La Vuelta a España 2024 – Preview

Comme de coutume, La Vuelta a España sera le troisième et dernier Grand Tour de la saison. Pogacar s’est adjugé les deux premiers, mais ne sera pas présent en Espagne au mois d’août : une occasion en or pour les autres ! Cette 79e édition se veut de nouveau très vallonnée avec une seule petite étape catégorisée comme « étape de plaine », même si au moins deux autres pourraient convenir aux sprinteurs.

Deux contre-la-montre (assez courts) pour ouvrir et clore l’événement, le parcours devrait surtout mettre les grimpeurs à l’honneur avec 8 étapes catégorisées comme « étapes de montagne » et sept arrivées au sommet lors de ces 3 semaines de course.


La Vuelta 2024 s’ouvrira par un contre-la-montre assez court de seulement 12 kilomètres au Portugal, entre le quartier de Belem à Lisbonne et Oeiras. Le tracé, peu technique et légèrement vallonné, conviendra parfaitement aux spécialistes de l’effort solitaire.


La seconde étape de ce triptyque portugais sera très vallonnée, avec près de 2 800 mètres de dénivelé positif. Cette étape se décomposera en trois parties : les 65 premiers kilomètres seront accidentés, suivis de 60 kilomètres plus simples, puis de 70 derniers kilomètres à nouveau vallonnés. Le final ne sera pas plat, les 1 500 derniers mètres présentent une pente moyenne de 2 %, par paliers jusqu’à la ligne.


À l’image de la seconde, cette troisième et dernière étape au Portugal sera vallonnée. Tout aussi longue mais avec un peu moins de dénivelé positif, elle n’en sera pas moins éprouvante. Comme pour le final de la deuxième étape, les derniers kilomètres seront en faux plat montant jusqu’à la ligne d’arrivée.


Le peloton de La Vuelta mettra enfin les roues sur le sol espagnol lors de la quatrième étape. Après trois premières étapes vallonnées, les coureurs affronteront de vraies ascensions au cours de cette quatrième étape. Quatre cols répertoriés sont au programme, avec une première arrivée au sommet au Pico Villuercas : une ascension roulante sur ses 9 premiers kilomètres, suivie d’une portion de 2 km à près de 15 % de moyenne. Ce sera le premier vrai test pour les prétendants au classement général.


Cette cinquième étape sera la seule « vraie » étape dédiée aux sprinters, il y a assez peu de chances qu’elle leur échappe.


Les sprinteurs ne seront pas à la fête lors de cette sixième étape. Avec plus de 3 800 mètres de dénivelé positif, quatre ascensions répertoriées et une arrivée au sommet, cette étape s’annonce exigeante. La dernière ascension n’étant pas excessivement difficile, il ne devrait pas y avoir de gros écarts entre les leaders. Une chance pour les baroudeurs ?


À l’image de toutes les étapes jusqu’ici, le parcours ne sera jamais vraiment plat lors de cette septième étape. Si les sprinteurs envisageaient de viser la victoire à Cordoba, l’ascension placée à 25 km de l’arrivée (7.4 km à 5.6 %), avec son dernier kilomètre à plus de 11 % de moyenne, pourrait les faire changer d’avis.


Seulement deux difficultés répertoriées, mais plus de 2 600 mètres de dénivelé positif sur ces 158 kilomètres. Cette huitième étape s’inscrit dans la lignée des précédentes, avec un parcours jamais vraiment plat tout au long de la journée. L’arrivée sera jugée au sommet de la Sierra de Cazorla, une ascension assez courte mais très irrégulière.


Une étape de montagne pour conclure cette première semaine de course. Trois ascensions se succéderont dans la seconde moitié de l’étape, dont la double ascension de l’Alto de Hazallanas (7.1 km à 9.5 %). L’arrivée ne sera pas située au sommet, mais 7 kilomètres après la fin de la descente, qui comportera quelques sections techniques.


Une étape qui se décomposera en trois temps : les 30 premiers kilomètres seront compliqués avec la première ascension de la journée, suivis d’une longue portion irrégulière mais peu difficile. Enfin, trois ascensions se succéderont dans les 60 derniers kilomètres, avec l’Alto de Mougas (10 km à 6 %) en juge de paix à 20 km de l’arrivée.


