

Pour la première fois depuis l’édition 2020, les sprinteurs devraient se disputer le premier maillot jaune du Tour de France. Des difficultés vont s’enchaîner entre le kilomètre 100 et 140, mais rien qui ne devrait éliminer les sprinteurs du peloton.


Après les sprinteurs, les puncheurs auront l’occasion de s’exprimer sur cette deuxième étape. La route ne montera jamais très haut ni très longtemps, mais les coureurs ne connaîtront quasiment aucun moment de répit sur ces près de 210 kilomètres. Les plus de 2 500 mètres de dénivelé positif épuiseront les organismes, et les 10 derniers kilomètres offriront du spectacle avec deux ascensions répertoriées, en amont d’une arrivée au sommet d’une côte.


Les sprinteurs retrouveront un terrain de jeu adapté à leurs qualités lors de cette 3ᵉ étape. Sauf surprise, un sprint massif est attendu à Dunkerque.


L’alternance continue avec cette 4ᵉ étape destinée aux puncheurs du peloton. Bien moins de dénivelé positif que sur la 2ᵉ étape, mais la concentration des difficultés dans le final va rendre les 35 derniers kilomètres palpitants.


Premier des deux chronos que comptera ce Tour de France. 33 kilomètres majoritairement plats, avec quelques portions techniques dans Caen. Malgré tout, une grande partie du parcours se fera sur des routes permettant aux spécialistes d’exprimer toute leur puissance.


Avec ses 3 550 mètres de dénivelé positif, cette 6ᵉ étape affiche des chiffres dignes d’une honnête étape de moyenne montagne. Et pourtant, la course ne fera que traverser la Manche et le Calvados. Une étape qui s’annonce usante, et dont le final accidenté semble encore promis aux puncheurs. Bien qu’avec autant de dénivelé, et selon la manière dont la course sera courue, les grimpeurs pourraient aussi être dans le jeu.


Après trois ans d’absence, la côte de Mûr-de-Bretagne fait son grand retour sur le Tour de France. Une double ascension de cette côte est au programme, pour un final identique à celui qui avait vu Van der Poel s’imposer en 2021. Encore une fois, les puncheurs auront de quoi s’amuser.


Une étape bien moins difficile que les précédentes attend les coureurs. Les sprinteurs retrouveront le sourire, au moins jusque dans le final. En effet, le dernier kilomètre ne sera pas plat, et il faudra faire preuve de puissance et de résistance pour espérer lever les bras sur la ligne.


Pas de mauvaises surprises sur cette 9ᵉ étape, une étape majoritairement plate, avec un final totalement adapté aux sprinteurs.


Une étape en dents de scie qui mettra les coureurs à l’épreuve toute la journée. Près de 4 400 mètres de dénivelé positif : cela va grandement peser dans les jambes au moment d’aborder l’ascension vers le Mont-Dore (3,3 km à 8 %).


La reprise aurait pu se faire un peu plus en douceur que cette 11ᵉ étape. Si le dénivelé positif n’affiche pas des chiffres affolants, le relief dans le dernier tiers de course devrait fortement tirer dans les jambes des sprinteurs. Les courtes côtes vont s’enchaîner jusqu’à 9 kilomètres de l’arrivée, où les équipes des sprinteurs encore présents tenteront de se mettre en place.


Le dernier tiers de cette 12ᵉ étape verra les meilleurs grimpeurs de ce Tour émerger dans les Pyrénées, avec l’enchaînement Soulor / Hautacam. Le retour d’Hautacam, trois ans après la démonstration de Van Aert et Vingegaard, sera un petit événement de ce Tour de France.


Cronoscalata dans les Pyrénées pour cette 13ᵉ étape ! Environ trois kilomètres plats avant d’aborder l’ascension vers Peyragudes et ses 8 kilomètres à 7,9 % de moyenne. Un chrono assez court mais difficile, qui devrait créer de beaux écarts entre les prétendants au top 10 final.


Pas de répit dans les 100 derniers kilomètres de cette 14ᵉ étape. Quatre cols à gravir, et pas des moindres, avec l’enchaînement Tourmalet – Aspin – Peyresourde avant de prendre la direction de Bagnères-de-Luchon et le pied de l’ascension vers Superbagnères. Le Tour n’y est plus passé depuis l’édition 1989.


