Giro d’Italia 2024 – Étape 7 Preview

Note : 4 sur 5.

Premier des deux contre-la-montre que va compter ce Giro 2024. Un chrono qui a finalement vu sa distance augmenter pour passer la barre des 40 km, en faisant le contre-la-montre individuel le plus long sur un Giro depuis 2015. Malgré la côte de 6 km dans le final, les 34 kilomètres plats qui la précèdent devraient avantager les gros rouleurs.


Le Parcours

Il y aura un premier virage à négocier après seulement 150 mètres de course, suivi 700 mètres plus loin par un second virage à gauche. Les coureurs aborderont alors une longue portion de 5 kilomètres plane et sans difficulté.

Au kilomètre 5.8, les coureurs devront négocier un virage serré sur la droite, marquant le début d’un enchaînement de 6 virages sur les 1 400 mètres qui suivront.

Après une portion en ligne droite de 2 kilomètres, les coureurs devront négocier un virage à 180° sur la gauche, très vite suivi d’un second virage sur la droite après avoir passé le petit tunnel.

Une nouvelle section sans difficulté longue de 2,7 kilomètres précédera l’arrivée à une intersection. Selon la disposition des barrières, le passage pourrait être plus ou moins technique. Ensuite, une portion de 2,2 kilomètres sans difficultés suivra avant un enchaînement de courbes dans les environs de Rivotorto, entre les kilomètres 14,5 et 15,5.

Les coureurs fileront ensuite vers Santa Maria Degli Angeli (kilomètre 19), avec pour seule difficulté un enchaînement droite/gauche au kilomètre 17,1.

Peu de choses à signaler lors de la traversée de Santa Maria Degli Angeli si ce n’est un virage à droite au kilomètre 19,6. Les coureurs continueront en direction de Bastia Umbra, située à 2,5 kilomètres de là. La route va onduler dans le centre de la ville au niveau du rond-point au kilomètre 22,2, mais ne devrait pas présenter d’autres difficultés.

Il n’y aura pas de grosses difficultés sur les 8 kilomètres qui suivront, mais il y aura 5 ronds-points situés sur cette portion.

Il y aura un virage à droite à négocier à l’entrée de Ponte San Giovanni au kilomètre 31,6, puis les coureurs se dirigeront vers le pied de l’ascension qui les conduira à Perugia.

Les coureurs devront affronter la vraie difficulté du parcours sur ces 6 derniers kilomètres de course. Comme on peut le voir sur le graphique, les 1 300 premiers mètres de la côte jusqu’à Casaglia seront les plus difficiles, affichant une moyenne de 10,3 %.

Une fois cette portion passée, les 5 kilomètres suivants seront bien moins compliqués. La route va même s’aplanir par endroits, la côte ne sera pas continue.

Il y aura une portion un peu plus raide de seulement 300 mètres à environ 2 kilomètres de l’arrivée, avant une portion un peu plus longue (1,2 km), ondulante mais beaucoup plus roulante, avec une pente moyenne de 4,4 %. Les 300 derniers mètres seront en léger faux-plat descendant.


Météo

Les conditions météo devraient être les mêmes pour tous les coureurs. Beau temps attendu sur le parcours avec des températures au dessus de 20°.

Le vent soufflera en provenance du nord-est à environ 20 km/h, là encore pour tous les partants, personne ne semble être avantagé à première vue.

Un vent légèrement de 3/4 face sur les 20 premiers kilomètres jusqu’à Santa Maria Degli Angeli, puis de côté jusqu’au pied de la côte vers Perugia.


