

Pas de mauvaises surprises sur cette 9ᵉ étape, une étape majoritairement plate, avec un final totalement adapté aux sprinteurs.
Le Parcours
Les Derniers Kilomètres
L’approche de Châteauroux se fera sur une large deux voies, très longue également, de près de 12 kilomètres. Un seul rond-point viendra couper la monotonie de cette ligne droite, sur laquelle le peloton devrait filer à très haute allure. Les trains des sprinters, tout comme les équipes de leaders, se battront pour entrer dans la ville en tête, afin d’éviter tout piège ou incident.

Il restera environ 5 kilomètres à parcourir une fois les coureurs entrés dans la ville. Ils devront d’abord négocier le passage d’un rond-point à 4.5 kilomètres de l’arrivée, puis un second à 4.2 kilomètres. Ce dernier sera plus étroit, avec la présence d’un terre-plein central qui viendra fortement réduire la chaussée.


Deux ronds-points s’enchaîneront ensuite : le premier à 3.5 kilomètres de l’arrivée, le second à 3.2.


Les coureurs fileront ensuite jusqu’à un virage à 90° sur la gauche, placé à 2.2 kilomètres de l’arrivée, puis un dernier virage sur la droite à 1.5 kilomètre du but. La ligne droite finale sera longue de près de 1 400 mètres.



Météo
Il fera toujours beau et très chaud sur les routes du Tour pour cette neuvième étape. L’invité surprise de demain sera le vent. Il soufflera en provenance du sud-ouest à une vitesse moyenne d’environ 20 km/h, avec des rafales annoncées à plus de 30 km/h. Une vitesse normalement suffisante pour provoquer des cassures, ou du moins inciter certaines équipes à tenter des coups.
Si le parcours comporte plusieurs zones exposées, ce sont les 40 derniers kilomètres qui devraient être les plus tendus. On peut identifier trois secteurs à risque potentiel de bordure :
Premier secteur : entre 37 et 28.5 km de l’arrivée. Le vent soufflera latéralement (par la droite) dans cette portion composée de longues zones dégagées, ponctuées de quelques passages boisés. À la sortie de Villedieu sur Indre, les coureurs prendront ensuite le vent de trois quarts dos, ce qui les fera basculer dans le second secteur.


Deuxième secteur : entre 27.3 et 20.3 km de l’arrivée. Le parcours traverse de nombreuses zones découvertes, propices aux cassures et aux mouvements de course. Après le kilomètre 20, les coureurs prendront le vent de dos, jusqu’à l’entrée dans le dernier secteur à risque.


Troisième secteur : de 16.5 à 6 km de l’arrivée, jusqu’à l’entrée dans Châteauroux. Il s’agit d’une longue ligne droite avec un vent latéral. Le placement sera crucial à l’approche du virage à 90° situé à 16.5 km de l’arrivée : c’est là que le peloton risque de se tendre. Le rythme ne devrait plus faiblir jusqu’à l’arrivée. Quelques arbres bordent la route, et cela pourrait être suffisant pour bloquer une bonne partie du vent. Néanmoins, il faudra rester très vigilant.



Le vent soufflera de côté dans la dernière ligne droite de 1 500 m.
Le Scenario
À l’image de la première étape, il y a de grands risques de voir le peloton se fragmenter dans le final. Avec de nombreuses zones exposées au vent dans les 40 derniers kilomètres, le rythme sera très élevé et la tension maximale. Les équipes des leaders, tout comme celles des sprinteurs, chercheront à tout prix à être bien placées à l’avant, rendant ce final potentiellement très nerveux et dangereux.
Si un sprint reste le scénario le plus probable, il est loin d’être acquis que tout le monde sera présent à l’arrivée, comme ce fut déjà le cas lors de la première étape. J’ai du mal à croire aux chances d’une échappée, car s’il devait y avoir des cassures, le rythme du peloton ne faiblira pas. D’autant plus si des sprinteurs ou des prétendants au général se retrouvent piégés à l’arrière.
Les Prétendants