Une étape qui semble taillée pour les baroudeurs de la Vuelta. Quatre ascensions sont réparties le long de ces 166 kilomètres de course, et la toute dernière, courte et pentue, devrait voir les attaques fuser.


Une étape très courte et irrégulière qui devrait se résumer à une course de côte dans le final. L’ascension vers la station de Manzaneda (15.4 km à 4.7 %) sera l’unique juge de paix de cette douzième étape.


Quatre ascensions répertoriées sur cette treizième étape : les deux premières dans les 75 premiers kilomètres, permettant aux coureurs les plus costauds de sortir, et les deux dernières dans les 30 derniers kilomètres de course. Le Puerto de Ancares sera si difficile (7.5 km à 9.3 %) qu’il est fort probable que nous assistions à une nouvelle course de côte.


Deux difficultés répertoriées sur cette 14e étape, mais c’est bien la dernière qui sera le juge de paix. Longue de 23 kilomètres, elle sera malgré tout très roulante, rendant difficile d’imaginer que les favoris au général soient piégés ici.


Un peu moins de 143 kilomètres à couvrir lors de cette 15e étape, mais près de 3 700 mètres de dénivelé positif. Le circuit en milieu de parcours comportera les trois premières ascensions, mais tout se jouera dans le final sur les rampes du Cuitu Negru (18.9 km à 7.4 %).


Cette troisième et dernière semaine débutera par une étape montagneuse avec un enchaînement déjà vu en 2021 : Collada Llomena (7.6 km à 9.1 %) – Lagos de Covadonga (12.5 km à 6.9 %). Bien que la première ascension semble trop éloignée de l’arrivée pour y voir des attaques, il ne faut pas oublier l’attaque en duo de Bernal et Roglic il y a trois ans, à plus de 60 km de l’arrivée. Le scénario le plus probable reste une course de côte sur Covadonga, mais qui sait ?


Une étape relativement courte avec deux difficultés répertoriées placées en première moitié de parcours. Le reste de la course ne devrait pas poser de problème, et cette étape pourrait offrir une belle bataille entre les équipes de sprinteurs (s’il en reste) et les baroudeurs.


Une nouvelle étape qui devrait convenir aux baroudeurs. La dernière difficulté répertoriée sera relativement exigeante, mais située assez loin de l’arrivée, il est donc peu probable que les leaders s’attaquent. Les 40 derniers kilomètres vallonnés mettront les coureurs à rude épreuve, et il est possible que l’échappée y éclate.


Deux difficultés répertoriées, mais tout devrait se jouer sur la montée finale de cette 19e étape. Les coureurs auront une longue procession de 165 kilomètres avant d’aborder le juge de paix de la journée, une ascension de 8.6 km avec une pente moyenne de 8.9 %.


L’étape reine de cette Vuelta 2024. À la veille du dernier contre-la-montre, cette 20e étape pourrait être celle de tous les dangers. Les coureurs devront affronter 7 ascensions répertoriées sur 172 kilomètres, les 6 premières étant plutôt roulantes. En guise de dessert, ils devront affronter le redoutable Picón Blanco, une montée de 8 km à 9,1 % de moyenne.


La Vuelta se conclura par un contre-la-montre d’un peu moins de 25 kilomètres. Le parcours est légèrement vallonné, mais probablement pas assez pour empêcher les spécialistes de s’exprimer pleinement. Les meilleurs rouleurs parmi les leaders du classement général y bénéficieront d’un net avantage sur leurs concurrents.


Mon Avis sur le Parcours de La Vuelta 2024

Première semaine : Le départ au Portugal et les seules chances pour les sprinters

La Vuelta 2024 débutera à Lisbonne avec un contre-la-montre individuel qui définira les premières hiérarchies. Un chrono peut-être un peu trop court à mon goût sur une Vuelta qui en comportera deux pour un total de 36.6 km. Les jours suivants, les étapes traverseront le Portugal, avec un terrain vallonné propice aux baroudeurs et aux sprinters polyvalents. Pour les quelques sprinters qui auront fait le déplacement, il ne faudra pas se louper en première semaine car c’est ici que leurs meilleures, et peut-être seules, chances de victoire se trouveront. La 4e étape nous offrira la première arrivée au sommet, mais elle ne devrait se résumer qu’à une course de côte dans son final tant l’ascension semble majoritairement roulante. Il faudra attendre la 9e étape et la fin de la première semaine pour voir un premier enchaînement de difficulté digne de ce nom. Si les sprinters auront une ou deux étapes à se mettre sous la dent, les baroudeurs devraient être bien plus gâtés lors de cette première semaine. Les purs grimpeurs devront attendre.

