Tour de France 2024 Preview Equipes

Les Coureurs Engagés

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Le Classement Général

Deux partout, balle au centre ! En 2023, Vingegaard a donc rejoint Pogacar en termes de nombre de Tours de France remportés. Cette année, l’un des deux pourrait (devrait) en ajouter un troisième à son palmarès. De nombreux outsiders tenteront de déjouer les pronostics, mais comment imaginer un autre vainqueur quand ces deux hommes écrasent la concurrence chacun leur tour depuis bientôt quatre ans ? Entre préparation inhabituelle, chutes et maladies, l’incertitude règne chez beaucoup de coureurs avant le départ.

Pogacar va prendre le départ de ce Tour de France avec l’étiquette du grand favori, qu’il le veuille ou non. Le Slovène sort effectivement du Giro, mais il est le seul des principaux prétendants à la victoire finale à ne pas avoir connu de pépins dans sa préparation. Le doublé Giro / Tour n’a plus été réalisé depuis Pantani en 1998, bien que certains s’y soient essayés. En 2018, Froome finira 3e du Tour de France après avoir remporté le Giro, pendant que Dumoulin prendra la deuxième place sur les deux épreuves cette année là. Un exploit très difficile donc, mais pas impossible, surtout pour Pogacar. Il a écrasé le Giro et n’a eu à forcer son talent que peu de fois finalement. En dehors des deux chronos et de l’étape de Livigno, je ne suis pas certain qu’il se soit donné à 100 %. Il n’arrivera pas totalement frais sur le Tour, mais il ne sera pas non plus épuisé. Si les étapes de haute montagne avec enchaînement de cols semblaient être son « point faible » (par rapport à Vingegaard uniquement), sa prestation sur le Giro lors de l’étape de Livigno rassure sur ce point. Il avait été complètement dominé par Vingegaard lors du chrono de Combloux en 2023, laissant filer plus d’une minute trente, mais ses chronos sur le Giro ont eux aussi rassuré sur ses qualités dans l’exercice. Intrinsèquement, Vingegaard reste très certainement au-dessus de lui dans l’exercice, mais on peut imaginer que les écarts ne seront pas aussi conséquents cette année.

L’équipe qui l’accompagne est ridiculement forte avec Yates, Ayuso et Almeida qui pourraient chacun prétendre à un rôle de leader dans une autre équipe. Mais quand le chef est là, encore plus sur le Tour, il n’y a pas à tergiverser : ce sera tout pour Pogacar.

Yates avait dû quitter le Tour des UAE en début de saison après une lourde chute ayant occasionné une commotion cérébrale. À son retour en avril, il semblait vraiment loin de son niveau, tout l’inverse de ce qu’il a récemment montré sur le Tour de Suisse. Sa prestation aura été plus que convaincante. De quoi de nouveau le placer comme le troisième homme du Tour ? Possible. En tout cas, avec l’inconnu Vingegaard et ce qu’on a vu d’Evenepoel et Roglic sur le Dauphiné, l’espoir d’un nouveau podium est évidemment permis. S’il est au même niveau qu’au Tour 2023, il sera un adversaire très sérieux en haute montagne en fin de tour cette année.

Que dire d’Almeida ? Si Yates a été impressionnant sur le Tour de Suisse, Almeida n’était pas en reste. On peut même penser légitimement que le Portugais était meilleur que son équipier, malgré ce que peut suggérer le résultat final. Avec ce qu’ils ont montré sur le Tour de Suisse, voir l’un des deux sur le podium est loin d’être un simple rêve. UAE peut même légitimement espérer placer trois hommes dans les cinq (trois ?) premiers au général.

Quid du rôle et des ambitions d’Ayuso ? Il semblerait pour le moment qu’il ne soit qu’un super domestique en montagne. Sa chute et son abandon sur le Dauphiné ne vont évidemment pas jouer en sa faveur. Sa préparation sera tronquée et il pourrait se retrouver beaucoup trop juste pour espérer jouer une place dans les trois premiers. Il n’empêche, la question va vite se poser de sa place au sein de l’équipe, lui qui aspire très certainement à autre chose qu’un rôle de super domestique sur le Tour de France.

