Giro d’Italia 2026 – Étape 12

La 12e étape empruntera une partie des routes de Milan – Sanremo, mais en direction du nord. Peu de choses à signaler sur les 100 premiers kilomètres avant la succession des deux ascensions répertoriées de la journée. Il restera 50 km à parcourir au sommet de la dernière difficulté, mais le final accidenté pourrait compliquer la tâche du peloton. Une nouvelle bataille intéressante se profile ainsi entre les sprinteurs et les baroudeurs.
Le Parcours
Les 100 premiers kilomètres de cette étape n’offriront que très peu de relief. La portion entre le kilomètre 100 et le kilomètre 130 sera certainement la plus intéressante de cette étape puisque les coureurs auront quitté la côte pour remonter en direction du nord. Ils auront alors deux côtes à franchir qui vont se succéder.


Au sommet du Bric Berton, il restera tout de même une bonne cinquantaine de kilomètres à couvrir. Le terrain restera vallonné sur quelques kilomètres avant que les coureurs n’abordent réellement la descente en direction de Molare.
Une portion d’une quinzaine de kilomètres de transition mènera ensuite les coureurs dans les 15 derniers kilomètres de course.
Les Derniers Kilomètres

Jusqu’à 7 km de l’arrivée environ, la route sera légèrement vallonnée avec plusieurs coups de cul qui s’enchaîneront. Les sept derniers kilomètres seront bien moins difficiles, et notamment la dernière ligne droite longue de plus de 3 km. Les 500 derniers mètres seront en léger faux-plat montant.
Météo
Beau temps attendu demain avec des températures qui atteindront les 25°. Le vent sera assez faible toute la journée, environ 10 km/h, mais il proviendra du sud / sud-est. Il sera donc portant dans les deux ascensions situées en milieu d’étape, de quoi permettre d’y imposer un rythme élevé.
Le Scenario
Un scénario bien difficile à anticiper pour demain. J’aurais tout de même tendance à écarter l’hypothèse d’une victoire de l’échappée. Malgré les difficultés présentes sur le parcours, certains sprinteurs garderont l’espoir de passer les bosses pour se jouer la gagne, et leurs équipes devraient donc logiquement rouler.
La question est plutôt de savoir si nous assisterons à un sprint massif ou à un sprint réduit, à l’image de ce que nous avons vu sur la 4e étape. Tout dépendra en réalité du rythme que des formations comme Movistar, INEOS et NSN décideront d’imprimer dans la succession d’ascensions.
Les Favoris

Narváez est dans une forme indécente et vient d’aller chercher sa troisième victoire sur ce Giro. En parlant de points de ressemblance avec la 4e étape, on se souvient que ce jour-là, c’est lui qui s’était imposé au sprint.
Il y a un élément à prendre aussi en compte : sa proximité avec Magnier dans la lutte pour le Ciclamino. En fait-il un objectif désormais ? Si tel est le cas, UAE pourrait aussi participer à la fête dans les ascensions et réduire drastiquement la taille du peloton. Comme pour la quatrième étape, le vainqueur empochera demain 50 points au classement du cyclamen, une vraie occasion à saisir.

Lors de la 4e étape, Movistar avait réalisé un très joli coup en imposant un rythme élevé dans l’ascension, faisant ainsi sauter tous les sprinters un à un. Malheureusement, Aular avait totalement loupé son sprint en lançant de trop loin, ce qui n’avait pas récompensé l’excellent travail de ses équipiers. Demain, le profil de l’étape se prête de nouveau à cette stratégie, et il ne serait pas étonnant de voir l’équipe tenter une nouvelle fois le coup.

On se souvient de la déception sur le visage de Turner à l’issue de la 4e étape. Le Britannique avait dû totalement sacrifier ses chances pour s’assurer que Bernal ne prenne pas l’eau. Malgré tous les efforts consentis, il était tout de même parvenu à décrocher la 4e place au sprint.
INEOS, mais surtout Bernal, lui doivent une victoire. Je ne serais donc pas étonné de voir la formation se mettre à la planche demain pour imposer un rythme soutenu dans la succession d’ascensions et faire sauter les sprinteurs. Sur ce final en léger faux-plat montant, le sprint de Turner sera redoutable.

Lors de la 4e étape, même Corbin Strong avait dû se résoudre à déposer les armes sous le rythme imposé par Movistar. Demain sera aussi un moment difficile, mais peut-être un tout petit peu moins sélectif. Cela pourrait permettre au Néo-Zélandais de s’accrocher et d’espérer basculer avec le peloton de tête.
Si tel est le cas, il deviendra de fait l’un des grands favoris pour s’imposer au terme d’un sprint au sein d’un peloton réduit.

Qu’attendre de Silva demain ? Il avait étonnamment cédé rapidement lors de la 4e étape. Mais, depuis, il n’a cessé de montrer un niveau très élevé sur ce Giro dans les échappées.
S’il est avec le peloton demain, il aura ses chances de bien figurer. Malheureusement pour lui, le peloton devrait être bien plus conséquent que lors de sa victoire sur la deuxième étape, et il devrait tomber face à des hommes plus rapides que lui.

Jusqu’ici, Lund Andresen passe un peu à côté de son Giro, pour diverses raisons. Pourtant, parmi les sprinteurs, il est de loin celui qui grimpe le mieux. Si le rythme est élevé, je m’attends à ce que lui aussi cède, mais tout dépendra du moment.
Il restera un long chemin à parcourir au sommet de la dernière difficulté. Il pourrait donc espérer revenir de l’arrière si les choses se calment un peu dans le peloton. En revanche, si des équipes décident de continuer à collaborer à l’avant, cela sera très compliqué pour lui.
Mes Choix
Je choisis de croire que nous aurons une étape intéressante demain. Je ne cite donc pas les purs sprinteurs parmi mes favoris, à l’exception notable de Lund Andresen. Entre Movistar, UAE, Astana et NSN, nous avons déjà quatre équipes qui n’ont plus rien à espérer au classement général et qui ne sont là que pour viser les victoires d’étapes.
INEOS pourrait aussi mettre un homme ou deux à la planche afin de jouer la carte de Ben Turner. Tout cela me laisse penser que le scénario d’un sprint en peloton réduit est plus que probable. Pour demain, mon favori sera donc Ben Turner, avec Strong et Narvaez pour l’accompagner sur le podium.


