

Le peloton s’élancera pour 208.8 kilomètres lors de cette 90e édition de la Flèche Wallonne. Avec un départ de Herstal, les 100 premiers kilomètres seront différents de la précédente édition. Une fois arrivé sur le circuit, tout sera identique.
Avec l’arrivée mythique au sommet du Mur de Huy, le scénario semble écrit d’avance : c’est le terrain de jeu absolu des puncheurs. Les spécialistes de trustent logiquement les premières places du classement chaque année. La course est traditionnellement cadenassée par les équipes de favoris. Celles-ci imposent un rythme soutenu pour étouffer toutes les offensives avant l’ultime ascension.
Il faut remonter à 2003 pour retrouver une échappée victorieuse sur la Flèche ! Ce jour-là, c’est l’Espagnol Igor Astarloa qui avait créé la surprise. Malgré cette statistique implacable, le final devrait de nouveau être le théâtre d’attaques de coureurs prêts à tout pour renverser l’ordre établi.
Le Parcours

Comme de coutume, c’est une course vallonnée toute la journée à laquelle nous aurons droit. Les 107 premiers kilomètres ne verront que deux côtes répertoriées proposées :
- La Côte de Trasenster au kilomètre 40.1 (3.2 km à 5.5 %)
- La Côte des Forges au kilomètre 48.8 (1.7 km à 6 %)
Après 107 kilomètres de course, le peloton entrera sur le circuit final, point de départ du véritable affrontement. Un circuit identique à la version proposée en 2025.
Le Circuit

Il y a trois ascensions à parcourir trois fois sur ce circuit de 37 kilomètres.


Après un peu plus de 200 km de course, les coureurs aborderont la dernière ascension de la journée au sommet de laquelle sera jugée l’arrivée : le mythique Mur de Huy.

Le Mur fait indéniablement partie des 1 300 mètres les plus haletants de la saison cycliste, avec ses pourcentages démoniaques flirtant parfois avec les 20 %.
1 300 mètres de montée à près de 10 % de moyenne. Une pente relativement douce sur les 400 premiers mètres, avant que les choses sérieuses ne commencent à 800 mètres de la ligne, avec les premières rampes à 10 %, puis le terrible passage à 19 % aux 400 mètres. La bataille pour le placement dès le pied fera rage.
Beaucoup s’y sont cassé les dents à vouloir attaquer trop tôt, quand d’autres, au fil des années, en ont fait leur terrain de jeu, leur chasse gardée.
On ne triche pas dans le Mur : seul un puncheur d’exception peut espérer lever les bras à Huy.
Météo
Beau temps attendu demain, et des températures autour de 16°. Le vent soufflera de manière modérée et ne devrait pas influer tant que ça sur la course.
Le Scenario
Du classique selon moi. Quelques attaques à prévoir dans le final, mais c’est bien à une course de côte dans le Mur de Huy auquel nous aurons droit.
Les Favoris

Martinez avait pris la 4e place de la Flèche l’année dernière, à une petite seconde du podium. Un excellent résultat pour une première participation. Ce type de rampe colle parfaitement à Lenny.
Cette année, il semble avoir encore franchi un cap. Si son placement est bon au pied, il sera redoutable avec, en plus, l’expérience acquise l’année dernière. Il fait indéniablement partie des favoris à la victoire demain.

Seixas sera la grande attraction demain. Le tout récent vainqueur du Tour du Pays-Basque va s’aligner pour la première fois sur la Flèche, et beaucoup imaginent déjà une victoire écrasante.
Seulement, dans l’histoire, seul Marc Hirschi a réussi à s’imposer au sommet du Mur lors de sa première participation. Des hommes comme Valverde, Alaphilippe, Roglic et même Pogacar n’y sont pas parvenus.
Cette ascension requiert de la puissance mais aussi un sens du timing. D’où la nécessité de l’avoir déjà pratiquée en course. Malgré tout son talent, faire de Seixas le grand favori me semble erroné. D’autant plus que ce type d’ascension, courte et très pentue, n’est pas ce qui lui convient le mieux. Sur ce type d’effort, d’autres sont bien meilleurs que lui.
La Flèche étant une course relativement « simple », il ne pourra pas compter sur sa capacité de récupération supérieure pour faire la différence dans le final. Sa victoire en Espagne montre qu’il est en excellente forme, mais le Mur de Huy reste un effort très particulier.

Faire deuxième derrière l’invincible Pogacar vous place un homme. Deuxième, c’est la place de Vauquelin au sommet du Mur de Huy en 2025, mais aussi en 2024, en seulement deux participations.
C’est un euphémisme de dire que cette côte est cousue main pour les qualités du puncheur-grimpeur français. La seule ombre au tableau reste sa chute lors de l’Amstel Gold Race dimanche dernier, même s’il a pu remonter sur son vélo et finir la course. Cependant, trois jours après, il pourrait encore ressentir quelques douleurs handicapantes. Cela pourrait être rédhibitoire concernant ses chances de victoire.

3e de la Flèche Brabançonne et 3e de l’Amstel Gold Race, Cosnefroy est indéniablement en très bonne forme. Il devrait de nouveau bénéficier du statut de coureur protégé au sein du team UAE en l’absence de Pogacar. Benoit a déjà l’expérience du Mur de Huy et surtout quelques références.
Il a terminé 4e en 2024 et 2e en 2020. Il ne prendra pas le départ avec le statut de favori mais, si l’on additionne son expérience, sa forme actuelle et ses qualités de puncheur, on obtient quelque chose qui peut en faire un vrai outsider pour le podium.

Après une fin de Tour du Pays-Basque inquiétante, Skjelmose a parfaitement su redresser la barre sur l’Amstel. Il a été le seul homme capable de suivre Evenepoel jusqu’à la ligne d’arrivée, mais il a particulièrement fait bonne impression dans les côtes à fort pourcentage sur la course. C’est un très bon signe avant La Flèche. Je disais pour Vauquelin que terminer deuxième derrière l’invincible Pogacar vous plaçait un homme. Cela vaut aussi pour lui, deuxième en 2023.
Mes Choix
Vous l’aurez compris, demain, il y a de grandes chances que le top 10 soit rempli de français ! Mais est-ce que l’un d’entre eux parviendra à grimper sur la plus haute marche du podium ? Avant sa chute sur l’Amstel, Vauquelin aurait été mon favori. Je suis un peu plus sceptique désormais. Mon choix va se tourner vers le seul homme, à mon sens, capable de bousculer l’hégémonie bleu blanc rouge : Skjelmose. Cette rampe est parfaite pour lui, la forme est là, et l’expérience aussi. J’ai beaucoup hésité avec Martinez, que je vois malgré tout prendre la deuxième place derrière le danois. Vauquelin pour compléter le podium.