Tout ceci étant dit, il convient de souligner une chose. Si Vingegaard est à son vrai niveau (nous y reviendrons plus tard), UAE peut emmener tous ses meilleurs leaders, cela ne changera rien au final. On a pu le voir l’année dernière, Yates a réalisé son meilleur Grand Tour et n’a absolument rien pu faire face au danois. Un co-leader est utile à la condition qu’il soit à peu près au même niveau que le principal adversaire. Que cela soit chez UAE ou chez Visma, seul Vingegaard peut espérer battre Pogacar et vice versa. Les co-leader / super domestique seront utiles bien sûr, mais nous nous retrouverons toujours avec ce même duel au final. Si le danois est au niveau, évidemment.

La grande question que tout le monde se pose : Vingegaard sera-t-il en mesure de défendre son titre ? Sa très grave chute survenue lors du Tour du Pays Basque l’aura tenu éloigné longtemps de son vélo. Si l’on prend l’exemple de Pogacar l’année passée, il est clair que sa blessure et sa préparation tronquée ne lui avaient pas permis de défendre ses chances à 100 %. Pour Vingegaard, il y a fort à parier que cela sera aussi le cas cette année. Et il faudra être au meilleur de sa forme pour battre le slovène et son équipe. Deux dynamiques diamétralement opposées sont notables entre les deux équipes cette année. Visma a été plombée par les chutes et autres maladies, pendant que du côté de UAE tout semble parfaitement s’imbriquer à l’approche du Tour. Heureusement pour lui, mise à part la 4e étape, la haute montagne n’interviendra qu’en fin de deuxième semaine sur le Tour. De quoi lui laisser espérer que la forme ne vienne d’ici là, lui qui pourrait être un peu court en début de Tour.

La lumière est souvent, voire uniquement, venue de Jorgenson cette année chez Visma. L’Américain semble encore avoir passé un cap, sa victoire sur Paris – Nice et sa deuxième place au Dauphiné en sont la preuve. Reste à savoir s’il peut reproduire sur trois semaines ce qu’il a parfaitement exécuté sur une semaine. Je pense qu’il en est effectivement capable, jusqu’à l’imaginer terminer sur le podium final ? Tout aussi bon qu’il soit, sur un Grand Tour je ne le vois pas à la pédale devant des hommes comme Yates et Roglic, et encore moins au niveau de Pogacar. Je peux me tromper, mais nous en saurons plus sur ses qualités à l’issue de ce Tour de France.

Dernier point, le matériel. C’est un problème récurent chez la Visma, l’équipe a de nombreux soucis, notamment de crevaisons, sur les parcours atypiques (gravel, pavés…). La 9e étape sera une vraie mise à l’épreuve pour eux. Sur un terrain où ni Jorgenson ni Vingegaard n’ont déjà prouvé être à la hauteur, leurs équipiers devront vraiment être attentifs. Heureusement pour eux, ils seront excellement bien entourés avec Laporte, Benoot mais aussi Van Aert. La reprise de Wout est loin d’être flamboyante après sa lourde chute. Inquiétant tant on sait l’importance qu’il a eu au sein de l’équipe sur les deux Tours remportés par Vingegaard, surtout en 2022.

Au global, la Visma se présente avec une équipe plus équilibrée que celle d’UAE qui semble empiler les leaders. Mais, comme dit plus haut, lorsque Tadej est présent les guerres d’égo disparaissent. Tous seront au service de leur leader et Visma pourrait se retrouver en difficulté en haute montagne. Vingegaard n’aura d’autre choix que d’attaquer s’il en a les moyens, au risque de se faire piéger, la meilleure défense étant l’attaque. En montagne, seul Pogacar côté UAE sera en mesure de le suivre s’il est au meilleur de sa forme, le danois doit absolument forcer ce mano à mano.

