

La deuxième étape sera typiquement « Vuelta » : une vraie course de côte. Les 150 premiers kilomètres ne présentent aucune difficulté majeure, avant un final de 10 kilomètres d’ascension à 5 % de moyenne. Ce sera la première arrivée au sommet et, déjà, l’occasion pour les principaux favoris de se jauger.
Le Parcours
Assez peu de choses à signaler sur cette deuxième étape. Relativement courte, à peine 160 km, elle ne présentera aucune difficulté majeure jusqu’au pied de l’ascension finale.

L’ascension finale s’étend sur 10 km, assez roulante sur les six premiers kilomètres. Les pourcentages les plus élevés se situeront dans le final, avec les deux derniers kilomètres affichant un peu moins de 8% de moyenne.
Il faut remonter à la 5e étape du Giro 2002 pour trouver une arrivée au sommet de cette ascension. Ce jour-là, Garzelli avait réglé le groupe des favoris au sprint.
Météo
Le temps s’annonce couvert demain, avec des routes possiblement humides sur les premiers kilomètres en raison des averses prévues dans la matinée. Une fois la course lancée, les coureurs devraient toutefois passer entre les gouttes. Les températures resteront agréables, autour de 25°C en début d’étape, avant de chuter vers 16-17°C à l’approche de l’arrivée. Le vent, en provenance du nord, soufflera toute la journée. Il sera globalement favorable sur la dernière partie du parcours, notamment dans l’ascension finale. Sa force modérée, autour de 10 km/h, devrait tout de même nous offrir une ascension rapide.
Le Scenario
L’étape offrira peu de dénivelé avant la montée finale, ce qui la rendra facilement contrôlable pour les équipes visant la victoire. On peut s’attendre à voir Lidl mener le tempo pour contenir l’échappée, probablement épaulée par la Q36.5, et peut-être INEOS.
L’ascension finale s’étire sur 10 km, mais la majorité se fera sur des pourcentages assez roulants. Seuls les deux derniers kilomètres proposeront de vraies rampes raides. Une ascension favorable à un sprint en petit comité, où le peloton pourrait bien finir par exploser dans les deux derniers km.
Les Prétendants

Il est peu probable que Visma cherche à contrôler cette étape. D’autres journées conviendront bien mieux à Vingegaard, et endosser le maillot trop tôt ne serait pas forcément un avantage. En revanche, si les favoris se disputent la victoire au sommet, le Danois pourrait tirer son épingle du jeu. Il a montré sur le Tour de France qu’il possédait désormais un punch redoutable, étant presque le seul capable de répondre aux accélérations de Pogacar. Dans ce cas, un podium d’étape est à sa portée.

Parmi les équipes susceptibles d’animer cette étape, Lidl sera sans doute la plus ambitieuse. Elle dispose en effet de deux cartes intéressantes. La première, Pedersen, qui traverse la meilleure saison de sa carrière et qui aura à cœur de rattraper le loupé de la première étape. Même si l’ascension finale est longue de 10 km, il a déjà prouvé qu’il pouvait briller sur de tels terrains. Reste une incertitude : les deux derniers kilomètres. Particulièrement raides, ils pourraient être trop exigeants pour lui, surtout si le vent favorable entraîne une montée rapide.
Mais Lidl pourra également compter sur un deuxième atout, tout aussi en forme : Ciccone. Parmi les grimpeurs, il est sans doute l’un des plus explosifs. Il a déjà montré qu’il pouvait s’imposer sur des arrivées de ce type, face à une opposition de haut niveau. Si l’opportunité se présente, il sera lui aussi candidat au podium.

Un autre favori pour cette étape est Tom Pidcock. Le Britannique a souvent peiné lorsqu’il s’est essayé au classement général d’un Grand Tour, que ce soit sur le Tour de France ou le Giro. Mais ces parcours n’étaient sans doute pas les plus adaptés à ses qualités de puncheur. Demain, avec une seule ascension et une arrivée au sommet, le terrain semble taillé pour lui. Son équipe devrait s’appliquer à contrôler l’échappée et à maintenir un rythme soutenu, afin de réduire les chances de voir Pedersen dans le final. Si le scénario se déroule ainsi, Pidcock sera l’un des hommes les plus dangereux au moment du sprint au sommet.

Le duo Almeida – Ayuso aura demain une belle occasion de s’exprimer. Reste à savoir comment ils aborderont l’ascension finale. Chercheront-ils à imposer un tempo soutenu pour durcir la course et réduire le peloton, ou se contenteront-ils d’attendre leur heure dans les roues ? Si les deux se retrouvent dans le groupe de tête au sommet, la question de la stratégie se posera. L’un se sacrifiera-t-il en poisson pilote, ou Ayuso tentera-t-il, comme sur la 7e étape du Giro ? Almeida pourrait alors en profiter pour rester dans les roues de ses adversaires, contraints de faire l’effort pour rentrer sur l’espagnol.

Ce final sera-t-il dans les cordes de Langellotti ? Ineos cherchera avant tout à protéger Bernal, mais tentera sans doute aussi de placer le Monégasque dans les meilleures conditions pour qu’il puisse jouer sa carte au sommet. Reste une interrogation : son profil est-il réellement adapté à une ascension aussi longue ? Même s’il parvient à accrocher le groupe de tête jusqu’au bout, il pourrait bien manquer de fraîcheur au moment de lancer son sprint. Surtout si ses adversaires imposent un rythme très soutenu dans l’ascension.
Mes Choix
Demain, je pense que le rythme imposé dans la montée finale sera trop élevé pour des coureurs comme Pedersen ou Langelotti. Côté Lidl, je pense même que le danois ne sera pas la carte principale, et qu’il se mettra lui aussi à l’ouvrage. Entre Lidl et Q36.5, je pense qu’il y aura assez de main d’œuvre pour tenir le peloton dans l’ascension. Je ne suis pas certain en revanche de voir UAE et Visma mettre la main à la pâte.
Je penche plutôt vers un scenario qui avantagerait les grimpeurs – puncheurs et les prétendants au général. J’imagine donc une explication en petit comité, remportée par Ciccone, avec Pidcock et Vingegaard pour compléter le podium.
