Clásica San Sebastián 2024 Preview

CLASICA SAN SEBASTIAN 2024

236 km

Changement de parcours cette année, avec 6 kilomètres supplémentaires par rapport à l’édition 2023. Sept ascensions sont répertoriées le long du parcours, pour un dénivelé positif total supérieur à 4 000 mètres. La principale modification se situe dans le final, avec l’ascension de la côte de Pilotegi, qui remplace celle de Murgil. Une ascension probablement encore plus difficile.


Le Parcours

La première difficulté du parcours se situera assez tôt, après seulement 27 kilomètres de course. Les coureurs devront franchir la côte d’Andazarrate (5,9 km à 5,7 %). Ils devront ensuite attendre une soixantaine de kilomètres avant de rencontrer la prochaine ascension répertoriée.

Entre les kilomètres 82 et 127, les coureurs enchaîneront les ascensions du triptyque Azkarate-Urraki-Alkiza, comme lors de l’édition 2022. Bien que ces difficultés soient placées trop loin de l’arrivée pour permettre de grandes manœuvres, elles contribueront à augmenter la fatigue des coureurs.

Après la descente d’Alkiza, la route restera accidentée sur près de 40 kilomètres, mais sans difficultés comparables aux quatre précédentes. Il faudra attendre le kilomètre 167,5 et le pied de Jaizkibel pour que les choses sérieuses commencent.

JAIZKIBEL
  • 7.9km à 5.6%
  • Ascension en deux temps. 3 premiers kilomètres assez pentus qui ne passeront pas sous les 6% de moyenne et qui monteront jusqu’à 9%.
  • Une portion de replat d’un kilomètre avant de repartir sur une partie plus pentue.
  • Sommet situé à 60.5 km de l’arrivée
Clásica San Sebastián 2023 Preview

Située bien plus près de l’arrivée qu’en 2023, Jaizkibel pourrait avoir un impact plus important. Après la descente, une courte transition de 8 kilomètres mènera le peloton au pied de la côte d’Erlaitz.

ERLAITZ
  • 3.9 km à 10.6 %
  • Un mur qui va naturellement faire l’écrémage entre les tout meilleurs et les autres.
  • Au sommet, la route continuera à s’élever légèrement avant que les coureurs n’entament la descente
  • Sommet à 7.6 km de l’arrivée
Clásica San Sebastián 2023 Preview

Après le sommet, une longue portion descendante de 12 kilomètres attendra les coureurs, mais elle sera très irrégulière, avec quelques repechos et des sections planes à certains endroits. Une fois la descente terminée, ils affronteront une portion plate d’environ 15 kilomètres, traversant San Sebastián. Au bout de cette section, la dernière ascension du jour, décisive, se dressera devant les derniers rescapés.

PILOTEGI
  • 2 km à 11.7 %, le tout sur une chaussée étroite
  • Un mur en deux temps avec une portion moins pentue au milieu
  • Les premières rampes se font sur un revêtement qui rend assez peu, et un pourcentage moyen supérieur à 13 %
  • Les 700 derniers mètres affichent plus de 18 % de moyenne
  • Sommet à 40.8 km de l’arrivée
Descente Pilotegi

Les coureurs vont ensuite récupérer la descente habituelle qui va les ramener vers San Sebastian, les 7 derniers kilomètres de course seront identiques.


Météo

Beau temps attendu demain et des températures qui flirteront avec les 30 °, il fera chaud autour de San Sebastian. Le vent soufflera en provenance du nord / nord-ouest mais sera assez faible, à peine au dessus de 5 km/h. Le vent ne devrait pas être un obstacle.


Le Scenario

Avec Jaizkibel et surtout Erlaitz, cette fois placées plus près de l’arrivée, on peut s’attendre à ce que la course se durcisse à nouveau à cet endroit. De plus, certains coureurs pourraient être tentés d’anticiper l’ascension de Pilotegi.

L’année dernière, Erlaitz avait déjà servi de rampe de lancement malgré son placement à plus de 70 km de l’arrivée. Il y a de grandes chances qu’elle soit à nouveau un lieu d’écrémage significatif.

L’ascension de Pilotegi est extrêmement difficile et devrait remettre chacun à sa place dans le groupe de tête.