Arrivé cet hiver à la Bora, Roglic sera bien évidemment le leader de l’équipe pour ce Tour de France. Le Slovène a axé sa saison autour de cet objectif en particulier. Très loin du compte sur Paris – Nice, il y avait déjà beaucoup de mieux sur le Dauphiné. Malgré tout, Roglic est passé à deux doigts de faire du Roglic et de tout perdre sur la dernière étape. Certes, il faut rappeler qu’il avait chuté quelques jours plus tôt et que son épaule le gênait. Malgré tout, le voir distancé par Jorgenson et surtout Gee n’était absolument pas un signe encourageant. Il lui reste encore du temps pour parfaire sa forme, mais, en l’état, il ne semble pas en mesure de jouer dans la même cour que Pogacar et Vingegaard.

L’équipe est belle et Vlasov en grande forme, mais il faut remettre un peu de contexte malgré tout. Si on compare l’effectif Bora avec celui d’UAE, il n’y a pas photo. De plus, je ne suis pas certain que Vlasov puisse hausser beaucoup plus son niveau en montagne, là où je pense que Roglic a encore une bonne marge. Toute aussi forte que soit son équipe, aucun ne semble actuellement en mesure de suivre Yates, mis à part Roglic, et encore moins Pogacar et Vingegaard lorsque ceux-ci vont accélérer. Roglic pourrait se retrouver assez vite isolé lorsque les choses sérieuses vont commencer.

L’équipe qui l’entoure semble très solide, notamment Sobrero et Vlasov qui ont réalisé un excellent travail sur ce Dauphiné. J’ai été assez déçu par Hindley mais c’est un peu le cas depuis début avril. L’Australien semble encore bien loin du niveau qui est attendu pour aider Roglic. S’il vient uniquement en tant que domestique, alors Primoz n’aura pas besoin de lui avant la 3e semaine, lui laissant encore plus de temps pour parfaire son état de forme. Rien de très encourageant malgré tout à retenir de son Dauphiné.

Vlasov est à l’inverse l’auteur d’une excellente saison. Le Russe a terminé dans le top 6 de toutes les courses par étapes auxquelles il a pris part, et s’est aussi montré totalement dévoué à Roglic lorsque cela a été nécessaire. J’avais quelques doutes sur cet aspect-là, mais depuis le début de saison et surtout sur le Dauphiné, il a montré qu’il n’y a pas de guerre d’égo avec son capitaine.

Il est vrai que le choix de Evenepoel de participer au Tour de France plutôt qu’au Giro m’a surpris. Le Giro semblait taillé pour ses compétences avec ses nombreux kilomètres de contre-la-montre et ses étapes de montagne moins difficiles par rapport à celles du Tour. À 24 ans, la pression et les attentes concernant sa première participation au Tour de France sont effectivement élevées.

Même s’il n’est pas un pur grimpeur, Evenepoel a démontré qu’il pouvait être compétitif sur les Grands Tours, notamment après sa victoire sur la Vuelta. Cependant, sa préparation et ses performances sur le Dauphiné ont soulevé des inquiétudes. Le fait qu’il ait été distancé rapidement dans les ascensions n’est pas un bon présage pour ses ambitions sur le Tour. Ses déclarations, affirmant qu’il n’est pas encore en pleine forme, laissent espérer une amélioration. J’entends ces arguments, mais l’écart à combler me semble trop important pour viser un podium. Un top 5 avec une victoire d’étape serait déjà une belle réussite pour lui sur ce Tour de France.

J’ai aussi vu passer des commentaires disant que Remco devrait se concentrer sur la chasse aux étapes et le maillot de grimpeur. Outre le fait que cela serait terrible pour les baroudeurs et l’intérêt des échappés, il est important de rappeler qu’il est un coureur de classement général. Sa capacité à se battre pour le classement ne doit pas être sous-estimée, même s’il ne peut effectivement pas rivaliser avec Pogacar et Vingegaard sur trois semaines. Mais si on ne le considère pas comme un coureur de classement général, alors très peu d’autres peuvent y prétendre !

