
Quelques changements notables sur cette édition 2025 de la Klasikoa. Tout d’abord, elle comptera près de 25 km de moins que l’édition précédente, et surtout beaucoup moins de dénivelé positif, avec environ 3700 m de D+ sur l’ensemble de la course. Le final, lui, sera un mélange entre les éditions 2024 et 2023. En effet, les ascensions de Jaizkibel et d’Erlaitz seront aussi proches de l’arrivée que l’année dernière. En revanche, la dernière ascension verra le retour de Murgil, qui avait été abandonnée l’an passé.
Le Parcours
La première difficulté du parcours se situera assez tôt, après seulement 28 kilomètres de course. Les coureurs devront franchir la côte d’Andazarrate (5.9 km à 5.7 %). Ils devront ensuite attendre une quarantaine de kilomètres avant de rencontrer la prochaine ascension répertoriée.
Entre les kilomètres 72 et 102, les coureurs enchaîneront les ascensions du d’Urraki et d’Alkiza. Pas d’Azkarate en amont comme en 2022 et 2024. Bien que ces difficultés soient placées trop loin de l’arrivée pour permettre de grandes manœuvres, elles contribueront à augmenter la fatigue des coureurs.


Après la descente d’Alkiza, la route restera accidentée sur près de 35 kilomètres, mais sans difficultés comparables aux précédentes. Il faudra attendre le kilomètre 141 et le pied de Jaizkibel pour que les choses sérieuses commencent.

Située bien plus près de l’arrivée qu’en 2023, Jaizkibel pourrait avoir un impact plus important. Après la descente, une courte transition de 8 kilomètres mènera le peloton au pied de la côte d’Erlaitz.

Un mur qui va naturellement faire l’écrémage entre les tout meilleurs et les autres. Au sommet, la route continuera à s’élever légèrement avant que les coureurs n’entament la descente.
Après le sommet, une longue portion descendante de 12 kilomètres attendra les coureurs, mais elle sera très irrégulière, avec quelques repechos et des sections planes à certains endroits. Une fois la descente terminée, ils affronteront une portion plate d’un peu plus de 15 kilomètres, traversant San Sebastián. Au bout de cette section, la dernière ascension du jour, décisive, se dressera devant les derniers rescapés.

Il restera 8 kilomètres à parcourir au sommet, dont 5 en descente jusqu’au retour dans le centre de San Sebastian. Sans être extrêmement technique, il faut tout de même être vigilant ici. Les 3 derniers kilomètres se feront sur la plat.
Météo
Les températures seront agréables demain et ne devraient pas dépasser les 20 °C. Aucune pluie n’est attendue sur le parcours. Le vent soufflera en provenance du Nord / Nord-Est, mais restera modéré, sous les 10 km/h. Il ne devrait donc pas avoir une influence majeure sur le déroulement de la course.
Le Scenario
Tout comme l’année dernière, les ascensions du Jaizkibel et d’Erlaitz seront placées plus proches de l’arrivée. Cela signifie qu’elles devraient de nouveau permettre à certains coureurs soit d’anticiper la bataille dans la dernière côte de Murgil, soit de provoquer un véritable écrémage du peloton.
Cela a déjà été le cas par le passé, notamment l’an dernier. Malgré tout, il y a de fortes chances que Murgil soit encore le théâtre de la décision cette année, en raison de sa longueur et de sa difficulté, surtout si un groupe parvient à s’organiser pour reprendre un éventuel fuyard dans les pentes les plus raides de cette ultime ascension. Un homme parviendra-t-il à s’isoler cette fois ? La tendance, ces dernières années, reste plutôt à un petit groupe (2 à 4 hommes) se disputant la victoire au sprint.
Les Prétendants

Comme bien souvent cette saison, UAE sera encore l’équipe à battre pour cette Klasikoa. L’équipe se présente avec de très bons, mais aussi très jeunes éléments, tout à fait capables de s’imposer demain.
On pense évidemment au trio Ayuso–Del Toro–Christen. L’Espagnol vient ici en reprise, afin de préparer sa participation à la prochaine Vuelta. S’il devrait logiquement être déjà en bonne condition, ce n’est pas forcément lui qui part favori.
Ce rôle semble plutôt revenir à Del Toro. Le Mexicain réalise une saison exceptionnelle, avec notamment une deuxième place sur le Tour d’Italie, et un mois de juillet de tout premier ordre, durant lequel il s’est imposé sur le Tour d’Autriche et a marché sur les classiques espagnoles. La forme est là, le parcours, à mi-chemin entre puncher et grimpeur, lui convient parfaitement, et sa pointe de vitesse constituera un atout supplémentaire en cas d’arrivée groupée.

