

Pour la première fois de son histoire, le Grand Départ du Tour de France aura lieu en Italie. Pour cette première étape, les coureurs s’élanceront de Florence pour rejoindre Rimini et la côte adriatique. Après avoir traversé le massif des Apennins, le peloton passera par la République de Saint-Marin avant de plonger vers Rimini. Près de 3 800 mètres de dénivelé positif et 7 ascensions répertoriées avant de décerner le premier maillot jaune de cette édition 2024.


La première étape s’est conclue dans la ville de Rimini, là où Pantani a trouvé la mort il y a 20 ans. Le départ de cette deuxième étape sera donné dans les rues de la ville qui ont vu naître Le Pirate. Il y aura bien moins de dénivelé au total que la veille, mais un final très sélectif à Bologne, avec notamment la double ascension vers la Basilique de San Luca, bien connue des suiveurs du Giro dell’Emilia.


Troisième et dernière étape de ce triptyque italien. Une longue étape qui devrait convenir aux sprinters du peloton avec une arrivée dans les rues de Turin. Pas de Superga au programme cette fois-ci !


Retour en France avec cette quatrième étape, et quelle étape ! Une étape courte mais qui affiche 3 600 mètres de dénivelé positif, la montée vers Sestrières et le Galibier et des passages au-dessus des 2 000 mètres d’altitude. Un rendez-vous à ne pas louper pour les suiveurs comme pour les favoris à la victoire finale !


Après l’étape de la veille, les sprinteurs du peloton seront ravis de voir le dénivelé positif chuté drastiquement et péniblement dépasser les 1 000 mètres. Une étape qui ne devrait pas échapper aux grosses cuisses du peloton.


Une étape presque exclusivement plate qui devrait être promise aux sprinters.


Premier des deux chronos qu’offrira ce Tour de France. Un contre-la-montre vallonné, mais peu technique, d’un peu plus de 25 kilomètres qui verra s’affronter les leaders pour le général et les spécialistes de l’effort solitaire.


Une longue étape vallonnée de bout en bout. Les côtes ne seront jamais bien longues, mais elles reviendront à intervalles réguliers, pesant dans les jambes au final. Une belle bataille est à prévoir entre les baroudeurs et les sprinteurs polyvalents sur cette 8e étape.


Cette première semaine de course va se conclure par la très attendue étapes des chemins blancs. Des airs de Strade Bianche sur le Tour 2024, avec pas moins de 14 secteurs pour un peu plus de 32 kilomètres de chemins blancs, le tout saupoudré de quelques côtes dans la partie centrale de l’étape.


Ce début de deuxième semaine devrait ravir les sprinteurs. Cette 10e étape ne devrait pas leur échapper, malgré la petite côte non répertoriée placée à 8 km de l’arrivée.


Un parcours vallonné qui semble parfaitement taillé pour les baroudeurs. Nous pourrions assister à une course dans la course, avec les échappés qui se disputeront la victoire d’étape et les leaders qui tenteront quelque chose dans l’enchaînement de côtes sur les 30 derniers kilomètres.


Une étape que l’on pourrait décomposer en deux parties. La première, plutôt vallonnée, est propice aux baroudeurs. La seconde, plus plane, verra les équipes de sprinteurs tenter de ramener les fuyards dans les rangs. Une belle bataille en perspective.


Deux premiers tiers d’étape relativement simple mais des côtes un peu plus prononcées dans les 40 derniers kilomètres. De quoi permettre aux baroudeurs d’espérer tromper les sprinters et leurs trains ?


Cette 14e étape marquera (enfin !) le retour de la montagne sur ce Tour de France. Première des deux étapes dans les montagnes pyrénéennes, la première moitié du parcours ne présentera aucune difficulté. La quasi-totalité des 4 000 mètres de dénivelé positif se trouvera dans les 80 derniers kilomètres avec la succession des 3 cols.


