Championnats du Monde 2024 Preview


Le Parcours

Ce parcours des championnats du monde peut être divisé en deux parties distinctes. La première, relativement courte et sans difficultés notables, ne sera qu’une procession avant l’entrée sur le circuit de Zurich. Un circuit que les coureurs devront parcourir sept fois.


Le Circuit

C’est un circuit de 27 kilomètres très vallonné qui sera proposé à Zurich, où les coureurs seront presque constamment en prise, avec peu de moments de repos.

km 0 à 1.4

Les 1.4 kilomètres qui suivront le passage sur la ligne seront plats. Il y aura trois virages à négocier, au niveau des ponts Quaibrücke et Münsterbrücke, mais rien de bien compliqué. Après ces 1 400 mètres, les coureurs prendront à droite pour aborder le pied de la première difficulté du circuit.

Cette première difficulté se décompose en deux parties. Les 250 premiers mètres afficheront une pente d’un peu moins de 5 % de moyenne, suivis d’un replat de 500 mètres. La véritable ascension commencera lorsque les coureurs prendront à gauche sur Zürichbergstrasse, au kilomètre 2.1.

Les coureurs devront alors affronter une côte d’un kilomètre avec une pente moyenne de 7.5 %, incluant une section particulièrement raide de 300 mètres à 13.5 % près du sommet. Celui-ci sera atteint à 23.8 km de l’arrivée lors du dernier passage.

km 3.2 à 4.8

Les coureurs s’engageront ensuite dans une courte descente de 1.6 km. Cette descente, à la fois roulante et légèrement ondulante, nécessitera une attention particulière en raison de la présence de mobilier urbain au centre de la chaussée.

km 4.8 à 8.8

Après cette courte descente viendra le moment de la plus longue difficulté du circuit, la côte de Witikon.

Cette difficulté se décompose également en plusieurs temps, avec les 600 premiers mètres à 5 % de moyenne, suivis d’un replat de 350 mètres. La principale portion de la côte viendra ensuite, longue de 1.5 km avec une pente moyenne de plus de 7 %. Le sommet ne marque pas immédiatement la fin de l’effort, car la route se prolonge en faux-plat montant sur 1.5 km. À ce point, il restera encore 18 kilomètres à parcourir jusqu’à la ligne.

Les 8.5 kilomètres suivant ne seront qu’une succession de courtes bosses et descentes. Il y aura quatre côtes non répertoriées sur cette section de course.

  • Côte de Zollikonstrasse – 700m à 5.1 % (sommet à 16 km de l’arrivée)
  • Côte de Farlifangstrasse – 800m à 3.6 % (sommet à 12.6 km de l’arrivée)
  • Côte de Mülirietweg – 200m à 9.5 % (sommet à 10.5 km de l’arrivée)
  • Côte de Schmalzgruebstrasse – 350m à 6.7 % (sommet à 9.7km de l’arrivée)

Après cette dernière ascension, les coureurs plongeront vers la descente.

km 17.3 à 20.5

Une descente plus longue et plus pentue que les précédentes attendra les coureurs. Elle s’étend sur 3.3 kilomètres, avec une partie ondulante au cœur de la forêt, sur une belle chaussée. La reconnaissance sera cruciale pour permettre aux coureurs de bien appréhender cette portion et de l’aborder sereinement en course.

km 20.5 à arrivée

Après la descente et le retour en ville, les coureurs devront grimper la dernière difficulté du parcours, la côte de Alte Landstrasse.

Rien d’exceptionnel avec ses 1.6 km à 3.3 % de moyenne, malgré une partie centrale où les pentes dépassent légèrement les 6 %. Il restera alors 4.9 kilomètres à parcourir une fois au sommet.

Il y aura d’abord une courte descente, suivie des 2.5 derniers kilomètres en ligne droite, sur le plat, le long du lac de Zurich.


Météo

À l’inverse des précédentes courses, la pluie ne devrait pas faire son apparition dimanche. Les températures resteront néanmoins assez basses, oscillant entre 10 et 12°C.

Le vent soufflera en provenance du nord-est tout l’après-midi. D’environ 14 km/h au début, il faiblira progressivement au fil des tours pour passer sous les 10 km/h. Sa direction le rendra défavorable sur le Zürichbergstrasse ainsi que sur le Witikon, et latéral sur le tronçon vallonné de 9 km.