Les Prétendants

Vingegaard sera bien présent au départ de cette course. Deuxième du Tour de France, le Danois n’a absolument pas à rougir de sa performance. En l’absence de Pogacar, sur le papier, il est le favori. Cependant, il devra éviter de se faire piéger, car personne ne voudra l’avoir dans sa roue en abordant Pilotegi. L’équipe qui l’entoure semble assez forte pour l’accompagner et l’aider à contenir les attaquants. Bien qu’il ne soit pas le plus rapide sur le plat, s’il parvient à rester dans le groupe de tête à Pilotegi, il pourrait bien distancer tout le monde pour s’imposer en solitaire. On l’a vu lors de la course en ligne des JO : sortir du Tour est un vrai avantage pour les coureurs, et il devrait bénéficier de ce phénomène de surcompensation.

Evenepoel ne sera pas là pour défendre son titre, mais Soudal sera loin d’être démunie. Alaphilippe sera présent, mais c’est surtout Landa qui m’intéresse ici. L’Espagnol réalise une saison de très haut niveau, et sa 5e place sur le Tour de France en est la confirmation. Son principal problème réside dans son manque de punch et de vitesse, mais il fait partie des tout meilleurs grimpeurs du peloton. L’ascension de Pilotegi, en fin de course, pourrait bien jouer en faveur des grimpeurs plutôt que des purs puncheurs. En sortie de Tour, sa forme devrait être bonne, mais il devra arriver en tête s’il veut espérer l’emporter.

Yates a connu un début de Tour très compliqué, mais il a vraiment bien fini lors de la troisième semaine. Avec deux podiums d’étape, il ne lui a finalement manqué que la victoire. Comme pour les autres coureurs mentionnés précédemment, sortir du Tour devrait être bénéfique pour sa condition physique. À la pédale face à Vingegaard, cela sera très compliqué, mais s’il parvient à anticiper, il sera un sérieux candidat pour la victoire.

Deuxième de la Klasikoa en 2022, Sivakov sera de la partie cette année et devrait avoir l’occasion de jouer sa carte. Sortant du Tour, sa forme devrait être très bonne. L’équipe UAE, dans son ensemble, est intéressante. On note la présence d’Hirschi, mais je pense qu’il est un ton en dessous des principaux favoris. Je suis curieux de suivre la course des jeunes Christen et Del Toro demain. Le Mexicain vient en préparation de la Vuelta et ne devrait donc pas être à 100 % de ses capacités. Quant à Christen, il s’est montré en très bonne forme en juillet ; pourquoi ne pas nous gratifier d’un nouveau numéro en solitaire ?

Deuxième l’année dernière, Bilbao ne sera finalement pas au départ de la course demain. Bahrain devrait donc miser sur Buitrago, 10e du Tour de France cette année. Comme beaucoup d’hommes du top 10, son Tour a été assez discret, en grande partie à cause des trois extraterrestres devant. Il semblait toutefois accuser un peu le coup sur la fin. S’il a pu bien récupérer, il devrait se montrer à son avantage demain.

Ciccone a vécu un Tour très similaire à celui de Buitrago. De très bonnes performances, mais un résultat final bien en deçà des tout meilleurs. Le parcours de la Klasikoa lui conviendra parfaitement, et son profil de grimpeur-puncheur sera un atout dans la côte de Pilotegi. Encore faudra-t-il qu’il soit toujours à l’avant à ce moment de la course. Comme les autres sortant du Tour, s’il a bien récupéré, il a de quoi jouer les premiers rôles.


Mes Choix

Pour cette course, je vais faire confiance aux hommes sortant du Tour. Mon favori, sans grande surprise, sera Vingegaard. Certes, il n’est pas le plus grand adepte des courses d’un jour, mais après ce qu’il a montré sur le Tour de France, j’ai du mal à voir qui pourrait le battre à la pédale. La seule chance pour ses adversaires serait de le piéger en anticipant, mais si Visma fait bloc, il sera difficile de creuser un écart significatif.

Je m’attends à une nouvelle très bonne prestation de Landa demain, dans la continuité de sa saison. Son Tour a été un peu éclipsé par les performances de son jeune équipier, mais il a réalisé une très belle performance. Il manque de punch, et j’ai donc du mal à l’imaginer s’imposer, mais il a tout ce qu’il faut pour décrocher une place sur le podium. Probablement l’un des seuls à pouvoir espérer tenir la roue de Vingegaard sur quelques hectomètres.

Enfin, pour compléter mon podium, je m’attends à une petite surprise. Certains coureurs anticiperont et pourraient réussir à conserver une bonne place au final, voire même décrocher une place sur le podium. Dans ce scénario, c’est Jan Christen qui me plaît le plus. Le jeune suisse l’a déjà fait auparavant et sa forme en juillet parle en sa faveur. A la pédale, je ne lui laisse pas beaucoup de chance, mais c’est un coureur offensif qui semble en plus très bien sentir la course.


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