Cette deuxième semaine de course se terminera par une nouvelle étape dans les Pyrénées : 6 ascensions sur un peu moins de 200 kilomètres et 4 800 m de dénivelé positif. Un départ en côte qui devrait permettre à une échappée de costauds de sortir avant d’engager un potentiel combat face aux leaders dans la vallée. L’arrivée sera située au sommet du Plateau de Beille et ses 16 km à près de 8 %.


La troisième semaine du Tour va s’ouvrir sur son étape la plus simple, la dernière chance pour les sprinters de briller sur cette édition 2024.


Une étape tracée à l’image de celle du Lioran, qui pourrait convenir à un groupe de bons baroudeurs/grimpeurs. Le Col du Noyer pourrait servir de rampe de lancement pour les favoris, mais la bataille pour la victoire d’étape pourrait déjà être remportée par l’échappée.


Les ascensions vont se succéder sur cette 18e étape, que beaucoup de baroudeurs auront cochée. Des difficultés probablement pas assez sélectives pour que les leaders se fassent la guerre, de quoi permettre aux échappés d’aller glaner une nouvelle victoire d’étape sur ce Tour.


Le Tour entre dans sa dernière ligne droite avec cette étape en haute montagne dans les Alpes du Sud, aux abords de la frontière italienne. Trois ascensions où le peloton passera la barre des 2 000 m d’altitude, dont la Cime de la Bonette culminant à 2 800 mètres, et un final au sommet d’Isola 2000. Une étape assez courte qui affichera tout de même 4 400 m de dénivelé positif. ‘Un tappone‘, comme on dit en italien.


Des airs de Paris-Nice pour cette dernière étape en ligne du Tour. Une étape très courte avec quatre ascensions au programme pour 4 600 m de dénivelé positif. Des ascensions et leurs descentes qui vont se succéder sans répit pour les coureurs, un rendez-vous à ne pas louper aussi bien pour les suiveurs que pour les leaders !