Le Scenario

Avec près de 4 500 mètres de dénivelé positif sur 273 kilomètres, ces championnats du monde promettent d’être extrêmement exigeants. Les ascensions seront nombreuses, mais sans être très longues.

Bien que le parcours comporte des virages et des relances, il ne s’agit pas d’un tracé comparable à celui de Glasgow 2023, plus propice aux cyclo-crossmen et spécialistes des Flandriennes. Ici, le profil est davantage orienté vers des coureurs s’illustrant sur les classiques ardennaises et notamment Liège-Bastogne-Liège, ce qui sera en faveur des puncheurs/grimpeurs. Avec près de 1 000 mètres de dénivelé en plus que l’an passé, le terrain s’annonce encore plus sélectif.

Avant d’entrer sur le circuit de Zürich, les 70 premiers kilomètres devraient être relativement calmes. Cependant, on peut imaginer que certaines nations, comme la France, cherchent à dynamiter la course tôt pour ne pas se laisser enfermer dans un match perdu d’avance face à l’immense favori de l’épreuve. À l’inverse, la Belgique et la Slovénie tenteront probablement de maîtriser la course le plus possible tout en imposant un rythme soutenu, j’imagine jusqu’à au moins trois tours de l’arrivée, environ à 80 km de la ligne.

La côte de Witikon (1.5 km à 7 % de moyenne) sera évidemment un point stratégique, mais la section vallonnée de 8.5 kilomètres qui la suit pourrait jouer un rôle tout aussi crucial. Les côtes sur cette section seront bien plus courtes, mais la nature très vallonnée de la portion pourra permettre de creuser de beaux écarts après le sommet de la côte de Witikon. Chez les juniors et les u23, nous avons aussi vu l’importance du Zürichbergstrasse, court mais avec de terribles pourcentages. Une poignée de secondes d’écart au sommet peut vite augmenter dans la descente qui suit, juste avant d’attaquer le Witikon.


Les Prétendants

La délégation slovène compte dans ses rangs les deux hommes qui ont dominé les trois Grands Tours de 2024, dont l’immense favori pour le titre de champion du monde. Pogacar réalise une saison monumentale, inédite depuis Merckx. En 2024, le Slovène a atteint un niveau tel qu’il est difficile de l’imaginer battu à la pédale. Lors du Tour de France, il a terminé avec 6 minutes d’avance sur Vingegaard et 9 minutes sur Evenepoel, sans jamais être inquiété. Sur les courses d’un jour, ses adversaires ont connu le même sort, dès lors que le parcours était suffisamment sélectif.

Sur un tracé vallonné comme celui des championnats du monde, sans temps morts, Pogacar évoluera comme un poisson dans l’eau. Sa résistance exceptionnelle lui confère un net avantage dans les courses difficiles et sélectives sur bon nombre de ses adversaires. Meilleur grimpeur au monde, excellent rouleur et doté d’une redoutable pointe de vitesse, il possède toutes les qualités requises pour décrocher son premier titre de champion du monde.

Roglic sera également de la partie. S’il n’a pas brillé lors du contre-la-montre, il pourrait se montrer plus compétitif sur la course en ligne, profitant de l’effet de surcompensation quelques semaines après la Vuelta. Son rôle dimanche sera intéressant à observer. Viendra-t-il en tant que co-leader, sur un pied d’égalité avec Pogacar ? Ou adoptera-t-il un rôle similaire à celui de Van Aert, en couvrant les attaques de certains favoris et en jouant sa carte si l’occasion se présente ? Il est peu probable qu’il soit utilisé pour rouler et contrôler le peloton, la Slovénie ayant suffisamment de soutiens avec Govekar, Mezgec, Tratnik et Novak.

La Slovénie pourrait tenter une tactique similaire à celle employée par UAE sur Milan-Sanremo ou au GP de Montréal : imposer un rythme infernal pour épuiser tout le monde avant une attaque dévastatrice de Pogacar. Avec Roglic et Pogacar, la Slovénie dispose de deux options de premier plan. Certes, Pogacar semble un cran au-dessus, mais Roglic fait clairement partie du second groupe de favoris, aux côtés d’Evenepoel. Il pourrait couvrir les attaques d’autres leaders, refuser de collaborer pour les contrôler et permettre à Pogacar de revenir sans dépenser trop d’énergie.