La présence de Landa aux côtés de Remco sera cruciale. Le Basque a montré cette saison qu’il pouvait être un atout précieux, notamment avec ses performances au Tour de Catalogne. Limiter Landa à un simple rôle de soutien serait cependant une erreur. En gardant Landa dans le jeu, surtout pendant la troisième semaine très montagneuse, Soudal pourrait avoir une carte de secours si le « plan Remco » venait à échouer. Et, lorsqu’on regarde le parcours, un vrai grimpeur comme Landa a plus de chances selon moi d’accrocher le top 5 qu’Evenepoel. Il perdra du temps sur les chronos, mais les étapes montagneuses en 3e semaine sont si difficile qu’il pourrait en récupérer au moins autant.

Les Grenadiers ne comptent personne en mesure de rivaliser à la pédale avec Pogacar et Vingegaard (aucune équipe d’ailleurs) mais le collectif est, tout du moins sur le papier, de tout premier ordre : Thomas, récent 3e du Giro et ancien vainqueur du Tour ; Rodriguez, 7e de la Vuelta 2022 et 5e du Tour 2023 ; Bernal, ancien vainqueur et revenu à un niveau pas vu depuis son grave accident. Trois noms auxquels nous pouvons ajouter Pidcock et De Plus, qui semblaient eux aussi en excellente forme sur le Dauphiné.

Problème cependant : qui acceptera de se sacrifier pour ses équipiers ? Malgré ses déclarations, je ne vois pas Pidcock en mesure de jouer les premiers rôles au général. Thomas, à 38 ans, pourrait avoir du mal à enchaîner un deuxième Grand Tour sur une saison, chose qu’il n’a jamais réussi à faire les quelques fois où il a tenté. De Plus a certes montré de belles choses, avec notamment un top 10 sur le Giro 2023, mais j’ai de sérieux doutes sur sa capacité à réitérer l’exploit sur le Tour.

De manière réaliste, Bernal et surtout Rodriguez devraient être les deux hommes protégés, l’Espagnol étant celui ayant les meilleures chances de bien figurer. Deuxième de l’Itzulia, vainqueur du Tour de Romandie et 4e du Dauphiné, les choses s’enchaînent bien pour lui. S’il est épargné par les chutes cette année, il peut de manière tout à fait réaliste viser un nouveau top 5 sur ce Tour très montagneux.

En signant Carapaz l’année passée, EF avait réussi à mettre la main sur l’un des coureurs de Grand Tour les plus réguliers du peloton (4 podiums, dont une victoire, sur ses 6 derniers Grand Tours). Malheureusement pour lui, une chute dès la première étape a mis fin à tous ses espoirs. Et cette année, les choses ne démarrent pas sous les meilleurs auspices. En effet, l’Équatorien a chuté sur le Tour de Suisse et a été forcé à l’abandon. Une préparation loin d’être optimale avec le Tour de France comme grand objectif de sa saison. Les grandes échéances montagneuses n’arrivant qu’en fin de deuxième semaine (mise à part la 4e étape évidemment) il peut espérer construire sa forme en cours de route et être compétitif sur la fin pour accrocher le top 10. Mais, à lire ses déclarations et celle de l’équipe au global, la victoire d’étape semble être l’objectif principal.

Si on peut dire de Carapaz qu’il est l’un des plus réguliers sur les Grands Tours, c’est aussi le cas pour Mas avec ses 7 top 6 en 11 Grands Tours disputés. Trois fois deuxième de la Vuelta, il n’aura jamais signé mieux qu’une 5e place sur le Tour. Sa saison était assez peu remarquable jusqu’ici, bien en retrait par rapport à ses adversaires directs, jusqu’au Tour de Suisse. Un ton en dessous de Yates et Almeida certes, mais il a montré des signes très encourageants d’une forme en phase ascendante. Excellents grimpeur, Mas fera partie de ses hommes qui vont se révéler en 3e semaine. Le top 3 semble trop difficile à atteindre à la pédale malgré tout, mais ce Tour très montagneux doit lui faire espérer accrocher un top 5.

