Critérium du Dauphiné 2025 – Étape 7 Preview

L’étape reine de ce Dauphiné, digne d’un Grand Tour. Le menu : Col de la Madeleine – Col de la Croix de Fer – montée finale vers Valmeinier. Si cette dernière ascension n’affiche pas des pourcentages extrêmes, l’enchaînement des difficultés et le dénivelé total promettent de grands écarts entre favoris et outsiders. Une étape décisive.


Le Parcours

Pas de répit sur cette étape reine du Dauphiné ! Les coureurs seront directement mis dans l’ambiance avec un départ au pied du col de la Madeleine. Un sommet suivi par la longue et technique descente jusqu’à La Chambre.

Descente du Col de la Madeleine

À peine le temps de souffler que les coureurs seront déjà à Saint-Étienne-de-Cuines, au pied du col de la Croix de Fer.

La descente vers Saint-Jean-de-Maurienne sera longue de près de 30 kilomètres et comportera, elle aussi, des portions techniques.

Descente Col de La Croix de Fer

Après la descente, il y aura une section de transition d’une quinzaine de kilomètres jusqu’à Saint-Michel-de-Maurienne. Une fois sortis de la ville, les coureurs aborderont la dernière ascension du jour, au sommet de laquelle sera jugée l’arrivée.


Météo

Le temps sera encore au beau fixe demain. Les écarts de température seront cependant assez importants en fonction de l’altitude : plus de 30° dans la plaine, mais moins de 20° lorsque les coureurs passeront au sommet des différents cols de la journée.

Le vent sera assez faible dans la Madeleine, mais un peu plus marqué (environ 15 km/h) dans la Croix de Fer. Il soufflera de côté à trois quarts face dans cette ascension. Le vent faiblira légèrement dans la montée vers Valmeinier, mais sera cette fois-ci plus favorable.


Le Scenario

Il n’y aura nulle part où se cacher lors de cette 7ᵉ étape. Une étape courte mais extrêmement intense, avec trois gros cols qui vont s’enchaîner. Les près de 20 km de vallée entre la fin de la descente de la Croix de Fer et le pied de Valmeinier devraient freiner les ardeurs des favoris. Il y a de grandes chances que tout se joue dans la dernière ascension, qui sera la moins longue et la plus roulante de la journée.

Pour y faire des écarts, il faudra avoir imposé un gros tempo dans les deux ascensions précédentes. Un rôle qui reposera très probablement sur les épaules de la Visma, qui doit prendre sa revanche après la claque reçue la veille.


Les Prétendants

Simple journée sans hier, ou bien une condition moins bonne au final que celle de Pogacar ? Cette 7ᵉ étape sera, en théorie, le terrain de jeu de Vingegaard : haute altitude, enchaînement de cols et fortes températures. Avant course, il se disait confiant sur sa forme actuelle. Demain, Visma devrait être l’équipe qui prendra les rênes de l’étape. Le collectif semble bien en place, et surtout le plus adapté pour ce type de terrain. Sur le Tour 2024, la stratégie de durcir la course pour mettre Pogacar en difficulté n’avait pas fonctionné, mais cela ne veut pas dire que ce ne sera pas le cas demain. Ils doivent retenter ce plan pour essayer de le faire céder dans la montée vers Valmeinier. C’est de cette manière qu’ils avaient réussi à le mettre en difficulté par le passé. Autrement, si les deux arrivent ensemble, le Slovène risque bien de s’imposer.

Et si Jorgenson sortait finalement vainqueur d’un potentiel Mexican standoff entre Evenepoel, Vingegaard et Pogacar ? Si aucun des trois favoris ne bouge, de peur de se faire contrer ou de se mettre en danger, l’Américain pourrait saisir sa chance. Il offrirait par la même occasion un peu de répit à Vingegaard, qui pourrait se contenter de suivre ses deux adversaires… avant de placer lui-même son attaque.

Avant l’année dernière, ce type de journée aurait été celle de tous les dangers pour Pogacar face à Vingegaard. Mais le Tour 2024 nous a montré que le Slovène avait grandement travaillé ses points faibles.

