Giro d’Italia 2026 – Étape 14

La 14e étape marquera le premier acte avec un véritable enchaînement de cols. Ce parcours de seulement 133 km compte cinq cols répertoriées, lui valant une classification « cinq étoiles ». Après un départ sur les chapeaux de roues par le Saint-Barthélemy (15.8 km à 6.5 %), la journée se conclura par la montée de Pila (16.5 km à 7.1 %). Cette ultime difficulté s’avère longue mais très linéaire, sans gros changement de rythme.
Le Parcours
Il faudra être prêt dès le départ de cette 14e étape car rien ne sera épargné aux coureurs. En effet, peu après le kilomètre zéro, le peloton devra affronter le col de Saint-Barthélemy. Avec ses 16 km à 6.1 % de moyenne, cette ascension pourrait faire des dégâts dès le départ. C’est une montée irrégulière où les zones de replat côtoient, par endroits, des pentes à plus de 10 %. Sa descente sera longue de 15 km et particulièrement sinueuse dans sa deuxième moitié.


Après la descente suivra une portion de 10 km de plaine qui ramènera les coureurs à Aoste. La route commencera alors à s’élever progressivement jusqu’à ce qu’ils atteignent le pied de la seconde difficulté répertoriée de la journée. Sa descente sera bien plus courte que la précédente, mais sinueuse elle aussi.


Après cette descente, les coureurs reprendront leur chemin de nouveau en direction d’Aoste. Ils bifurqueront cette fois-ci pour aller chercher le pied de l’ascension suivante. Les montées de Lin Noir et de Verrogne s’enchaîneront sur les 18 km qui suivront. Ces deux difficultés seront séparées par une descente longue de 4.5 km, entrecoupée de repechos. Les coureurs seront donc régulièrement en prise dans cette phase de transition.
La descente entre Verrogne et Saint-Pierre sera longue de 15 km et, encore une fois, sinueuse.


Une fois arrivés à Saint-Pierre, il restera une portion de transition de 9 km jusqu’à Gressan. Ici débutera alors la dernière ascension répertoriée de la journée. L’arrivée de l’étape sera située à son sommet.

Météo
Il fera beau et chaud demain pour cette 14e étape. Les températures approcheront les 30° lorsque les coureurs seront dans la vallée, mais chuteront autour des 20° lorsqu’ils seront dans les différentes ascensions.
Le vent, lui, devrait être très faible, avec 7 km/h de moyenne attendus. Si tel est le cas, cela ne sera pas un frein aux offensives.
Le Scenario
Enfin un départ en côte sur ce Giro. Les baroudeurs-grimpeurs seront à la fête, à moins qu’une des équipes de leaders ne décide de mettre le feu aux poudres sur une étape qui sera assez courte. Avec un sprint le lendemain, puis la journée de repos lundi, il n’est pas impossible de voir Decathlon, RedBull ou pourquoi pas même Visma tenter quelque chose.
Malgré tout, la construction de cette étape ne me semble pas idéale pour tenter des offensives de loin. En revanche, certains pourraient avoir envie de mettre la pression aux moins bons descendeurs dans la descente de Verrogne. Enfin, sans être extrêmement difficile, l’ascension de Pila sera longue. Les échappés auront besoin d’une avance conséquente pour espérer s’imposer.
Les Favoris

Ce départ en col est une excellente nouvelle pour Ciccone. Le grimpeur italien a beaucoup tenté, mais sans jamais réussir à prendre les bons coups à cause des départs en plaine. Demain sera bien plus adapté à ses qualités.
À voir tout de même s’il n’a pas laissé trop de forces dans la bataille lors des derniers jours à tenter à tout va. Mais, si les jambes tournent toujours aussi bien qu’en première semaine, alors il sera très difficile à battre au sein de l’échappée. En dehors du groupe de leaders, Ciccone sera peut-être l’un des seuls hommes à être en mesure de résister au retour du peloton dans le final.
Après un démarrage poussif, Gee s’est parfaitement remis dans le droit chemin avec un super chrono. L’étape de demain, mais surtout le profil de la dernière ascension, conviendra parfaitement au type de grimpeur qu’il est.
Peu de changements de rythme, le tout lui permettant de grimper à une allure régulière et très soutenue. Il ne faudra pas s’étonner de le voir céder sous les premières attaques avant de remonter ses adversaires un à un.

