Tour des Flandres 2026


Ce dimanche 5 avril aura lieu la 110e édition du Tour des Flandres, deuxième Monument de la saison cycliste. Après un départ de Bruges l’an dernier, la course s’élancera à nouveau d’Anvers cette année. Les coureurs devront parcourir 278.2 kilomètres jusqu’à Oudenaarde, affrontant 16 monts et 6 secteurs pavés qui mettront leurs capacités à rude épreuve.
Créé en 1913, le Tour des Flandres n’a été interrompu qu’une seule fois, durant la Première Guerre mondiale. Depuis 1919, il se déroule chaque année sans interruption.
Avec le retour à Anvers, la distance totale s’allonge de près de 10 kilomètres par rapport à 2025. Le tracé de la première moitié de course est donc largement modifié. Cependant, la physionomie des 95 derniers kilomètres reste inchangée avec l’enchaînement du Vieux Quaremont et du Paterberg comme juges de paix. Sans oublier bien entendu le terrible Koppenberg et ses pentes à 22% à 45 km de l’arrivée.
Le Parcours

Les 140 premiers kilomètres de la course sont relativement roulants, hormis les deux premiers secteurs pavés répertoriés sur le tracé. Les véritables hostilités débuteront avec l’entrée sur le circuit final, où le peloton devra alors affronter l’enchaînement des 16 monts et des 4 secteurs pavés restants.

Le premier passage du Vieux Quaremont marque le véritable coup d’envoi des hostilités. Sur des routes souvent étroites, l’enchaînement des monts et des pavés rend le parcours particulièrement exigeant, le placement devient un enjeu crucial pour les leaders. La lutte pour rester aux avant-postes et éviter les cassures va alors s’intensifier au sein d’un peloton sous tension.

Avec le Berg Ten Houte et le passage de la barre des 200 km, la course basculera enfin dans sa phase décisive. Le deuxième passage du Vieux Quaremont pourrait à nouveau être le point névralgique de l’épreuve, là où Pogacar a pris l’habitude d’allumer la première mèche.
À 55 km de l’arrivée, le peloton commencera à s’étirer considérablement sur ces 2 km de montée affichant une pente moyenne d’un peu plus de 4 %. L’élastique pourrait de nouveau rompre sous l’effet des attaques des leaders ou du rythme infernal imposé par les équipiers du Slovène. Au point le plus raide de l’ascension, la pente atteindra 11.6% et il ne serait pas surprenant de voir plusieurs groupes de coureurs éparpillés au sommet. La bataille pour le placement à l’approche de cette seconde montée sera une nouvelle fois capitale pour la suite de la course.

Entre 45 km et 13 km de l’arrivée, les cinq derniers monts et l’ultime secteur pavé de la course vont s’enchaîner sans le moindre répit. Cela débutera par la terrible ascension du Koppenberg.


10 km après le sommet du Kruisberg, les coureurs entameront pour la dernière fois la séquence finale Vieux Quaremont – Paterberg. Séquence qui, à de maintes reprises lors des récentes éditions, a vu le mouvement décisif se construire.




Au sommet du Paterberg il restera 13.2 kilomètres à parcourir qui, mise à part la courte descente du Paterberg, seront plats jusqu’à l’arrivée à Oudenaarde.
Météo
Le temps s’annonce gris ce dimanche, avec des températures qui peineront à franchir la barre des 12 degrés au cours de l’après-midi. Si les coureurs devraient normalement passer entre les gouttes, le vent jouera un rôle non négligeable.
Soufflant toute la journée en provenance de l’ouest / sud-ouest à une vitesse moyenne légèrement supérieure à 25 km/h, il sera de face sur les 140 premiers kilomètres.
Sur le Vieux Quaremont, le peloton devra composer avec un vent de côté au départ, puis de 3/4 dos vers son sommet. De quoi favoriser la sélection. Il sera aussi de côté dans le Kruisberg, mais plutôt favorable dans le Paterberg.
S’il sera défavorable sur les 3 kilomètres qui suivront le passage au sommet du Paterberg, le vent poussera les coureurs sur les 9 derniers kilomètres jusqu’à Oudenaarde.
Le Scenario
Ces dernières années, les Monuments tombent en grande majorité dans l’escarcelle de deux hommes : Van der Poel et Pogacar. S’il existe une classique qui ne souffre aucune contestation et couronne systématiquement, ou presque, le plus fort, c’est bien le Tour des Flandres. Peu importe qu’un groupe de costauds anticipe à l’avant, la répétition des efforts finit toujours par faire émerger l’homme aux meilleures jambes.
Cela était vraiment flagrants lors des démonstrations récentes du Slovène et du Néerlandais ici même. Est-il possible d’assister à une surprise ce dimanche ? Ne jamais dire jamais, mais les statistiques ne vont pas en ce sens. Il y a de fortes chances que le scénario soit très proche de celui de l’an passé : un écrémage brutal dès le deuxième passage du Vieux Quaremont, suivi des attaques incessantes de Pogacar dans chaque difficulté. Reste à savoir si, cette fois-ci, ses rivaux seront en mesure de tenir sa roue.
Les Favoris

Double vainqueur de l’épreuve et tenant du titre, Pogacar s’avance comme le grandissime favori à sa propre succession. Le Slovène n’a couru que deux fois cette année, pour autant de victoires. Un raid solitaire de 80 kilomètres sur les Strade Bianche et un premier sacre sur Milan-Sanremo. Cette année encore, il semble avoir franchi un nouveau palier. Chose absolument impensable tant son niveau était déjà élevé.
Ses victoires en 2023 et 2025 ont montré qu’il est quasiment impossible de le suivre dans le Vieux Quaremont, un mont qui lui sied à merveille car assez long pour laisser s’exprimer sa puissance. Il pourra compter sur une équipe totalement dévouée, avec un Florian Vermeersch particulièrement en vue ces dernières semaines. S’il reste sur son vélo, le slovène sera un client redoutable, peut-être même imbattable. Son équipe cherchera d’ailleurs à durcir la course très tôt pour asphyxier la concurrence, car plus la fatigue s’installe, plus les chances de voir Pogacar triompher grandissent.

