

La fameuse étape des Sterrati du Giro 2024. À peine 12 petits kilomètres de chemins de terre cette année, pas de quoi sauter au plafond pour les fans de gravel. Si les 70 premiers kilomètres seront plats, le reste de l’étape sera plus vallonné et piégeux. Les trois secteurs de Sterrati se trouveront dans les 50 derniers kilomètres de course, un final qui s’annonce musclé.
Le Parcours
Passons sur les 70 premiers kilomètres et entrons dans le vif du sujet avec la seule difficulté répertoriée de la journée. Une difficulté qui marquera le début de la seconde partie de l’étape, bien plus vallonnée et piégeuse.
VOLTERRA
- 7.6 km à 4.6 %
- Kilomètre 80.4

Les 30 kilomètres suivant le passage de Volterra ne seront qu’une succession de côtes et de descentes, avant une portion plus plane jusqu’au kilomètre 130 et le début de la première portion de sterrato. Il restera alors une cinquantaine de kilomètres à parcourir. Les deux premiers seront assez familiers : ce sont les tronçons de Vidritta et Bagnaia, les deux premiers secteurs des Strade Bianche.
VIDRITTA
- Entrée du secteur au kilomètre 130
- Long de 4.4 kilomètres, plat et comportant un virage à angle droit après 2 kilomètres

BAGNAIA
- Secteur qui va débuter 600 m après la fin du premier
- Secteur long de 4.6 km à 3.7 % de moyenne
- Une très courte descente placée dans les premiers hectomètres, les 3.5 derniers kilomètres seront quasiment exclusivement en montée, à 5 % de moyenne.


De nouveau, les kilomètres qui suivront la fin du second secteur seront vallonnés, les côtes succédant aux descentes, et ce jusqu’au troisième et dernier secteur de chemin de terre de l’étape.
PIEVINA
- Entrée du secteur au kilomètre 162
- Long de 2.4 kilomètres, ce secteur est vallonné et présente une succession de 3 montées et descentes

Après ce troisième secteur, il restera un peu plus de 15 kilomètres à parcourir pour rallier l’arrivée. Ces 15 kilomètres seront tout sauf simples.
Les Derniers Kilomètres


Les 15 derniers kilomètres seront à l’image de la deuxième moitié de l’étape : vallonnés. Aucune côte répertoriée, mais la route ne sera jamais plate bien longtemps. Il y aura tout de même une difficulté plus notable que les autres, située à 5,4 km de l’arrivée.

La montée de Serre di Rapolano sera longue de 1 200 mètres à 8,4 % de moyenne, avec un passage à 20 % au plus fort de la pente vers le sommet. Les 500 derniers mètres afficheront une moyenne de plus de 14 %.

Enfin, et comme si cela ne suffisait pas, le final de l’étape sera lui aussi en légère montée, les 200 derniers mètres affichant près de 5 % de moyenne.
Météo
Pas de pluie attendue demain, des températures comprises entre 20 et 23° C. Le vent soufflera toute la journée en provenance du nord / nord-est et aura tendance à forcir au fur et à mesure de la journée pour atteindre les 20 km/h.
Un vent plutôt favorable sur les 50 premiers kilomètres avant qu’il ne frappe plus de côté. Il sera bien plus défavorable une fois que les coureurs entreront sur le secteur de Vidritta et ce, jusqu’à l’arrivée.
Le Scenario
Un profil vallonné parfait pour les baroudeurs du Giro. Cette étape ne sera pas contrôlée par les équipes de sprinters, et peut-être pas assez sélective pour que les leaders fassent rouler toute la journée.
La bataille pour l’échappée pourrait prendre du temps avec ces 70 premiers kilomètres sans difficultés, mais une fois sortie, si elle ne comporte personne de dangereux pour le général, les fuyards ont une bonne chance d’aller au bout.
Comme je l’ai déjà dit, je suis assez déçu de ce qui est proposé sur cette étape, comme si l’organisation n’assumait pas complètement son choix de mettre des secteurs de sterrati sur le Giro. À peine 12 petits kilomètres, et encore, seul le secteur de Bagnaia semble propice à créer des écarts à la pédale. Il ne faut pas comparer l’effort demandé demain avec celui des Strade Bianche, même si être bon sur le gravel sera un réel avantage.
En revanche, les problèmes mécaniques et autres crevaisons peuvent survenir n’importe où. Pour cette raison, j’ai tendance à penser que les équipiers resteront aux côtés de leurs leaders en cas de pépins. Il ne faut pas oublier que sur ces routes étroites, les voitures ne pourront pas remonter et qu’un leader peut perdre énormément de temps sur une crevaison en attendant son directeur sportif.
Les Prétendants

« We attack on stage 6! », voilà ce que déclarait Pogacar lors de la présentation du Giro le week-end dernier. Je prends plus cela comme une plaisanterie que comme une réelle annonce. Comme je l’ai dit, il ne faut pas faire un trop gros rapprochement entre cette 6e étape et les Strade Bianche. Pas beaucoup de dénivelé et surtout très peu de sterrati, je ne serais pas forcément étonné qu’UAE laisse le maillot à un homme non dangereux au général.