En écoutant son interview d’après-course cet après-midi, il semblerait que Vingegaard ait marqué cette 14e étape particulièrement, et ce depuis l’annonce du parcours. Le col au départ va rendre le contrôle assez difficile, mais Visma a finalement peu eu à travailler sur ces 13 premiers jours.
Les équipiers du Danois doivent avoir conservé assez d’énergie. Surtout, leur leader ne semble plus malade. De quoi frapper du poing sur la table demain dans une étape à enchaînement de cols qui lui conviendra à la perfection. Plus le rythme sera élevé tôt dans la course, plus il sera en mesure de faire des différences.

Une étape de montagne avec un enchaînement de cols, comme Gall les aime. L’Autrichien a affiché un niveau extrêmement élevé en montagne depuis le début du Giro, ne concédant que quelques poignées de secondes à Vingegaard à chaque fois.
Mais ses adversaires ont peut-être noté un élément important : il est vraiment un très mauvais descendeur. Si une équipe décide d’appuyer dans les descentes, il pourrait bien perdre le contact avec le groupe et devoir faire des efforts supplémentaires au pied des ascensions.
Mais, si tout se passe bien pour lui, il devrait encore être le dernier dans la roue de Vingegaard. Il n’y a pas de raison a priori pour que la hiérarchie derrière le Danois change. Pour le moment.

Arensman devrait particulièrement apprécier le profil de la dernière ascension. Lui aussi trouvera une étape dans son ensemble qui devrait lui convenir. Il réalise un début de Giro proche de la perfection et, grâce à son énorme contre-la-montre, est encore totalement dans le jeu pour le podium final.
Le Néerlandais a tendance à se bonifier au fil des étapes, et cela ne peut être que positif en vue de demain.

Après une très bonne ascension du Blockhaus, O’Connor a beaucoup plus souffert dans l’ascension punchy à fort pourcentage de Corno alle Scale. Rien de surprenant, tout comme son très bon contre-la-montre qui le laisse dans le jeu pour le podium.
Demain, il trouvera dans l’ascension finale quelque chose qui colle parfaitement à ses qualités. Si l’on se base sur ce qu’il a été capable de faire sur le Blockhaus, il devrait de nouveau se montrer parmi les meilleurs.

Cette première moitié de Giro aura vraiment été terrible pour le duo Hindley – Pellizzari. Les deux ont été touchés par une maladie leur ayant fait perdre du temps sur la 9e étape, et les empêchant d’être à 100% sur le contre-la-montre.
Ils ont bien reculé au classement mais ne semblent pas prêts à rendre les armes pour autant. Ils n’ont pas l’équipe pour contrôler et imposer un gros tempo, mais les deux pourraient tenter d’être un peu plus offensifs désormais pour tenter d’inverser la tendance.
L’ascension de Pila conviendra probablement mieux à Pellizzari qu’à Hindley, si la maladie les laisse tranquilles.
Mes Choix
Il semblerait bien que Vingegaard ait envie de remporter cette étape. Si tel est le cas, il sera très difficile d’aller lui contester la victoire. En tout cas, cela ne viendra très certainement pas du groupe des favoris.
L’ascension finale est si longue, et l’étape si courte, que je pense que l’échappée aura du mal à développer assez son avance. Nous devrions assister à la 3e victoire du Danois demain.
Gall devrait l’accompagner sur le podium et montrer qu’il est bien le deuxième homme de ce Giro. La troisième place sera pour Gee. Je pense que le Canadien va vraiment monter en puissance sur le reste de ce Giro, et la dernière ascension demain lui colle parfaitement.