Les Prétendants

Ganna a connu un début de saison compliqué, perturbé par des soucis qui l’ont empêché de s’entraîner durant près de 6 semaines. Au fur et à mesure que les semaines ont passé, il a semblé retrouver le niveau qui était le sien, c’est en tout cas ce qu’on peut en conclure en regardant son début de Giro. Si sa tentative aux 4 kilomètres lors de l’étape d’Andora échoue pour quelques hectomètres, c’est sa prestation dans le final de la première étape que j’ai regardée avec plus d’attention. Dans la côte de San Vito, Ganna perd 19″ sur Pogacar dans les 1,4 km à 10 % de moyenne. Une prestation qui veut dire beaucoup, car Pogacar n’a pas fait semblant ce jour-là. Il gagnera du temps sur Pogacar et Thomas sur la partie plate du chrono, et ce temps pris sera déterminant car le Slovène lui en reprendra beaucoup en peu de temps sur le début de l’ascension. Les 5 derniers kilomètres de l’ascension ne seront pas plats, mais les pourcentages et les replats permettront à Ganna de rester dans le jeu.

Thomas devrait lui aussi bénéficier de cette longue portion de plat et être plus efficace que Ganna dans l’ensemble de la côte. Il y a une constante chez le Gallois : sa capacité à cibler une période donnée pour son pic de forme. Le Giro se situe dans cette zone, et ses qualités de rouleur devraient lui permettre de terminer sur le podium demain. En comparaison avec le deuxième chrono (plat) du Giro 2023, Thomas avait terminé à la seconde place en battant notamment Küng. Il ne devrait y avoir qu’une poignée de secondes entre lui et Pogacar.

Sheffield sera aussi une très belle carte dans l’optique du podium. J’ai du mal à l’imaginer s’imposer, mais l’Américain possède les qualités pour venir jouer les trouble-fêtes sur le podium de ce chrono.

Si un homme peut empêcher INEOS de faire le triplé demain, c’est évidemment Pogacar. Mieux encore, le Slovène a les qualités pour jouer la victoire. Pogacar est un athlète différent lorsqu’il s’agit de courir un contre-la-montre individuel lors d’une étape de Grand Tour. Excellent rouleur, il devrait néanmoins perdre du temps sur les 34 premiers kilomètres, plus favorables à Ganna. Le temps qu’il perdra sur cette portion déterminera s’il sera en mesure de s’imposer, car il ne pourra pas combler un retard trop important sur la montée finale. Dans cette ascension, seule la portion à 10 % sera réellement à son avantage face à l’italien.


Mes Choix

Le vent assez fort et défavorable, ainsi que la très longue portion de plat (près de 35 kilomètres, pour rappel), me laissent penser qu’un spécialiste comme Ganna sera dans le jeu demain. Il faudra être capable de garder une position aérodynamique pendant près de 40 minutes, un exercice loin d’être simple. Le début de la difficulté est très pentu, mais je ne pense pas que cela soit suffisant pour remettre en jeu un moins bon rouleur. Surtout que le reste de l’ascension sera plutôt roulant et qu’une position plus aérodynamique permettra de compenser. Le tout étant évidemment de ne pas s’être mis dans le rouge dans la portion difficile, au risque de ne jamais pouvoir retrouver un bon rythme.

La question est de savoir si Ganna sera en mesure de résister à Pogacar. Sauf incident, Ganna devrait être en tête sur les deux premiers intermédiaires et commencer à perdre du temps dès que l’ascension débutera. L’Italien devrait perdre une bonne partie de son avance sur les 1,3 premiers kilomètres, mais sera en mesure d’arrêter l’hémorragie sur la portion qui suivra. Difficile de donner un chiffre précis, d’autant plus que je ne suis pas un spécialiste. Mais en tenant compte de ce que j’ai vu sur ce début de Giro, de la longueur de la portion plate et du vent qui avantage Ganna (son aérodynamisme et son plus gros gabarit seront d’une grande aide avec ce vent de travers), je pense que Pippo pourra se construire une avance suffisante pour résister au retour de Pogacar. J’imagine qu’il sera en mesure d’aborder l’ascension vers Perugia avec un avantage avoisinant la minute, avant de perdre une bonne quarantaine de secondes jusqu’à la ligne. Thomas pour compléter le podium.


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