Giro d’Italia 2025 – Étape 19 Preview

Giro d'Italia 2025 Preview

Note : 5 sur 5.

Le week-end alpestre débute avec cette 19e étape, et ses cinq cols à gravir. On pourra regretter que l’enchaînement Arlaz/Tzecore/Joux n’ait pas été retenu, mais malgré tout, les presque 5 000 m de dénivelé positif devraient faire des dégâts. Le col de Joux devra être mis à profit, car Antagnod ne permettra probablement pas de faire de grosses différences.


Le Parcours

Il faudra être prêt dès le départ de cette 19e étape, qui ne fera aucun cadeau aux coureurs. En effet, à peine trois petits kilomètres après le départ, le peloton sera confronté à la première des cinq ascensions de la journée. Loin d’être le plus difficile, il constituera une bonne mise en jambes.

La descente qui suivra sera longue de 10 kilomètres et très sinueuse. Elle permettra au groupe d’échappés de creuser l’écart avant la plaine.

Suivra ensuite un très léger faux-plat montant de 25 km jusqu’à Verrès, au pied de la deuxième ascension du jour. À partir de là, les montées vont s’enchaîner presque sans interruption en Vallée d’Aoste.

La descente qui suivra ne sera pas de tout repos. Longue de 15 km, elle sera aussi très technique et sinueuse.

Descente Tzecore

Une portion de transition de 10 km mènera les coureurs à Chambave, où débutera la troisième ascension de la journée.

La descente sera longue de 17 kilomètres et assez technique dans ses 11 premiers kilomètres. Le reste de la descente sera beaucoup plus linéaire.

Descente Saint-Pantaléon

La fin de la descente et l’entrée dans Saint-Vincent marqueront immédiatement le début de l’avant-dernière ascension de cette 19e étape.

Sa descente sera bien plus courte, moins de 6 kilomètres, mais tout aussi technique que les précédentes.

Descente Col de Joux

Arrivés à Brusson, les coureurs pourront alors entamer la 5e et dernière ascension de la journée.

Cette ascension sera probablement la plus simple de la journée, mais en toute fin de parcours, les jambes se feront lourdes.

Il faudra malgré tout en garder un peu, le sommet ne marquant pas la fin de l’étape. Il restera ensuite 5 kilomètres à parcourir, majoritairement en descente entre Antagnod et Champoluc, jusqu’aux 1 200 derniers mètres où la route s’élèvera de nouveau légèrement avant de s’aplanir à l’approche de la ligne.


Météo

Beau temps attendu toute la journée demain, avec des températures qui oscilleront entre 20 et 25 °C. Le vent soufflera depuis l’est, mais restera assez faible tout au long de l’étape, normalement rien qui puisse empêcher les attaques.


Le Scenario

L’étape reine de ce Giro, sans aucun doute. Les trois premiers se tiennent en 50 secondes, les cinq premiers en à peine trois minutes. Autant dire que tout est encore ouvert, et personne ne semble à l’abri d’une défaillance lors de ce week-end qui s’annonce dantesque.

Actuel leader, Del Toro sera sur la défensive, avec Carapaz et Yates à surveiller de près. Gee est en embuscade, mais à près de deux minutes, ce qui pourrait lui laisser un peu de marge. Si UAE devrait rester en rangs serrés autour de son leader, sur la défensive, EF, Visma et probablement INEOS tenteront très certainement de renverser ce Giro en imposant un rythme soutenu dans l’enchaînement d’ascensions proposé demain. Pris individuellement, aucun des cols à gravir ne semble insurmontable, mais si plusieurs équipes s’allient pour maintenir un tempo élevé, cette étape pourrait provoquer d’immenses dégâts au classement général.

Pas de nécessité d’attaquer de loin dans le Saint-Pantaléon, donc, mais le Col de Joux devra être mis à profit. Des différences pourraient se faire ici, car Antagnod semble bien trop roulant pour espérer créer de vrais écarts si les leaders décident de patienter jusqu’au bout.

Quid des chances des échappés ? Il est probable de voir quelques coureurs classés autour du top 10, jusqu’à la 15e place, tenter de s’évader pour anticiper la grande bagarre. Si tel est le cas, certaines équipes pourraient être tentées de contrôler l’écart avec les fuyards, afin de protéger leur place dans ce fameux top 10. Pourront-ils garder assez d’avance pour se jouer la victoire d’étape ? C’est la question.


Les Prétendants

Les Leaders

41 secondes : c’est le maigre matelas dont dispose Del Toro sur Carapaz, son dauphin. Le Mexicain réalise un Giro remarquable, avec plusieurs podiums, une victoire et le maillot rose sur les épaules depuis la 9e étape. Devenu seul leader de l’équipe depuis la disparition d’Ayuso au classement général, il pourra compter sur le soutien total de ses équipiers demain. UAE possède le collectif le plus solide : Del Toro ne doit pas paniquer ni gaspiller inutilement des forces, comme cela a pu arriver par moments. Il doit leur faire confiance.

Cette 19e étape me semble être celle qui lui sera le moins favorable, justement à cause de l’enchaînement des cols. Ce n’est pas tant la longueur des ascensions qui pose problème, mais plutôt leur accumulation et la répétition des efforts. S’il parvient à limiter les dégâts ici, tout restera possible pour samedi.

Parmi les favoris à la victoire finale, Carapaz est certainement celui qui semble le plus en forme. L’Équatorien sera sur son terrain demain, et nul doute qu’il mettra cela à profit. Il n’a que 40 secondes de retard sur Del Toro : pas besoin d’attaquer de trop loin. En revanche, s’il veut espérer faire craquer le Mexicain, il devra demander à son équipe d’imposer un gros rythme dès les premières ascensions, et pas uniquement dans la dernière.

