Clásica San Sebastián 2026 Preview

La 45ᵉ édition de la Klasikoa se tiendra le samedi 1er août 2026. Longue de 221.1 km, la célèbre classique basque sera plus longue de 10 km par rapport à l’édition 2025. Quelques changements notables sur le parcours, tous situés dans les 80 premiers kilomètres de course. L’ascension d’Andazarrate n’est plus au programme, mais celles de Kalbario et Azkarate vont être ajoutées. À partir de la côte d’Urraki, les 139 derniers kilomètres seront identiques. Les coureurs devront affronter sept ascensions répertoriées pour un dénivelé positif dépassant les 4 100 m.


Le Parcours

Le terrain sera vallonné dès le départ, mais il faudra tout de même attendre le 53e kilomètre avant que les coureurs n’abordent la première ascension répertoriée de la journée. Cette ascension de Kalbario marquera le début d’un enchaînement de 4 difficultés sur une soixantaine de kilomètres. Peu de choses à attendre ici, les ascensions sont trop loin de l’arrivée.

Après la descente d’Alkiza, la route restera accidentée sur près de 35 kilomètres, mais sans difficultés comparables aux précédentes. Il faudra attendre le kilomètre 151 et le pied de Jaizkibel pour que les choses sérieuses commencent. Longue de 7.9 km à 5.6 %, l’ascension en deux temps. Les 3 premiers kilomètres sont assez pentus qui monteront jusqu’à 9%. Le sommet est situé à 62.5 km de l’arrivée.

Après la descente, une courte transition de 8 kilomètres mènera le peloton au pied de la côte d’Erlaitz. Plus courte mais bien plus pentue que la précédente, le sommet sera situé à 42.7 km de l’arrivée.

Un mur qui va naturellement faire l’écrémage entre les tout meilleurs et les autres. Au sommet, la route continuera à s’élever légèrement avant que les coureurs n’entament la descente.

Après le sommet, une longue portion descendante de 12 kilomètres attendra les coureurs, mais elle sera très irrégulière, avec quelques repechos et des sections planes à certains endroits. Une fois la descente terminée, ils affronteront une portion plate d’un peu plus de 15 kilomètres, traversant San Sebastián. Au bout de cette section, la dernière ascension du jour, décisive, se dressera devant les derniers rescapés.

Il restera 8 kilomètres à parcourir au sommet, dont 5 en descente jusqu’au retour dans le centre de San Sebastian. Sans être extrêmement technique, il faut tout de même être vigilant ici. Les 3 derniers kilomètres se feront sur le plat.


Météo

Beau temps attendu demain et des températures agréables qui ne devraient pas dépasser les 23°. La force du vent restera modérée, sous les 10 km/h, et ne devrait pas avoir une grande influence sur le scénario.


Le Scenario

Tout comme lors des deux dernières éditions, les ascensions du Jaizkibel et d’Erlaitz seront placées plus proches de l’arrivée. Cela signifie qu’elles devraient de nouveau permettre à certains coureurs soit d’anticiper la bataille dans la dernière côte de Murgil, soit de provoquer un véritable écrémage du peloton.

Cela a déjà été le cas par le passé, notamment l’an dernier où Ciccone et Del Toro s’était isolés dans Erlaitz, seulement revus par Christen dans Murgil. Il y a de fortes chances que Murgil soit encore le théâtre de la décision cette année, en raison de sa longueur et de sa difficulté, surtout si un groupe parvient à s’organiser pour reprendre un éventuel fuyard dans les pentes les plus raides de cette ultime ascension. Un homme parviendra-t-il à s’isoler, comme Ciccone l’année passée ?

Le profil du top 10

En 2022, 2023 et 2025, la Klasikoa a eu lieu seulement 6 jours après la fin du Tour de France. 2024 a fait exception à cause des JO, la course a eu lieu 20 jours après le Tour. Cette année est plus classique, la Klasikoa aura aussi lieu 6 jours après la fin du Tour.