Le véritable doute concernant Roglic est sa capacité à s’imposer après une course de plus de 230 km. Il a certes remporté Liège-Bastogne-Liège en 2020, mais ses performances sur le Tour de Lombardie, par exemple, montrent qu’il est un léger cran en dessous de ce qu’on peut attendre de lui. Bien sûr, il reste parmi les meilleurs, mais semble moins capable de jouer la victoire sur les très longues courses.


Ancien champion du monde, Remco Evenepoel trouvera dimanche un parcours bien plus adapté à ses qualités que celui des championnats du monde de Glasgow. Troisième du Tour de France, champion olympique sur route et en contre-la-montre, et récent double champion du monde du chrono, le Belge réalise une saison exceptionnelle.

Sa prestation lors du contre-la-montre de Zurich témoigne de son excellente forme. Si quelques doutes persistaient après le Tour de Grande-Bretagne, ils sont désormais dissipés : Evenepoel est fin prêt.

Un parcours vallonné et exigeant est une aubaine pour lui, mais un élément jouera en sa défaveur : l’absence de Wout Van Aert. Lors de son sacre à Wollongong et aux Jeux olympiques à Paris, Van Aert jouait un rôle clé dans la sélection. Les Belges disposaient alors de deux options, ce qui permettait à Evenepoel de s’échapper, tandis que Van Aert faisait office de leurre ou de soutien en protection.

Ce dimanche, sans Van Aert, Evenepoel sera la cible principale des autres favoris. Il lui sera très difficile de s’échapper seul, à moins d’être une jambe au-dessus de ses adversaires. Bien que la Belgique aligne d’autres coureurs de talents, aucun n’aura le poids stratégique de Van Aert.

L’objectif des Belges sera de rendre la course la plus éprouvante possible pour permettre à Evenepoel de faire la différence. Là où la fatigue épuise la majorité de ses adversaires, le Belge semble moins affecté et capable de gros coups en solitaire. Cependant, ils devront contenir les attaques des nations qui tenteront d’anticiper la bataille entre les principaux favoris. Des coureurs comme Wellens ou Benoot seront essentiels pour suivre les mouvements tout en ne prenant pas de relais afin de contrôler la course à chaque échelons.

Le rôle de Van Gils sera très intéressant à étudier. Il est probablement la deuxième meilleure carte des belges sur ces championnats du Monde. Le belge a réalisé un début de saison impressionnant, enchaînant les top 5 sur la totalité des courses d’un jour auxquelles il a pris part entre février et juin (sauf sur l’Amstel). Il pourrait lui aussi être amené à suivre des coups un peu plus tard dans la course en marquant quelques autres favoris, comme Roglic par exemple. Il jouera un rôle prépondérant aux côté d’Evenepoel.


Qu’attendre de Van der Poel sur ce parcours ? À première vue, on peut penser que le tracé est à la limite de ce que Van der Poel peut supporter. Le problème pour lui n’est pas tant le profil du parcours que la force de ses adversaires. Sur une course aussi longue, la Belgique et la Slovénie chercheront à rendre l’épreuve aussi difficile et éreintante que possible. Je pense donc que Van der Poel pourrait avoir du mal à jouer la victoire dans le final.

L’actuel champion du Monde a peu couru cette année, mais il a obtenu des victoires de prestiges en dominant de la tête et des épaules ses adversaires sur le Ronde et Paris – Roubaix. Le terrain ne sera évidemment pas le même dimanche, et il trouvera des hommes bien plus forts que lui sur ce type de terrain. Il devrait être en mesure de rester aux côtés de Pogacar et Evenepoel une bonne partie de la course, mais je l’imagine craquer comme beaucoup d’autres à un moment donné.

L’objectif pour les Pays-Bas sera de contrôler la course aussi longtemps que possible, si leurs adversaires leur en laissent l’opportunité. Et si, finalement, le meilleur moyen de préserver Van der Poel était de couvrir les attaques ? Non pas en roulant derrière les échappés, mais en laissant le poids de la course aux autres équipes. Mollema et le jeune Van den Broek pourraient jouer un rôle clé dans cette stratégie, en suivant les mouvements offensifs tout en économisant Van der Poel pour le moment décisif.

Tout ceci étant dit, je pense que si les Pays-Bas décident de jouer le tout pour Van der Poel, cela se terminera en échec. Ils viennent avec une équipe pleine de qualité et d’expérience. Ils doivent se servir de leurs forces afin de jouer leurs cartes à différents échelons de la course.