Une étape qui aurait convenu à Valter, mais sa chute me refroidit un peu. De plus, comme mentionné précédemment, on pourrait lui demander de rester aux côtés d’Uijtdebroeks. Il en va de même pour Tratnik.

C’est une excellente étape pour Narvaez, s’il a l’occasion de la jouer. Il a prouvé lors de la première étape être dans une forme extraordinaire et posséder un punch monumental. Sa pointe de vitesse est également très bonne, et peu d’échappés seront plus rapides que lui. Ma seule interrogation est de savoir si oui ou non INEOS le laissera sortir, car je ne pense pas qu’ils contrôleront l’étape pour lui.

L’équipe a été très active depuis le début de la semaine, et Valgren n’est pas passé loin de la victoire aujourd’hui. Il aurait été une bonne carte pour demain, mais il a peut-être laissé trop de force dans la bataille. Piccolo est assez discret depuis cette fameuse fin de saison 2022 où il avait réalisé d’excellents résultats. Malgré tout, il semblait bien en jambe lors de son raid sur la deuxième étape et pourrait être une bonne option pour demain. Pour ce qui est d’Honoré, il semblerait qu’il se soit cassé une côte.

Après avoir beaucoup travaillé pour Groves ces 3 derniers jours, les coureurs d’Alpecin pourront jouer leur carte personnelle demain. Avec ce qu’ils ont montré lors de la 1ère étape, Hermans et Conci apparaissent comme deux bonnes cartes pour l’équipe belge. De plus, Hermans a la particularité de venir du CX, un avantage non négligeable pour les quelques kilomètres de sterrati. Sa bonne pointe de vitesse sera également un atout en cas de sprint en petit comité demain, sur ce final en côte.

Certains coureurs sont allés au sol il y a deux jours, dont Ben O’Connor. Il semblerait toutefois que les conséquences ne soient pas catastrophiques. Du côté de Decathlon, un coureur sera-t-il autorisé à sortir ou bien tous devront-ils rester en rang serré autour d’O’Connor ? Demain me semble être une bonne opportunité pour Vendrame. L’Italien était en forme sur le Tour de Romandie où il a signé de belles deuxièmes places, et on l’a déjà vu régulièrement performer sur des parcours très vallonnés. Sa pointe de vitesse sera un avantage indéniable dans le final.

Après une période difficile, Schachmann semble aller beaucoup mieux depuis un mois. L’Allemand a réalisé de belles performances, que ce soit au Pays Basque ou plus récemment sur la première étape du Giro où il a réussi à accrocher la roue de Pogacar dans la dernière côte. Cette étape est une excellente occasion pour lui, en espérant qu’il dispose d’une carte blanche de la part de son équipe. Lui aussi possède une très bonne pointe de vitesse, et surtout le punch nécessaire pour la côte de Rapolano.

Alaphilippe n’est clairement plus celui qu’il était il y a quelques années. S’il n’est plus en mesure de se battre à armes égales avec les tout meilleurs (le voir sauter de la roue de Pogacar sur la première étape en est l’exemple criant), il peut encore faire bonne figure au sein d’une échappée. Demain semble être une bonne étape pour montrer qu’il lui en reste encore dans les jambes.
Mes Choix
Je penche plutôt vers une victoire de l’échappée demain. J’imagine une bataille féroce pour former le bon coup, où énormément de coureurs doivent sentir une excellente opportunité d’aller jouer la victoire d’étape. Être bon sur les sterrati sera un vrai avantage, mais posséder du punch et une bonne pointe de vitesse pourrait l’être encore plus. Le fort vent défavorable dans le final pourrait rendre compliquée l’arrivée d’un homme en solitaire, j’imagine plutôt un sprint en petit comité. Pour cette raison, je vais retenir 3 noms pour demain : Vendrame, Schachmann et Hermans.
De nombreux autres pourraient être cités tant cette étape me semble ouverte.
