Tirreno – Adriatico 2026 – Étape 4


Les coureurs traverseront les Apennins lors de cette 4e étape. Deux ascensions notable en première moitié de parcours avant de plonger en direction de la côte Adriatique. Le final sera marqué par le retour des fameux « murs » qui ont fait la renommée de la course. Rien d’extraordinaire non plus en comparaison à ce qui a pu être proposé par le passé. Une configuration de course qui devrait nous offrir une explication entre puncheurs.
Le Parcours

La quatrième étape proposera un dénivelé bien plus important que la veille. Tout d’abord, les coureurs traverseront les Apennins lors de la première moitié du parcours. Ils trouveront sur leur chemin les deux premières ascensions répertoriées de la journée : le passage par Ovindoli suivi du Valico delle Capannelle.


Après le sommet du Valico delle Capannelle, le peloton abordera une longue portion descendante de 55 km en direction de la côte adriatique. Une fois arrivé à Castelnuovo Vomano, les coureurs entreront dans le dernier quart de la course, là où se trouveront les dernières difficultés du jour.
Le terrain sera très vallonné sur les 56 derniers kilomètres de course, mais seulement deux ascensions seront répertoriées. Les coureurs devront d’abord franchir la côte de Castellalto et ses près de 8 km à 4.5 %.

Le terrain restera ensuite vallonné jusqu’aux abords de Tortoreto. À un peu plus de 14 km de l’arrivée, les coureurs devront gravir la dernière ascension répertoriée de la journée. Avec ses 1 700 m à 9.2 % de moyenne, elle promet d’être difficile et de faire quelques dégâts. Ses portions centrales à près de 20 %, mais aussi son sommet placé à 12.5 km de l’arrivée en feront un point clef de la course.

Il y aura ensuite une courte descente de 4 km avant un final plat de 8.5 km avec seulement deux petits virages à noter. La dernière ligne droite sera longue de 4.6 km le long de la mer.

Météo
Les températures seront comprises entre 10 et 15 degrés demain et, comme lors des deux derniers jours, la pluie devrait être présente durant toute l’étape. De quoi la rendre encore plus difficile. Le vent soufflera en provenance de l’Est dans le final, ce qui donnera un vent de face dans l’ascension de Tortoreto, puis de côté le long de la mer. Le vent sera malgré tout assez faible et devrait rester sous les 10 km/h.
Le Scenario
Cette étape sera très compliquée pour les coureurs. Les deux premières ascensions ne devraient pas causer trop de dégâts, mais le final pourrait bien créer quelques écarts.
La côte de Tortoreto, avec ses 1 700 m à plus de 9 % de moyenne, verra assurément des coureurs tenter d’attaquer pour lâcher les sprinteurs. La descente sera courte et il restera ensuite un peu plus de 8 km à parcourir. Ces 8 km ne seront pas favorables à un homme seul car ce ne sera quasiment que de la ligne droite, et il sera toujours en vue d’un groupe de chasse.
J’ai tendance à penser que quelques hommes parviendront à créer une différence au sommet, un mélange de puncheurs et de leaders du général, mais l’entente pourrait bien ne pas être excellente. Un petit groupe pourrait alors rentrer de l’arrière et la victoire se jouer au sprint en comité réduit.
Les Favoris

Van der Poel a dû sévèrement batailler pour aller chercher la victoire lors de la deuxième étape. Il s’en est même fallu de peu pour qu’Isaac Del Toro ne le dépasse sur la ligne. Le final de demain devrait aussi être dans ses cordes. Il sera probablement l’un des hommes qui tentera d’attaquer dans la dernière côte.
Toutefois, il n’est pas certain qu’il parvienne à s’isoler. Même si c’était le cas, il lui sera difficile de tenir jusqu’au bout si un groupe s’organise correctement derrière lui, sur les longues lignes droites finales. Malgré tout, sa pointe de vitesse en fera l’un des grands favoris en cas de sprint en comité réduit.

Deuxième de la deuxième étape, Del Toro a encore montré sa forme et son talent. Il est parvenu à rentrer sur Van der Poel sur son propre terrain, après avoir pourtant été gêné par la chute de Jorgenson. Bien qu’il ait emmené le trio de tête seul dans les derniers kilomètres, il est tout de même parvenu à sprinter pour aller chercher la deuxième place.
La dernière côte lui conviendra parfaitement. Nous pourrions avoir un scénario très proche de ce que nous avons vu mardi, avec le Mexicain qui suivrait Van der Poel dans une offensive. S’ils parviennent à s’isoler tous les deux, que fera-t-il ? Roulera-t-il à fond pour emmener le Néerlandais vers une nouvelle victoire, ou cherchera-t-il cette fois-ci la victoire d’étape ? La différence avec la deuxième étape est que le final sera tout plat. S’il se retrouve seul à rouler face à un petit groupe qui s’organise derrière, il n’aura aucune chance. En revanche, lui aussi possède une bonne pointe de vitesse et sera en mesure de jouer sa carte dans un sprint en petit comité.