Deuxième semaine : Vallons et montagnes

La deuxième semaine est souvent le moment où la course se durcit, et 2024 ne fera pas exception à la règle. Le peloton se dirigera vers les montagnes du nord de l’Espagne, en Galice et dans les Asturies. Si les sprinters avaient quelques étapes à cibler en première semaine, il ne fait aucun doute que cette deuxième semaine n’a absolument pas été pensée pour eux. Si les étapes 10 et 11 semblent parfaitement tracées pour les baroudeurs, les 12 et 13 devraient se résumer à des courses de côtes, du côtés des favoris au maillot rouge tout du moins. J’ai un peu de mal à comprendre l’intérêt de la 14e étape avec cette très longue et roulante ascension peu propice aux attaques. Dans la 15e étape, tout se jouera sur la dernière ascension et les écarts pourraient être conséquents. Dommage qu’il n’y ai pas de vraies ascensions avant, mais quand on voit la difficulté de ce dernier col, il y a fort à parier qu’il ne se serait pas passé grand chose en amont.

Troisième semaine : Etape Reine et contre-la-montre décisif

Cette troisième semaine sera dans la lignée de ce que nous avons vu jusqu’ici : un mélange de courses de côte et d’étapes pour baroudeurs. Messieurs les sprinters, si vous n’aviez toujours pas compris, le message est désormais on ne peut plus clair. Le final de la 16e étape vers les Lagos de Covadonga sera identique à celui de 2021, où Bernal et Roglic avaient attaqué à 60 km de l’arrivée. Les chances d’assister de nouveau à une étape animée plutôt qu’à une simple course de côte me semblent assez minces. En ce qui concerne la bataille pour le général, tout pourrait se jouer lors de l’enchaînement des étapes 19, 20, et 21. L’étape 19 s’annonce comme une (énième) course de côte, mais la difficulté du Moncalvillo pourrait réserver quelques surprises. L’étape 20 sera la dernière opportunité pour les grimpeurs de creuser des écarts avant le contre-la-montre final. La bonne nouvelle pour eux, c’est qu’il y aura très peu de vallées sur cette étape, sauf, bien évidemment, à l’endroit le plus critique entre les deux dernières ascensions. On peut espérer quelques mouvements audacieux de loin, même si les difficultés avant le Picon Blanco ne seront pas des plus redoutables. Le chrono final viendra figer les positions des leaders, offrant un avantage certain aux meilleurs rouleurs sur ce parcours légèrement vallonné.

Conclusion

En résumé, ce tracé 2024 est assez classique pour une Vuelta, avec ses courses de côtes et ses sprinters envoyés au casse-pipe, peut-être même plus que les années précédentes ! Je ne pensais pas dire cela un jour, mais je crains que ce Grand Tour manque d’un ou deux vrais sprints supplémentaires. Il faudra bien sûr voir comment les étapes se dérouleront, mais à part trois occasions plus ou moins claires en première semaine, il est difficile d’imaginer où les sprinters pourraient vraiment s’exprimer. Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, cela devrait laisser d’avantage de chances aux baroudeurs. D’autant plus qu’en l’absence des ogres Vingegaard et Pogacar, ils auront bon espoir de pouvoir aller au bout avec 4′ d’avance au pied des dernières ascensions.

Du côté des points négatifs, ce tracé souffre d’un manque flagrant de véritables étapes de montagne avec enchaînement de cols. La 20e étape est certes là, mais elle paraît tout de même légère pour une étape reine. Il faut faire avec ce qu’on a sous la main, et c’est aussi ce qui fait une des particularité de la Vuelta. Malgré tout, pour un Grand Tour, c’est un vrai manque.

Enfin, à peine 36 kilomètres de contre-la-montre sur l’ensemble du tracé, je trouve cela bien trop insuffisant. Ces deux chronos devraient avoir un impact assez limité dans la lutte au classement général.


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