer sur l’échappée ? Le problème étant qu’elles n’auront aucun moyen de contrôler sa formation. Si celle-ci est trop conséquente, il leur sera difficile, voire impossible, de rentrer.
Je pense donc que ces équipes, et notamment Soudal, feraient mieux d’envoyer un homme à l’avant pour tenter de jouer l’étape, mais aussi pour empêcher Narváez de prendre trop de points au Ciclamino. Le final, malgré la présence du Muro, pourrait être tactique. Une équipe en supériorité numérique pourrait alors avoir un avantage afin d’accompagner les différents coups qui partiront dans les sections vallonnées.
Après le loupé de la veille, je vais faire confiance aux hommes d’Astana et faire de Bettiol mon favori pour la victoire. Il est cependant difficile d’avoir une confiance absolue en lui, tant sa forme et son envie sont fluctuantes au sein d’une même course. Mais avec ce qu’il a montré en fin de deuxième semaine, il semble avoir d’excellentes jambes. Le podium pour Stuyven demain ?