Le profil type de l’étape qui semble trop difficile pour les sprinteurs, mais trop simple pour les leaders au général. La longue descente qui suivra le col de Fontbruno se terminera à une dizaine de kilomètres de l’arrivée, peut-être trop tard pour rattraper les fuyards, si certaines équipes de sprinteurs ont en tête de jouer l’étape.


Une pure course de côte jusqu’au sommet du Mont Ventoux. Une ascension mythique, empruntée pour la dernière fois en 2021, et dont la dernière arrivée au sommet remonte à 2013. Un festival de W/kg en prévision.


Le Tour va redescendre un peu en altitude pour cette 17ᵉ étape, qui semble destinée aux sprinteurs du peloton.


La 18ᵉ étape sera l’étape reine de ce Tour de France : 5 450 mètres de dénivelé positif et trois longues et difficiles ascensions au programme : Glandon – Madeleine – Col de la Loze. Le tout avec des passages réguliers au-dessus des 2 000 mètres.


Sur le papier, une étape peut-être moins difficile que la veille, mais qui sera loin d’être une promenade de santé ! Cinq ascensions répertoriées, dont l’enchaînement Saisies – Col du Pré – Cormet de Roselend en première partie d’étape. Un peu de calme ensuite jusqu’à Mâcot et le pied de la dernière ascension de la journée vers La Plagne, au-dessus des 2 000 m d’altitude.


Seulement quatre ascensions répertoriées sur ces 184 kilomètres, mais un parcours en dents de scie qui n’offrira aucun repos au peloton. Probablement trop simple pour espérer des coups tactiques, mais trop difficile pour que les équipes de sprinteurs puissent contrôler du début à la fin.


Retour à Paris, mais avec une modification de taille. Cette année, les coureurs devront affronter la côte de Montmartre trois fois avant de prendre la direction des Champs-Élysées. Les sprinteurs ne seront clairement pas à la fête : cela semble être le leitmotiv de ce Tour de France. L’occasion parfaite de voir le maillot jaune jouer la victoire sur la plus belle avenue du monde ?
Les Chiffres Clés du Tour 2025

Cette édition 2025 sera particulière, car sur les six étapes de montagne (incluant la 10ᵉ), il y aura six arrivées au sommet ! 7 si l’on compte le Cronoscalata. Et lorsque l’on regarde la longueur et la difficulté des dernières ascensions de ces étapes, on peut imaginer que le scénario de course sera peu ou prou identique à chaque fois, avec une bataille uniquement dans la dernière montée. Un peu dommage : il aurait pu être intéressant de terminer certaines étapes par des cols moins difficiles, pour forcer ou inciter certains à se découvrir un peu plus tôt. Pogacar et Vingegaard ont la capacité d’animer la course, mais cela ne reposera probablement que sur eux. Cela reste dans la veine de l’édition précédente, même si la seule exception avait été l’étape de Valloire, qui ne se terminait pas au sommet du Galibier.


À quelques centaines de mètres près, le Tour 2025 présente le même dénivelé positif que le Tour 2024. La grande différence réside dans la répartition des étapes de montagne. En effet, cette année, les organisateurs ont pris soin de ne pas placer d’étape de montagne avant la 10ᵉ étape (en fin de première semaine). Toutes les grosses échéances montagneuses, cronoscalata de Peyragudes inclus, vont se retrouver concentrées entre la 12ᵉ et la 19ᵉ étape : six étapes de montagne en huit étapes.
Le Tour semble ainsi avoir pris le pari du Giro, en concentrant ses moments forts en montagne sur quelques jours. Là où la course a parfois été bridée sur le Giro à cause d’une 3e semaine effrayante, les choses devraient être différentes sur le Tour. La raison est simple : avec Pogacar et Vingegaard au départ, il y a peu de chances pour que les grosses ascensions soient escamotées.
Les autres prétendants à des places dans le top 10 et notamment les moins bons rouleurs auront largement de quoi tenter de récupérer le temps perdu lors du contre-la-montre avec autant de montagne.