Red Bull se présente également sur la course avec un trio intéressant, composé de Pellizzari, Van Gils et d’un appelé de dernière minute : Primož Roglič. Dans cette équipe, c’est naturellement vers le Slovène que se tourneront la plupart des regards. Roglič a terminé le Tour à la 8ᵉ place, sans jamais vraiment sembler intéressé à l’idée de viser plus haut. En revanche, il a clairement bien fini la course, probablement moins épuisé que d’autres, s’étant relevé dans le final de certaines étapes. Une fraîcheur relative, alliée à une excellente condition physique, pourrait lui permettre de faire la différence demain sur cette Klasikoa.

Hirschi sera présent cette année pour défendre son titre acquis en 2024. Malheureusement pour le Suisse, il ne semble pas du tout afficher la même forme que celle du début de saison. Son Tour de France s’est déroulé dans un relatif anonymat. Difficile donc de l’imaginer renverser la tendance demain, d’autant qu’elle a lieu seulement une semaine après la fin du Tour le plus rapide de l’histoire.

Giulio Ciccone devrait mener la Lidl Trek sur cette Klasikoa demain. La classique espagnole marquera son retour à la compétition après sa lourde chute et son abandon sur le Giro. Programmé pour participer à la prochaine Vuelta, il doit commencer à retrouver une certaine condition. On l’a vu performant à Liège cette année, ainsi que sur le Tour de Lombardie les années précédentes : il apprécie les parcours longs et exigeants, où puncheurs et grimpeurs peuvent s’exprimer. Tout dépendra toutefois de son niveau de forme, encore très incertain pour cette reprise.

Côté Astana, Scaroni devrait être le fer de lance. L’Italien réalise sans aucun doute la meilleure saison de sa carrière. Après un début d’année en fanfare, il s’est montré très actif sur le Giro, allant même chercher une superbe victoire au sommet du San Valentino, au terme d’une étape de plus de 200 km et 4700 m de dénivelé positif. Sa reprise sur les courses espagnoles s’est déroulée dans de bonnes conditions, avec deux podiums et une dixième place sur des classiques d’un jour. La forme est là, et il devrait faire partie des animateurs demain. Le niveau de la concurrence sera cependant plus relevé, et une victoire semble difficilement envisageable. En revanche, une place dans le top 10, voire un top 5, est tout à fait plausible.

Oscar Onley aura, sans l’ombre d’un doute, été l’une des grandes révélations de ce Tour de France. Quatrième du classement général au terme des 21 étapes, l’écossais a livré une prestation globale remarquable. La grande question est désormais de savoir comment, à seulement 22 ans, il aura récupéré après une semaine de repos. Les efforts consentis pourraient encore peser dans les jambes, et il est possible qu’il ne bénéficie pas encore pleinement du phénomène de surcompensation.

À quelle version de Lenny Martinez aura-t-on droit demain ? Le Français devrait être l’un des leaders de la formation Bahrain sur cette course. On l’a vu très actif sur le Tour de France, malheureusement sans résultats concrets. Le plus déroutant étant sans doute sa capacité à voler sur un col… avant de complètement s’éteindre quelques kilomètres plus loin. Il s’en sort généralement bien sur les courses d’un jour, et ce type de parcours très vallonné, avec des côtes aux forts pourcentages, lui convient parfaitement. Si les jambes répondent présent, il pourrait figurer parmi les tout meilleurs. Il lui faudra néanmoins arriver en solitaire s’il veut espérer s’imposer.
Mes Choix
Il est intéressant de noter que les coureurs sortant du Tour de France sont en général bien placés et largement représentés sur le podium de cette course.
Cependant, depuis 2022 la tendance semble s’être inversée. Sur les neuf places attribuées sur le podium entre 2022 et 2024, seuls Benoot en 2022 et Bilbao en 2023 sont montés sur le podium de la Klasikoa en sortant du Tour. Remco Evenepoel s’est imposé à deux reprises, et les autres places ont toutes été occupées par des coureurs ne sortant pas de la Grande Boucle.
Quelle en est la raison ? Peut-être des éditions du Tour de plus en plus folles et disputées, éreintant les coureurs. La Klasikoa étant peut-être placée trop proche de la fin du Tour pour permettre à certains de profiter du phénomène de surcompensation.
Je vais donc aller avec la tendance de ces dernière années et désigner un vainqueur ne sortant pas du Tour en la personne de Del Toro. Le mexicain est en feu depuis sa reprise et il trouvera un terrain parfaitement adapté à ses qualités. Une place sur le podium pour Roglic qui a semblé bien finir le Tour.