Malgré toutes les qualités de Pedersen, cette course sera bien trop exigeante pour lui. Il pourra être utile en début de course, mais une fois que les favoris entreront en action, je ne m’attends pas à le voir à l’avant.

La meilleure carte du Danemark sera très certainement Skjelmose, à condition qu’il se soit remis après son abandon sur le Tour du Luxembourg. Le jeune Danois sort d’une excellente Vuelta, qu’il a terminée à la 5e place, avec en prime le maillot du meilleur jeune. En plus d’être un bon coureur de classement général sur trois semaines, Skjelmose performe également sur les courses d’un jour.

En 2023 et 2024, il a accumulé un bon nombre de top 10 sur ce type de parcours, y compris sur les courses longues. Bien sûr, il n’évolue pas au même niveau que Pogacar, Roglic ou Evenepoel, mais dans un scénario d’anticipation, il pourrait tirer son épingle du jeu. Si le Danemark attend que la course se décante en réponse aux attaques des Slovènes et des Belges, il risque de perdre toute chance de podium.

Skjelmose est un coureur intelligent, capable de s’économiser quand cela est nécessaire. Il a déjà vécu l’expérience de vouloir suivre l’une des accélérations foudroyantes de Pogacar et en a immédiatement payé le prix. Pour éviter ce genre de désillusion, il devra anticiper les mouvements. Contrairement aux Jeux Olympiques, le Danemark devrait moins se concentrer sur le contrôle de la course et davantage sur sa dynamisation.


Qu’attendre de l’Australie sur ces championnats du Monde ? L’infatigable Matthews sera présent, mais la course ne semble vraiment pas adaptée à ses qualités, d’autant plus qu’elle sera rendue extrêmement difficile par tous les favoris.

Les Australiens devront se tourner vers deux hommes en particulier : O’Connor et Vine. Vine semble être très bien sorti de sa Vuelta (il remporte le maillot de meilleur grimpeur), comme en témoigne sa performance sur le contre-la-montre avant sa chute. Une place sur le podium l’attendait, mais un loupé dans un virage a anéanti ses chances. Il semble assez bien remis malgré tout, puisqu’il a remporté le titre en relais mixte à peine trois jours plus tard. Malgré toutes ses qualités, l’Australien n’a jamais brillé sur les courses d’un jour.

O’Connor sort d’une Vuelta qu’il a terminée à la 2e place en ayant porté le maillot rouge pendant près de 13 jours. Sa prestation sur la 6e étape, devant un peloton en chasse, était assez impressionnante. Certes, ils lui ont laissé beaucoup d’avance, mais il ne perdait rien dans le final. Il avait déjà réalisé un gros numéro en solitaire en début d’année pour remporter une course d’un jour en Espagne. Ses qualités de rouleur se sont grandement améliorées, mais je ne suis pas persuadé que ce parcours lui convienne vraiment. Il performe mieux sur des ascensions plus longues et plus roulantes.


La France ne se présente pas avec un favori évident pour le podium, mais l’équipe est intéressante. L’homme en forme est clairement Gaudu. Après un début de Vuelta difficile, il a progressivement haussé son niveau, se plaçant parmi les meilleurs derrière Roglic. Finalement 6e au général, il a confirmé sa forme en remportant une étape et en terminant 3e du Tour du Luxembourg, dix jours plus tard.

Alaphilippe, ancien double champion du Monde, sera aussi de la partie. Après quelques saisons compliquées, il semble revenir à un très bon niveau. Certes, il n’est plus le coureur dominant d’avant 2021, mais il reste capable de belles performances. Bien qu’il ne soit plus dans le groupe des tout meilleurs à la pédale, il demeure un atout offensif pour l’équipe. Deuxième de la Classica San Sebastián et 3e du GP de Montréal cette année, il a montré des signes encourageants en cette fin de saison. Et, surtout, il reste malgré tout un nom très surveillé au sein du peloton. S’il tente de sortir, de gros coureurs voudront assurément l’accompagner.

Madouas mérite également d’être mentionné. Ses performances sur ces courses longues et éprouvantes peut varier du tout au tout. Son plus gros défaut est souvent son placement, ce qui l’amène à dépenser beaucoup d’énergie pour combler des écarts. Mais s’il adopte une stratégie offensive, comme aux Jeux Olympiques, en anticipant les mouvements, il pourrait surmonter ce problème. Face aux favoris, il n’a pas le niveau pour suivre à la pédale (c’est le cas de beaucoup de coureurs, vous l’aurez compris), mais en prenant l’initiative d’anticiper les débats, il pourrait obtenir un bon résultat.