Pour la première fois depuis 1989 et ce fameux duel Fignon / LeMond, le Tour de France va se conclure par un contre-la-montre individuel. Pas de Champs-Élysées cette année, le Tour trouvera sa fin à Nice, non loin de la Promenade des Anglais. Un contre-la-montre très vallonné entre Monaco et Nice qui devrait davantage convenir aux leaders du général qu’aux purs rouleurs.
Mon Avis sur le Parcours du Tour 2024
Première semaine
Il y en aura pour tous les goûts en première semaine ! Les deux premiers jours en Italie ne devraient pas être décisifs dans la lutte pour le maillot jaune, mais ils permettront d’établir une première hiérarchie entre les prétendants au podium. La quatrième étape en revanche sera un moment clé. Il y a fort à parier que beaucoup d’outsiders ont programmé un pic de forme pour la troisième semaine très compliquée, mais cette quatrième étape ne devra pas être négligée. Un coup de moins bien ici et ce sont potentiellement les chances de podium qui s’envolent.
Les sprinteurs auront eux l’occasion de s’exprimer au moins trois fois lors de cette première semaine, lors des étapes trois, cinq et six. Je ne mets pas la huitième étape volontairement dans cette catégorie, elle pourrait réserver des surprises, même si les sprinteurs polyvalents seront encore dans le coup. Il y aura de quoi avoir une idée claire de la hiérarchie des trains et des grosses cuisses du peloton.
La septième étape sera l’occasion du premier des deux chronos de ce Tour de France. Un contre-la-montre vallonné de 25 km qui permettra aux rouleurs d’essayer de récupérer une partie du retard qu’ils auront pris notamment sur la quatrième étape.
Cette première semaine se terminera par l’étape des chemins blancs à Troyes. Là où le Giro avait fait le pari timide de 11 km de Strade Bianche, le Tour assume son choix en proposant plus de 32 kilomètres de ces chemins de vignes. Une étape cruciale dans la lutte pour le maillot jaune, on se souvient en 2022 comment tout aurait pu basculer pour la Visma lors de l’étape des pavés, une autre étape atypique. Une étape à ne pas sous-estimer mais à ne pas non plus comparer totalement avec les Strade Bianche, les chemins blancs seront assez peu pentus ici, voir plat la majeure partie du temps.
Une première semaine complète qui offrira un terrain de jeu à tous les coureurs, sauf peut-être aux baroudeurs. En effet, peu ou pas d’étapes de moyenne montagne en général propices aux échappés. En dehors de cela, cette semaine d’ouverture promet d’être animée.
Deuxième semaine
Un retour de jour de repos plutôt simple avec une étape dédiée aux sprinters, avant de trouver enfin une étape propice aux baroudeurs avec cette arrivée au Lioran le lendemain. L’enchaînement des étapes 12 et 13 ravira les sprinters, mais ceux-ci seront bien moins à la fête dès le lendemain. Tourmalet – Hourquette d’Ancizan – Pla d’Adet : voilà de quoi faire faire des cauchemars à beaucoup de coureurs ! On peut peut-être regretter les 70 kilomètres de plaine en ouverture de l’étape, qui ne seront pas à l’avantage des grimpeurs désireux d’accrocher l’échappée.
Un petit point « négatif » corrigé dès le lendemain avec une étape qui semble parfaitement tracée pour qu’un groupe de baroudeurs/grimpeurs tente de se jouer la victoire.
Que les sprinters profitent bien de la première moitié de cette deuxième semaine de course car le reste de l’épreuve n’a clairement pas été dessiné pour leur faire plaisir.
Troisième semaine
La 3e et dernière semaine de course va s’ouvrir par une étape qui sera la dernière occasion pour les sprinters de s’exprimer. Au soir de cette étape, il y a de grandes chances de voir un certain nombre d’entre eux rentrer à la maison.
La 17e étape rappellera dans son profil celle du Lioran quelques jours plus tôt. À voir si le scénario sera identique. Elle pourrait sourire aux baroudeurs tout comme celle du lendemain en direction de Barcelonnette.
Les trois dernières étape seront en revanche extrêmement difficiles. La 19e étape sera l’étape reine de ce Tour de France : 4 400 m de dénivelé positif sur 145 kilomètres, 3 longues ascensions, et des passages réguliers au-delà des 2 000 mètres d’altitude. En fin de troisième semaine d’un grand Tour, ce type d’étape est un véritable aperçu de l’enfer.
S’il n’y avait qu’elle, les coureurs auraient pu se sentir soulagés après la ligne d’arrivée, mais malheureusement pour eux, ce qui les attend dans le week-end n’est pas mieux. 4 600 m de dénivelé positif en 135 km sur la 20e étape, quasiment pas un mètre de plat, et un dernier chrono vallonné de 34 km en guise de 21e étape.
Au global, ce Tour apparaît vraiment très difficile et, malgré la présence de deux chronos d’une longueur tout à fait acceptable pour les standards actuels, la montagne jouera un rôle bien plus important. Surtout que ces chronos seront vallonnés et devraient permettre aux moins bons rouleurs de limiter en partie la perte de temps sur les meilleurs rouleurs d’entre eux.
C’est un pari très intéressant de mettre une étape de haute montagne dès le 4e jour, mais il faudra ensuite attendre jusqu’à la 14e étape pour que le Tour prenne de nouveau de l’altitude. Côté point négatif, on note le faible nombre d’étapes destinées aux baroudeurs, et probablement aucune en première moitié de Tour.
La répartition des difficultés me semble assez mal gérée. Si on compare la troisième semaine du Tour avec le reste, il y a un clair déséquilibre. Une erreur que le Giro a faite ces dernières années et qui a tout simplement conduit à une course d’attente jusqu’à la toute dernière étape (comprendre, un Giro très chiant à regarder). Mais, comme le dit l’adage « ce sont les coureurs qui font la course ». La grosse différence avec le Giro étant que Vingegaard et Pogacar n’étaient pas présents à ce moment-là.