Si l’on compare aux précédentes années comportant deux chronos individuels, on remarque assez facilement une nette baisse du kilométrage total contre-la-montre. Cela est dû en grande partie au cronoscalata de Peyragudes, bien sûr. Pour autant, est-ce que cela changera quelque chose dans la hiérarchie du top 3 ou 5 ? Probablement pas.
Le premier contre-la-montre ne devrait pas créer d’énormes surprises : les trois favoris sont tous d’excellents rouleurs, l’écart au classement ne devrait pas être monumental, mais ils relégueront leurs autres adversaires assez loin. En revanche, le second chrono pourrait permettre à des profils moins bons rouleurs d’espérer grappiller quelques places dans le top 10, ou tout du moins de limiter la casse, grâce justement à ce cronoscalata, un exercice bien spécifique.
La longueur des deux chronos semble adaptée à leur nature respective, ce qui permet de contrebalancer le fait qu’il n’y aura qu’environ 44 kilomètres contre-la-montre au total.
Mon Avis sur le Parcours du Tour 2025
La première semaine du Tour est remplie d’étapes au profil plus ou moins similaire, qui conviendront aux meilleurs puncheurs du peloton. Petit problème : le meilleur d’entre eux sera au départ et pourrait bien faire une razzia… en plus de remporter le général au terme des 21 étapes.
Point positif : il y aura très certainement du spectacle. Les étapes 2, 4 et 6 semblent parfaitement tracées pour cela dans le final. Mûr de Bretagne rentre aussi dans cette catégorie des étapes punchy, bien que la physionomie de course sera différente avec une arrivée au sommet de la côte. Pour ceux friands de diversité, sur cette première semaine, on repassera.
Semaine 1
Cette première semaine pourrait bien être celle de tous les dangers pour les hommes visant un bon résultat au classement général. Bien sûr, les étapes de montagne seront décisives, mais certaines étapes au profil piégeux, au cours de ces dix premiers jours de course, pourraient déjà provoquer de gros écarts. Les étapes accidentées ne se résumeront pas à encaisser de courtes côtes à haute intensité. Il faudra être parfaitement placé à tout moment dans les derniers kilomètres pour ne pas se faire piéger.
La tension sera constante au sein du peloton, entre les sprints massifs et ces étapes particulières où puncheurs et leaders voudront rester aux avant-postes, sur des routes où il n’y aura pas forcément de place pour tout le monde. Attention au risque de chute accru lors de cette semaine d’ouverture.
Les sprinteurs auront quelques occasions à se mettre sous la dent lors des 10 premiers jours, avec notamment le premier maillot jaune en jeu à Lille. Il ne faudra pas se louper sur la 3ᵉ étape, car la prochaine vraie opportunité ne pourrait se représenter que lors de la 9ᵉ étape, à Châteauroux. La 8ᵉ à Laval devrait encore être dans les cordes de certains sprinteurs, mais le final en faux-plat montant pourrait sortir les plus grosses cuisses du jeu.
La longueur du chrono en première semaine est aussi un point positif selon moi. Les principaux favoris au podium final sont aussi les meilleurs rouleurs, ils seront donc clairement avantagés face aux simples grimpeurs. Mais, quitte à mettre un c.l.m, autant qu’il soit d’une longueur digne d’un Grand Tour. Placé avant les premières échéances montagneuses, il permettra aux grimpeurs de se situer.
Je n’ai pas souvenir d’une première semaine de Grand Tour ayant comporté 10 jours non-stop de course dans un passé récent. Cela pourrait bien avoir un impact sur la récupération de certains coureurs en fin de semaine. Surtout que cette 10ᵉ étape, avec arrivée au sommet du Mont-Dore, sera la première échéance montagneuse de ce Tour de France !
Semaine 2
Nous entrerons vraiment dans le vif du sujet en deuxième semaine. Si la 11ᵉ étape semble tracée dans la veine de ce que nous avons vu durant les dix premiers jours, à savoir une étape où les puncheurs tenteront de contrecarrer les plans des sprinteurs, le reste de la semaine sera d’une toute autre facture.
L’enchaînement des étapes 12, 13 et 14 permettra la création d’une vraie hiérarchie entre tous les prétendants au top 10. Pas le droit à l’erreur sur ces trois jours de course, mais les grimpeurs devraient profiter du cronoscalata pour minimiser la perte de temps sur le second chrono.
Bien que le terrain de jeu change, l’organisation du Tour n’a pas fait dans l’innovation, avec deux arrivées au sommet pour les deux étapes de haute montagne. C’est même un trois sur trois en ce qui concerne les étapes de montagne tout court, avec une première arrivée au sommet dès la 10ᵉ étape au Mont-Dore.
Semaine 3
Si des écarts se sont créés dans les Pyrénées, le Tour pourrait bien ne pas être joué pour autant. En tout cas, les places dans le top 10 ne seront pas encore figées, à la vue de ce qui va se présenter devant les coureurs. Les sprinteurs devront profiter de la 17ᵉ étape, qui pourrait bien être leur dernière chance de victoire. En effet, avec la modification du parcours de la 21ᵉ étape et l’ajout de la côte de Montmartre, il y a de grandes chances que les sprinteurs ne soient plus présents pour se jouer la victoire sur les Champs-Élysées.
Peu de choses à dire sur la 16ᵉ étape. Malgré la présence de belles ascensions dans la région, rien ne permet réellement de mettre le Ventoux davantage en valeur. Autant assumer d’en faire une course de côte, et ne pas forcer inutilement les choses en ajoutant une seconde ascension du Mont Chauve.
Les deux étapes alpestres (18ᵉ et 19ᵉ étapes) seront probablement la dernière chance de tenter un gros coup. De longs cols à haute altitude en fin de 3ᵉ semaine : il y aura de quoi faire craquer ses adversaires. Le fait que la 19ᵉ étape soit peut-être un peu moins difficile que la 18ᵉ laisse espérer que les coureurs ne vont pas se neutraliser par peur de l’étape de La Plagne.
Conclusion
Dans l’ensemble, le parcours de ce Tour de France semble vraiment difficile, malgré l’absence d’étapes montagneuses avant la 10ᵉ étape. Le tracé de la première semaine, avec un nombre incalculable d’étapes vallonnées avec des derniers kilomètres punchy, va tendre le peloton, et les leaders voudront être aux avant-postes coûte que coûte, peut-être encore plus que d’habitude.
Et quand les échéances montagneuses arriveront, elles ne feront pas dans la demi-mesure : sur les 6 étapes de montagne que va comporter ce Tour, il y aura… 6 arrivées au sommet. Là encore, très peu de travail pour tenter de diversifier le parcours. Il y a un vrai risque de voir les mêmes scénarios se répéter tout au long des 3 semaines. Concernant le tracé des étapes de montagne en elles-mêmes, assez peu de choses à ajouter : avec les ascensions choisies pour être lieu d’arrivée, difficile de faire beaucoup mieux en amont. Il aurait peut-être fallu tracer des étapes avec des sommets moins difficiles afin d’inciter à des mouvements de course plus lointains. Mais avec Pogacar et Vingegaard, et leurs armadas respectives au départ, quel leader voudrait prendre le risque de partir de loin ?
On peut aussi regretter le manque d’étapes vraiment taillées pour les baroudeurs. Je n’en compte que trois : les 10ᵉ, 15ᵉ et 20ᵉ étapes. Quatre si l’on y ajoute la 6ᵉ étape, mais je ne suis pas certain que les leaders ne tenteront pas de durcir sur un parcours aussi difficile et sélectif.