Comme à son habitude, l’équipe de France cherchera probablement à dynamiter la course de loin. Avec plusieurs cartes intéressantes à jouer, elle peut être présente à tous les moments de la course, excepté dans un duel avec Pogacar. En misant sur l’anticipation, une belle place reste envisageable.


L’équipe d’Italie dispose de coureurs de qualité, mais aucun n’apparaît comme un outsider clair pour une place sur le podium à la pédale. En revanche, elle possède les atouts nécessaires pour animer la course.

Le leader de l’équipe sera Antonio Tiberi. Le jeune Italien a réalisé une excellente saison 2024, avec notamment une 5e place au Giro et le maillot de meilleur jeune. Sa Vuelta avait bien commencé avant son abandon lors de la 9e étape. Malgré cela, il a réussi à maintenir un entraînement à haute intensité, ce qui lui a permis de maintenir sa forme et de remporter le classement général du Tour du Luxembourg la semaine dernière.

Si ses qualités de rouleur/grimpeur et d’homme de classement général ne sont plus à prouver, sa gestion des courses d’un jour reste une inconnue. Il n’a participé qu’à Liège-Bastogne-Liège cette année, terminant 22e dans le groupe se disputant la troisième place. Concernant le parcours de Zurich, il aurait sans doute préféré des ascensions plus longues, car il n’est pas le meilleur des puncheurs. Toutefois, il a montré des progrès dans ce domaine cette année, comme en témoignent ses performances lors des premières étapes de la Vuelta ou ses multiples top 10 au Tour du Luxembourg.

Peut-il rivaliser avec Evenepoel ou Pogacar ? Non, évidemment. Mais l’Italie ne doit pas se reposer uniquement sur Tiberi. Ciccone sera également présent, et le parcours semble bien lui convenir avec ses qualités de grimpeur et son excellent punch. En début d’année, il citait clairement Zurich comme un des points central de sa saison et autour duquel il voulait axer sa préparation. Bien qu’il ai vécu une saison compliquée, et soit resté relativement discret sur le Tour malgré une 11e place au général, il a sorti des chiffres impressionnants. Toutefois, il n’est pas réputé pour ses performances sur les courses d’un jour.

Zana sort d’une bonne Vuelta, et il faut espérer qu’il ai pu récupérer correctement pour bénéficier de l’effet de surcompensation. L’invité de dernière minute est aussi l’un de ceux qui a montré les meilleures choses dernièrement, il s’agit de Zambanini. En cette fin de saison 2024 il semble finalement commencer à passer le cap qu’on lui promettait. Ses bons résultats en Pologne et Luxembourg ont été suivis de 2 top 10 sur les courses canadienne. La forme est indéniablement bonne, mais un championnat du monde est une course vraiment à part.

Je m’attends à voir une équipe d’Italie dans le même rôle que celle de la France : dynamiser et animer la course, en plaçant systématiquement un homme dans les échappées. C’est la seule manière pour eux d’espérer un bon résultat. Depuis 2016, l’Italie a toujours placé au moins un coureur dans le top 10 des championnats du monde, et cet objectif semble de nouveau atteignable cette année.


Belle densité du côté de la sélection américaine avec des hommes comme McNulty, Sheffield ou Simmons. Mais dans cette équipe, un homme semble évidemment sortir du lot : il s’agit de Jorgenson.

L’Américain a parfaitement négocié son passage chez Visma en 2024, confirmant tout le potentiel entrevu alors qu’il était à la Movistar. Vainqueur de Paris-Nice, top 5 sur l’E3 et victoire sur A Travers la Flandre en début de saison, il a continué sur sa lancée en prenant la 2e place du Dauphiné, top 10 du Tour de France avec d’excellentes prestations en montagne, et 9e des JO.

En plus d’être un bon coureur de classement général, il sait aussi gérer la particularité des courses d’un jour. Un peu décevant sur les courses canadiennes, on peut aisément penser qu’il n’était pas au sommet de sa condition physique 15 jours avant les championnats du Monde.