Une gestion parfaite de Milan dans le final de cette huitième étape lui a permis de s’imposer avec aisance. D’ordinaire, c’est un coureur qui a besoin d’un train bien huilé et d’un poisson-pilote capable de le lancer aux 250–200 mètres. Mais aujourd’hui, il a su parfaitement se débrouiller seul.
Il a navigué intelligemment de train en train, sautant successivement de celui de Tudor à celui de la GFDJ, puis à celui d’Alpecin, avant de lancer son sprint. Résultat : une victoire nette.
Le final de demain sera beaucoup plus proche de celui de la troisième étape. Ce jour-là, les 1 500 derniers mètres ondulaient légèrement, sans réelle difficulté technique. Cette fois, ce sera une longue ligne droite, sans virage, et sans vent de face pour freiner les sprinteurs.
La question se pose : le train de la Lidl–Trek ne sera-t-il pas encore un peu court ? Milan devra sans doute, une fois encore, surfer intelligemment dans les roues pour espérer s’imposer. C’est quelque chose qu’il a réussi à faire sur la 3e étape, ainsi que sur la 8e.
À l’évidence, au vu de ses deux prestations sur les sprints massifs, il est l’un des deux grands favoris.

Une crevaison survenue à un peu plus de 12 km de l’arrivée a porté un coup dur aux espoirs de Merlier lors de la huitième étape. Le Belge est tout de même parvenu à réintégrer le peloton à moins de 10 km de l’arrivée, mais il semblait complètement émoussé dans le faux-plat montant final et n’a pas pu disputer le sprint.
Demain, il retrouvera un final qui lui correspond bien mieux, très proche de celui sur lequel il s’était imposé lors de la troisième étape. On le sait : Merlier n’a pas besoin d’un train pour se placer. Il sait parfaitement remonter de roue en roue, naviguer de train en train, et se positionner idéalement dans les derniers mètres.
Il devrait chercher à nouveau la roue de Milan et tenter de reproduire le scénario de la troisième étape. Cette fois, sans vent de face, parviendra-t-il à sauter l’Italien sur la ligne ? En termes de puissance, les deux sprinteurs semblent à peu près équivalents. Une chose est sûre : la bataille s’annonce de nouveau très serrée. Merlier fait, lui aussi, incontestablement partie des deux grands favoris à la victoire.

Van Aert a réalisé un très beau sprint dans le final de la huitième étape. Trop court pour espérer remonter Milan, il parvient tout de même à accrocher une solide deuxième place, loin devant les autres concurrents. Ce sprint, en faux-plat montant, lui convenait sans doute un peu mieux.
Demain, le final, plus plat et plus classique, pourrait s’avérer un peu plus houleux, et on sait que le Belge ne frotte plus autant qu’avant. En revanche, si des bordures viennent réduire le peloton, cela pourrait rendre le final moins chaotique. Dans ce cas, il n’est pas exclu de le voir tenter de nouveau sa chance.
Je le vois tout de même un peu juste pour décrocher la victoire si Merlier ou Milan sont encore présents, mais une nouvelle place sur le podium semble parfaitement envisageable.

Groves a clairement semblé manquer de puissance dans son sprint. Il parvient tout de même à conserver sa troisième place, mais son sprint n’a rien de rassurant. À aucun moment, il ne semble en mesure de rivaliser à la pédale avec les deux favoris.
Il bénéficie toutefois d’un excellent train, emmené notamment par Van der Poel en tant que poisson pilote. Le néerlandais a été l’auteur d’un excellent travail dans le final de l’étape d’aujourd’hui. Grâce à ce placement optimal, Groves peut encore espérer accrocher une place sur le podium.
Mais de là à l’imaginer s’imposer, cela paraît difficile. Surtout si Merlier ou Milan sont encore dans le coup.
Mes Choix
Lidl et Soudal s’étaient fait piéger dans les bordures de la première étape. Ont-elles tiré les leçons de cette erreur et seront-elles mieux placées demain ? On peut l’imaginer, ou du moins espérer qu’elles aient bien analysé le parcours pour éviter de répéter les mêmes erreurs.
Je pars donc du principe que ces deux équipes seront bien présentes dans le final pour se disputer la victoire et nous offrir un nouveau sprint royal.
Avec une longue ligne droite comme celle qui conclura l’étape, Merlier aura tout le loisir de se replacer dans la roue de Milan. Au moment de lancer le sprint, il pourra de nouveau s’abriter derrière l’Italien, puis le déboîter au dernier moment pour aller chercher une nouvelle victoire.