Quatrième du Tour 2023, Simon Yates a vraiment montré très peu de choses en 2024. Sa 11e place au Tour de Romandie (sa dernière course avant le Tour) ne donne aucun signe rassurant. Difficile de le positionner dans la hiérarchie de la course au top 10. De manière assez claire, il semble illusoire de le voir terminer à nouveau dans le top 5, sauf s’il reprend du temps en échappée, comme lors de l’étape de Courchevel en 2023. De plus, il faut noter que depuis 2020, Simon n’est allé au bout que de deux Grands Tours (3e du Giro 2021 et 4e du Tour de France 2023) sur les six auxquels il a pris part.

Gall revient sur le Tour de France, mais cette fois-ci avec le rôle de leader dès le départ en l’absence de Ben O’Connor. L’année passée, l’Autrichien avait été une des révélations du Tour, remportant l’étape de Courchevel et se montrant être l’un des tout meilleurs grimpeurs en fin de Tour. Sa saison 2024 est loin d’être flamboyante pour le moment, en tout cas très loin des attentes légitimes nées de ses performances sur le Tour 2023. Il n’est pas complètement hors de forme évidemment ; son Tour de Suisse était intéressant. Malgré tout, avec ce qu’il a montré, il est difficile de l’imaginer accrocher mieux qu’un top 7 à 10 à la pédale, ce qui serait déjà une très bonne prestation, évidemment.

Mon top 10
🥇 Pogacar
🥈 Roglic
🥉 A. Yates
4. Vingegaard
5. Rodriguez
6. Landa
7. Almeida
8. Jorgenson
9. Bernal
10. Evenepoel

Malheureusement pour le spectacle, je ne pense pas que les déclarations visant à minimiser les chances de Vingegaard soient du bluff. Le Danois pourrait être bien trop juste en début de Tour, et UAE fera tout pour détruire la concurrence dès la 4e étape. Je pense en revanche que le Danois sera de mieux en mieux, et les grosses échéances montagneuses en fin de Tour lui permettront de remonter au classement, mais pas assez pour le podium.

Je m’attends aussi à un très bon Roglic, le slovène sait se préparer pour ces rendez-vous. Mais même un très bon Roglic ne sera pas au niveau de Pogacar, surtout en 2024.

Concernant UAE, leur armada et surtout le niveau affiché récemment par Pogacar, Yates et Almeida doit leur faire espérer pouvoir placer de nouveau deux hommes sur le podium. Rééditer l’exploit de Visma sur la Vuelta 2023 semble en revanche trop compliqué, la startlist est quand même très relevée sur ce Tour de France.


Le Maillot Vert

  • Basse difficulté – Les points sont attribués aux 15 premiers comme suis sur les étapes 2 – 3 – 5 – 6 – 8 – 9 – 10 – 12 – 13 – 16
50302018161412108765432
  • Etapes accidentées – Les points sont attribués aux 15 premiers comme suis sur les étapes 1 – 11 – 17 – 18
30252219171513119765432
  • Haute difficulté (et c.l.m) – Les points sont attribués aux 15 premiers comme suis sur les étapes 4 – 7 – 14 – 19 – 20 – 21
201715131110987654321
  • Chaque sprint intermédiaire attribuera des points aux 15 premiers coureurs.
201715131110987654321

Dix étapes offrent 50 points au vainqueur, mais trois d’entre elles ne devraient pas se terminer en sprint massif. Cela laisse malgré tout sept étapes au sprint, rendant difficile d’imaginer un coureur autre qu’un sprinteur repartir avec le maillot encore cette année. La tendance de ces dernières années est clairement celle des sprinteurs dits « polyvalents », capables d’encaisser du dénivelé et des parcours atypiques tout en conservant une pointe de vitesse rivalisant avec celle des « purs » sprinteurs. Ces sprinters polyvalents auront un avantage cette année.