Il n’a cessé d’attaquer dès que le terrain le permettait. Si cela lui a permis de se rapprocher au classement, attention toutefois à ne pas en subir le contrecoup lors de ce week-end décisif. Il part très certainement avec le statut de favori pour cette étape, et pourrait bien se retrouver en rose demain soir.

Yates réalise un Giro discret, mais proche de la perfection jusqu’ici. Il n’a, pour le moment, pas eu à fournir le moindre effort superflu, et se retrouve 3e à moins d’une minute du maillot rose. Il a certes semblé un ton en dessous de Carapaz, mais cela ne signifie pas que la vérité d’hier sera celle de ce week-end.

Là où l’Équatorien a déjà laissé beaucoup d’énergie sur la route, le Britannique s’est peut-être un peu plus économisé. Et cela pourrait bien faire toute la différence.

Pellizzari pourrait bien être le facteur X de cette fin de Giro. L’Italien, désormais libéré et promu leader de son équipe, pointe à la 7e place, mais avec près de cinq minutes de retard. Difficile de l’imaginer renverser le classement général, mais une place dans le top 5 reste clairement accessible, surtout avec un Bernal qui semble s’éteindre au fil des jours.

Giulio, à l’inverse, se révèle sur cette troisième semaine comme l’un des coureurs les plus solides encore en lice dans le top 10. Son retard au général pourrait lui offrir un peu de liberté : il ne sera pas immédiatement marqué, et pourrait ainsi profiter d’une marge pour attaquer dans le final.

Son étape de mardi tend d’ailleurs à prouver qu’il est parfaitement capable de performer sur des parcours à fort dénivelé et dans les enchaînements de cols. RedBull va rouler pour lui et pourrait venir prêter main forte à EF, Visma et INEOS avec en premier lieu la victoire d’étape dans le viseur.

Bernal et INEOS auront été les principaux animateurs de la bataille pour le général sur ce Giro. Malheureusement pour lui, le Colombien semble accuser le coup depuis la 16e étape, et a peut-être déjà perdu toute chance de remporter ce Giro, voire même de monter sur le podium. Difficile d’imaginer une inversion de la tendance ce week-end : sa courbe de forme semble chuter, et il pourrait continuer à perdre du temps. Cela ne veut pas dire que lui et son équipe ne tenteront rien, car comme il l’a dit, il n’a plus rien à perdre.

Gee fait partie de ces coureurs qui n’ont cessé de monter en puissance au fil des jours sur ce Giro. Cette courbe ascendante devrait se prolonger ce week-end. Il faisait partie des plus solides dans le final de la 16e étape, un signe qui ne trompe pas et de bon augure en vue de la 19e.

Les ascensions seront longues, mais sur des pentes loin d’être inhumaines, un profil qui devrait convenir au type de grimpeur qu’il est.

Les Baroudeurs

On prend les mêmes et on recommence. Le maillot bleu désormais assuré, Fortunato a déclaré qu’il tenterait tout pour aller chercher une victoire d’étape. Il ne lui reste donc plus que deux occasions, dont celle de demain.

Il semble toujours en forme sur cette troisième semaine, même s’il a montré quelques signes de fatigue dans le final de la 17e étape. S’il parvient à accrocher de nouveau la bonne échappée, idéalement avec un ou deux équipiers, il pourra rester à l’abri et économiser ses forces. Avec ce qu’il a montré jusqu’ici, il sera un sacré client. Il ne serait pas étonnant qu’un de ces hommes soit Scaroni, deuxième au classement de la montagne et qui pourrait assurer de gros points UCI en consolidant sa place.

On prend les mêmes et on recommence (bis). Bardet avait parfaitement géré son affaire sur la 17e étape, mais a dû céder dans le final face au retour de Del Toro. Point positif toutefois : il semble toujours disposer de très bonnes jambes en cette fin de Giro.

Il lui reste deux étapes pour tenter d’aller chercher une victoire, et il devrait une nouvelle fois être aux avant-postes.


Mes Choix

Cette étape sera l’une des dernières occasions pour des coureurs un peu plus loin au général de tenter un rapproché via l’échappée, d’autant plus avec un départ en côte. On peut penser à des hommes comme Storer, Poole, Pidcock ou Piganzoli. Malgré tout, cette journée semble taillée pour faire craquer Del Toro, et ses adversaires directs l’ont bien compris.

J’imagine qu’EF, INEOS et Visma (pourquoi pas IPT) imprimeront un gros rythme dès les premières ascensions, dans le but de générer un maximum de fatigue. Ces enchaînements de cols à haute intensité semblent être le talon d’Achille de Del Toro à l’heure actuelle, contrairement à Carapaz, Yates ou Gee. On peut aussi ajouter RedBull et Pellizzari dans l’équation.

L’écurie allemande devrait elle aussi se projeter vers l’avant, probablement pour contrôler l’échappée et offrir à son jeune leader une chance de jouer l’étape. Si la logique de la 16e étape se répète, Pellizzari pourrait bien être l’un des plus forts demain, voire le plus fort, comme il l’a été dans l’ascension de San Valentino.

Je l’imagine à nouveau tenter une offensive sans être immédiatement pris en chasse dans le Col de Joux, se forgeant une belle avance qu’il accentuera dans la descente. Il ira chercher la victoire d’étape, après avoir repris ce qu’il restait de l’échappée. Derrière, Carapaz devrait être le plus solide des leaders et pourrait, pourquoi pas, réussir à rentrer sur lui dans le final. Un scénario assez proche, donc, de celui de la 16e étape, la seule comparable en termes de difficulté à ce qui attend les coureurs demain.

J’imagine Carapaz en rose demain soir, mais un Del Toro encore bien placé au général, pas totalement décroché.


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