Entre 2016 et 2021, le top 10 de la course était majoritairement composé d’hommes sortant du Tour, mais la tendance s’est inversée ces dernières années, à tel point qu’en 2025 seul 1 homme présent dans le top 5 sortait du Tour, aucun sur le podium. Pour ceux qui sortent du Tour, il semble qu’il vaille mieux avoir eu un rôle de chasseur d’étape que de leader au général. Concernant le podium de l’édition 2025, la Klasikoa était la course de reprise des 3 coureurs sur le podium, qui n’avaient plus mis de dossard depuis 1 mois et demi à 2 mois.

Lorsque l’on voit à quel point le Tour 2026 a semblé éprouvant pour les organismes, entre les fortes chaleurs et les étapes courues à des vitesses folles, cette tendance pourrait bien continuer.


Les Favoris

Triple vainqueur de l’épreuve, Evenepoel sera bien présent au départ de cette édition 2026 pour tenter de devenir le vainqueur le plus titré de l’épreuve. Nul besoin de spécifier que ce tracé est absolument parfait pour ses qualités. Cette année, il tentera pour la première fois l’enchaînement Tour de France – Klasikoa en ayant joué en plus le général du Tour. Statistiquement, cela ne joue pas en sa faveur mais il a tant de fois défié les statistiques que cela ne veut pas forcément dire grand-chose. Arrivé sur le Tour avec une prépa optimale, il est monté en puissance pour atteindre son pic en 3e semaine. Malgré la difficulté du Tour, on peut aisément imaginer le Belge surfer sur cet état de forme encore ce week-end.

Pellizzari sera aussi au départ. Après être passé complètement à côté de son Giro, l’Italien va entamer sa 2e partie de saison. Il sera en reprise après un peu plus d’un mois sans course. Si l’on se réfère à l’édition 2025, c’est ce type d’approche qui semble optimal dans l’optique de jouer dans le top 5.

Ciccone sera au départ de la course pour défendre son titre. Vainqueur l’année passée en déjouant les plans du duo Christen – Del Toro, l’Italien a choisi une approche identique à celle de 2025, la blessure sur le Giro en moins. Si sa préparation s’est faite sans accroc comme l’année passée, on peut l’imaginer compétitif directement pour sa course de reprise. En délaissant le classement général des GT, l’Italien s’est aussi spécialisé sur les classiques vallonnées depuis 2 ans (podium sur LBL et Lombardia, victoire sur la Klasikoa), il devrait être au rendez-vous samedi.

Decathlon aligne une équipe très intéressante sur la course, avec un duo Gall Bisiaux particulièrement à surveiller. L’Autrichien a particulièrement impressionné sur le Giro, en prenant la 2e place derrière Vingegaard. Surtout, il semble enfin avoir travaillé les efforts courts et plus explosifs, une nécessité sur une course comme la Klasikoa. Il n’a pas couru depuis la fin du Giro et prépare l’enchaînement Burgos – Vuelta, exactement comme Ciccone en 2025, vainqueur de la Klasikoa.

Bisiaux réalise une excellente saison et affiche un niveau très élevé lorsque la route s’élève. Il semble encore avoir passé un cap cette année. Il a obtenu ses meilleurs résultats sur les courses d’un jour cette saison, et est lui aussi resté au frais depuis un peu plus d’un mois. La Klasikoa sera sa course de reprise en vue de son chemin vers la Vuelta. Une approche identique à 2025, lorsqu’il était entré dans le top 15 de la Klasikoa.

Le Tour de France de Schmid n’a fait que confirmer que le Suisse est en train de réaliser la meilleure saison de sa carrière. Vainqueur d’une étape et deux fois deuxième en 3ᵉ semaine, le coureur de la Jayco a fini très fort. Cette année, ses résultats sur les Ardennaises ont montré qu’il possédait cette capacité à réaliser de belles choses sur des ascensions assez courtes à fort pourcentage. Il dispose aussi d’une très bonne pointe de vitesse, indispensable si jamais un petit groupe se jouait la gagne dans les rues de San Sebastian. Il sort du Tour de France donc, mais en tant que chasseur d’étape. Un profil qu’on a régulièrement vu dans le top 3 lors des années précédentes.