Le Tour des Flandres est probablement la course qui convient le mieux à Van der Poel. Malheureusement pour lui, l’existence de Pogacar l’empêche d’avoir une mainmise totale sur ce Monument. Son début de saison, bien que solide avec des succès sur l’E3 ou Tirreno, tend à montrer que le Néerlandais ne possède peut-être pas la même marge que par le passé. Sans minimiser ses performances, il semble tout de même un bon ton en dessous du slovène cette année.
Le fait qu’il se soit fait distancer lors de leur duel récent sur le Poggio laisse planer un doute. De plus, sa prestation sur l’E3, bien qu’excellente, aurait pu se terminer tout autrement si le groupe de chasse ne s’était pas regardé alors qu’il n’y avait plus que 20 mètres à combler. Ces éléments laissent penser qu’il n’est peut-être pas au niveau requis pour jouer à la pédale avec Pogacar. S’il fait indéniablement partie des favoris, la gagne pourrait s’avérer complexe, même s’il reste l’un des plus sérieux prétendants au podium.

Wout van Aert aborde ce Tour des Flandres dans une position d’outsider. Malgré une condition physique impressionnante, comme en témoigne sa démonstration de force lors d’À Travers la Flandre, le Belge court toujours après ce succès de prestige sur ses terres. Il a montré d’excellentes jambes dernièrement et sa forme semble monter en puissance depuis le début de la saison. Nous avons sous les yeux du très bon Van Aert.
S’il est ultra polyvalent, il pourrait malgré tout lui en manquer un peu sur des juges de paix comme le Vieux Quaremont ou le Koppenberg face à Pogacar ou Van der Poel. Malgré tout, il ne faut surtout pas l’enterrer. Physiquement et surtout mentalement, il semble prêt. Ce qu’il a montré ces dernières semaines doit lui apporter ce supplément d’âme indispensable pour tenter d’aller chercher le plus grand résultat de sa carrière ce dimanche. Le premier combat pour lui sera la bataille pour se positionner à l’amorce du deuxième passage du Vieux Quaremont.

L’invité surprise de cette édition 2026 n’est autre que Remco Evenepoel. Annoncée à la toute dernière minute, sa participation semble pourtant mûrie depuis cet hiver. Pour ses grands débuts sur le Ronde, est-ce que la présence du prodige belge pourrait totalement chambouler le scénario attendu ? À l’image de Pogacar ou de Van der Poel, Remco possède cette capacité d’attaquer de très loin et de tenir en respect un groupe de chasse. L’effort solitaire ne lui fait absolument pas peur. Il n’est pas le type de coureur à qui l’on peut laisser 20 mètres d’avance sous peine de ne plus jamais le revoir.
Cependant, des doutes subsistent sur sa capacité à rivaliser avec les meilleurs techniciens sur les pavés flandriens. Certains passages, notamment le Koppenberg, pourraient s’avérer trop exigeants pour lui qui n’est pas le meilleur pilote du peloton. S’il doit boucher des trous après plusieurs monts, il risque d’y laisser des forces précieuses. L’autre point crucial sera son placement, l’un de ses points faibles chez Soudal. Un élément qui pourrait être optimisé au sein de sa nouvelle équipe, il sera très bien entouré. Nous n’aurons la réponse que ce dimanche, mais son ajout à la startlist apporte un piment indéniable à ce Tour des Flandres 2026.
Mes Choix
Pogacar peut-il être battu ce dimanche ? Avec ce qu’il a montré lors de ses deux courses de reprise, cela semble difficile à croire. D’autant plus qu’il s’est toujours montré le plus fort, ou parmi les deux plus costauds, lors de ses trois participations au Tour des Flandres. Comme je l’ai dit, il semble encore avoir passé un vrai cap cette année, au vu du peu que nous avons pu voir de lui.
En temps normal, seul Van der Poel paraissait en mesure de lui contester la victoire ici, mais le Néerlandais ne me semble pas au niveau requis pour jouer à la pédale avec le Slovène cette année. Pour ce qui est du scénario, je pense qu’UAE fera tout exploser lors du deuxième passage du Vieux Quaremont. L’homme, ou les quelques hommes, qui parviendront à suivre Pogacar à ce moment-là finiront par lâcher dans le Koppenberg. Pour les places restantes sur le podium, j’aurais tendance à y mettre Van Aert.
Le Belge semble en effet afficher une condition physique étincelante et, en ce printemps 2026, il ne me semble pas forcément avoir grand-chose à envier à Van der Poel. Ce dernier reste évidemment un candidat naturel au podium, dans un scenario « classique ».
Je me pose la question pour Florian Vermeersch, s’il n’est pas totalement sacrifié pour propulser Pogacar lors du deuxième passage du Vieux Quaremont. Il pourrait profiter de la présence de son leaders à l’avant, et s’économiser dans les roues de ses adversaires. En restant bien calé dans les roues au sein d’un second groupe, il pourrait en profiter pour aller chercher une place sur le podium.