C’est un peu dommage, car le Tour n’est, de base, pas forcément le Grand Tour qui sourit le plus aux attaquants, à l’inverse de ce qu’on a pu voir sur le Giro ces dernières années. L’année 2024 aura été à part, tant sur le Giro que sur le Tour, en grande partie à cause de Pogacar et de ses six victoires sur les deux GT. Si l’on part sur les mêmes bases cette année, il sera très difficile pour les baroudeurs de s’exprimer.
Côté positif, j’aime le placement et la longueur du premier chrono, ainsi que le fait de permettre aux sprinters d’avoir une chance d’aller chercher le maillot jaune sur la première étape. Ils devraient avoir entre 5 et 6 occasions au total lors de ces trois semaines, il ne faudra pas se louper.
Il est assez intéressant aussi de voir que ce Tour va comporter les trois lieux où Vingegaard a réussi à faire céder Pogacar par le passé : Hautacam, le Mont Ventoux et le col de la Loze. Cela n’est certainement pas dû au hasard, mais il n’est vraiment pas certain que le même scénario se reproduise par rapport aux années passées.
Dans l’ensemble, je trouve que certaines étapes sont vraiment bien tracées pour offrir du spectacle. Malheureusement, avec si peu de diversité dans les parcours, les scénarios de course risquent bien de se ressembler tout au long de ces trois semaines.