Le début de saison de Lenny Martinez laissait présager d’un très bon Tour de France, et le jeune grimpeur a confirmé en juillet. On le savait capable de grimper excellemment bien, ne lui manquait que la régularité et la résistance, deux choses qu’il semble avoir acquises cette année. Après un début de Tour un peu timide, il finit la 3ᵉ semaine au top pour décrocher la 5ᵉ place au général. Les ascensions basques avec leurs très forts pourcentages devraient lui convenir à la perfection. Petit bémol tout de même, les coureurs sortant du Tour en ayant joué le général ne sont pas légion dans le top 5 de la Klasikoa habituellement.

Christen avait pris la deuxième place ici l’année dernière. Le Suisse était revenu comme une balle dans Murgil sur le duo Del Toro – Ciccone. Mais il avait finalement dû céder face à la force de l’Italien. Ces ascensions basques très pentues et relativement courtes lui conviennent à la perfection et il va s’aligner de nouveau avec ambition. Cette année il a choisi une approche différente de 2025 en prenant part au Tour d’Autriche il y a 3 semaines, au lieu de couper pendant plus d’un mois comme l’année passée.

Ben Healy a connu un Tour de France assez compliqué, loin de ses standards. Il semble avoir beaucoup souffert de la chaleur lors des 10 premiers jours avant de reprendre vie progressivement. On l’a vu notamment en très bonne forme sur la fin de Tour, en équipier modèle pour Carapaz en montagne. Cette mise en jambes progressive pourrait bien être un atout majeur pour la Klasikoa. Il trouvera ici un parcours à sa mesure : une course longue et usante avec beaucoup de dénivelé. Le vrai problème le concernant est sa très faible pointe de vitesse. S’il veut espérer accéder au podium, il devra faire le ménage en amont.

Ajout de dernière minute, Carapaz sera bel et bien de la partie. Le supercombatif du Tour, vainqueur de deux étapes en 3e semaine et maillot à pois va prendre le départ de sa deuxième Klasikoa. La première depuis 2017 ! Il a terminé le Tour en affichant une forme incroyable qui lui aurait largement permis de jouer à la pédale quelques places de mieux dans le top 10 du CG. Si EF lui fait prendre le départ, c’est qu’il y a des certitudes sur sa condition, une semaine après la fin du Tour.

Widar a connu une saison très compliquée à cause d’une blessure au genou qui l’a tenu éloigné des pelotons pendant près de 4 mois. Assez décevant sur le Tour d’Algarve en tout début d’année, il avait été bien plus impressionnant lors de la dernière étape du Tour de Suisse fin juin. Il va reprendre la compétition demain, en préparation de la Vuelta. S’il est peut-être un peu plus limité sur les longues ascensions, les efforts demandés sur la Klasikoa colleront parfaitement à son profil. S’il est en forme, il peut tout à fait prétendre à une très belle place dans le top 10, et pourquoi pas mieux.


Mes Choix

Au départ de la course, Evenepoel fait office d’immense favori. Tout d’abord car le parcours lui convient à la perfection, lui le triple vainqueur de l’épreuve. Ensuite car il a terminé le Tour en excellente forme, et pourrait bien profiter du fameux phénomène de « surcompensation ». Attention tout de même, si l’on regarde les résultats des années précédentes, avoir fait le Tour en tant que leader est loin d’être l’approche idéale en vue de gagner ou même de faire podium sur la Klasikoa. Mais Evenepoel est un coureur à part, et il serait tout sauf étonnant qu’il déjoue cette statistique.

Avec une approche et un programme identiques à l’année passée, Ciccone sera encore un vrai prétendant au podium. La question à se poser est de savoir s’il sera en mesure ou non de suivre Evenepoel lorsque celui-ci va attaquer.

Par rapport à sa saison, son profil mais surtout à ce qu’il a montré sur le Tour, je ferais aussi de Schmid l’un des plus sérieux prétendants à une place dans le top 3. Et si je devais mentionner une « surprise », Widar. Sa fraîcheur pourrait bien être un atout demain.


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