La forme de Van Aert semble plutôt bonne. Dans le groupe de chasse de la deuxième étape, il a réussi à lui seul à combler presque la moitié de l’écart qui séparait ce groupe du trio de tête. Son vrai problème depuis quelque temps vient de son positionnement et de sa peur de frotter. Une peur légitime quand on se rappelle toutes les chutes qu’il a subies, notamment sa fracture de la cheville cet hiver.
Demain, ce problème de placement pourrait être moins pénalisant. Avec les jambes qu’il a montrées, il devrait être en mesure d’accrocher le groupe qui basculera en tête au sommet de Tortoreto. Si les sprinteurs purs sont éliminés, il devrait tenter sa chance, contrairement à la troisième étape. Il possède la vitesse suffisante pour régler un petit groupe au sprint.

Lors de l’étape de mardi, Vendrame a de nouveau montré l’excellente forme qu’il tient depuis le début de saison. Que ce soit sur les courses en Espagne en janvier ou plus récemment en Italie, notamment sur le Trofeo Laigueglia où il a pris la 5e place, l’Italien semble toujours aussi bien grimper. Sa cinquième place sur la deuxième étape dans un sprint en côte est l’exemple le plus récent.
S’il n’est pas immédiatement dans le groupe qui bascule en tête au sommet du Tortoreto, il ne devrait pas en être trop loin et sera en mesure de rentrer dans la descente. Nous l’avons déjà vu régler des groupes réduit (la dernière fois l’an passé, déjà sur Tirreno, lors de la troisième étape). Il semble en plus particulièrement apprécier les conditions difficiles, comme celles que connaissent les coureurs depuis trois jours.

L’équipe Decathlon marche littéralement sur l’eau en ce début de saison. Hier, Lund Andresen a réglé au sprint un très beau plateau, confirmant la dynamique incroyable du collectif. Si le Danois grimpe plutôt bien, je pense que l’étape de demain sera au-dessus de ses capacités et il pourrait avoir du mal à rentrer sur la tête de course après Tortoreto.
L’équipe devrait plutôt se tourner vers un autre homme en forme au profil bien plus « puncheur » : Lapeira. Dixième de la deuxième étape, il a magnifiquement commencé son année avec notamment sa victoire sur le Tour des Alpes-Maritimes. Bien que l’adversité soit bien plus relevée demain, si le groupe se retrouve vraiment réduit au sommet de la dernière bosse, il pourrait avoir son mot à dire.

Dans un style proche de Lapeira, on peut citer Andreas Kron. Après deux saisons compliquées, il semble avoir commencé l’année 2026 de bien meilleure manière. S’il n’a pas encore décroché de victoire ni de podium, il y a clairement du mieux. Il s’est montré à son avantage sur le Tour Down Under avant de confirmer avec un top 10 sur les Strade Bianche.
Sa 8e place lors de la deuxième étape de ce Tirreno-Adriatico prouve qu’il est de nouveau en capacité d’être présent dans le final d’une étape exigeante. Grâce à son punch, il devrait être en mesure de basculer avec la tête dans la côte de Tortoreto, ou du moins de rester à portée de fusil pour rentrer dans le final. Rapide au sprint, il sera une carte maîtresse pour son équipe en cas d’arrivée en comité réduit.
Mes Choix
Je choisis délibérément d’exclure les sprinters de l’équation demain. Selon moi, le rythme sera bien trop élevé dans la côte de Tortoreto pour qu’ils puissent espérer jouer la victoire. Même s’ils basculent à une distance raisonnable, il pourrait leur manquer de la main-d’œuvre dans le final pour organiser une poursuite efficace, surtout si les équipes de leaders s’entendent à l’avant.
Je ne crois pas non plus à une victoire en solitaire ou en duo. Sur ce final plat et rectiligne le long de l’Adriatique, un petit groupe de chasse aura toujours l’avantage de voir les fuyards. On s’oriente donc vers un sprint en petit comité. Dans ce scénario, mon favori sera Vendrame. Ce final est taillé sur mesure pour lui. Si les sprinteurs les plus rapides sont éliminés, il sera alors l’un des hommes les plus véloces du groupe de tête. Van Aert et Del Toro pour compléter mon podium.
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