Philipsen s’aligne sur ce Tour de France avec l’ambition affichée de défendre son maillot vert gagné l’année passée. L’un des sprinteurs les plus polyvalents, il n’aura pas de difficultés à encaisser les quelques côtes sur les étapes de plaine, et pourquoi pas même prendre quelques échappées pour aller chercher des points aux sprints intermédiaires. Avec quatre victoires et deux deuxièmes places l’année dernière, le Belge n’avait aucune concurrence. Face à un plateau du même niveau cette année, on peut imaginer que le résultat sera identique, même s’il semble avoir perdu un peu de sa pointe de vitesse en travaillant sur d’autres qualités.

Lidl a remporté le maillot Ciclamino sur le Giro, mais il n’est pas sûr que le maillot vert soit un objectif en soi sur le Tour. Pedersen sera leur sprinteur et devrait décrocher quelques belles places. Le voir battre Philipsen plus d’une fois à la pédale est assez peu probable, mais lui aussi est polyvalent et certainement même plus en mesure d’encaisser le dénivelé que son homologue belge. Quand on voit ses performances sur le Dauphiné, on ne peut qu’espérer qu’il tienne la même forme sur le Tour et vienne jouer les trouble-fêtes sur les étapes pour baroudeurs.

Champion de Belgique en battant Philipsen et Merlier au sprint, excusez du peu ! La performance de De Lie doit le mettre en confiance à l’approche de son premier Tour de France. Un vrai test pour le jeune belge, surtout quand on connaît ses quelques soucis récurrents de placement dans les sprints. Sur les étapes de sprint « classiques », il n’est pas certain qu’il puisse vraiment rivaliser. En revanche, il aura sa carte à jouer au terme d’étapes plus accidentées où il pourrait être plus frais que bon nombre de ses adversaires. Dans la course au maillot vert (qui n’est probablement pas un objectif), je crains qu’il ne laisse trop de points en route à cause de son placement et de la tension inhérente aux sprints sur le Tour.

Lorsqu’on parle de sprinteurs polyvalents, on pense évidemment à Matthews. Podium de Milan-Sanremo et du Ronde (oui, oui), l’Australien possède un profil complet. Malheureusement pour lui, il ne possède pas la pointe de vitesse pour enchaîner les podiums sur les étapes de sprints classiques et Groeneweggen sera le sprinters attitré. Il aura en revanche l’avantage d’être celui qui passera le mieux les difficultés, et il ne serait pas étonnant de le voir prendre quelques échappées, et donc des points aux sprints intermédiaires par la même occasion.

🥇 Philipsen
🥈 Pedersen
🥉 Matthews

Le Maillot Blanc à Pois Rouge

Tout comme l’année dernière, les points ne seront pas doublés pour les arrivées au sommet lors de ce Tour de France. Le seul sommet qui verra ses points doublés sera la Cime de la Bonette (étape 19), point le plus haut de cette édition. Les points seront attribués de la manière suivante :

  • 4ème catégorie : 1 point
  • 3ème catégorie : 2 et 1 point
  • 2ème catégorie : 5 – 3 – 2 et 1 point
  • 1ère catégorie : 10 – 8 – 6 – 4 – 2 et 1 point
  • Hors Catégorie: 20 – 15 – 12 – 10 – 8 – 6 – 4 et 2 points
  • Cime de la Bonette : 40 – 30 – 24 – 20 – 16 – 12 – 8 et 4 points
Semaine 1

La première semaine sera la moins importante dans la bataille pour le maillot à pois. Seules deux étapes rapportent un nombre de points non négligeable : la première et la 4e. Malheureusement pour les grimpeurs visant ce maillot, les écarts devraient être trop serrés pour qu’on les laisse aller au bout en échappée. Les baroudeurs prendront des points en cours de route, mais pas tous.