La question aujourd’hui est de savoir si, sans blessures, Vingegaard n’est pas toujours meilleur que lui sur ces étapes de haute montagne. Demain sera un test grandeur nature pour lui comme pour le Danois. Ses adversaires voudront durcir la course au maximum pour tenter de le faire plier dans la montée vers Valmeinier, profitant d’un hypothétique avantage de Vingegaard sur les journées extrêmes en haute montagne et sous la chaleur.

Il a dit ne pas vouloir laisser son ego ruiner sa semaine sur le Dauphiné, et mettre en péril son Tour de France. Un Pogacar assagi et plus calculateur ? Pas d’après ce que nous avons vu hier.

Evenepoel a été incroyablement isolé hier, et cela devrait de nouveau être le cas demain. Est-ce que Paret-Peintre pourra hausser le niveau ? Le Français est un excellent grimpeur, mais il faudra qu’il ait les jambes du Giro 2024 s’il veut espérer être utile à son leader. Néanmoins, lorsque la grande bataille sera lancée, il devrait disparaître, laissant Evenepoel aux prises avec ses principaux adversaires.

La montée vers Valmeinier devrait être dans ses cordes, surtout qu’il est clair pour tous que le Belge peut encaisser ce type de journée en haute altitude. Avec sa forme actuelle (identique à celle qu’il affichait sur le Tour 2024 d’après ses dires), il doit être en mesure d’accrocher les roues des deux autres pendant un bon moment.

Et pourtant, il a perdu beaucoup de temps hier, et était moins bon que Jorgenson et Lipowitz. Peut-être le contre-coup de sa chute, ou peut-être tout simplement moins bon actuellement que les 4 ayant fini devant lui.

Lipowitz affiche un niveau impressionnant sur ce Dauphiné, confirmant le saut de qualité entrevu l’année dernière. Offensif et généreux, il trouvera demain une étape qui devrait être encore plus dans ses cordes que celle d’hier. Ces montées longues et roulantes collent parfaitement au type de grimpeur qu’il est. Il semble un petit ton en dessous de Vingegaard, mais le voir distancer Evenepoel dans le final et lui reprendre près de 30 secondes me fait penser qu’il peut viser mieux qu’une 4ᵉ place au général de ce Dauphiné.


Mes Choix

Doit-on vraiment s’attendre à un duel à 3 demain ? Une étape très difficile où le podium du Tour de France 2024 devrait en toute logique s’expliquer, un vrai test avant l’échéance de juillet.

Qui en sortira vainqueur ? Difficile à dire, car cette saison, nous les avons finalement assez peu vus s’illustrer en montagne. En début de saison, Pogacar s’est imposé assez facilement sur l’UAE Tour, sans vraiment avoir à forcer son talent dans Jebel Hafeet. Evenepoel, lui, était en difficulté en Romandie, finissant à 1’30 de Martinez au sommet de Thyon 2000. Quant à Vingegaard, nous ne l’avons tout simplement pas encore vu sur ce type de parcours en 2025. Il est évident que les trois sont bien plus en forme désormais, à l’approche du Tour.

Sur ce type de terrain, le Belge devrait cependant être encore en dessous de ses deux principaux adversaires, comme cela avait été le cas sur le Tour 2024. Il ne serait même pas très étonnant que la logique de la veille se répète, avec Jorgenson et Lipowitz encore au-dessus de lui.

La victoire devrait plutôt se jouer entre Vingegaard et Pogacar. Si le Danois semble avoir travaillé son punch, le Slovène a lui aussi progressé sur ses anciens points faibles, notamment la gestion des étapes à forte dépense calorique et la chaleur, deux éléments sur lesquels Vingegaard avait l’ascendant jusqu’à l’année dernière.

Avec une meilleure préparation cette année, Vingegaard sera-t-il en mesure de revenir au niveau de Pogacar et de s’imposer de nouveau sur ce qui doit être son terrain de prédilection ? Réponse demain. En attendant, en me basant sur ce que nous avons vu l’année dernière et sur la démonstration d’hier, je vais faire logiquement de Pogacar mon favori.


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