Comme pour la majorité des coureurs cependant, il ne pourra pas rivaliser à la pédale avec Pogacar et Evenepoel. Il ne possède pas non plus une très bonne pointe de vitesse. S’il veut exister, il devra anticiper la grande bataille mais aussi s’isoler. S’il sort, la Belgique et la Slovénie ne le prendront peut-être pas directement en chasse, mais les deux nations pourraient décider de ne pas laisser trop d’avance à un coureur de son calibre. Avec tous ces éléments en tête, j’ai du mal à le voir jouer le podium, malgré son talent.


L’équipe espagnole aligne de très beaux noms, notamment Landa et Mas, tous deux remarqués lors de la Vuelta récemment. Cependant, le parcours des championnats du monde ne semble pas vraiment correspondre à leurs qualités, d’autant plus que Landa n’est pas réputé pour performer lors des courses de fin de saison.

Ayuso, quant à lui, a connu une deuxième moitié de saison assez compliquée jusqu’au Tour du Luxembourg, où il s’est imposé sur le contre-la-montre. Ce jeune coureur complet sait également briller sur les courses d’un jour. En 2024, il a remporté la Faun-Ardèche Classic, terminé 2e de la Drôme Classic et 3e du Trofeo Laigueglia. Le parcours des championnats du monde semble convenir à ses aptitudes, grâce à son bon punch et ses capacités de rouleur.

Bilbao représente également une carte intéressante pour l’Espagne. Ses performances lors des courses canadiennes sont un bon indicateur de sa forme actuelle. Bien qu’il n’ait pas réussi à revenir sur Pogacar à Montréal, comme personne d’ailleurs, il était indéniablement le meilleur des autres ce jour-là, surpassant bon nombre d’outsiders qui seront présents dimanche à Zurich. Il a aussi prouvé par le passé sa capacité à bien gérer les courses d’un jour, ce qui en fait une option solide pour l’équipe espagnole.


Hirschi réalise une fin de saison de haut niveau. Après une longue traversée du désert, le Suisse semble revenu sur de bons rails. Il faut toutefois relativiser et se rappeler à quel niveau il évoluait à son meilleur. En 2020, il rivalisait avec les meilleurs puncheurs du monde, remportant la Flèche Wallonne et passant près de la victoire sur Liège-Bastogne-Liège, si Alaphilippe n’avait pas été aussi dangereux sur son vélo.

Vainqueur des cinq dernières courses d’un jour auxquelles il a participé, dont la Klassikoa et la Bretagne Classic, il est évident que sa confiance est à son maximum. Il est probablement au top de sa forme actuellement et a mis toutes les chances de son côté pour obtenir le meilleur résultat possible sur les championnats du Monde à domicile.

Cependant, malgré ces belles victoires, il faut relativiser en considérant la concurrence présente lors de ces courses. Aucun des favoris pour les championnats du Monde n’était aligné sur ces cinq courses. La forme est bonne, mais cela ne signifie pas qu’il soit en mesure de jouer une place sur le podium à la pédale face aux meilleurs dimanche. En menant correctement sa course, il peut néanmoins espérer décrocher un top 10, voire un top 5.


Mes Choix

La grande question : Pogacar peut-il être battu dimanche ? À la pédale, je suis tenté de dire que non, c’est impossible. Tout d’abord, parce que je ne vois pas de coureur capable de le distancer, que ce soit sur le plat ou dans les montées. Ensuite, parce que je ne vois personne capable de l’accrocher jusqu’au bout et que, même si c’était le cas, sa pointe de vitesse devrait lui permettre de s’imposer.

Une chute ou un ennui mécanique sont évidemment des éléments à prendre en compte, mais s’il devait perdre ce championnat du monde, ce serait peut-être parce qu’il se serait fait piéger. Avec la force et la qualité du collectif slovène, j’ai du mal à imaginer ce scénario.

Evenepoel devrait être en mesure de l’accompagner jusqu’à un certain point, mais je l’imagine lui aussi rendre les armes à un moment donné. Christen a montré la voie lors du championnat du Monde u23, même s’il n’a pas eu les jambes pour aller au bout. Après avoir essoré ses adversaires, Pogacar placera son attaque décisive dans le Zürichbergstrasse à un tout petit peu plus de 50 km de l’arrivée, dans les plus forts pourcentages. Victoire en solitaire de Pogacar donc, avec Evenepoel seul également, mais en deuxième place.

Pour la troisième place, j’imagine un petit groupe de rescapés qui se la disputerait au sprint. Skjelmose pour venir compléter le podium dans ce scenario.


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