Semaine 2

Les choses sérieuses peuvent désormais commencer. L’étape vers le Lioran offrira un petit paquet de points et sera surtout placée avant deux étapes de plaine. Les baroudeurs grimpeurs pourront tenter d’aller jouer le KoM sans craindre d’exploser directement le lendemain sur cette étape qui devrait être destinée aux baroudeurs. Il y aura deux rendez-vous à ne louper sous aucun prétexte en fin de deuxième semaine : les étapes 14 et 15. Après 10 jours sans montagne, les grimpeurs seront de nouveau à la fête. La 15e semble plus propice à l’échappée, mais les grimpeurs jouant le classement du grimpeur peuvent espérer décrocher de gros points au sommet du Tourmalet, à minima, lors de la 14e étape.

Semaine 3

Le grand final. La 19e étape sera évidemment la plus importante avec 70 points à offrir, dont 40 au sommet de la Bonette juste après la mi-étape. Difficile de savoir quelle sera l’attitude des équipes de leaders : attendront-elles la dernière ascension pour déclencher la grande bagarre ? Même en enclenchant avant, des rescapés de l’échappée peuvent garder espoir de passer le plus haut sommet du Tour avant les leaders. La 20e étape offrira deux fois moins de points, mais ces 35 points restants pourraient faire la différence pour un baroudeur face à Pogacar / Vingegaard si les ogres se montrent encore gourmands.

Ciccone a prouvé l’année dernière que voir Pogacar ou Vingegaard repartir avec le maillot à pois n’était pas une fatalité. Cela demande évidemment d’être en forme, mais aussi d’être bien accompagné et intelligent dans sa manière de courir. Les baroudeurs ont leur chance cette année encore, notamment du fait que les arrivées au sommet ne soient pas doublées. Il est tombé malade juste après le Dauphiné, mais je ne pense pas que cela l’impactera énormément sur le long terme pendant ce Tour. S’il a les même jambes que sur le Dauphiné, il a toutes ses chances d’aller chercher le maillot pour la deuxième année d’affilée. Petite incertitude : en l’absence de Tao, est-ce qu’il lui sera demandé de tenter de jouer une place dans le top 10 ?

Carapaz ne semble vraiment pas confiant sur ses chances au général et s’attend à souffrir en 1ère semaine. Si tel est le cas, il pourrait se retrouver loin au général et jouer les victoires d’étapes à partir de la 2e semaine de course. Un peu à l’image de la Vuelta 2022 où il était finalement allé chercher 3 victoires d’étape et le maillot de meilleur grimpeur (bien aidé par l’abandon de Vine).

Après avoir été la révélation du Giro 2023, et de loin, les attentes autour de Derek Gee étaient très grandes cette année. Ces attentes ont été déçues jusqu’au Dauphiné. Le Canadien a réalisé une performance incroyable, ne se contentant pas d’aller chercher une victoire d’étape, mais terminant aussi à la 3e place au général. La forme est indéniablement excellente et, si l’on se fie à son Giro 2023, il a totalement les capacités d’enchaîner les raids pendant 3 semaines. Avec l’objectif annoncé de chercher une victoire d’étape sur le Tour, les points du classement de la montagne pourraient suivre naturellement.

Si Evenepoel a un jour sans, choisira-t-il de se relever complètement comme sur la Vuelta, ou bien cherchera-t-il à minimiser la perte pour quand même jouer un top 10 ? S’il choisit la première option, nous devrions le voir très régulièrement à l’avant, et les points du classement de la montagne s’empileront.

Les étapes rapportant le plus de points au classement de la montagne devraient voir les leaders se faire la guerre, ce qui leur permettra de se maintenir haut dans ce classement annexe. Pogacar pourrait donc logiquement être un prétendant sérieux au maillot à pois, même si je pense que cette année, il reviendra de nouveau à un baroudeur.

Mon Top 3
🥇 Ciccone
🥈 Gee
🥉 Pogacar

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